Publié par Magali Marc le 18 février 2020

Les médias de masse américains constituent une sorte de club, un endroit où toutes les histoires de conspirations anti-Trump sont traitées avec le plus grand sérieux.

Les commentateurs font semblant de s’indigner et poussent des cris d’orfraie lorsque Donald Trump tweete que la condamnation de Roger Stone est injuste ou lorsque William Barr, le Procureur général, demande une révision de la sentence contre Stone ou une révision du procès de Michael Flynn. Certains en appellent même à l’Impeachment de Barr !

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit la chronique de Christopher Bedford *, paru sur le site de The Federalist, le 17 février.

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La cruelle réalité des valets anti-Trump dans les médias de masse

La partialité des médias est une vieille constante. Elle n’a jamais disparu et ne disparaîtra jamais. Un journaliste ou un animateur peut utiliser tous les mots appropriés et aseptisés qu’il veut, mais dans les coulisses se trouvent les décisions qui ont été prises quant aux sujets à poursuivre ou à laisser tomber ; quand reculer et quand avancer ; qui interviewer, qui omettre ; ce qui est le plus important par rapport à ce qui peut être occulté ou même coupé.

Et puis, bien sûr, il y a le Club des enfants cool.

Il est vrai qu’ils ressemblent plus fortement à des enfants de théâtre, adultes et aigris, qui n’ont jamais vraiment réussi, mais c’est de Washington qu’il s’agit, donc tout cela n’est pas très réel.

Ce club est un endroit où les conspirations anti-Trump sont traitées avec le plus grand sérieux et où les déclarations manifestement peu plausibles sont appelées «sagesse conventionnelle» ; où Jim Acosta est félicité pour avoir rapporté des théories de conspiration et chahuté Trump en conférence de presse à propos des DACA (NdT: un programme d’Obama qui diffère la déportation des enfants entrés illégalement aux USA); où les gens peuvent se tromper encore et encore au point d’être hors sujet tout en conservant leurs chroniques ou leur temps d’antenne et en obtenant des citations élogieuses concernant leur bravoure devant le Mal.

Tout cela – le cirque grinçant des scribouilleurs et des grenouilleurs des médias traditionnels et de leurs chouchous temporaires – repose sur cette structure de soutien qu’est l’approbation des pairs.

Vous en doutez ? Vous pouvez le voir très clairement se dérouler en direct sur Twitter, telle une exploration sur le Discovery Channel d’un écosystème entièrement composé de moustiques. Et les valets des enfants cool sont les Républicains anti-Trump.

Les Never Trumpers sont le gag récurrent , maintenu en vie par cette structure d’autosuffisance. Ils se sont trompés sur tout depuis des années, mais ils continuent de mériter leur dîner et une invitation au party du Club des enfants cool en demeurant de tout cœur d’accord avec leurs nouveaux mécènes.

Ils ont prédit une récession lorsque le président a été nommé et la catastrophe économique lorsqu’il a été élu et a continué à faire grimper les chiffres des sondages.

Ils ont prédit l’effondrement du Parti Républicain, lequel a maintenu une discipline quasi historique face l’assaut unifié des Démocrates et des médias.

Ils ont supposé la fin de l’économie parce que l’Amérique a réagi à des pratiques commerciales internationales déloyales, et de terribles désastres mondiaux parce que Donald Trump s’est retiré des accords de Paris sur le climat et a tué le général terroriste iranien.

Toutes leurs prédictions étaient fondées sur la sagesse conventionnelle et les hypothèses d’une intelligentsia démocrate insultée et exclue du pouvoir, et toutes étaient fausses.

En effet, les décisions de Trump ci-dessus ont abouti aux choses mêmes que les Républicains du groupe Never-Trump avaient réclamées, notamment la réduction de l’écart de revenu considérable des États-Unis et le maintien d’une force armée et d’une dissuasion indépendantes de l’enchevêtrement des puissances étrangères.

  • Des politiciens inefficaces et aliénés comme le sénateur Mitt Romney sont traités comme des héros courageux et des stars des médias pour avoir adopté l’hystérie démocrate et blessé leurs collègues républicains.
  • Des conservateurs repentis comme Max Boot et Jennifer Rubin sont mis en valeur dans le Washington Post en échange de leur revirement de position et de leur adhésion à la ligne de conduite gauchiste.
  • Steve Schmidt bénéficie d’un temps d’antenne, avec une superposition graphique placée dans la zone inférieure de l’écran le qualifiant de «consultant politique républicain», bien qu’il ne soit plus du tout consulté par les Républicains, en échange de ses propos moqueurs concernant les électeurs républicains et ses insultes envers leurs dirigeants.
  • Et Jonah Goldberg, qui a été chassé de la National Review par les lecteurs, et Steve Hayes, qui a mené le Weekly Standard à la ruine, sont surnommés les nouveaux dirigeants audacieux des conservateurs sérieux.

«Les conservateurs essaient de se débarrasser des fausses nouvelles», peut-on lire dans un article de The Atlantic concernant leur nouvelle entreprise, The Dispatch, coloré de petites phrases magiques sur la façon dont tous les conservateurs sont terribles.

«Les reportages originaux seront mis en valeur et les petites querelles sur Internet seront minimisées», peut-on lire, quatre paragraphes avant que l’un des fondateurs du Dispatch ne traite Max Boot et Jennifer Rubin de crétins.

Plus loin, bien au-delà de ce que toute personne occupée pourrait lire, l’auteur du rapport présente les «reportages basés sur des faits» du Dispatch, en contraste avec le Daily Caller, un journal d’information qui compte des millions de lecteurs mensuels, qui ne sont pas assez anti-Trump au goût de The Atlantic.

En fait, nous avons la possibilité d’observer au-delà du récit.

J’ai été au Daily Caller pendant des années, je me souviens donc que depuis l’élection de Trump, ses journalistes qui se basaient sur les faits, ont dénoncé la censure des géants de la technologie, ont contribué à mettre en prison des extrémistes violents de gauche et nazis, ont démasqué la famille éminente qui tirait sa richesse de la misère américaine (la famille Sackler), ont trouvé le lien entre le fondateur et PDG de la société mère de Victoria’s Secret et Jeffrey Epstein, ont relié la collecte de données de BuzzFeed à l’aide apportée aux candidats démocrates, ont révélé les paiements faits à partir des fonds de sa campagne électorale par une femme membre du Congrès (Ilhan Omar) à un membre du personnel avec lequel elle avait une liaison, ont découvert un paiement fait pas MSNBC afin de dissimuler un cas de harcèlement sexuel impliquant Chris Matthew et ont mis au jour les liens entre la Chine et les problèmes de Hunter Biden en Ukraine. Ce ne sont là que quelques reportages dont je me souviens, et c’est le niveau de désinformation qui est au cœur de cette mascarade.

The Federalist démasque ce cirque médiatique quotidien, en faisant des reportages sur les personnes qui ont véritablement financé l’histoire de la collusion russe, sur les liens du président Barack Obama avec cet effort, sur l’obstruction du FBI concernant l’«exclusivité» très suspecte obtenue par CNN lors de l’arrestation de Roger Stone, sur les travaux d’hypnose réalisés afin d’aider l’accusatrice de Brett Kavanaugh à retrouver la mémoire.
Des histoires comme celles-ci se succèdent, mais elles ne méritent pas une place dans l’univers narratif composé du Club, de ses valets, et d’un tas d’animateurs biaisés, de blogs et de fausses nouvelles.

«En dehors du Beltway (NdT: les initiés du gouvernement fédéral), les Républicains et les conservateurs fermement opposés à Trump sont une petite minorité – plus de 90 % des Républicains approuvent le président», écrit Mark Hemingway sur le site de Real Clear Politics.

«Pourtant, à en juger par l’espace occupé par leurs chroniques, et par leurs apparitions à la télévision, les Républicains anti-Trump pourraient être considérés comme étant la population la plus surreprésentée d’Amérique».

Il y a une triste réalité dans ce club médiatique que nous connaissons tous depuis l’enfance : tandis que les valets dociles et ceux qui s’accrochent à eux travaillent jour et nuit pour être acceptés, le Club glousse et se moque d’eux. Ils sont les cibles de plaisanteries, autorisés à aider ici ou là mais jamais vraiment inclus.

Dans un reportage accessible à tous sur The Dispatch, une interview avec le Représentant isolé Justin Amash  (NdT: un ex-Républicain qui voulait destituer Trump et qui siège comme Indépendant) et «une dépêche nuancée de la récente Marche pour la vie» sont présentés aux côtés d’«une paire de scoops» que The Atlantic n’a même pas pris la peine de décrire ou de relier.

«Le public de droite a-t-il été simplement conditionné à attendre une validation – et rien d’autre – de la part des nouvelles ?» demande ce chroniqueur, souvent invité sur CNN, à ses lecteurs ricanants.

Plus tôt, il a expliqué qu’il n’y avait qu’une seule femme dans le podcast de The Dispatch. Il vante le nombre insignifiant d’abonnés. Les photos d’accompagnement, destinées à montrer au lecteur ce qu’il en est dans ce nouveau point de vente, sont floues et montrent en grande partie un bureau sombre et vide.

Mitt Romney, autrefois la cible d’attaques vicieuses lorsqu’il était contre le Club, reçoit aujourd’hui un traitement similaire pour sa «bravoure». Les interviews à la télévision et dans la presse écrite abondent, mais l’accent n’est jamais mis sur un programme positif ou sur les citoyens de l’Utah. Non, le sujet qu’ils voudraient qu’il aborde est celui de la méchanceté des Républicains. S’il osait à nouveau remettre en question les déclarations de ses nouveaux amis en public, sa mise au rancart serait rapide.

Ces hommes et ces femmes ont été acceptés pour avoir accepté de jouer le jeu d’un média qui s’est avéré faux à maintes reprises, mais il n’y a pas de place pour la conscience de soi.

Les deux ou trois semaines d’auto-réflexion journalistique qui ont suivi les élections de 2016 ont fait place à des appels à la haine raciale, des conspirations et des inquisitions. La promesse de se concentrer sur le cœur du pays et les excuses du New York Times à ses lecteurs ont fait place au Projet 1619 **.

Dans quelle autre industrie cette arrogance survivrait-elle, si ce n’est dans les médias ? Même en politique, un secteur rempli de menteurs corrompus qui n’essaient même pas de livrer la marchandise, ses praticiens sont tenus responsables par d’éventuelles élections.

Pas les médias.
Irresponsable et satisfait de lui-même, le Club continue son chemin, tout en distribuant des tapes dans le dos aux Républicains serviles qui leur servent de valets.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

* Christopher Bedford est rédacteur en chef de The Federalist

** Le projet 1619 est un projet en cours développé par le New York Times Magazine en 2019 dans le but de réexaminer l’héritage de l’esclavage aux États-Unis et programmé pour le 400e anniversaire de l’arrivée des premiers Africains en Virginie.

Source:
https://thefederalist.com/2020/02/17/the-cruel-reality-of-life-as-one-of-the-medias-never-trump-waterboys/

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