Publié par Magali Marc le 19 février 2020

Plus de 1 100 anciens employés du Ministère de la justice ont signé une pétition en ligne demandant la démission du procureur général William Barr, affirmant que son ingérence dans les affaires pénales des amis et alliés de Donald Trump constitue une «grave menace» pour le pays. La pétition a été créée après que M. Barr soit apparemment intervenu dans la condamnation de Roger Stone, un allié de longue date de Trump, pour recommander au juge de lui donner une peine plus légère.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Chip Roy *, paru sur le site de The Federalist, le 18 février.

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La gauche pique une crise à propos du Procureur général, William Barr, après avoir laissé faire bien pire sous Obama

Personne ne devrait être au-dessus des lois, qu’il soit républicain ou démocrate. Nos dirigeants élus ne devraient pas non plus s’attaquer au principe d’égalité face à la justice.

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Bon, maintenant que ces déclarations évidentes sont faites, que devrions-nous faire des 1 100 signatures sur une pétition appelant le Procureur général Barr à démissionner du Ministère de la justice (DOJ) à cause des remous provoqués par l’Affaire Stone ?

En tant que personne ayant servi, bien que brièvement, comme procureur en cour fédérale, cette question m’intéresse particulièrement.

Tout d’abord, souvenons-nous que le DOJ est installé dans le bâtiment appelé le Robert F. Kennedy, Jr. Department of Justice Building.

Bobby Kennedy était le plus proche allié politique et conseiller de son frère.

Les médias suggèrent-ils que nous devrions donner un nouveau nom au bâtiment ou en faire tout un plat parce que le cadet des Kennedy était un homme politique ?

Vous êtes sceptiques ? Retournez en février 1962, dans le U.S. News and World Report : « Bobby ne cesse d’éteindre les feux de broussailles politiques. Si quelque chose tourne mal quelque part, Bobby jettera un coup d’œil à sa liste d’amis éparpillés dans le gouvernement. Il appellera quelqu’un, peut-être un haut fonctionnaire, et lui demandera de faire un travail politique pour lui ».

Dans le même article, on peut lire ceci : « Un jour de janvier, plus d’une douzaine de jeunes hommes ont pénétré dans le bureau de Bobby. La plupart d’entre eux avaient la trentaine. Ils venaient du Département de la Défense, du Département d’État, de diverses agences du gouvernement… La plupart de ces hommes avaient travaillé en étroite collaboration avec Bobby lorsqu’il organisait la campagne électorale de son frère. Ils ont développé une grande loyauté et affection pour le Procureur général et sont devenus ses hommes de confiance ».

Est-ce un problème ? Cela dépend. Comme Jack Kennedy l’a dit en blaguant, il voulait que son frère « prenne un peu d’expérience juridique avant d’aller pratiquer le droit ».

Qu’en est-il d’un procureur général qui politise le DOJ au détriment de l’adhésion à l’État de droit, qui remplit le département de militants, qui est invalidé à plusieurs reprises par la Cour suprême et qui agit en conflit direct avec des politiques et des procédures bien établies, et ensuite le dissimule ? Et si ce procureur général était Eric Holder ou Loretta Lynch ?

Mettons de côté le fait que M. Holder a été jugé coupable d’outrage à la Chambre des Représentants des États-Unis – mettons cela sur le compte de la politique et oublions les 17 Démocrates qui ont voté en faveur de la motion d’outrage. Même un examen superficiel du dossier montre que M. Holder, et son successeur Mme Lynch, ont abusé du pouvoir du Ministère de la Justice pendant huit ans tout en menant un travail de sape pour aider le Président Obama.

Après tout, dans une interview avec Juan Williams, M. Holder a fièrement déclaré être un «procureur général militant» et a reconnu qu’il avait transformé la Division des droits civils du Ministère de la justice en arme politique, et il se disait «fier de cela».

Mes collègues de gauche et les critiques dans les médias ont rapidement oublié qu’ils se sont engagés dans une «organisation communautaire» en faveur de l’activisme de gauche aux plus hauts niveaux du Ministère de la justice. Pour ne citer que quelques exemples majeurs :

  1. Sous M. Holder, la fameuse opération «Fast and Furious» a été menée. Dans le cadre de cette opération, des armes ont été fournies à des cartels de la drogue mexicains, ce qui a entraîné la mort d’un agent de la patrouille frontalière américaine. M. Holder a refusé de coopérer avec les enquêteurs de la Chambre pour leur transmettre des informations.
  2. M. Holder a encouragé le président Obama à utiliser le pouvoir exécutif pour accorder, de manière anticonstitutionnelle et illégale, un statut et des avantages aux enfants et aux parents présents illégalement aux États-Unis après avoir échoué à faire adopter une loi en ce sens. En d’autres termes, le chef des forces de l’ordre a encouragé le contournement de la Constitution et de la loi, pour des mesures dont l’une avait été annulée par les tribunaux, tandis que l’autre faisait l’objet d’un litige.
  3. M. Holder a ignoré le ciblage clair des groupes conservateurs par l’Internal Revenue Service de Mme Lois Lerner et a refusé de mener une véritable enquête sur cette corruption.
  4. M. Holder a corrompu la Division des droits civils, la transformant en une organisation politique radicale dirigée autrefois par Tom Perez, qui est maintenant à la tête du Comité national démocrate. L’Inspecteur général du DOJ, lui-même, a conclu dans un rapport que la division était coupable d’une « profonde polarisation idéologique » et d’un « décevant manque de professionnalisme ».
  5. Cette même division radicale des droits civils dirigée MM. Holder et Perez a été frappée à plusieurs reprises par les tribunaux pour ses positions extrêmes et sa portée excessive. Par exemple, la division a été réprimandée dans une affaire en Floride où le DOJ a abusivement poursuivi des manifestants pacifiques contre l’avortement. Elle a fait valoir que le premier amendement ne protégeait pas les décisions d’embauche d’une église dans l’affaire Hosanna-Tabor. Il y a eu des décisions similaires concernant l’identification des électeurs et les questions d’immigration, parmi d’innombrables autres.
  6. Le titulaire a utilisé la race comme arme politique. Il a déclaré que la carte d’électeur était un « impôt sur les bureaux de vote » à caractère raciste et a utilisé l’immigration et des cas comme les événements tragiques de Ferguson et de Sanford, en Floride, comme des événements politiques pour fouetter la base du président Obama tout en ignorant complètement la terrible violence constante des gangs à Chicago, par exemple, laissant tomber les forces de l’ordre (de toutes les races).
  7. M. Holder a utilisé les droits civils comme un assommoir afin d’empêcher les États de permettre aux parents de choisir une école afin d’aider les enfants à sortir de la pauvreté.
  8. De nombreux livres seront écrits pendant longtemps concernant la politisation du DOJ, du FBI et d’innombrables fonctionnaires de l’Administration Obama tout au long des élections de 2016, impliquant la collusion de la Russie et visant Donald Trump et sa campagne.

Quel que soit le parti politique au pouvoir, le DOJ ne devrait pas être utilisé pour faire avancer une politique contraire à la Constitution, ou pour mener une politique contraire à la loi, ou pour saper les principes fondamentaux d’une justice égale en vertu de la loi, entre autres choses.

S’il y a des allégations de méfaits réels, en tant que membre du Comité de surveillance – et, franchement, en tant que membre du Congrès – je crois certainement que nous devrions examiner la question.

Je serai le premier à admettre que le Président rend, en fait, la capacité de Barr à faire son travail beaucoup plus difficile en tweetant constamment concernant les recommandations de sentence des procureurs en temps réel. De plus, Roger Stone n’est pas vraiment une figure sympathique, d’une certaine façon, il a creusé sa propre tombe.

Le Procureur général a-t-il eu raison de faire ré-examiner une recommandation de peine de sept à neuf ans pour un délinquant qui en était à sa première infraction et a admis s’être livré à la falsification de témoignage mais dans le contexte d’une situation politiquement chargée ? Tandis que l’objectivité de la présidente du jury est douteuse ?

Bien sûr qu’il a eu raison, et un examen en amont de la chaîne de commandement concernant la détermination de la peine n’est pas quelque chose qui devrait en soi provoquer qui que ce soit à tirer la sonnette d’alarme, car ce sont des questions légitimes.

Qui plus est, ce qui est perdu dans toute cette controverse, c’est qu’il ne s’agit que d’une recommandation! La décision finale concernant la peine encourue par M. Stone dépend toujours entièrement du juge en charge de l’affaire, et non du Ministère de la justice.

Prenons donc un peu de recul.

Loin du «whataboutisme» (NdT: qui consiste à faire dévier l’argumentation pour marquer des points), il y a des différences très nettes ici.
Avec la situation actuelle et peu importe ce qui a été tweeté, la condamnation est maintenue, le juge garde le contrôle, ce n’est qu’une recommandation, et il y a des questions raisonnables qui pourraient amener Barr ou son équipe à réduire la recommandation de sentence.

Nous ne devrions pas permettre que les médias et un groupe d’activistes de gauche incitent d’anciens procureurs à se plaindre et à obscurcir les faits, ni leur permettre d’ignorer les abus incroyablement répandus au sein du DOJ sous la dernière Administration démocrate.

* Chip Roy est le Représentant républicain au Congrès pour le 21e district du Texas.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Source :

https://thefederalist.com/2020/02/18/left-goes-bananas-on-barrs-doj-after-ignoring-far-worse-under-obama/

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