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Publié par Magali Marc le 29 décembre 2019

Tandis que les collèges, les universités, les syndicats, et certains partis politiques en Occident font la promotion du socialisme et du communisme surtout auprès des jeunes qui méconnaissent l’histoire récente, des survivants du socialisme/communisme derrière le Rideau de fer tracent un portrait peu enviable de la vie des gens du commun dans les pays socialistes.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Jayme Metzgar*, paru le 23 décembre sur le site du magazine The Federalist.

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Trois leçons à tirer de la chute du communisme roumain avec 30 ans de recul

J’ai passé ma vie d’adulte à travailler pour atténuer les dégâts du marxisme. Nous ne voulons pas de ça ici (aux USA).


Lorsque le communisme s’est effondré en Europe de l’Est en 1989, le processus a été rapide et étonnamment pacifique.

Des décennies de terreur et de tyrannie ont pris fin soudainement, à peine un coup de feu a-t-il été tiré : les gouvernements se sont retirés, les frontières se sont ouvertes, les murs sont tombés.

Un pays, cependant, s’est avéré être l’exception.

Il y a trente ans cette semaine, des citoyens roumains étaient tués par centaines alors qu’ils descendaient dans la rue pour demander leur liberté face à un régime communiste brutal. Les troubles qui avaient commencé le 16 décembre dans la ville de Timişoara, dans le sud-ouest du pays, se sont rapidement répandus dans toute la Roumanie, alimentés par la nouvelle que les manifestants étaient abattus par la police secrète.

Le dictateur Nicolae Ceauşescu, de retour d’un voyage à l’étranger avec sa femme Elena, a tenté de réprimer le chaos croissant dans un discours prononcé depuis son balcon à Bucarest le 21 décembre. Alors qu’il regardait la masse habituelle d’adoration obligatoire– les gens en rangs serrés portant des slogans marxistes et des portraits des Ceauşescu– le despote vieillissant avait à peine commencé à parler qu’il fut interrompu par un chœur de sifflements, de huées et de cris qui prenaient de l’ampleur.

C’était à la fois sans précédent et impensable. Les caméras de télévision diffusèrent momentanément le visage étonné de Ceausescu en direct à travers le pays, avant de le couper en hâte.

Pour la première fois, les gens avaient vu sa vulnérabilité. C’était le début de la fin.

Les Ceauşescu ont fui Bucarest le lendemain et ont été surpris par leurs propres gens sur le bord d’une route rurale roumaine. Le jour de Noël– un jour férié qui avait été longtemps supprimé par le régime athée de Ceauşescu– le dictateur et sa femme ont été jugés par un tribunal militaire improvisé. Ils ont été rapidement reconnus coupables, ont été conduits jusqu’à la cour et ont été sommairement abattus.

Mon introduction à la Roumanie

J’ai mis les pieds en Roumanie cinq ans plus tard, en tant que jeune diplômée du secondaire lors de mon premier long voyage loin de chez moi.
À mon arrivée, Ion Iliescu– le nouveau communiste qui avait pris le contrôle dans le chaos qui a suivi la chute de Ceauşescu– était toujours président. Les nouvelles cicatrices du communisme étaient évidentes : des villes remplies de structures de béton laides et grises ; des enfants en haillons mendiant au coin des rues ; un manque de commerce, de beauté et de vie civique.

En passant plus de temps en Roumanie– l’année 1997 et deux décennies suivantes à la tête d’une organisation non gouvernementale de prise en charge des orphelins– j’ai commencé à discerner les cicatrices moins visibles du communisme.

Elles sont omniprésentes et dévastatrices, en particulier pour les plus vulnérables de la société. Alors que beaucoup perçoivent le conservatisme comme un manque de compassion, je suis devenue une partisane encore plus ferme de la liberté et du capitalisme à l’Américaine, précisément en raison de mon bénévolat auprès des enfants abandonnés de la Roumanie.

Ce que j’ai appris, c’est qu’il y a une symétrie sinistre entre les promesses du marxisme et ses résultats dans le monde réel. Pour dire les choses simplement, l’idéologie marxiste promet des résultats spécifiques, mais elle livre exactement le contraire. (Aucun communiste n’arrive au pouvoir en promettant des files d’attente pour acheter du pain et des camps de prisonniers, je peux vous l’assurer).

Le résultat est une souffrance humaine qui devrait affliger toute personne de compassion. Permettez-moi de vous parler de seulement trois problèmes sociétaux à long terme dont j’ai été témoin.

1 Le marxisme promet l’appartenance mais offre l’isolement

Le désir d’appartenir à quelque chose de plus grand que soi est universel.
Le marxisme fait appel à ce désir en prêchant la collectivisation qui fait en sorte que les droits de l’individu sont subordonnés à la société dans son ensemble.

Sur papier, cela peut sembler bon et juste, surtout pour ceux qui ont besoin de donner un plus grand sens à leur vie. Ne devrions-nous pas mettre de côté nos intérêts individuels pour le bien du plus grand nombre ? Pourtant, ce que les communistes ont apporté en Roumanie, c’est une destruction totale de la cohésion de la communauté.

Non seulement ils ont détruit des villages au bulldozer– déplaçant de force les paysans dans de misérables appartements dans les villes– mais ils ont aussi, figurativement, détruit le sentiment de confiance et de dépendance des Roumains les uns envers les autres.

Les associations communautaires informelles sont toujours une menace pour les gouvernements communistes, qui ne peuvent permettre aucune loyauté supérieure à celle du parti. La Roumanie n’était pas différente à cet égard. Les espions et les informateurs ont infiltré presque toutes les relations et tous les rassemblements. Ceux qui étaient prêts à dénoncer leurs amis proches et leur famille obtenaient des faveurs spéciales.

N’ayant personne à qui faire confiance, les Roumains se sont retrouvés profondément isolés les uns des autres. Ce sentiment de méfiance mutuelle, profondément ancré, continue d’être un obstacle majeur au rapprochement des Roumains pour résoudre les problèmes de société.

2 Le marxisme promet l’égalité mais offre la rareté pour tous, sauf pour les élites

En plus d’être collectiviste, le marxisme est avant tout une idéologie de l’envie. La richesse et la prospérité sont à somme nulle, et nous sommes tous en compétition. Quiconque en a plus que moi me prend forcément quelque chose. Le gouvernement devrait s’assurer que nous sommes tous égaux, non seulement en termes de possibilités, mais aussi en termes de résultats.

En réalité, ce que le marxisme apporte, en Roumanie et ailleurs, c’est la rareté. En l’absence de la motivation nécessaire à l’avancement personnel qui alimente la plupart des réalisations humaines, les économies communistes d’Europe de l’Est se sont effondrées.

Tandis que le bloc soviétique tout entier souffrait économiquement, ce qui a incité Gorbatchev à promouvoir les réformes qui ont rapidement fait boule de neige et se sont transformées en révolutions, la souffrance de la Roumanie était particulièrement grave.

Mes amis roumains du même âge que moi, appartenant à la classe moyenne, se souviennent très bien de la première fois où ils ont aperçu une banane ou une orange (un ami ne savait pas quoi faire de la banane, alors il l’a mangée avec sa pelure). D’autres amis ont partagé leurs souvenirs d’avoir fait la queue pendant des heures chaque semaine pour recevoir de maigres rations alimentaires.

Pendant que je vivais en Roumanie lors de ces premières années postcommunistes, je me suis habituée à vivre sans épicerie, sans fruit en hiver ou sans compter sur de l’eau chaude. Si tous les citoyens étaient égaux sous le communisme, ils étaient également tous appauvris.

Mais la vérité est qu’ils n’étaient pas tous égaux.

Il y avait bel et bien une voie ouverte vers la richesse et la prospérité mais elle ne l’était que pour un très petit nombre : les élites du Parti communiste.
Tandis que les Roumains étaient au bord de la famine et qu’un demi-million d’enfants étaient privés de leur enfance dans des orphelinats, Ceauşescu s’est construit le plus grand palais du monde, d’une opulence stupéfiante.

C’est du balcon de ce palais qu’il prononça son dernier discours, entrecoupé d’hommages au socialisme et aux «travailleurs».

C’est une hypocrisie que le marxisme ne manque jamais d’apporter.

3 Le marxisme promet dignité et compassion, mais il apporte dégradation et cruauté

Partout où le communisme a fait son apparition, il se présente comme l’avocat du travailleur, le défenseur de l’homme du peuple contre la bourgeoisie rapace. Les jeunes qui se considèrent comme étant compatissants envers les opprimés sont généralement attirés par les idéologies de gauche.

Dans le monde réel, cependant, j’ai vu le communisme n’encourager que la cruauté, l’égoïsme et le manque d’empathie. Ces résultats sont le fruit naturel et amer d’une idéologie qui isole les gens les uns des autres, rivalisant pour obtenir les mêmes biens rares.

En Roumanie, même aujourd’hui, il est rare de trouver des fonctionnaires publics, élus ou nommés, qui voient dans leur poste autre chose qu’une plate-forme pour leur propre avancement et leur enrichissement par la corruption. (Alors que beaucoup voient les États-Unis comme correspondant de plus en plus à cette description– et pour cause !– notre corruption publique est encore bien inférieure à celle d’une nation comme la Roumanie).

Le dogme du marxisme « un pour tous » se transforme rapidement en « chacun pour soi ».

Les faibles et les vulnérables sont les premiers à souffrir. Une caractéristique commune des nations communistes a été la création d’orphelinats inhumains gérés par l’État.

La Roumanie est tristement célèbre pour ses orphelinats infernaux, mais sa révolution chaotique a simplement permis aux journalistes occidentaux d’entrer et de découvrir ce qui se passait partout dans le bloc soviétique. Même aujourd’hui, alors que les conditions de vie des enfants abandonnés se sont indéniablement améliorées, la mentalité communiste et le manque d’empathie des responsables gouvernementaux continuent de rendre difficile notre travail de défense des enfants.

Marxisme vs communisme vs socialisme

Enfin, un mot sur les termes : J’ai utilisé à plusieurs reprises le mot « marxisme » pour englober le socialisme et le communisme, qui sont tous deux des étapes de la théorie marxiste. Cependant, en parlant avec des amis roumains de leur système de gouvernement sous Ceauşescu, certains se sont opposés à mon utilisation du terme « communisme ».

« Non, non, nous n’étions pas une nation communiste, même si nous étions dirigés par le parti communiste », m’a dit un ami. « La Roumanie était un pays socialiste. Ils nous l’ont dit et répété, dans les écoles et partout. Nous travaillions en vue d’atteindre le communisme, mais nous n’y étions pas encore parvenus. »

En effet, en relisant le discours final de Ceauşescu, j’ai compté un total de huit mentions du « socialisme » ou de la « Roumanie socialiste », sans aucune mention du communisme.

En dehors des subtilités terminologiques, il est clair que les jeunes Américains sont de plus en plus à l’aise avec les idéologies du spectre marxiste. Même le terme de « communisme » ne semble pas porter le stigmate du « fascisme », bien qu’il soit une forme de tyrannie tout aussi sauvage et meurtrière.

À tout Américain enclin à croire les fausses promesses du marxisme plutôt que la réalité historique, à toute personne qui croit que cette idéologie est en quelque sorte humaine ou compatissante, je lance cet avertissement.

J’ai été témoin de la laideur, de la pauvreté et du désespoir qu’elle laisse derrière elle. J’ai parlé à ceux qui ont souffert dans les prisons marxistes et j’ai vu les monuments à la mémoire de ceux qui sont morts dans les rues en quête de liberté.

J’ai passé ma vie d’adulte à travailler pour atténuer les dommages causés aux enfants vulnérables– des dommages qui sont encore infligés chaque jour– par l’héritage maléfique du communisme. Nous ne voulons pas de cela ici. Prions Dieu que cela n’arrive jamais.

*Jayme Metzgar est collaboratrice principale de The Federalist. Elle est la fondatrice et présidente de Romania Reborn, une organisation chrétienne à but non lucratif qui travaille à trouver des familles pour les enfants abandonnés. Elle croit à la charité privée, aux marchés libres, à la liberté individuelle et à la cuisson avec du vrai beurre. Jayme et son mari vivent en Virginie occidentale avec leurs quatre enfants, qu’elle éduque à la maison.

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Souce : The Federalist

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