Publié par Dreuz Info le 13 février 2020

Mécréant* : ce livre, une pure fiction, est une nouvelle divertissante qui nous entraîne dans une aventure rocambolesque à travers la Syrie en guerre et nous plonge dans l’enfer de Daesh.

Il ne porte aucun jugement, il se contente de regarder les hommes vivre et se juger mutuellement. Mais quand les systèmes de croyances se percutent, sans jamais nous permettre d’apprendre, quand les cultures s’entrechoquent sans jamais nous permettre de nous comprendre, alors Baba Yaga intervient et bouscule sans ménagement notre ego et nos certitudes.

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Extrait :

Il doit être midi passé quand je reprends conscience, couché à même le sol de la maison, pris d’une soif terrible, la vue trouble. Une migraine lancinante me rend nauséeux. Mon arme a disparu ! Ma veste : volée ! Mes chaussures, ma montre : envolées ! Et j’ai été revêtu d’une grotesque combinaison orange. Des hommes viennent me chercher. Titubant, pieds nus au milieu d’une foule rassemblée qui me crie et me crache dessus, je dois les suivre, tiré par la corde qui lie mes mains. Soudain, des gens m’aspergent, en riant, avec du Coca-Cola. « Pour te bénir » : disent-ils ! Et des mouches, attirées par le sucre, se ruent sur ma peau. Avec peine, je réussis à garder les yeux ouverts pour observer ces êtres crépusculaires qui retardent, à leur façon, l’évolution de la civilisation humaine. Ils ont préparé des caméras puis me mettent à genoux devant. Ils s’amusent à me passer devant les yeux la vieille scie rouillée qu’ils comptent utiliser pour me scier le cou. Je frissonne horrifié mais, paralysé par la peur, je reste étonnamment passif, le regard dans le vide. Une foule avide de sensations se masse derrière la caméra. Les gens rient, soudain heureux de ne pas être à ma place et se poussent du coude pour mieux me voir souffrir. Je sais que mon heure est venue, une fin terrifiante, une fin que je n’avais jamais envisagée. J’avais plutôt imaginé ma fin comme une mort banale dans mon lit, chez moi ou même dans une maison de retraite ou, au pire, à l’hôpital. Je ferme les yeux, c’est un cauchemar, je dois me réveiller !

Un homme s’approche de moi pour me donner un texte à lire en français devant la caméra. Il me tire par les cheveux et rugit en se tournant vers la foule hilare :
– Les mécréants sont si prévisibles !

L’effet est immédiat : ses mots ricochent sur un fou rire général. Solennellement, il harangue la foule d’une voix théâtrale, en brandissant à deux bras la scie au-dessus de sa tête puis s’écrie : « Allah Akbar ! El Nasr Li Oumatina ! ».

Je voudrais parler que je ne pourrais pas, un poids pesant oppresse ma poitrine, tandis qu’une idée évidente me traverse soudain l’esprit. J’aimerais leur crier, avec défi, que je connais le vrai nom de leur Dieu, le nom de leur vrai Dieu ! J’aimerais crier à Satan que sa mascarade est finie, que j’ai bel et bien compris son jeu mais il me semble que mon cœur s’est arrêté et que, déjà, mon esprit commence à quitter mon corps.

En effet, une sensation de plénitude m’envahit et toute peur, étonnamment, a disparu. Je ferme les yeux un bon moment, pour pardonner. Quand je les ouvre à nouveau, je me retrouve comme présent dans une autre dimension avec une vision incroyable. Je perçois soudain tous ces gens-là comme des coquilles vides. Je peux voir leur fond, froid et terne. Peu à peu, le bruit de leurs voix excitées criant : « A mort ! », s’estompe. Je vois alors une personne dans une longue robe de soie blanche, flottant dans un halo de lumière, s’avancer vers moi. C’est mon épouse, ma femme, elle est là, belle comme toujours et je comprends alors que le temps de la rejoindre est venu. Je ne sens plus rien de ce qui se passe autour de moi. Je suis prêt à partir, j’essaie de lever la main pour la toucher, je ne peux pas, Elle se rapproche. Elle tripote tendrement ma barbe grise généreusement poussée puis elle me regarde dans les yeux et je ressens, à ce moment-là, une vraie sérénité. Elle me colle un baiser sur le front et s’approche de mon oreille. Elle me demande de tenir bon, mon temps n’est pas encore venu, je n’ai rien à craindre. Je veux la supplier : « Jeanne, Jeanne, je t’en prie reste ! » mais je suis ramené à moi par une gifle d’un de mes bourreaux.

Puis, soudain, comme un orage violent qui embrase le ciel soudain assombri, des bombardements terribles ! Leurs pétarades en rafales se rapprochent, le sol en tremble violemment. Un homme arrive vers nous. Il court et hurle de terreur, en agitant ses bras.

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