Publié par Gilles William Goldnadel le 14 janvier 2020

Si les éditorialistes de gauche ont raison de fustiger les ignominies commises par Gabriel Matzneff, il ne faut pas oublier qu’ils fermaient les yeux il y a quelques années encore, rappelle l’avocat.

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La gauche mondaine est excessive par essence. Elle pose, et toutes ses postures sont autant d’impostures.

Hier elle interdisait d’interdire, aujourd’hui elle prétend être la patronnesse de la police des mœurs.

Je n’ai guère apprécié Gabriel Matzneff. Parce que je savais, comme Le Monde où il avait chronique ouverte avant d’y être lynché aujourd’hui, ce qu’il faisait aux petits enfants.

Et parce qu’aussi je le lisais tandis qu’il conspuait la France «américano- sioniste».

Ne tient pas du hasard si, à la même époque, son ami Jean Genet, autre chantre béni parce que maudit de la jouissance sexuelle sans entraves, se réjouissait d’entendre les chants de ses terroristes adulés «enculer dans un même coup de rein Hussein et Golda Meir»

C’est dire mon affection limitée pour le dandy . Mais j’eusse beaucoup préféré qu’on fasse le procès du beau Gabriel tandis qu’il était encore dans la force de l’âge plutôt que maintenant qu’il n’en a plus.

Un vent de folie souffle sur les universités américaines.

Je ne goûte pas davantage le monde d’Hollywood et n’ai jamais aimé Harvey Weinstein.

Ce libéral du camp du Bien qui raillait Donald Trump pour sa manière de se conduire avec les femmes. Mais je sais aussi le pouvoir aphrodisiaque de la réussite et nul ne m’empêchera de penser donc d’écrire que parmi ces actrices qui jouent aujourd’hui les victimes éplorées, certaines d’entre elles faisaient le siège du butor arrogant qu’il a toujours été.

Il faut lire aussi l’article de Laure Mandeville pour saisir le vent de folie qui souffle sur les universités américaines, sommées d’étudier toute plainte à caractère sexuel, même sur simple rumeur. Dans le cadre d’une justice interne sommaire, l’accusé est présumé coupable.

La gauche mondaine exagère. Hier par détestation de la tradition, il était recommandé de caresser les petits garçons. Cohn-Bendit nous explique à présent qu’il le disait par provocation.

Et Libération, avec ce plaisir de l’autocritique hérité du communisme ou de la mortification post-chrétienne se fustige publiquement d’avoir publié des appels à la perversion.

Les militants LGBT qui aujourd’hui porteraient jusqu’au bûcher l’imbécile qui confondrait pédophilie et pédérastie, du temps du Gai Pied les mariaient sur l’autel dans une même bénédiction.

Tandis que des journaux comme Le Figaro, conservateurs moisis, critiquaient les hommages à la pédophilie, ses défenseurs dénonçaient «un lynchage» et se comparaient, évidemment, aux juifs assassinés durant la Shoah: «on fabrique du pédophile sur mesure à jeter derrière les barreaux comme on fabriquait les juifs à enfourner» écrivait le Gai Pied.

Et le pape vénéré par les gauches mondaine, littéraire et intellectuelle réunies, René Scherer, comparait finement le rejet des pédophiles à la «Solution finale».

Le terme «pédophobie» était consacré. À époque, les militants LGBT étaient les premiers à défendre la cause pédophile. Le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR) réclamait la reconnaissance des «sexualités autres». À la première marche des fiertés en France, en 1977, une journée consacrée à la «sexualité des enfants» était organisée au cinéma Olympic, propriété de Frédéric Mitterrand, qui racontera trente ans plus tard son tourisme sexuel tarifé avec des garçons.

L’heure n’est plus à la luxure car l’heure est puritaine.

La gauche mondaine et distinguée était déjà pétitionnaire et pétomane.

Quand elle ne défendait pas Klaus Croissant, qu’elle présentait comme innocent avant que les archives du KGB ne parlent et avant qu’elle ne défende Cesare Battisti ; avec le même toupet indigné, elle exigeait la libération de tous les pédophiles emprisonnés.

C’est ainsi qu’en janvier 1977, Le Monde et Libération publiaient complaisamment une gentille tribune quand s’ouvrait à Versailles le procès de trois hommes, jugés pour «attentats à la pudeur sur mineurs». «Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit» dénonçait le texte rédigé par Gabriel Matzneff. Parmi les signataires: Jack Lang et Philippe Sollers. Les accusés seront finalement condamnés pour des orgies filmées, et sodomie sur des enfants de 12 et 13 ans.

À cette époque, Serge July, patron tout-puissant de Libération, s’enorgueillissait que son journal «ait gagné le titre du quotidien le plus poursuivi de France».

Aujourd’hui, changement de posture. D’un excès l’autre pour la gauche excessive. L’heure n’est plus à la luxure car l’heure est puritaine.

La mondaine de gauche est devenue police mondaine. Hier il était interdit d’interdire, aujourd’hui il est obligatoire de soupçonner.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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