Publié par Gaia - Dreuz le 25 février 2020

Source : Sudinfo

Le carnaval d’Alost divise, et les carnavaliers ont été trop loin dimanche lors du traditionnel cortège de chars satiriques, peut-on lire lundi dans la presse flamande.

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Le carnaval d’Alost divise plus que jamais, écrit le quotidien De Morgen, qui s’interroge sur l’avenir du cortège alors que des chars caricaturant les juifs y ont à nouveau défilé dimanche. Pour le constitutionnaliste Jogchum Vrielink (Université Saint-Louis), le contexte singulier du carnaval permet de rester dans les limites du droit à la liberté d’expression garanti par la Constitution. « Jusqu’à présent, il n’a jamais été question de faits punissables d’un point de vue juridique parce que l’intention malveillante, notamment, y faisait défaut. Mais je voudrais souligner que si les carnavaliers vont à chaque fois plus loin, les juges pourraient considérer cela comme une intention malveillante »

Ce dimanche, Alost était seul contre le reste du monde, souligne Het Nieuwsblad, tandis que la procession était scrutée par les médias du monde entier.

Het Laatse Nieuws évoque, lui, un carnaval « tumultueux ». Cette année encore, les caricatures au nez crochu étaient de sortie, accompagnées notamment d’une représentation d’un Mur des Lamentations construit en lingots d’or et d’une parodie du morceau ’Hey Jude’ des Beatles. Les tensions déjà à leur paroxysme avant même que le cortège ne s’élance, les carnavaliers ne pouvaient que dépasser les bornes, écrit le quotidien.

« Le Carnaval d’Alost cristallise des dilemmes appelés à être récurrents », prévient le sociologue Walter Weyns dans De Standaard. « Si ces discussions peuvent paraître futiles, elles vont bien au-delà du cas particulier d’Alost. Le vacarme qui en découle se reproduira sous d’autres formes parce qu’il porte nombre de questions urgentes comme le racisme, Metoo, Zwarte Piet, l’appropriation culturelle par les blancs, la question des genres, l’hétéronormativité, la transphobie, etc., qui présentent toutes un schéma similaire », explique-t-il. « Les gens se font toujours face avec incompréhension et suivent une logique exclusive, selon eux, qui se heurte frontalement à celle de la partie adverse, démontrant tragiquement qu’ils ne se comprendront jamais ».

Le journal Le Soir, seul quotidien francophone à consacrer son éditorial au carnaval d’Alost, relève « un sens de l’humour douteux ». « L’antisémitisme, comme le racisme, se nourrit de sa banalisation sous couvert d’humour », y rappelle Marc Metdepenningen. « Rire est une liberté. Mais chaque liberté est pondérée par les atteintes aux autres libertés ».

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