Publié par Jean-Patrick Grumberg le 14 janvier 2020

Le peuple iranien exige la démission de l’Ayatollah Ali Khamenei suite à la pulvérisation de l’avion ukrainien qui transportait 145 de leurs compatriotes (double-nationaux irano-canadiens, irano-britanniques…).

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Les Iraniens ne sont pas intéressés à savoir si l’avion a été abattu intentionnellement ou pas. Ce qu’ils ne pardonnent pas, est que le régime totalitaire des Mollahs ait pendant 48 heures tenté de couvrir l’horrible attaque sous différents faux prétextes.

Sans exception notable, les médias occidentaux se sont tous faits obéissants. Ils ont relayé les communiqués officiels iraniens sans discuter. Ils continuent à propager le dernier mensonge en date : que l’avion russe ait été abattu suite à une erreur humaine.

Il n’y a pas eu d’erreur humaine

Que les choses soient claires : il n’y a pas eu d’erreur humaine. L’attaque était intentionnelle. On ne connaît pas (pas encore) le motif, mais on sait maintenant ce dont beaucoup (à part les journalistes) se doutaient.

  • Lors d’une conférence de presse, le général Hajizadeh vient de déclarer que « l’opérateur n’a pas demandé la permission avant de tirer sur le vol d’Ukraine Airlines ».
  • Cependant, en 2016, lors d’une précédente conférence de presse, le même général expliquait que les opérateurs de la défense aérienne sont autorisés à tirer des missiles sans demander la permission.

Dans le quotidien AsiaTimes, l’expert Stephen Bryen explique que les explications de Téhéran sont une nouvelle fake news.

L’histoire de l’opérateur de missile nerveux « avec seulement six secondes » pour se décider, qui a abattu par erreur le jet, et qu’il pensait qu’il tirait sur un missile de croisière » est une fake news.

Les données techniques démentent les explications de l’Iran

  • Tout système moderne de défense aérienne se compose d’au moins trois parties, explique Bryen.

    • L’unité de tir qui contient les missiles de défense aérienne,
    • un radar d’acquisition qui balaie une vaste zone pour donner une alerte rapide en cas de menace,
    • et un radar d’engagement qui acquiert la cible et aide à guider le missile.
  • Le Tor, de fabrication russe, qui est le système qui, selon les services de renseignement américains, a été utilisé pour faire exploser le vol PS-752, utilise les deux types de radars.

    Il est doté d’un système numérique moderne de commandement et de contrôle et d’un système IFF (identification ami ou ennemi), le tout installé sur un véhicule à chenilles. L’ensemble complet est connu sous le nom de TLAR, transporteur, lanceur et radar. L’Iran a acheté 21 systèmes Tor en 2007.
  • Un opérateur de radar ne peut pas simplement appuyer sur un bouton et lancer un missile. Il faut au moins une minute complète, parfois une minute et demie ou plus, pour préparer le missile au tir.

    Au minimum, les informations sur la cible doivent être reliées à un ou plusieurs missiles de défense aérienne et les gyroscopes des missiles doivent être mis en rotation.

    L’histoire selon laquelle l’opérateur ne disposait que de six secondes n’est donc pas crédible.

    Même les plus modernes Pansir, S-300 et S-400 (tous de fabrication russe) nécessitent une à deux minutes pour se préparer au lancement.
  • Le vol PS-752 a décollé à 6 h 11 de l’aéroport international de Téhéran.
    • Trois minutes plus tard, au dernier point de contact, le 737 se trouvait à 8 000 pieds – loin de l’altitude normale de fonctionnement d’un missile de croisière.
    • N’importe quel bon radar l’aurait suivi depuis peu après le décollage jusqu’à sa destruction.
    • Un missile tiré sur l’avion mettrait environ 10 secondes pour l’atteindre, de sorte que nous pouvons dire que son image radar aurait été disponible pour le système de défense antimissile Tor pendant presque les trois minutes entières.
  • Le radar d’acquisition de Tor a une portée d’environ 25 kilomètres, ce qui signifie que s’il y avait vraiment un missile ennemi en route, il aurait été identifié comme une cible à une certaine distance. La zone à l’ouest et au sud de Téhéran est plate, ce qui permet au radar d’avoir une bonne vue à longue portée (à l’ouest, il y a des montagnes, mais l’Iran ne s’attendrait jamais à une attaque américaine de cette direction).
  • Le Tor est optimisé contre les menaces de vol à basse altitude comme les missiles de croisière, de sorte que le radar aurait dû être assez bon pour donner un avertissement d’environ cinq à dix minutes.
  • Le retour radar d’un missile de croisière comme le Tomahawk, le seul missile de croisière de l’arsenal américain capable de frapper Téhéran, est faible comparé à celui d’un avion de ligne.
    • L’écho radar d’un avion à réaction est cinq fois plus important que celui d’un Tomahawk, qui n’est pas une plate-forme furtive.
    • Il a une envergure de moins de neuf pieds contre 112 pieds pour un 737-800.
  • Le PS-752 était en montée après le décollage. Les radars modernes peuvent déterminer l’altitude, et le fait que le vol PS-752 était en montée est une preuve prima facie qu’il ne s’agissait pas d’un Tomahawk, qui vole à environ 50 pieds du sol.
  • Le Tomahawk essaie habituellement de se « cacher » dans le fouillis radar et la couverture naturelle comme les collines et les montagnes, et même les grands immeubles.
  • L’opérateur devrait être incroyablement stupide pour confondre la trajectoire ascendante d’un avion à réaction commercial avec la trajectoire en palier d’un missile de croisière.
  • Et l’opérateur avait quelques minutes pour faire la différence.
  • Le vol d’Ukrainian Airlines était équipé d’un transpondeur radar qui diffuse un bip radar amélioré pour identifier l’avion et fournir d’autres informations aux contrôleurs aériens. Pourquoi un système de défense aérienne de fabrication russe avec IFF ne ferait-il pas automatiquement la distinction entre les avions à réaction commerciaux et militaires, surtout si le TLAR a été installé à proximité d’un grand aéroport commercial ? S’il ne pouvait pas faire cette distinction, l’IFF serait de mauvaise qualité et peu fiable.
  • La Russie a une profusion de systèmes de défense aérienne (y compris Tor) regroupés autour de Moscou, qui possède trois aéroports internationaux importants – Sheremetyevo, Domodedovo et Vnukovo. Il est presque impossible de croire que les Russes n’ont pas réglé leurs systèmes de défense aérienne pour ne pas tenir compte des opérations de l’aviation commerciale. Alors pourquoi les Iraniens ne peuvent-ils pas ? Les Russes leur ont-ils vendu une version d’exportation dégradée de Tor ?

Les arguments iraniens ne passent pas et sont trompeurs, intentionnellement, conclut Stephen Bryen, qui ajoute :

En mettant le blâme sur un opérateur de défense anti-missile de bas niveau, les autorités compétentes évitent toute responsabilité. En blâmant les mauvaises communications, ils s’autorisent même à ne pas savoir ce qui s’est passé. En inventant d’autres histoires basées sur des informations délibérément trompeuses et erronées, ils prouvent qu’ils ne sont même pas assez intelligents pour concocter quelque chose de plus convaincant.

https://www.asiatimes.com/2020/01/opinion/iran-keeps-concocting-fake-news-on-downed-jet/

Cette attaque contre le PS-752 n’était pas un accident. C’était un acte criminel. Et il a été autorisé par la force des gardiens de la révolution, qui est en charge de la défense antimissile de Téhéran.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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* Stephen Bryen a travaillé pendant 40 ans au sein du gouvernement américain. Il a été directeur du personnel de la Commission des relations étrangères du Sénat américain, sous-secrétaire adjoint à la Défense pour la politique de sécurité commerciale, fondateur et premier directeur de la Defense Technology Security Administration, président de Delta Tech Inc, président de Finmeccanica North America et commissaire de la Commission d’examen de la sécurité pour la Chine.

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