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Publié par François Sweydan le 15 février 2020

«Ce qui importe avant tout, c’est que le sens gouverne le choix des mots et non l’inverse. En matière de prose, la pire des choses que l’on puisse faire avec les mots est de s’abandonner à eux.» George Orwell.

Le 28 janvier 2020, la chaîne TV France 2 a diffusé un documentaire (120 min) intitulé «Antisémitismes» (disponible en replay jusqu’au 27 février 2020). Plusieurs points importants ont été occultés ou chuchotés à voix basse, notamment au triste pseudo débat qui en a suivi, sinon détournés dans cette émission qui se dit d’«utilité publique».

Un préambule historique dans la logique sélective

L’antisémitisme, conséquence de la faute originelle de la (nouvelle) politique arabe des Affaires étrangères de De Gaulle

Le documentaire [1] s’attarde sur l’histoire de l’antisémitisme culturel au Moyen-âge et ses stéréotypes en Europe ces derniers siècles, particulièrement celui d’extrême droite au XIXe et XXe siècles : L’Affaire Dreyfus, Le Protocole de Sion, les nazis, Vichy, la rafle du Vel’ d’Hiv»… Édouard Drumont et Friedrich Wilhelm Marr qui «ont façonné l’antisémitisme contemporain en faisant entrer les imaginaires médiévaux au sujet des juifs dans un nouveau concept des guerres des races. Soixante ans plus tard, cette guerre devient réalité avec l’anéantissement des Juifs d’Europe

Mireille Knoll a pu échapper une première fois à la mort dans les camps nazis (été 1942), mais selon le documentaire, les «mots et les idées qui avaient failli la tuer alors ont survécu» pour l’assassiner le 23 mars 2018. Un curieux anachronisme, celui de l’antisémitisme européen que le documentaire met en avant et substitue à celui occulté de culture coranique. À cette condition du raccourci de diversion comment tenter alors de «comprendre la complexe pathologie personnelle et sociale des suspects» dans le cas de Mireille Knoll, pourtant sauvagement assassinée au nom d’Allah ?

«Comment est-il possible qu’une femme âgée et vulnérable ait pu être tuée d’une manière aussi violente ?» Le documentaire se pose la question de savoir quelle est la connexion entre ce meurtre et l’assassinat brutal de Sébastien Selam (novembre 2003), le premier dans une longue série de meurtres irrationnels ? Quel est le lien entre ces meurtres et la mort d’Ilan Halimi (21 janvier 2006) ou encore le meurtre dix ans plus tard de Sarah Halimi, battue et défenestrée (4 avril 2017) ? Et quel est le lien avec les attentats «antisémites et terroristes» –mots dont on a omis d’ajouter clairement à leur suite : «islamiques»– comme celui commis par le franco-algérien Mohamed Merah (19 mars 2012) ? Y a-t-il un lien entre ces «nouveaux» visages de la haine antisémite et une ancienne forme d’antisémitisme ? Pour tenter de trouver une réponse à ces multiples questions, nous devons revenir en arrière, en France, après la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Suite au retour des survivants des camps en France après la Deuxième Guerre mondiale la question juive n’est pas centrale dans le débat français. C’est en 1967, avec la propagande arabe qui appelle à la destruction d’Israël, la crainte d’un nouveau génocide juif, puis la guerre des Six Jours de juin 67, que s’est renforcée la question des liens entre le judaïsme et le sionisme. Selon le documentaire, elle viendra hanter la France des décennies plus tard, mais on omet de dire que c’est la faute originelle de la (nouvelle) politique arabe des Affaires étrangères de De Gaulle. Et au lieu de s’attarder au phénomène de l’antisémitisme islamique qui tue, le documentaire nous oriente curieusement sur les voies – que l’on sait déjà– du négationnisme en France (Robert Faurisson), la montée de l’extrême droite (le Front National) dont le thème est l’immigration (arabo-islamique) qui aurait alimenté l’intolérance et le racisme.

De la sociologie marxiste et victimaire

«J’ai tué mon juif ! J’irai au Paradis»

Dans le documentaire, Michel Wieviorka fait un curieux raccourci de sociologie marxiste. Il relie le «nouvel» antisémitisme aux ressentiments des travailleurs immigrés en France, victimes des injustices passées subies (colonialisme), puis de l’exploitation au travail en industrie (durant les trente glorieuses) et le chômage dans les banlieues difficiles, soumis au racisme et à la discrimination. De là naît l’antisémitisme dans les populations d’immigrés Maghrébins que vient alimenter la question israélo-palestinienne et ce qui se passe au Moyen-Orient. Wieviorka allant un peu trop vite en besogne ne se pose évidemment pas la bonne question : mais qui est vraiment responsable de cette collusion ?

Selon le documentaire «comment le conflit au Moyen-Orient en est-il venu à occuper une place aussi importante en France ?» Le volet politique et social est développé selon les oppositions entre la création de l’État d’Israël en 1948 et les injustices subies par les Palestiniens. De là, l’antisémitisme des «Arabes» (Maghrébins) des banlieues françaises qui s’identifient aux Palestiniens se transforme en antisionisme (négation de l’État d’Israël). Le conflit entre le rêve sioniste et la population palestinienne a des répercussions bien au-delà d’Israël. Il s’exporte dans toute la région y compris dans le Maghreb et l’expulsion de ses juifs dans les années 1950-1960. Un documentaire réducteur et amnésique de l’idéologie religieuse qui sous-tend ce ‟nouvel» antisémitisme qui n’a rien de «nouveau» puisqu’il est aussi vieux que la naissance de l’islam, et assurément à distinguer du correspondant européen.

Quid de la dimension religieuse islamique ? Presque totalement absente de ce documentaire pour insister sur l’extrême droite française avec des séquences plutôt propagandistes (néonazies) occultant l’antisémitisme coranique. Pourtant, lorsque Adel Amastaibou assassine son ami d’enfance Sébastien Selam (2003), il s’écrie : «J’ai tué mon juif ! J’irai au Paradis». Selon le procès-verbal de police, le meurtrier avait affirmé après son arrestation à la police : «Je suis content s’il est mort cet enculé, ce bâtard, s’il est mort, je suis trop content, ce putain de juif, sale juif».

Déjà à cette époque la dimension antisémite n’a pas été analysée, évacuée au prétexte de la psychiatrisation de l’assassin, d’ailleurs psychiatrie fort laxiste ensuite pour ce dernier cas –comme bien d’autres cas par la suite, et notamment pour ce qui est en dernier lieu celui de Sarah Halimi, le coupable jugé pénalement irresponsable (décembre 2019). Tous ces meurtres n’ont pas été commis au nom de la cause palestinienne mais parce que les victimes étaient juives. Même cécité et même psychiatrisation à répétition des meurtriers pour ne pas voir le réel et en venir aux vérités. Il est vrai que l’«islam poussé à son paroxysme fabrique des déséquilibrés» (mots de la psychiatre Wafa Sultan).

L’État français et ses médias zélés (l’AFP, Le Monde, Libération, L’Obs, L’Humanité, etc.) dans la surenchère ont adopté les mots et le discours pro palestinien de la rue arabe, propagande matraquée en France. Ils ont importé le conflit israélo-palestinien dans l’Hexagone et instillé le poison de la propagande palestinienne antisémite de culture coranique. Par ailleurs, pendant des décennies l’État a laissé sévir le communautarisme islamique culturellement antisémite dans la société française tout en cultivant la victimisation à outrance du musulman l’encourageant ainsi à la dissidence.

L’occultation de l’antisémitisme de culture coranique

«tu tues mes frères [musulmans], je te tue»

Cependant, quelques jours avant le meurtre des enfants juifs à Toulouse (mars 2012), Mohamed Merah assassine trois militaires Français, dont deux musulmans. Lorsque Latifa, la mère du parachutiste et maréchal des logis-chef Imad Ibn Ziaten, est venue témoigner au tribunal, elle était totalement seule, abandonnée par sa communauté musulmane, même pas un imam à ses côtés. L’ambiguïté est dans ce double étendard d’être Français et musulman, reniant en quelque sorte aux yeux de sa communauté-oumma islamique par l’engagement d’Imad Ibn Ziaten en tant que militaire auprès des infidèles mécréants de France.

Lors des obsèques d’Imad Ibn Ziaten au Maroc (en non en France), son cercueil était couvert du drapeau marocain et non français, celui sous lequel il avait servi. La communauté islamique de M’diq (près de Tanger) a rectifié en quelque sorte une faute de lèse arabo-islamité. Et Mohammed Merah (qui avait filmé toutes ses tueries) avait prononcé cette phrase «tu tues mes frères [musulmans], je te tue» (à notre connaissance, Imad Ibn Ziaten n’avait tué personne). Les jeunes des banlieues issus de l’immigration maghrébine étaient en liesse, entre la joie de cet assassinat et l’excuse que si l’assassin –qualifié de «héros, martyr de l’islam»– avait su qu’Ibn Ziaten était musulman, il ne l’aurait pas tué (ce qui est faux, Merah n’ignorait pas que Imad Ibn Ziaten était marocain, musulman et de nationalité française. Il l’a tué parce que «traître» à la oumma islamique).

Il est évident qu’il y a un lien entre la solitude des familles musulmanes lors du procès et les tags sur les murs à proximité de l’appartement de Latifa Ibn Ziaten la traitant de «sale juive», «on aura ta peau Latifa», «vive Merah». La fracture est bien là, une partie de la communauté musulmane l’accuse de trahison : elle n’est pas une musulmane digne d’être défendue, donc indigne de solidarité. L’autre partie reste hypocritement silencieuse, donc consentante d’une certaine manière.

En occultant l’antisémitisme coranique depuis les origines, celui-là même qui frappe à mort l’Hexagone depuis quelques décennies, sommes-nous dans l’objectivité du sujet ou est-ce une nouvelle tentative médiatique de déplacer la problématique du côté de l’extrême droite et d’agiter ce «torchon» rouge, classique à la veille des élections municipales de mars 2020 ? Le constat de Franck Khalifa est sans appel [2] :

«Lorsque j’ai essayé d’écouter la parodie de soirée sur l’antisémitisme sur France 2 mardi 28 janvier 2020 avec des invités incapables, soit par inculture soit par soumission au pouvoir politique, de coller un mot sur les racines de l’antisémitisme et de l’antisionisme, oui j’ai eu la Nausée. Personne n’a été capable d’avoir souvenance (ils ne les ont jamais lus ! Lol !) des passages suivants du Coran tirés de la Sourate 2 dite sourate de La Vache, de la Sourate 4 dite Sourate Les femmes, verset 89 et de la Sourate 98 dite sourate de La preuve, verset 6…»

Pour de nombreux non-musulmans originaires d’Orient que les médias mainstream (du courant dominant) ignorent intentionnellement afin d’occulter tout discours contradictoire, la France de la classe politique de droite comme de gauche s’est fourvoyée depuis le premier choc pétrolier de 1973 en se soumettant au dictat de l’OCI (Organisation de la coopération islamique), de la Ligue arabe, Arabie saoudite en tête (et le Qatar à date plus récente). L’inquiétude des chrétiens et des juifs originaires d’Orient, préoccupés par la politique arabe de la France, n’a cessé de croître avec le temps, convaincus que la France court un très grand danger.

La dhimmitude de l’appareil de l’État face à l’islam conquérant

Il nous suffit de rappeler ici les travaux pionniers de l’historienne Bat Ye’Or et ses ouvrages, Le Dhimmi [3], Eurabia : l’axe Euro-Arabe [4], et L’Europe et le spectre du califat [5]. Visionnaire, elle nous avait mis en garde depuis plus de deux décennies au sujet de l’islamisation de l’Europe et de ses conséquences dramatiques de plus en plus palpables (voir les liens en notes pour plus d’informations). Récemment, à sa suite, Jean-Frédéric Poisson [6], revient sur la «Stratégie de l’action culturelle islamique à l’extérieur du monde islamique», document produit par l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et plus précisément par l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture qui lui est affiliée, l’ISESCO. Ce document disponible sur le site www.isesco.org, a été élaboré en mai 1993, et adopté en l’an 2000. Il fut confirmé et amendé à plusieurs reprises jusqu’en 2009 par le Sommet islamique (la plus haute autorité interétatique islamique).

Depuis l’an 2000, ce document sert de référence opérationnelle à l’action culturelle et religieuse islamique en Occident dans les mosquées, les centres culturels islamiques, les instituts affiliés, les associations islamiques et faussement sportives, éducatives, humanitaires ou œuvres sociales (ce fut la stratégie des Frères musulmans en Égypte pendant des décennies avant qu’al-Sissi mette un terme définitif à ces œuvres sociales, culturelles et associatives, lieux de propagande et d’endoctrinement fanatique).

L’État français complaisant, voire complice (nombreux sont les maires collabos) a laissé faire le maillage du fondamentalisme islamique en toile d’araignée dans tout d’Hexagone. Il est complice depuis des décennies, notamment par ses généreuses subventions en millions d’euros aux mosquées en construction et autres centres culturels islamiques prosélytes. Il en a été de même avec les pétromonarchies fort généreuses en millions de dollars de subventions et qui interfèrent en toute liberté depuis des décennies dans les affaires religieuses et culturelles islamiques internes à la France. Il n’y a aucun doute à cela, pas besoin de nous y attarder sur ces métastases à l’origine de l’antisémitisme et de l’antisionisme importé du monde arabe.

Le jour où l’Europe a été vendue au monde Arabe

Mais remontons encore plus loin dans le temps [7]. Le 24 novembre 1973, deux jours avant le sixième sommet des chefs d’États arabes (qui s’est tenu à Alger du 26 au 28 novembre 1973), est décidée à Londres la création de l’«Association parlementaire pour la coopération euro-arabe» (APCEA). Celle-ci est créée en mars 1974 à Paris par une quarantaine de parlementaires de la quasi-totalité des neuf pays de la CEE [8].

Deux jours seulement après la fin du sommet arabe, le gouvernement de la France s’engage rapidement dans la «coopération» (comprendre : la «collaboration»), dirigé par Pierre Mesmer. Celui-ci signe avec les Saoudiens, le 30 novembre 1973, un mémorandum secret (et pourquoi cette opacité ?) organisant entre les deux pays une coopération importante et de longue durée. La Déclaration du 6 novembre 1973, à l’initiative de la France (de Georges Pompidou) et des principaux pays de la CEE, exprime l’adhésion à la démarche de «collaboration» vers les pays arabes.

Toujours à l’initiative de la France, le sommet européen tenu à Copenhague le 16 décembre 1973, développe la Déclaration du 6 novembre en identifiant «l’identité européenne» avec la mise en œuvre d’ «une politique globale de coopération» avec les pays du bassin méditerranéen et les pays du Proche-Orient. C’est ainsi qu’est né le «Dialogue euro-arabe». La Déclaration sur l’identité européenne, Copenhague, le 14 décembre 1973 (lire en ligne) stipule, en effet, en fin de texte :

«22. L’identité européenne est appelée à évoluer en fonction de la dynamique de la construction de l’Europe. Dans le domaine des relations extérieures, les Neuf s’attacheront notamment à définir progressivement leur identité vis-à-vis des autres entités politiques

Qu’est-ce à dire (ici en gras), si ce n’est la transformation des identités nationales suite à la décision de Valéry Giscard d’Estaing [9] (et de Jacques Chirac) du «Regroupement familial» (et suite aux initiatives de Georges Pompidou et de Pierre Mesmer) ? Il s’agissait de satisfaire aux exigences de l’OCI, de la Ligue Arabe et de l’Arabie saoudite de promouvoir l’islam, sa culture et l’immigration musulmane et maghrébine en France et en Europe ; la réciprocité avec les pays arabes et les pétromonarchies n’étant pas exigée, elle est inexistante à ce jour.

Ce regroupement familial (Décret d’avril 1976) a été immédiatement à la source de plus d’un demi-million d’allogènes musulmans d’Afrique du Nord et des conséquences désastreuses que nous connaissons aujourd’hui en France avec deux générations de «maghrébins» et d’«arabo-musulmans» largement en rupture avec la société française (puisque beaucoup se disent «Arabes» et non «Français»). C’est bien entendu le cas de tous les autres pays de l’Europe occidentale. En Belgique, une proposition de loi sur le regroupement familial a été adoptée par la Chambre en mai 2011, donc bien après la France (mais Bruxelles se rattrape maintenant). En effet, le communiqué de l’APCEA de mars 1974 :

«décide d’encourager et de soutenir par tous les moyens possibles l’établissement d’une large et durable coopération entre l’Europe et le monde Arabe ; d’agir dans l’esprit des déclarations des Ministres de la CEE publiées le 6 novembre 1973 au sujet du règlement de paix au Moyen-Orient, ainsi que de celles du 4 mars 1974 en ce qui concerne la coopération économique, technique et culturelle à long terme entre l’Europe et le monde Arabe ; d’insister pour que des initiatives concrètes suivent ces décisions de principe» [10].

Mettant en pratique ces décisions de principe, le 4 mars 1974 les ministres des Affaires étrangères de la CEE adoptent un rapport sur le Proche-Orient créant une commission d’experts européens et arabes en vue d’une conférence euro-arabe des ministres des Affaires étrangères [11]. Toutes ces démarches ont été à l’initiative diligente ou à l’instigation active de la France qui ne s’était pas débarrassée de ses hauts fonctionnaires vichystes et antisémites, ayant collaboré, d’une manière ou d’une autre, avec les nazis.

De la responsabilité politique à celle des médias, de la Justice et de l’Éducation

De ce qui précède, on est arrivé au constat accablant que tout l’appareil de l’État a noyauté les médias et mobilisé les différents ministères dans le sens de la mise en application de ce projet de transformation culturelle et civilisationnelle.

Gilles-William Goldnadel résume bien la situation présente des médias partiaux, manipulateurs et menteurs complètement corrompus, d’un audiovisuel public catastrophique et d’une justice française pire que laxiste, de collusion choquante avec les options de la classe politique :

«En ce qui concerne le manque de fermeté française à l’égard du terrorisme islamiste, il suffit de constater que les massacres de Nice et de Saint-Étienne-du-Rouvray ont été perpétrés, qui par un récidiviste ayant bénéficié d’une libération intempestive, qui par un étranger en situation irrégulière ayant commis des délits impunis. Que de victimes innocentes immolées sur l’autel de cette lâche stupidité qui n’est évidemment pas sans liens avec la propagande médiatique matraquée par un islamo-gauchisme en majesté idéologique durant des années sur la voie publique [12]

La désinformation massive des médias (dont 90 % sont aujourd’hui entre les mains d’une dizaine de milliardaires) subventionnés par l’État qui dicte tacitement les lignes éditoriales, «lessive les cerveaux des Français», comme l’écrit si bien Guy Millière [13] :

«Une société où la désinformation remplace l’information n’est plus une société où la population choisit en connaissance de cause et n’est dès lors plus une société démocratique

En effet, dans un précédent article [14], je m’attarde sur cet État répressif à l’encontre de toute contestation et censeur de la liberté d’expression en train de glisser vers un autoritarisme dictatorial à peine soft qui use dans sa propagande des subterfuges d’un lexique orwellien aux fins d’imposer la pensée unique et son acceptation sociale. Michel Geoffroy (lexicographe), attire notre attention sur cette novlangue médiatique de champs lexicaux trompeurs, inversant les conceptualités, les mots subliminaux, les marqueurs, les tabous et les sidérants dans la droite ligne des systèmes propagandistes goebbelsien nazi et soviétique.

Quant au ministère de l’Éducation, investi par l’idéologie gauchiste des soixante-huitards révisionnistes, il s’est employé à réécrire les manuels scolaires de l’histoire de France, à édulcorer l’islam (quitte aux mensonges et aux honteuses omissions) et occulter les cruautés de l’esclavage arabe, dénigrer le christianisme et le patriotisme, manipuler la question palestinienne dans le sens du discours arabe et maintenant inculquer le mondialisme et le multiculturalisme. L’école n’est plus le lieu de la raison critique, de la laïcité et de la construction de citoyens lucides mais celui du bourrage des crânes et du nivellement par le bas. On ne cherche plus à structurer des personnalités autonomes, informées et agissantes mais des individualités en troupeaux bêlant les options idéologiques de l’État.

En conclusion : L’islam en action est l’islam radical jihadiste antisémite et anti chrétien

À toutes ces précédentes conditions (et non exhaustives ici), il est clair que la responsabilité de l’État français est largement engagée dans la montée de ce ‟nouvel» antisémitisme vieux comme l’islam –mais également de l’anti christianisme– qui frappent l’Hexagone. L’État n’a même pas le courage de désigner clairement cet antisémitisme de culture coranique et de le combattre, ni ses médias à esquiver cette vérité et de fausser le diagnostic, au prix fort de remèdes catastrophiques.

Par ailleurs, la politique macronienne du «en même temps» n’est pas nouvelle. Depuis plus d’une quarantaine d’années –en fait depuis De Gaulle, et notamment Jacques Chirac et François Mitterrand– la politique intérieure et étrangère de la France a joué un jeu hypocrite, ambigu, contradictoire, démagogique et cynique, tentant par tous les moyens cette stratégie machiavélique du «en même temps» d’Emmanuel Macron (qui copie sur Jacques Chirac). D’une part, soutenir Israël dans les apparences par des déclarations de circonstance et une diplomatie de bonnes paroles sans lendemain. D’autre part, coller au discours aux dérapages anti-israéliens de la rue arabe et sur la cause palestinienne –et même du Hamas frériste et jihadiste– tout comme le présumé «islam de France», lui aussi aux dérives fréristes, quitte à mettre la nation en grand danger. Tous les conflits actuels en Orient découlent de cette idéologie jihadiste que la France laisse prospérer sur son territoire, tandis qu’en Égypte, aux origines de cette secte politique des Frères musulmans éminemment antisémite, anti-israélienne et anti chrétienne, la confrérie a été dissoute et bannie, tous ses biens saisis par l’État.

À l’occasion du cinquième Forum de la Shoah, qui marque le 75e anniversaire de la libération des camps d’Auschwitz, Emmanuel Macron était présent à Jérusalem ce 23 janvier (pas pour une visite officielle à l’État d’Israël). Comme Jacques Chirac (octobre 1996), fort zélé, il n’a pas manqué de se faire remarquer par un esclandre aussi inutile que ridicule, et en direction de la rue palestinienne et arabe également par une visite amicale à l’antisémite Mahmoud Abbas [15]. Tout en commémorant la libération du camp d’extermination des Juifs d’Auschwitz-Birkenau, il s’agissait de caresser «en même temps» l’antisionisme dans le sens du poil arabo-palestinien, et de cultiver son image auprès des potentiels électeurs de la communauté islamique de France en prévision des municipales de mars 2020. Pourtant, il avait dit que «l’antisionisme, quand il est la négation de l’existence d’Israël comme État, est un antisémitisme». Tout «en même temps» que son contraire ! C’est là, en dernier exemple, une constante depuis un demi-siècle des contradictions insurmontables, des ambiguïtés démagogiques et cyniques de la politique étrangère arabe de la France. Depuis De Gaulle (avec la guerre des Six Jours de 1967), elles se sont répercutées sur la politique intérieure, entretenant dans la durée et engraissant l’antisémitisme de culture coranique et la haine d’Israël.

Enfin, il est évident maintenant que l’islamisation de la France n’est pas seulement un acte jihadiste religieux mais également une démarche consciente culturelle et anthropologique de distinction, de séparation, d’adversité et de non assimilation. L’intégration d’une bonne moitié des musulmans a échoué essentiellement pour deux raisons évidentes que la France a perdues de vue (d’autres raisons ne sont pas discutées ici). La première étant historique, là où l’islam est entré dans tout l’Orient (Levant, Maghreb, Égypte, Soudan, etc.), il ne s’est jamais intégré aux sociétés conquises, ce fut le contraire en annihilant presque à la racine tout ce qui était préislamique, islamisant et arabisant les cultures natives autochtones.

En un mot conclusif, la deuxième raison de la non-intégration des musulmans est tout simplement islamo-culturelle autant que politique avec leurs corollaires doctrinaires indissociables d’anti christianisme, d’antijudaïsme et d’antisémitisme coranique déguisé en antisionisme. En tous les cas, c’est ainsi que cela s’est passé et se passe dans absolument tout l’Orient devenu musulman (et qui ne l’était pas par le passé), et que cela s’est systématiquement déroulé dans toute l’histoire des conquêtes et des invasions islamiques. Toute autre interprétation serait du verbiage hypocrite de diversion et une imposture.

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Reproduction autorisée avec la mention suivante : © François Sweydan pour Dreuz.info.


[1] Un deuxième documentaire qui a suivi le premier, de Georges Benayoun, «Chronique d’un antisémitisme d’aujourd’hui», a été curieusement supprimé du replay, sans doute parce que des Toulousains de confession juive témoignent sans langue de bois du climat délétère et anxiogène qui les pousse à s’installer pour longtemps dans un exil intérieur, dernière étape avant le «judaïsme clandestin».

[2] Frank Khalifa dans : Lettre ouverte à ceux qui me donnent la Nausée, Dreuz.info, le 30 janvier 2020.

[3] Bat Ye’Or, Le Dhimmi : Profil de l’opprimé en Orient et en Afrique du Nord depuis la conquête arabe* (textes réunis et présentés par Bat Ye’or). Éditions Anthropos, Paris, 1980. 335 p. (voir l’analyse faite dans Amazon en date du 9 mai 2018 : PALESTINOCRATIE, ISLAMERTUME ET UMMABOMMINATION !). Réédition (sans les documents) Les Provinciales, 2017, 160 p. (Présentation de l’éditeur).

[4] Bat Ye’Or, Eurabia : L’axe euro-arabe*. Version française modifiée du précédent. Jean-Cyrille Godefroy, Paris 2006, réédition 2014, interview de l’auteur sur ce livre.

[5] Bat Ye’Or, L’Europe et le spectre du califat (voir les commentaires en bas de la page d’Amazon). Éditions Les Provinciales, Lyon 2010, 215 pages, présentation en ligne, interview de l’auteur sur ce livre.

[6] Jean-Frédéric Poisson, L’islam à la conquête de l’Occident : «La Stratégie dévoilée», et dans Amazon : L’Islam à la conquête de l’Occident: La stratégie dévoilée*, lire en bas de page l’analyse faite par Erehwon (en date 8 février 2019) : Pour ne pas que nos enfants disent « Vous saviez et vous n’avez rien fait ! ».

[7] Concernant cette section et son titre, voir, Bat Ye’Or, 7 juin 1975 : le jour où l’Europe a été vendue au monde Arabe –par Bat Ye’Or, Dreuz.info, le 16 mars 2012.

[8] Jean-Pierre Bensimon, Les origines de la politique arabe de l’Europe, Controverses, n° 3, octobre 2006, p. 291.

[9] Lire : Regroupement familial : le plus grand regret de Valéry Giscard d’Estaing, Valeurs Actuelles, 9 octobre 2018.

[10] Dans : Bulletin d’information Eurabia, n° 19, avril 1974, p. 7-8.

[11] Claudia Hiepel, Willy Brandt et Georges Pompidou : La politique européenne de la France et de l’Allemagne entre crise et renouveau* Presses Universitaires du Septentrion, 2017, p. 263.

[12] Dans Dreuz.info, le 10 février 2020, Goldnadel : «Il nous faut un Boris Johnson français !».

[13] Guy Millière, On lessive les cerveaux des Français, Dreuz.info, le 11 février 2020.

[14] François Sweydan, Le spectre effrayant du totalitarisme rampant, Dreuz.info, 26 janvier 2018.

[15] Lire, Hélène Keller-Lind, Colère à Jérusalem, sourire à Ramallah : le message de Macron est très clair, Dreuz.info, le 28 janvier 2020.


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