Publié par Magali Marc le 14 janvier 2020

Les médias américains à la botte des Démocrates ne cessent de louanger Nancy Pelosi, la grande stratège qui va démolir Trump. Pourtant Miranda Devine, du New York Post, voit différemment la Présidente de la Chambre des Représentants et sa stratégie d’Impeachment (destitution) de Donald Trump.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit cet article de Miranda Devine paru le 12 janvier dans le New York Post.

***************************

Les médias appuient Nancy Pelosi

Regardez un stand de magazines et vous ne verrez que des femmes gauchistes en page couverture.

Pour contribuer à Dreuz.info en utilisant votre carte de crédit sans vous inscrire à Paypal, cliquez sur ce lien Paypal.Dreuz, et indiquez le montant de votre contribution.

Elizabeth Warren sourit sur la couverture de Rolling Stone. Alexandria Ocasio-Cortez fait la Une du New York Mag.

Enfin, Nancy Pelosi est resplendissante sur la couverture du Time Magazine.

«Son Pari : Pourquoi Nancy Pelosi a tout misé contre Trump» est le titre sous la photo.

La réponse c’est que c’est à cause de la personne qui fait la couverture du New York Mag, mais nous y reviendrons.

La question qu’on devrait vraiment poser c’est : pourquoi les médias de Washington accordent-ils leur appui à la présidente de la Chambre des Représentants ?

Son stratagème d’Impeachment a échoué. Il a eu pour effet de resserrer les rangs des Républicains autour du Président Trump en pleine année électorale, d’énergiser sa base et de lui permettre de se présenter à nouveau comme un outsider, ce qui est tout un exploit pour un président en exercice.

Cela lui a aussi coûté un membre, le député du New Jersey Jeff Van Drew, qui a fait défection et a rejoint les Républicains.

Et l’appui à l’Impeachment s’effondre dans les sondages. Le dernier sondage du Des Moines Register a révélé que 48 % des électeurs de l’Iowa disent que M. Trump ne devrait pas être démis de ses fonctions, alors que seulement 40 % disent qu’il devrait l’être.

Son retard de trois semaines pour envoyer les articles de destitution au Sénat a été dénoncé comme un stratagème qui n’a fait que soulever la colère de ses collègues démocrates rationnels comme la Sénatrice Dianne Feinstein.

Dimanche, lors de l’émission «This Week » sur la chaîne ABC, Mme Pelosi a tenté de donner une tournure positive à son erreur de calcul, en déclarant de façon extraordinaire que le président sera « destitué à vie ».

Quand on lui a demandé si la Chambre allait déposer de nouveaux articles de mise en accusation, elle a répondu : « Voyons ce que fera le Sénat. »

L’Impeachment permanent est utilisé comme une arme politique, une tactique sans principe de la part d’une Présidente de la Chambre qui se berce d’illusions de grandeur.

Voilà ce que valait la prétention que la mise en accusation devait être adoptée par la Chambre des Représentants précipitamment, avant Noël, sans prendre le temps d’assigner des témoins importants, parce que le président représentait un « danger évident et immédiat ».

Peut-être que Mme Pelosi espérait, que si elle tergiversait assez longtemps, les preuves qu’elle n’avait pas se matérialiseraient grâce à ses amis dans les médias.

Hier encore, elle s’accrochait, pleine d’espoir, au pétard mouillé de l’annonce de John Bolton selon laquelle il serait prêt à témoigner.

Mais avec les caucus des primaires de l’Iowa dans trois semaines et l’attention de la nation portée sur des questions plus importantes comme l’Iran et l’accord commercial que le président signera avec la Chine mercredi, Mme Pelosi n’avait pas le choix.

Elle a dû capituler sans obtenir une seule concession de la part de son mystérieux homologue républicain au Sénat, Mitch McConnell, et elle enverra les articles cette semaine.

Quelle humiliation.

Pourtant, les médias ne cessent de la présenter comme une grande stratège.

L’article du Time Magazine la montre à l’aide de photographies en noir et blanc qui lui donne un air féroce, rétroéclairée par un halo, comme une sorte de déesse.

Elle s’est « établie comme contrepoids et contrainte face à ce président qui divise », s’extasie le magazine qui offre des descriptions dithyrambique de son « élégant bureau au Capitole [avec] ses fauteuils dorés autour d’une table basse surmontée d’un vase d’hortensias » [et] de son penthouse aéré de Georgetown.

Elle « a déjoué Trump [et] a été la tacticienne derrière l’enquête qui a abouti à sa mise en accusation ».

Un vrai génie.

Nancy Pelosi est un peu comme la missionnaire chrétienne fanatique décrite par John le Carre dans son roman «Comme un collégien» ( The Honorary Schoolboy) : « Elle pouvait repérer un péché avant qu’il ne soit commis

Ça peut fonctionner en matière de religion, mais en politique, vous êtes démasqué.

On se rend compte qu’elle n’a été sauvée de l’embarras que par des médias à genoux devant les Démocrates.

Il n’y a rien de mal à admirer Mme Pelosi en tant que porte-drapeau féminin, mais elle doit être tenue responsable de ses erreurs, et quand il s’agit de Trump, elle a perdu l’esprit.

Le Président l’a appelée «Nancy la folle » dans un tweet dimanche, et il n’a pas tort.

Prenez l’Iowa.

Le procès d’Impeachment au Sénat ne devrait pas commencer avant mardi prochain.

Les cinq sénateurs démocrates qui se présentent à la présidence – Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Amy Klobuchar, Cory Booker et Michael Bennett – seront donc coincés à Washington six jours par semaine au moment précis où ils seront censés serrer des mains dans l’État du premier caucus.

Booker* a décrit ce timing comme représentant une «grosse, grosse claque».

Avec Sanders en tête dans l’Iowa, cela donne à Joe Biden un avantage injuste, ce que beaucoup de supporters de Bernie Sanders soupçonnent être la vraie raison pour retarder la mise en accusation.

Mais si aider la campagne de Biden est vraiment ce qui motive Mme Pelosi, c’est une autre stratégie qui fera chou blanc.

Un candidat qui a besoin d’être protégé par des témoins pour le sauver de ses propres gaffes et de son histoire peu glorieuse sera dévoré tout cru par Trump, s’il devient le candidat des Démocrates.

Sanders, le plus Trumpien des Démocrates ( NdT: lui aussi est un outsider du parti qu’il veut diriger), peut encore l’emporter, malgré les obstacles mis en place par Mme Pelosi.

Mais quand l’histoire de l’élection de 2020 sera écrite, nous verrons que la priorité de Mme Pelosi n’est pas plus le bien-être électoral des Démocrates que l’intérêt national.

La destitution a été son compromis pour sauver son emploi et préserver l’Establishment du parti contre l’insurrection des jeunes femmes de gauche dirigées par la copine de Sanders, Alexandria Ocasio-Cortez (AOC), financées par Michael Bloomberg.

« La plupart d’entre elles étaient en faveur de l’Impeachment il y a un an », raconte Mme Pelosi au Time.

La pression s’est accrue fin 2018 lorsque AOC a participé à un sit-in sur le changement climatique dans le bureau de Nancy Pelosi et l’a traitée de «raciste».

Puis, lors d’un banquet à San Francisco en août dernier, Mme Pelosi a été interrompue par les cris de jeunes militants debout sur des chaises et déployant des banderoles disant: « Il est temps d’intervenir » et « Nous ne pouvons pas attendre ».

Quelques semaines plus tard, l’appel téléphonique du Président Trump en Ukraine est devenu un prétexte bien mince d’Impeachment.
Pour un parti confronté à une crise existentielle, la bataille pour la destitution du président a aidé à souder les Démocrates autour de la haine partagée de Donald Trump, même s’il s’agit d’une obsession destructrice pour leurs espoirs électoraux.

Il n’y a aucun principe noble dans le comportement de Nancy Pelosi, aucun calcul tactique intelligent, elle a simplement intérêt à sauver sa peau.

* Aux dernières nouvelles, Le sénateur Cory Booker a abandonné la course à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine de novembre.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

Parce que Dreuz est censuré pour le crime de désaccord avec la gauche, suivez notre fil Twitter, et retweetez-nous. C’est un important geste de résistance pour faire circuler vos idées.

Source :

https://nypost.com/2020/01/12/media-gives-speaker-nancy-pelosi-a-free-pass-devine/

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz