Publié par Magali Marc le 3 janvier 2020

L’élimination de Qasem Soleimani est une bonne nouvelle! (voir l’article de J.P. Grumberg à ce sujet)

Cela n’aura pas empêché les gauchistes dans les médias, particulièrement le Washington Post de se lamenter sur la perte de ce grand homme et sur les risques d’une guerre au MO à cause de Trump. Le Sénateur Chris Murphy a même traité Trump de belliqueux, après l’avoir qualifié d’impuissant, à la suite de l’attaque de l’ambassade à Baghdad.

Pour les lecteurs de Dreuz j’ai traduit l’article de Seth J. Franzman, paru le 3 janvier dans The Jerusalem Post.

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La chance de Soleimani n’a pas duré, cette fois il a été envoyé ad patres (analyse nécrologique)

L’impensable est arrivé. Le commandant de la force de l’IRGC A-Qods, Qasem Soleimani, a été tué.

Hajj Qasem, le «commandant de l’ombre », « l’ennemi le plus dangereux » d’Israël, a été tué en Irak aux côtés de son principal disciple, Abu Mahdi al-Muhandis.

Une attaque aérienne près ou à l’aéroport international de Bagdad a pris pour cible un cortège de véhicules avec les hommes qui s’y trouvaient, quelques jours seulement après que leurs partisans aient pris d’assaut le complexe de l’ambassade américaine et griffonné « Soleimani est notre chef » sur ses murs.

Le président américain Donald Trump a approuvé l’attaque aérienne. Le Pentagone a confirmé que les États-Unis ont tué le chef de la force iranienne Al-Qods. Les États-Unis ont déclaré que l’Iran était responsable de la mort de 608 soldats américains pendant la guerre en Irak.

L’impensable est donc arrivé. L’homme qui était derrière la volonté d’hégémonie régionale de l’Iran, qui commandait la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique, a été ciblé et éliminé.

Contrairement à toutes les fois précédentes où il s’est échappé, cette fois, il a été envoyé ad patres.

Les rapports sont apparus après quatre heures du matin, heure irakienne. Une mystérieuse attaque aérienne près de l’aéroport avait fait courir des rumeurs sur sa fermeture quelques heures plus tôt. Deux vols étaient alors en route, un Pegasus et un Iraq Airways. Trois ou quatre roquettes ont été tirées près de l’aéroport. Des hélicoptères américains ont été signalés comme bourdonnant au loin.

Il semble qu’un tweet crypté du secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, ait annoncé la politique américaine de lancer des frappes préventives contre les adversaires iraniens ou leurs mandataires. « A l’Iran et à ses milices mandataires : Nous n’accepterons pas la poursuite des attaques contre notre personnel et nos forces dans la région. Les attaques contre nous recevront des réponses au moment, de la manière et à l’endroit de notre choix. Nous exhortons le régime iranien à mettre fin aux activités malveillantes », a-t-il écrit.

On ne sait pas si les États-Unis ont agi seuls ou, si ce n’est pas le cas, qui d’autre pourrait être responsable de l’attaque aérienne.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait appelé les dirigeants du Moyen-Orient ces derniers jours afin de renforcer leur soutien et discuter de la stratégie. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le prince héritier des Émirats arabes unis Mohammed bin Zayed Al Nahyan et le prince héritier Mohammed bin Salman en Arabie saoudite ont tous été contactés par lui, tout comme les dirigeants irakiens et le Qatar.

Il a prévenu Muhandis ainsi que Qais Khazali, un chef de milice chiite, que les États-Unis avaient sanctionné, puis averti les chefs des unités de mobilisation populaire soutenues par l’Iran, Hadi al-Amiri et Faleh al-Fayed.

Muhandis était responsable de l’attaque du 27 décembre contre les forces américaines au K-1, qui a entraîné la mort d’un entrepreneur américain. Il est responsable d’attaques contre des Américains depuis les années 1980, tout comme Qais Khazali, qui a été détenu à Camp Cropper en 2007. Mais c’est Muhandis qui a toujours été à la tête du puissant soutien iranien à un réseau de milices dans la région qui a contribué à orienter cette politique. Muhandis a joué un rôle clé dans le soutien au Hezbollah et a travaillé en étroite collaboration avec Imad Mughniyeh du Hezbollah dans le passé. Mughniyeh a été tué en 2008.

Il est difficile d’estimer la réaction de l’Iran, mais le régime voudra réagir – non seulement à cette attaque, mais aussi à la première attaque américaine du 29 décembre qui a tué deux douzaines de membres du Kataïb Hezbollah (le Hezbollah irakien).

Cette série de cinq frappes aériennes en Irak et en Syrie est maintenant éclipsée, mais elle était importante parce qu’elle a démontré que les États-Unis allaient répondre aux provocations de l’Iran.

Depuis mai 2019, l’Iran attaque non seulement les États-Unis mais aussi Israël, l’Arabie Saoudite et les pétroliers de la région. L’Iran a abattu un drone américain et a envoyé des mandataires en Irak pour tirer des roquettes au moins 12 fois sur des bases américaines. Ces attaques à la roquette visaient des installations clés, notamment la zone verte, le camp Taji, la base d’Assad et de Balad et Qayarrah.

L’Iran a tiré des roquettes sur Israël en janvier, septembre et novembre 2019 et a attaqué l’installation saoudienne d’Abqaiq en septembre avec un essaim de drones. Il a également envoyé le Kataib Hezbollah attaquer l’Arabie Saoudite en mai et établir des bases et des réseaux de trafic d’armes à travers l’Irak.

En Syrie, l’Iran a construit une nouvelle base, appelée Imam Ali, à la frontière avec l’Irak.

En bref : les activités de l’Iran en 2019 ont été accélérées et ont représenté une menace croissante pour l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen, ainsi qu’une menace le long de 3 000 miles de ligne de front allant de la frontière libanaise avec Israël au Golfe d’Oman et au Yémen.

Soleimani a été un acteur clé de la mise en place des menaces de l’Iran le long de cette ligne. Muhandis était, comme son nom l’indique, l’ingénieur qui a contribué à renforcer le rôle de l’Iran en Irak et en Syrie.

Ces hommes, Soleimani, Muhandis et leur réseau, étaient personnellement austères et frugaux. Ils portaient des vêtements ordinaires, sans afficher une pléthore de médailles sur leurs poitrines. Ils se rendaient parmi la population civile et parmi leurs hommes comme l’un d’entre eux. Ils avaient des manières douces.

Les vidéos de Muhandis le montrent en train de se détendre, allongé sur le sol pour faire une sieste de quelques secondes et parlant doucement. Ces hommes représentaient une menace dangereuse non pas à cause de leurs fanfaronnades, mais à cause de leur sens pratique et des décennies passées à se perfectionner militairement.

Soleimani est né en 1957 ; Muhandis en 1954. Ils étaient dans la vingtaine pendant la Révolution islamique iranienne, ce qui en a fait un moment formateur dans leur jeunesse. La révolution a guidé leur vie à partir de ce moment. Pour eux, les États-Unis et Israël étaient les principaux ennemis ; ils étaient la «résistance ».

L’Arabie saoudite et d’autres pays étaient également comptés parmi leurs ennemis, mais ils ont concentré leur zèle sur le retrait des puissances occidentales et la promotion des intérêts de l’Iran et de la communauté chiite alignée sur l’Iran.

Dans les années 1980, Muhandis et ses semblables ont soutenu le terrorisme contre les installations diplomatiques américaines, du Koweït au Liban. C’était leur champ d’opération. Cela leur a pris un certain temps, mais ils ont réussi à établir des franchises telles que le Hezbollah au Liban et le Kataïb Hezbollah en Irak.

Ce n’est qu’après 2010 que leurs rêves de longue date ont enfin pu se réaliser. Dans le sillage du printemps arabe et du chaos qui s’est déclenché, ils ont mobilisé des hommes pour faire face à la menace de l’ISIS et ont comblé le vide avec leurs propres bases et combattants. C’est ainsi que le Kataïb Hezbollah d’Irak s’est retrouvé en Syrie avec le Hezbollah.

Ce n’est qu’au cours des deux dernières années que leur rêve d’un Moyen-Orient dominé par l’Iran a été atteint. Ils étaient arrogants – le genre d’arrogance dont ils accusaient l’Occident. N’étant plus dans l’ombre, ceux comme Soleimani et Muhandis sont apparus au grand jour, où ils se sont comportés comme des chefs d’État.

Leurs milices en Irak, appelées les Unités de mobilisation populaire (PMU), semblaient dominer non seulement les forces de sécurité mais aussi le parlement : elles avaient le deuxième parti le plus important en Irak et avaient accès à 300 000 hommes qu’elles avaient recrutés, dont la plupart n’étaient que de jeunes chiites qui voulaient combattre l’ISIS.

Un cadre plus restreint d’hommes dans les brigades de l’UGP était ce qui importait ; ils stockaient des munitions et, depuis août 2018, transportaient des missiles balistiques iraniens à travers l’Irak jusqu’en Syrie.

En Syrie, ils ont construit un réseau de bases de l’Imam Ali à T-2, T-4 et autres. Ce réseau visait à acheminer des munitions à guidage de précision au Hezbollah au Liban ; il visait également à importer un système de défense aérienne, le système du 3e Khordad, en avril 2018.

En conséquence, Israël a effectué plus de 1.000 frappes aériennes contre le retranchement iranien en Syrie et le chef d’état-major israélien Aviv Kochavi a déclaré en décembre qu’Israël agirait contre le retranchement iranien en Syrie et en Irak.

Pour Soleimani et Muhandis, tout allait bien en décembre, même si la rhétorique américaine s’intensifiait. Ils ne croyaient pas que les États-Unis allaient réagir de manière décisive, comme le menaçait Pompeo. Ils avaient vu le conseiller à la sécurité nationale John Bolton et d’autres faucons anti-iraniens aller et venir, et avaient jugé que le président américain Donald Trump était un isolationniste.

En conséquence, ils ont voulu provoquer les États-Unis, par des attaques dans le Golfe et contre l’Arabie Saoudite, puis contre les forces américaines, en menant 11 attaques sur des bases américaines depuis octobre, selon des sources américaines.

Enfin, après d’autres Américains aient été tués et blessés , les États-Unis ont agi en menant les frappes du 27 décembre.

Le Kataïb Hezbollah a répondu deux jours plus tard par l’attaque de l’ambassade américaine.

En collaboration avec le commandant de l’organisation Badr, Hadi al-Amiri, qui joue un rôle au sein de l’UGP et du parlement, ils ont ouvert les portes de la zone verte et des membres de l’UGP en tenue de travail ont attaqué l’ambassade. Ils ont écrit «Soleimani est mon chef » sur les postes de garde. C’était un symbole. Ils disaient que c’était Soleimani qui dirigeait l’Irak et Bagdad, pas les États-Unis.

Quarante-huit heures plus tard, Soleimani et Muhandis ont été pris pour cible lors d’un raid aérien près de l’aéroport. C’est une fin appropriée pour des hommes qui croyaient qu’il n’y aurait pas de réponse à leurs provocations. Ce sera un coup dur pour leurs organisations et leur réseau, tout comme le meurtre de Mughniyeh a été un coup dur.

Toutefois, ils ont encore des cadres et des disciples loyaux tels que Qais Khazali, Hassan Nasrallah et Hadi al-Amiri qui sont toujours en Irak et au Liban.

L’IRGC iranien est dirigé par des personnes puissantes et il a mis au point de nouvelles technologies de drones et de missiles.
Néanmoins, les États-Unis ont envoyé un message fort selon lequel le fait de tuer des Américains ne sera ni oublié ni toléré.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Sources:
https://www.jpost.com/Middle-East/The-unthinkable-Soleimani-killed-in-Iraq-612962

https://www.breitbart.com/politics/2020/01/02/democrat-chris-murphy-complains-about-soleimani-attack-2-days-after-calling-trump-impotent-on-iran/

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