Publié par Hélène Keller-Lind le 28 janvier 2020

Saisissant contraste : le 22 janvier 2020, dans la vielle ville de Jérusalem, avant d’entrer dans la Basilique Sainte-Anne, sous souveraineté française avec ses secrets, le visage déformé par la colère, le Président Macron pique un coup de sang contre les Israéliens chargés de sa sécurité et, gestes et verbe méprisants, les congédie : “Out”.

Le lendemain, il sera tout sourire à Ramallah, son hôte, le Président de l’Autorité palestinienne ne lui lâchant plus la main. Co-financé par la France, un Abbas qui incite au terrorisme, payant les terroristes au prorata de la gravité de leurs attaques

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Emmanuel Macron et son coup de sang violent contre les policiers israéliens chargés de sa sécurité :

Emmanuel Macron et Mahmoud Abbas à Ramallah, embrassades, on se tient par la main, pose devant un tableau représentant le Dôme du Rocher sur le Mont du Temple, renommé Esplanade des Mosquées par l’Autorité palestinienne, la France ou l’UNESCO :

Une colère vraie ou jouée, porteuse de messages clairs

Évidemment cette scène d’Emmanuel Macron, accompagné dans sa promenade dans le quartier arabe de la vielle ville de Jérusalem par le maire de la capitale israélienne, en visite ici avec une cinquantaine d’autres chefs d’État –pour le cinquième forum de la Shoah et les commémorations du 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz– a rappelé à tous celle qu’y fit Jacques Chirac quelque 24 ans plus tôt. Du théâtre sans doute, en ont conclu maints observateurs, et cela y ressemblait fort. Il devait espérer que cette colère, vraie ou fausse, lors de sa première visite à Jérusalem en tant que Président, après plusieurs reculades, serait très largement commentée en France, faisant d’une pierre plusieurs coups. D’une part, tenter d’endosser la stature d’un Chirac, dont le coup d’éclat avait beaucoup plu dans certains milieux, d’autre part réaffirmer que «la France ne reconnaît aucune souveraineté sur Jérusalem» –en attendant un accord de paix et que la ville soit la capitale de deux États (1)- en y tançant vertement des policiers israéliens, signal de rejet en direction d’une partie de son électorat en France, des Président et Premier ministre israéliens, mais aussi du Président de l’Autorité palestinienne qu’il allait rencontrer le lendemain à quelques kilomètres de là –et qui l’accueillit fort chaleureusement– et enfin espoir, peut-être de faire oublier un instant en France les manifestations contre sa réforme des retraites…  

L’agence officielle palestinienne Wafa rapportait d’ailleurs ainsi cet incident : «Jérusalem, 22 janvier 2020, WAFA –Le président français Emmanuel Macron a chassé aujourd’hui mercredi, des agents de la police d’occupation israélienne de l’extérieur de la basilique ‘Sainte-Anne’ dans la vieille ville de Jérusalem occupée. En colère, Macron a réprimandé la police d’occupation pour leur présence devant la Basilique et leur a demandé de le laisser entrer, disant en anglais : « je n’aime pas ce que vous avez fait devant moi, » avant de leur demander de partir…” (2). (caractères gras ajoutés)

La version anglaise de la dépêche de l’agence de presse est plus musclée, titrant : «Le Président français engueule la sécurité israélienne et la vire d’une église de Jérusalem» (3).

Dans une revue de presse, WAFA rapporte, par ailleurs, que les trois quotidiens palestiniens ont, bien entendu, souligné ces remontrances adressées par Emmanuel Macron aux forces de sécurité israéliennes et le fait qu’il leur avait ordonné de partir (4).

On attendait donc à Ramallah un super-héros…

Des excuses démenties mais qui auraient dû être présentées, les attaques terroristes n’étant pas un vain mot à Jérusalem et erreur du Président

Selon certaines sources, y compris policières, très peu rapportées, le Président français se serait excusé ensuite auprès de la police, mais selon le quotidien Haaretz, la France aurait démenti (5). Ce qui n’étonne guère. Le Président aurait pourtant dû le faire. En effet, assurer la sécurité n’est pas un vain mot en Israël où «plus de 560 attaques terroristes graves ont été déjouées en 2019», selon le chef des services de sécurité israéliens. En décembre 2019 il y a eu 31 attaques à Jérusalem, contre 32 en novembre et 16 en octobre. Des attaques perpétrées au moyen de toute une gamme d’armes, allant de pierres, à coups de couteau, cocktails Molotov ou utilisation de véhicules… (6).

Les forces de sécurité israéliennes confrontées à des menaces quotidiennes se devaient de protéger cet hôte de marque et les traiter ainsi a été bien peu glorieux. 

Fort de ce qu’il croyait être son bon droit il leur a interdit d’entrer dans la cour de la Basilique Sainte-Anne, domaine français, selon lui. Mais il aurait dû le faire sans élever le ton et en ne les traitant pas avec un tel mépris. D’autant que, et cela est ironique, il n’était pas dans son bon droit, comme le souligne le professeur émérite des Universités, spécialiste de droit international, David Ruzié, qui parle «d’erreur grossière» de la part d’Emmanuel Macron –comme celle de Jacques Chirac auparavant– car, «En réalité, il a confondu «propriété de la France» et «territoire sous souveraineté de la France», ajoutant : «Il devrait être mieux conseillé…» Le juriste explique que «la Basilique Ste-Anne de Jérusalem n’est pas un territoire français, et la police israélienne n’avait pas, pour autant, le droit, en principe, d’y pénétrer, en application de l’accord conclu au XIXe siècle du temps de la souveraineté ottomane». Mais il précise : «Certes, pour prévenir tout incident, que la France n’aurait certainement pas manqué de reprocher à Israël, les autorités israéliennes avaient envisagé, en 2020, comme en 1996, que la police israélienne assurerait la protection du chef de l’Etat français, même à l’intérieur de la basilique»… Ce dont les services de la présidence avaient certainement dû être informés…

Mais quels secrets abritent donc la Basilique Sainte-Anne…

Fait sans doute peu connu, mais qui a son importance, la Basilique Sainte Anne abrite un programme épinglé par plusieurs organisations en raison de son hostilité avérée envers Israël… Il s’agit de l’ONG EAPPI –Programme œcuménique d’accompagnement en Palestine et Israël– fondée en 2002 par le Conseil Mondial des Églises (WCC) (7) et qui dispose de fonds considérables. À première vue un organisme louable qui emmène en Israël et dans les Territoires palestiniens des accompagnateurs venus de nombre de pays pour soutenir les Palestiniens en théorie. En réalité il s’agit d’un organisme anti-israélien, pro-BDS, qui, par exemple, met en scène avec ses militants des provocations aux checkpoints, filme les réactions des forces de sécurité, monte les vidéos soigneusement, les résultats étant alors diffusés très largement auprès de divers responsables, dans les pays d’où viennent ces «accompagnateurs», de fait des militants bien formés, dans le cadre d’une propagande anti-israélienne bien huilée. 

Fait significatif : l’EAPPI donne comme coordonnées une Boîte Postale à Jérusalem qui est également celle de PASSIA, Société académique palestinienne pour l’étude des affaires internationales (8) et arbore ce sigle, avec Israël recouvert du drapeau palestinien, donnant accès à un site résolument anti-israélien valant le détour : 

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L’Observatoire des ONG, NGOmonitor nous renseigne sur ce qu’est l’EAPPI en ces termes :

«Bien que se présentant comme programme de protection des droits de l’homme, l’EAPPI souligne l’importance d’une sensibilisation politique avant, pendant et après le voyage. Lorsque les volontaires retournent dans leur pays et église d’origine, ils s’engagent dans un lobbying anti-israélien tel que campagnes BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) et comparent Israël à l’apartheid en Afrique du Sud et à l’Allemagne nazie.» Cette organisation, qui n’est pas enregistrée en Israël, a ainsi fait venir depuis sa création 1 800 personnes, des vrais-faux «témoins» avec des visas touristiques, pour des périodes de trois mois. (9)

NGOmonitor souligne que le WCC n’a aucun autre programme de ce type dans le monde et que ne s’en prenant qu’à Israël il répond à la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (Ihra) largement adoptée par les pays occidentaux, y compris par le Parlement français. Et on se souvient que s’exprimant devant le Crif, Emmanuel Macron avait affirmé entendre élargir la définition de l’antisémitisme à l’antisionisme. 

La basilique Sainte-Anne de Jérusalem abrite donc ce que le Président français affirme pourtant condamner. Le savait-il en ce 22 janvier ?

Savait-il, en tenant la main de Mahmoud Abbas et arborant un franc sourire, que le petit dictateur corrompu, co-financé par la France –élu pour 4 ans voici 16 ans–, incite au terrorisme en payant fort bien, sur fond de chômage, les terroristes selon la gravité de leur forfait, leur promettant aussi le Paradis d’Allah ? Ou en versant des rentes à leur famille s’ils meurent en commettant leur attaque.

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Macron et Abbas : banalisation de la Shoah, rapprochements indécents 

À bord de l’avion présidentiel le ramenant en France, Emmanuel Macron a longuement reçu quelques journalistes. Au cours de l’entretien il rapprocha Shoah et guerre d’Algérie… comparaison grossière et inimaginable à tous les niveaux. Mais depuis Alger, alors candidat, il avait assimilé la colonisation à un crime contre l’humanité… parlant, du coup, le même langage que Mahmoud Abbas –auteur d’une thèse révisionniste lorsqu’il était étudiant à Moscou et qui crie «colonisation» et «crimes contre l’humanité» dès qu’il en a l’occasion. 

L’agence Wafa publiait d’ailleurs le 24 janvier 2020 un texte édifiant du représentant du Fatah –parti de Mahmoud Abbas– en Pologne banalisant aussi la Shoah, la mettant sur pied d’égalité avec la bombe d’Hiroshima ou le viol de femmes allemandes par des soldats ayant envahi Berlin, mais aussi, et surtout avec la Nakba –nom donné par les Palestiniens aux événements de 1948– oubliant que nombre d’habitants de la région avaient fui pour revenir jeter les Juifs à la mer avec des armées arabes conquérantes –. Il accuse «l’État sioniste colonialiste d’Israël d’être fondé sur une idéologie raciste semblable à celle qui a abouti à la Shoah» –mettant en doute, au passage, le nombre de victimes juives–. Accumulant tous les qualificatifs possibles : idéologie et pratiques racistes, vol des terres, nettoyage ethnique quotidien, terrorisme, etc. : Il oublie, l’amitié d’Husseini, Grand Mufti de Jérusalem, avec des dignitaires nazis ou son recrutement de troupes musulmanes pour servir aux côtés des troupes allemandes. Et il en profite pour vilipender les chefs d’État qui se sont rendus à Jérusalem pour ce forum sur la Shoah, sans se soucier, écrit-il, de ce qui se passe «de l’autre côté de la barrière de la ségrégation»… Emmanuel Macron ou le Prince Charles ayant été parmi ceux qui franchirent cette barrière…

Enfin, pour bien comprendre qui est Abbas, cofinancé par la France et fort apprécié par le Président français :

«L’antisémitisme de l’Autorité palestinienne produit des Palestiniens antisémites», une vidéo – en arabe et anglais- reprenant des publications de la page Facebook du Fatah et de la télévision officielle palestinienne :

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