Publié par Mireille Vallette le 16 février 2020

Entre 2012 et 2014, une menace d’épidémie a concerné les chameaux du Moyen-Orient. Or, selon des descendants de Mahomet, boire leur urine est un remède des plus efficaces.

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La conjoncture m’invite à republier cet article de mon blog (9 mai 2014) intitulé « Le prophète, l’urine de chameau et le virus d’Arabie ». Il tente une fois de plus, mais toujours sans espoir, de signaler aux musulmans qu’un regard critique sur leur prophète adulé -mais tout de même né au VIème siècle- serait fort utile à l’évolution de l’islam.

Au moins, l’issue de cette épidémie-là a été positive.

« Depuis que Mahomet a révélé les vertus de l’urine de chameau, des religieux n’ont cessé de les vanter et des scientifiques musulmans de les confirmer. Jusqu’au jour où le chameau a (aussi) transmis aux croyants un mortel virus.

L’histoire commence il y a 1400 ans, elle est racontée par Bukhari dans le recueil de hadiths sahih (authentiques) le plus respecté de l’islam, deuxième base légale de cette religion juste après le Coran. Muslim, autre spécialiste des hadiths, fait le même récit.

Des étrangers arrivent à Médine et tombent malades. Le prophète leur ordonne de boire du lait de chamelle pour se nourrir et de l’urine pour guérir. Ils retrouvent une santé de fer, mais ingrats tuent le berger des chameaux et les emmènent.

Le prophète fait capturer les voleurs, ordonne de leur couper les mains et les pieds et de les rendre aveugles avec des brandons de fer brûlants. Les bourreaux leur refusent même l’eau qu’ils supplient de leur donner.
Curieusement, cette partie du récit est peu rappelée dans les textes et recherches musulmans qui paraissent aujourd’hui sur le sujet.

Quatre dollars le litre

Revenons à notre urine. Le Prophète devant en tout être imité, des foules de croyants se sont soignés avec ce breuvage depuis des siècles. Comme d’autres révélations scientifiques du Coran, celle de ce hadith est, disent d’éminents savants islamiques, prouvée par les recherches actuelles. Le lait soigne de nombreux maux : hépatite, atteintes du système digestif, cancers, etc. Quant à l’urine, elle est efficace pour les muscles, les teignes, les abcès, les ulcères. Les recherches en cours ne cessent de lui découvrir de nouveaux pouvoirs.


On a aussi constaté ce dernier siècle que la lotion camélidée embellit les cheveux et favorise leur repousse. Le commerce est florissant au Yémen, et à 4 dollars le litre, il se révèle très lucratif.


Dans la sphère arabo-musulmane, la recette ne fait tout de même pas l’unanimité. Un scientifique l’affirme: l’urine est toxique, et absorbée comme remède à certaines maladies devient dangereuse, voire mortelle. Certains confrères partagent cet avis, mais se sentent tenus de défendre une position islamo-compatible: le hadith relatif à l’urine serait «faible» (quel vilain mensonge) et le prophète ne pourrait pas avoir ordonné de telles barbaries contre les assassins du berger. Les hadiths en contiennent pourtant d’autres, des barbaries, à commencer par le récit des lapidations ordonnées par le prophète.


Mais où s’arrêter si on autorise les musulmans à ne pas suivre aveuglément les préconisations du Beau Modèle?


Jusqu’en ce début de 21ème siècle donc, les découvertes prophétiques de l’urine de chameau battent leur plein dans la péninsule et dans quelques autres pays islamo-scientifiques. Des médecins saoudiens tel Al Youssef constatent même, grâce à de malheureuses souris, que des cancers battent en retraite sous l’effet du divin liquide. Mais curieusement, les autorités de là et d’ailleurs ne donnent pas leur feu vert aux expériences sur les humains. Au temps de la mondialisation, intoxiquer le cerveau des croyants est moins périlleux qu’intoxiquer leur organisme.


Et MERS arriva


C’est au début 2012 qu’un cataclysme s’annonce. Un nouveau virus, souvent mortel, se manifeste au cœur de l’Arabie saoudite. L’infection reçoit l’appellation de Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (petit nom : MERS-CoV). Son issue est souvent fatale. Quelque 400 personnes l’ont attrapé chez les Saoud, dont 109 en sont mortes. Les mois de mars et d’avril sont particulièrement favorables à l’extension de l’épidémie, ce qui se produit cette année encore. Les nouveaux cas se sont même multipliés ces derniers jours dans le Royaume. L’inquiétude grandit.


Une douzaine de pays sont touchés, ceux d’Arabie d’abord, mais aussi d’Occident (pour ce dernier un ou deux patients par pays). La transmission se produit aussi entre humains, en particulier dans les lieux de soins, mais avec une virulence plus faible qu’entre la source, animale selon toutes probabilités, et l’homme.


Les symptômes de l’infection? Rhume fièvre, toux et, sous leur forme la plus grave, insuffisance rénale et pneumonie aiguë. La source de l’épidémie est activement recherchée. Les études foisonnent, l’OMS s’affole. Elle n’ose sonner le tocsin comme lors du SRAS, car les risques ne sont pas clairs. Tous les hôpitaux du monde sont néanmoins priés de mettre en place les moyens de diagnostic et de traitement nécessaires.


En mai 2014, l’hypothèse à vrai dire assez vite suggérée, se précise : le chameau est selon toutes probabilités la source première du virus. Les autorités françaises déconseillent très fortement «de consommer de la viande de chameau ou du lait de chamelle». La possibilité – ou non – de boire leur urine n’est pas mentionnée. Le 3 mai 2014, dans un communiqué, l’OMS déconseille aux voyageurs de se rendre en Arabie Saoudite.

Sombre avenir?


Quand le mode de transmission ne fera plus de doute, des mesures préventives destinées à rompre la transmission entre la source animale et humaine devront être prises. Et là, il faudra peut-être choisir entre les chameaux du prophète et les dollars des pèlerins. En 2013, l’Arabie saoudite avait déjà, sans grand succès, déconseillé le pèlerinage, foyer potentiel immense de contamination. Cette année, le mois de Ramadan (juillet) et le pèlerinage (octobre) pourraient être compromis.


Pour l’heure, l’OMS déconseille aux personnes à risque (diabète, problèmes pulmonaires, rénaux, immunitaires) d’avoir des contacts avec les chameaux et leur demande d’éviter une nourriture qui pourrait avoir été contaminée par des sécrétions ou des produits de l’animal.


Mais avis aux amateurs, l’urine reste en vente libre.

Les savants nous disent…


Pour obtenir des infos générales sur la question, voir wikiislam, l’encyclopédie qui prouve que l’islam possède un savoir très spécifique sur le monde.


Zaghloul E-Naggar a fait l’éloge de l’urine de chameau comme remède pour les maladies incurables en octobre 2012 sur la chaine égyptienne RTRS. C’est une figure des Frères musulmans, historique et extrémiste. Il est à la tête du «comité égyptien des notions scientifiques du Coran». Il a affirmé qu’un centre spécialisé dans les traitements à l’urine de chameau est implanté à Marsa Matrouh. Les appels téléphoniques de croyants et de spécialistes en colère ont afflué au standard de la chaîne.


La doctoresse Faten Khoshedd est une autre sommité médicale du royaume wahhabite. Elle a fait l’extraordinaire découverte des vertus de l’urine de chameau dans le traitement des cancers, qui s’explique par sa singulière composition moléculaire. Elle a déposé un brevet dans divers pays, mais aucun ne l’aurait encore agréé. Des volontaires se prêtent au traitement.
Pour elle, qui ne cesse de faire référence à la géniale trouvaille du prophète, tous les espoirs sont permis: l’urine de chameau contribuera à soigner aussi le sida, l’hépatite, des maladies du foie, etc.


Elle participe à l’élaboration de capsules d’urine séchée qu’elle voudrait voire introduites dans les supermarchés.


Ces révélations se sont développées alors que le virus est, selon une étude américaine, extraordinairement commun chez les chameaux depuis au moins une vingtaine d’années.


Le remède n’a pas soigné, le virus a tué. Qu’en déduire question dogme? »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette pour Dreuz.info.

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