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Publié par Hélène Keller-Lind le 3 janvier 2020

Les agressions à New York, Brooklyn, dans le New Jersey, où vivent nombre de Juifs, notamment des communautés hassidiques, se sont multipliées en 2019, allant crescendo.

Avec grands médias ou hommes politiques, démocrates souvent, silencieux. Ou si les faits étaient évoqués, en passant, c’était pour en accuser les « suprémacistes Blancs » et, bien entendu, Donald Trump, pourtant le Président le plus proche des Juifs et de l’État juif. Puis il y a eu des morts. Force à médias et hommes politiques de réagir. Avec des analyses faussées le plus souvent. Mais aujourd’hui des responsables entendent combattre cette violence et exiger de vraies mesures.

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Des médias indifférents et les raisons de ce silence

Au début aucun grand media n’en parlait. Puis devant l’ampleur qu’a pris ce phénomène, culminant dans un premier temps dans l’attaque d’un petit supermarché cachère de Jersey City dans le  New Jersey, avec ses trois morts et le meurtre d’un policier tué juste avant, puis, celle perpétrée dans la maison d’un rabbin de Monsey qui avait réuni chez lui des Juifs hassidiques pour  célébrer la fête de Hanoukka, et cette fois cinq blessés, dont l’un très grièvement, le crâne fracassé, les médias ont commencé à évoquer ces agressions antisémites allant d’insultes, de coups isolés, à des tabassages en règle, des tentatives de meurtres et des meurtres. Des vidéos de ces agressions dans la rue, le métro ou là où vivent ou travaillent des Juifs, ont commencé à circuler dans les réseaux sociaux. Vidéos qui rappellent des images de pogroms en d’autres lieux et d’autres temps : un Juif, jeune, adulte ou âgé, souvent seul, attaqué par une personne ou un groupe d’une violence extrême. La volonté de blesser ou tuer est évidente. Les cibles sont souvent des Juifs hassidiques, certains portent simplement une kippa ou sont identifiables car parlant en hébreu. Comme cette étudiante israélo-américaine, assise dans le métro à New York, près d’un Juif orthodoxe. Tous deux furent insultés par une femme noire aux cris de Allah Ouakbar. Lihi Aharon fut violemment agressée mais se défendit contre elle et posta la vidéo, enjoignant aux victimes de se défendre. Encore faut-il le pouvoir. À Monsey l’agresseur a frappé à coups de machette… https://nypost.com/2019/12/18/woman-shaken-by-anti-semitic-attack-on-subway-by-nut-shouting-allahu-akbar/ . Arrêtée cette femme fut libérée le lendemain, sans avoir à verser de caution…

Une de ces insoutenables vidéos, regroupant une série d’attaques, postée par le journaliste juif Jake Turx donne une idée de « ce que 2019 a été pour les juifs orthodoxes à New York », dit-il :

https://video.twimg.com/ext_tw_video/1211748640433283072/pu/vid/400×270/V-_wYdz_eC3zCfID.mp4?tag=10

Si les victimes sont juives, les agresseurs, eux, sont Noirs, Hispaniques, parfois, hommes ou femmes. Ceci expliquant sans doute le silence des médias car l’identité des assaillants ne colle pas avec le discours généralement véhiculé : l’antisémitisme serait le fait de « suprémacistes blancs », de l’extrême-droite donc et, bien entendu, selon la plupart des médias, le Président Trump les y pousserait. Une absurdité totale. Donald Trump ayant condamné l’antisémitisme encore et encore et clairement montré ses sympathies, son empathie avec les Juifs ou Israël. Alors, rapporter que des Noirs commettent ces monstruosités équivaudrait aux yeux de certains, à remettre en question le politiquement correct de la plupart des médias, de nombre de Démocrates et de rares Républicains. Et si la situation est devenue telle qu’il faut bien se rendre à l’évidence, la plupart des médias et nombre d’intervenants noient le poisson en minimisant cet aspect des choses pour replacer ces agressions dans le cadre d’une montée générale de l’antisémitisme sur le plan international. Alors que la situation constatée à New York ou le New Jersey est spécifique aux États-Unis. C’est pourtant ce que viennent justement de faire les cinq membres du Congrès à la tête du groupe parlementaire pour les relations entre Noirs et Juifs en condamnant l’attaque perpétrée à Monsey très fermement, mais en évoquant le contexte international. Sa direction compte trois Démocrates et deux Républicains. Ces derniers ayant sans doute accepté de s’y associer dans un souci d’apaisement https://johnlewis.house.gov/media-center/press-releases/congressional-caucus-black-jewish-relations-condemns-attack-rabbis-home

Les dangers de ce silence

Le journaliste, Jake Turx, Juif hassidique, correspondant pour le magazine juif Ami, accrédité auprès de la Maison Blanche, publiait récemment un Tweet, paraphrasant la déclaration faite en 1946 mais restée célèbre du Pasteur luthérien Martin Niemöller, farouche opposant à Hitler : « D’abord ils sont venus pour les socialistes et je n’ai rien dit car je n’étais pas socialiste… »  Phrase remise au goût du jour qui résume de manière terrible ce qu’il se passe aujourd’hui entre agressions antisémites et silence coupable des médias car ce silence entraîne une banalisation de ces agressions, l’inaction des responsables politiques locaux, et peut passer, aux yeux des agresseurs potentiels pour un blanc-seing, d’où des violences allant crescendo, comme on le constate. Jake Turx écrivait :

« D’abord ils sont venus pour les Juifs…mais je n’ai rien dit car je ne suis pas juif, puis ils sont revenus pour les Juifs…mais je n’ai rien dit parce que l’agresseur n’était pas Blanc. Et ils sont encore revenus pour les Juifs…mais je n’ai rien dit car l’agresseur n’était pas pro-Trump… » https://twitter.com/JakeTurx

Antisémitisme, détestation de la police et certains dirigeants noirs ou musulmans influents américains

La détestation des Juifs dans une partie de le population noire américaine a des ressorts connus. Il y a cette vielle accusation infondée, qui a la peau dure et existe ailleurs aussi – voir Dieudonné en France-, prétendant que les Juifs auraient joué un rôle actif dans la traite esclavagiste atlantique. L’esclavage étant un phénomène qui a marqué profondément la société américaine, accuser les Juifs d’avoir participé de ce péché originel est lourd de conséquences. En 1991, Leonard Jeffries, professeur au City College, faisant partie de l’université de New York, avait déclaré : « chacun sait que ce sont des Juifs riches qui ont aidé à financer la traite esclavagiste. »

Il abondait par ailleurs dans le sens de cette autre accusation très répandue, basée sur le fait que des commerces sont parfois tenus par des propriétaires juifs dans des quartiers pauvres : il leur est alors reproché d’exploiter une population noire défavorisée. Leonard Jeffries affirmait que « les Juifs russes, qui exercent un contrôle particulier sur le cinéma, avec leurs partenaires financiers de la Mafia, ont élaboré un système financier de destruction des Noirs ». Jeffries fut critiqué mais, défendu aussi. Ainsi, Al Sharpton, personnage important dans la communauté noire, dont on reparle plus bas, vola à son secours.

En 1995, ce même Al-Sharpton, présenté comme militant des droits de l’homme et pasteur baptiste, dans le cadre de son Réseau d’Action Nationale et  Morris Powell, personnage aux antécédents troubles, à la tête du Comité « Achetez Noir » au sein du Réseau, avaient mené campagne pour chasser Fred Hariri, un commerçant juif, de sa boutique de Harlem, quartier à prédominance noire. Al Sharpton l’ayant qualifié de « intrus blanc », expression raciste connue, tandis que Morris scandait : « pas un centime pour les Juifs » …La boutique fut brûlée quelque temps plus tard par un membre d’un groupe Révolution Noire qui s’y suicida. https://www.washingtonpost.com/outlook/2019/08/01/al-sharpton-is-not-lifelong-fighter-justice/

Également animateur de télévision et homme politique démocrate, ce personnage très populaire, particulièrement prisé par Barak Obama, a fait siens d’autres reproches, tout aussi infondés envers la population juive à qui, selon lui et ses comparses, la police assurerait un traitement préférentiel. Ce que l’on avait pu déplorer en août 1991, lors des violentes émeutes de Crown Heights, un quartier de Brooklyn, où déjà les Loubavitch menacés devaient être protégés, et où la mort d’un enfant dans un accident de voiture avait mis le feu aux poudres. Un étudiant australien de 29 ans, Yankel Rosenbaum, fut assassiné par un groupe de jeunes et nombre de Juifs furent violemment pris à partie aux cris de « Heil Hitler ». Lors de discours prononcés alors, Al Sharpton avait mis de l’huile sur le feu, parlant d’apartheid, désignant à la vindicte populaire les marchands de diamants d’Afrique du Sud, envoyant des pierres à Tel-Aviv et traitant avec des collègues de Crown Heights… » https://www.washingtonpost.com/outlook/2019/08/01/al-sharpton-is-not-lifelong-fighter-justice/

La police est détestée elle aussi très souvent au sein de cette population car accusée, à tort dans la quasi-totalité des cas, de violences systématiques envers les Noirs, sans tenir compte du fait que nombre de policiers sont noirs. Par ailleurs, des chiffres officiels de 2012 donnent le pourcentage de la population noire à 13% des Américains, mais 49% pour les arrestations pour crimes graves. Ce qui a des raisons historiques, une grande partie de la population noire pauvre étant regroupée dans des ghettos favorisant la criminalité.  https://www.sentencingproject.org/publications/race-and-punishment-racial-perceptions-of-crime-and-support-for-punitive-policies/#A.%20Racial%20Differences%20in%20Crime%20Rates. Mais explique aussi l’hostilité envers la police dans cette communauté. Le ministre au Logement et ancien neurochirurgien, Ben Carson, évoque ces quartiers dans son autobiographie « Gifted Hands » http://www.bookrags.com/studyguide-gifted-hands/ .  Le Président Trump a d’ailleurs pris des mesures pour que soit donnée une seconde chance aux détenus en prison pour des délits mineurs et dont la conduite est exemplaire, avec leur libération anticipée…

Un antisémitisme qui s’inscrit dans un projet de destruction des États-Unis d’aujourd’hui

Linda Sarsour, militante musulmane de premier plan, très active dans la société civile, se prétendant féministe bien que pro-Hamas, pro-sharia, pro-BDS, anti-israélienne et antisémite, qui fait partie de l’équipe du candidat à la présidence américaine Bernie Sanders, est également partie prenante d’organisations comme Black Lives Matter, prônant parfois ouvertement la violence contre la police ou soutenant la campagne BDS antisémite. Par ailleurs, comme d’autres, elle fait le lien entre violences policières supposées et Juifs, n’hésitait pas à tenir ce discours lors d’une convention annuelle de la Société Islamique d’Amérique du Nord, à propos d’une initiative de l’Anti Defamation League, ADL, organisation pourtant progressiste, qui, dit-elle, : « emmène des officiers de police américains et finance leur voyage en Israël pour qu’ils y soient entraînés par la police et l’armée israéliennes et ils reviennent ici pour faire quoi ? Ils arrêtent et fouillent des Noirs qui ne sont pas armés dans tout le pays et les tuent. » https://www.investigativeproject.org/7630/ipt-exclusive-linda-sarsour-blood-libel. Un mensonge éhonté mais que nombre de ceux qui la suivent doivent prendre pour argent comptant. Une terrible incitation à la haine antisémite. Par ailleurs, en dépit de ses dénégations, elle a bel et bien soutenu Louis Farrakhan https://apnews.com/ae4ccac0ca53a45ef10d4ca7e58b0a32 dont elle a fait mine de se démarquer face aux accusations d’antisémitisme de plus en plus pressantes le concernant. Converti à l’islam en 1955, devenu prédicateur, à la tête de la Nation d’Islam depuis 1977, celui-ci a vilipendé les Juifs pour leur soi-disant rôle dans la traite atlantique, les qualifiant, récemment encore de « sataniques » ou de « termites ». On notera que Sarsour qui se dit palestinienne avant tout, comme Rashida Tlaib, récemment élue au Congrès, se dit « femme de couleur », pour faciliter leur entrisme dans la communauté noire et pouvoir la manipuler. Et il y a. bien entendu, cet autre membre du Congrès et de leur groupe, Ilhan Omar, née en Somalie, qui épouse toutes les thèses antisémites. Toutes deux sont des Démocrates. Le Parti Démocrate au Sénat n’ayant d’ailleurs voulu condamner les propos antisémites d’Omar, associant Juifs et argent, ce qui avait suscité un tollé, s’étant contenté d’une déclaration condamnant tout racisme.

Cet antisémitisme s’inscrit dans un projet plus vaste de destruction des États-Unis et de leur refonte. Asra Nomai, auteur, journalise et ancien professeur d’université, musulmane éclairée résume ainsi en mai dernier « la stratégie politique du lobby musulman radical, CAIR – Conseil des Relations Amérique Isslam- , Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Linda Sarsour et leurs alliés : 1) NIER le problème de l’extrémisme radical 2) DÉTOURNER sur les questions d’extrémisme blanc et « d’islamophobie ». 3) DIABOLISER Israël et ceux qui reconnaissent son existence, USA y compris. » Diaboliser Israël et tout Juif ne lui étant pas hostile, s’entend.

Il y a quatre ans un article publié dans Commentary Magazine publiait un article de Peter Wehner, qui a travaillé dans les administrations Regan et Bush père et fils intitulé « Le Président, Al Sharpton et la corruption du libéralisme moderne ». Il notait, entre autres, la proximité du pasteur, prêcheur de haine avec Obama. Al Sharton ayant été reçu 61 fois à la Maison Blanche…Il est anti-flic, antisémite et attise les tensions raciales, estime l’auteur, déplorant sa proximité avec le Président d’alors.

On notera aussi qu’Obama avait décerné en décembre 2011 un Prix de la Maison Blanche à Linda Sarsour, choisie avec neuf autres personnes comme « Champion pour le changement » https://obamawhitehouse.archives.gov/champions/giving-back-to-the-community/linda-sarsour. Ce que l’on sait du changement version Sarsour a de quoi inquiéter…D’ailleurs 4 ans plus tard elle trouvait inacceptable que ce même Président demande aux musulmans de chasser l’extrémisme de l’islam https://www.npr.org/2015/12/08/458869660/some-muslim-americans-irritated-by-obamas-call-for-them-to-root-out-extremism .

Les élus locaux étant peu empressés pour combattre ce fléau, des responsables juifs prennent les choses en main

On notera, par ailleurs, le peu d’empressement qu’avaient mis jusqu’ici le maire très peu présent de New York, de Blasio, soutien de Linda Sarsour. ou le gouverneur Andrew Cuomo, deux Démocrates, pour combattre cette vague d’antisémitisme. De Blasio ayant par ailleurs rendu le Président Trump responsable de ces agressions…Il leur est reproché aussi d’avoir modifié récemment la législation en matière d’agressions, ce qui permettra aux agresseurs de connaître l’adresse de leurs victimes, dissuadant ainsi celles-ci de porter plainte.

Des responsables juifs locaux et des organisations comme l’Appel Uniifié de New York, l’ADL, NY, le Conseil des relations communautaires de NY, l’AJC de NY ou le Conseil rabbinique de NY, ont décidé de prendre les choses en main en organisant pour le dimanche 5 janvier une grande marche de solidarité à Monsey, intitulée « Sans haine et sans peur ». Gageons que des hommes politiques jusque là indifférents y feront de beaux discours…

Pour l’heure on ignore toujours si l’une des victimes de l’agression dans cette ville survivra à ses blessures et s’il survivait, s’il retrouvera conscience. Des responsables juifs ont décidé de publier la photo de Josef Neuman, cet homme de 70 ans, pour montrer la violence de l’agression et ce que recouvrent des statistiques faisant état d’une disproportion énorme entre le nombre d’habitants juifs de la région, 7% pour la ville de New York et le nombre d’agressions antisémites, 54% des agressions à caractère raciste dans cette ville.

Josef Neuman, attaqué à coup de machette lors d’une fête de Hanoukka, dont le pronostic vital est engagé…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hélène Keller-Lind pour Dreuz.info.

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