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Publié par Gaia - Dreuz le 15 janvier 2020

Source : Lepoint

La liberté de ton de l’ex-ministre irrite le Quai d’Orsay. À tel point qu’elle annonce son licenciement imminent de son poste d’ambassadrice des pôles.

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Les relations polaires qu’elle entretenait avec la macronie auront sans doute raison de son poste. Ségolène Royal a indiqué mardi 14 janvier 2020 sur son compte Facebook son licenciement imminent de son poste d’ambassadrice des pôles. « Le licenciement de cette mission bénévole sur les pôles a déjà eu lieu, sans entretien préalable, comme indiqué dans la lettre ci-jointe », explique la socialiste. Et de poursuivre : « Je comprends par cette lettre que le président de la République va mettre fin à mes fonctions à un prochain conseil des ministres puisque je n’ai pas l’intention de renoncer à ma liberté d’opinion et d’expression garantie par la Constitution ».

L’ancienne ministre joint à sa publication une lettre émanant du Quai d’Orsay. « Il est envisagé de mettre fin à vos fonctions au regard de vos récentes prises de parole publiques, qui mettent en cause la politique du gouvernement à la mise en oeuvre de laquelle, en votre qualité d’ambassadrice, titulaire d’un emploi à la décision du gouvernement, vous êtes étroitement associée », indique la missive datée du 7 janvier 2020.

Les rumeurs allaient bon train depuis le début de la journée et l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 se trouvait sur un siège éjectable depuis quelque temps. La socialiste avait déjà été recadrée à plusieurs reprises par le Quai d’Orsay, où sa liberté de ton et ses ambitions présidentielles en 2022 irritaient au plus haut point. « Il y a un vrai sujet de devoir de réserve et elle n’a pas fait le job dans sa mission. Au nom de quoi serait-elle au-dessus des lois ? » fulminait ce mardi un Marcheur dans les colonnes du Parisien.

Le Canard Enchaîné fait état d’une information dont voici le contenu exact. En fait, je ne suis pas convoquée car le…

Publiée par Ségolène Royal sur Mardi 14 janvier 2020

« Je ne démissionnerai pas »

L’intéressée avait visiblement choisi l’attaque comme système de défense : « Ils veulent que je démissionne, mais je ne démissionnerai pas. Je remplis mes fonctions. Qu’ils prennent leurs responsabilités ! » martelait-elle au Parisien. Le député socialiste Luc Carvounas a défendu bec et ongles celle qu’il a dépeinte comme une femme « libre de sa parole » et que personne n’arrivera à museler. « Elle continuera à dire ce qu’elle pense de l’état du pays et des solutions qu’elle peut apporter », a prévenu l’élu.

C’est cette liberté de ton qui aurait acté le divorce entre Royal et La République en marche (LREM). Un député de la majorité le confirmait au Parisien : « Macron est très emm… é. Il l’a nommée en pensant l’acheter, et maintenant elle lui rentre dans le lard. Il doit vite la sortir, avec le risque de l’instituer comme adversaire pour 2022. »

L’ex-candidate socialiste à la présidentielle de 2007 a multiplié ces derniers temps les attaques à l’encontre du gouvernement, publiant en décembre des tweets qui critiquent le pouvoir sur les pesticides, sur la réforme des retraites, ainsi que la proximité d’Emmanuel Macron avec « le monde du business mondialisé ». Elle a d’ailleurs été recadrée récemment par la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne qui lui avait rappelé son « devoir de réserve ». Pire, Ségolène Royal cache à peine ses vues sur le palais de l’Élysée en 2022. « En tant que femme d’État qui a connu l’exercice du pouvoir, elle veut voir le pays réussir », répète le même Jean-Luc Carvounas. Elle aura désormais le temps de se consacrer à ses ambitions élyséennes.

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