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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 12 février 2020

Le candidat socialo-communiste Bernie Sanders vient de remporter la primaire du New Hampshire.

Le parti ne pouvait pas s’exposer avec une nouvelle magouille comme dans l’Iowa, où il a bloqué les résultats pendant une semaine, le temps de chercher une solution pour tenter de le faire perdre.

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Le syndrome Jeb Bush

Pour l’observateur honnête, soit à peu près n’importe qui sauf les journalistes, le problème Sanders n’est ni unique ni surprenant. Le parti Républicain avait le même en 2016, il s’appelait Jeb Bush, et il a perdu contre un certain Donald Trump.

Les Démocrates avaient choisi pour le peuple. Ils avaient leur Jeb Bush à eux, et le peuple devait voter pour lui. Leur Jeb Bush s’appelle Joe Biden. Et Joe Biden, fabriqué de toutes pièces par les élites et les médias, a rapidement commencé à s’enfoncer – comme Jeb Bush – dès les premières vraies confrontations à la vie réelle : les élections primaires. Il vient d’arriver 5e, loin derrière les deux candidats en tête, dans le New Hampshire, après s’être classé 4e dans l’Iowa. Il est fini, il est le seul à ne pas le savoir.

Ainsi, le peuple indiscipliné et arrogant a encore refusé d’obéir aux élites. C’est incompréhensible, pensent les élites, parce qu’elles savent mieux que le peuple ce qui est bon pour lui. C’est pourtant pas compliqué : tout ce qu’on lui demande, c’est de suivre les instructions, comme en France par exemple, où ils élisent toujours le candidat qu’elles lui désignent.

Il est anormal, choquant même, que le peuple s’autorise à faire ses propres choix, pensent les élites, puisque les médias pratiquent un profond et soigneux lavage de cerveau. L’ennemi public numéro 1 ferait-il mal son travail ? Les Américains sont d’incultes mangeurs de Mc Donald obèses, pourquoi ce qui marche si bien avec les Français rate en Amérique ? Les élites n’ont pas trouvé la réponse.

Joe Biden, comme Jeb Bush n’a rien à offrir

Cherchez, écoutez ses discours, lisez ses interviews : Biden n’a pas de projet, pas de vision, pas de message, pas de promesse (Pete Buttigieg non plus d’ailleurs. Celui-là, il ressemble à un robot de réalité virtuelle sortie des laboratoires de Google : plus ils deviennent humains, plus ils deviennent effrayants). Par contre il insulte publiquement, lors de ses meetings politiques, ceux qui lui posent des questions qu’il n’aime pas entendre, ou les met au défi de faire plus de pompes que lui (véridique).

Bernie Sanders a un message fort et puissant – tellement fort et puissant qu’il va, sans la moindre place au doute, plonger l’Amérique dans une récession totale, forte et puissante. Mon ami Démocrate Avram Miller écrivait récemment qu’avant de voter pour lui, il vendrait tous ses biens, tous ses actifs, et achèterait de l’or, car l’Amérique s’écroulera. Il faut comprendre que les Américains sont mobiles, et que si Sanders était élu, les riches et les entreprises quitteraient le pays. Sanders, pour financer son programme, serait contraint de confisquer les biens des citoyens, il plongerait le pays dans le chaos.

La révolution ou le chaos

Le cauchemar des Démocrates, c’est donc le communiste Bernie Sander, comme Trump était le cauchemar des Républicains en 2015.

Je vous rassure, ne commencez pas à transpirer, la comparaison s’arrête là : Sanders ne peut pas être élu !

  • Les Indépendants, qui n’ont pas commencé à voter, ne veulent pas d’un communiste.
  • Les Démocrates de la classe moyenne, dans la plupart des Etats à part la côte ouest et la côte est, et quelques régions éparpillées, ne veulent surtout pas de l’enfer, je veux dire, pas du socialisme. Ils veulent certainement voir une évolution, mais certainement pas une révolution.

Les Démocrates n’ont pas su comment empêcher la vague d’extrême-gauche de pousser le parti à la marge. Ils n’ont pas trouvé un seul candidat solide, ils n’ont que des losers, des seconds choix, des bras cassés et des fêlés, ce qui explique d’ailleurs le succès de Sanders.

Je dois prendre un exemple, vous allez tout comprendre.

Andrew Yang, le candidat à la queue du peloton à la primaire Démocrate, dont les résultats oscillent entre 1% et 1%, a déclaré lors du dernier débat :

Le #YangGang a fondamentalement changé la direction de ce pays et transformé notre politique, et nous ne faisons que continuer à grossir.

https://twitter.com/thehill/status/1227465102149873664?s=20

Vous percevez le niveau d’aveuglement ?

Pour affronter Trump, il fallait un poids lourd. Une personnalité adorée par toute la gauche. Une Michele Obama par exemple, si elle avait eu des idées. (Son livre montre que ses idées sont plus proches des telenovelas que de la science politique).

Joe Biden a un seul message : « je suis l’héritier d’Obama ». Ni sa couleur de peau, ni son vieil âge, ni sa maladresse, ni son gâtisme et ses multiples gaffes ont trompé. Et je ne parle même pas des casseroles de corruption qu’il traîne derrière lui, et qui le feraient exploser en plein vol devant l’Amérique s’il se retrouvait face à Trump dans un débat national.

Un problème socialiste

Je n’aurais jamais pensé que la rédaction du Washington Post, qui dirige la stratégie et dicte sa conduite au parti Démocrate avec le New York Times, aurait reconnu avoir un problème socialiste. Il fallait que je voie cela de mes yeux pour le croire. Et je l’ai vu de mes yeux.

Le Washington Post est en train de préparer la route pour son Joe Biden de secours : Mike Bloomberg. C’est le problème des élites : elles savent mieux que le peuple ce qui est bien pour lui.

Dans un éditorial publié samedi dernier, le Washington Post démolit les candidats Démocrates.

  • Il explique que décrire les candidats Biden et Buttigieg comme centre-gauche est une « hypothèse non vérifiée » et « fausse », et qu’ils sont aussi extrémistes que Bernie Sanders et Elizabeth Warren.
  • L’article prend pour exemple les propositions clefs de Bernie Sanders et de Warren, telles que l’assurance maladie pour tous et l’université gratuite, et montre que les propositions de Buttigieg « de rendre l’université gratuite pour presque tout le monde – mais pas pour les familles les plus riches » et son plan de santé qui « finira par pousser les compagnies d’assurance privées à la faillite », sont tout aussi extrémistes.
  • L’éditorial rappelle que Biden ne soutient peut-être pas le Green New Deal comme les autres candidats, mais qu’il « veut dépenser un énorme 1,7 trillion de dollars pour permettre au pays d’éliminer les émissions nettes de carbone d’ici 2050 », ce qui revient à peu près au même désastre économique.

Il y a aussi les mesures politiques sur lesquelles presque tous les Démocrates sont d’accord : donner un refuge légal aux jeunes immigrants illégaux connus sous le nom de « dreamers » ; réactiver et étendre les réglementations climatiques du président Barack Obama ; renouer avec l’Iran ; augmenter le salaire minimum ; maintenir l’avortement légal ; sévir contre les armes à feu. En fait, tous les principaux candidats Démocrates présentent un programme à la gauche de celui de M. Obama », écrit le comité de rédaction du Post.

https://www.washingtonpost.com/opinions/no-pete-buttigieg-and-joe-biden-are-not-centrists/2020/02/07/a75c9afc-49d9-11ea-b4d9-29cc419287eb_story.html

Le vice-président de Media Research Center, Dan Gainor, a comme moi applaudi la lucide et honnête analyse du WaPo, pour avoir admis que les Démocrates n’ont pas de candidats modérés pour la présidence :

« Il est étonnant que le Washington Post soit prêt à admettre que les Démocrates sont soit de gauche, soit à la gauche de la gauche, soit à l’extrême-gauche », a dit Gainor sur Fox News.

Le problème, c’est que vous ne pouvez pas trouver cette analyse correcte ailleurs dans la presse…

Les journalistes ont qualifié les candidats Démocrates de « modérés » ou de « centristes » pour tenter de faire croire que le parti n’a pas fait un grand virage à gauche ».

Les élites, disais-je, pensent que le peuple est facile à manipuler.

Après s’être vite rendu compte de leur erreur en élisant François Hollande – aussitôt élu, la majorité des Français l’a sévèrement jugé – ils se sont précipités pour faire une nouvelle erreur avec Emmanuel Macron. Et ils sont déjà prêts à faire une troisième erreur : le réélire pour un second mandat.

Pourquoi le lavage de cerveau qui marche si bien sur des gens raffinés et éduqués comme les Français, ne marche-il pas sur les gros imbéciles Américains ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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