Publié par Jean-Patrick Grumberg le 28 février 2020

Les services de renseignement ont remis ce jeudi au président français une note d’analyse globale sur les conséquences du Coronavirus, dans un contexte où la bourse de New-York a plus perdu en 24 heures que jamais dans toute son histoire.

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La note, datée du 26 février – nous sommes le 28 et certaines des informations seront déjà périmées – évoque le danger économique et social. A Hong-kong, les grandes enseignes des centres commerciaux n’ont pas vu un seul client depuis deux semaines, et réclament des baisses de loyer importantes : certains promoteurs ont déjà baissé de 50% pour ne pas perdre leurs locataires, et ces derniers, y compris les Français Lacoste et Bon Point, réclament bien plus pour tenir.

Il y a aussi le danger de stigmatisation. Les Français se sont déjà retournés contre les Asiatiques, deux agressions ont été recensées, et les services de renseignement pensent que le nombre est bien plus élevé, mais que la communauté asiatique est réticente à déposer plainte – elle sait probablement que cela ne sert à rien : les coupables, s’ils sont attrapés, reçoivent à peine une tape sur les doigts, justice de gauche oblige.

  • Dans le Morbihan, le 5 février, une jeune vietnamienne de 16 ans a été frappée et insultée, alors qu’elle sortait du lycée, après que son agresseur l’ait accusée que c’est la Chine qui a « ramené le virus corona » – ce qui est strictement exact.
  • A Biarritz le 22 février, c’est un jeune chinois qui a été agressé par un homme qui lui a dit de « rentrer dans son pays avec son coronavirus ».

Les agresseurs sont à ce point taré qu’ils ne comprennent pas qu’en touchant ceux qu’ils croient être porteurs, ils s’infligent le coronavirus ?

Problèmes xénophobes dans les milieux scolaires

Les effets secondaires du virus se manifestent par une remontée de la xénophobie, explique la note des renseignements.

  • Dans le Maine-et-Loire, des enfants ont fait l’objet d’insultes – « virus », « sale jaune » et de moqueries.
  • Les universités ont interdit les voyages scolaires et les échanges avec la Chine.

Xénophobie

« Tueurs de chiens, de pangolins, etc. Vous détruisez le monde ! Oust »

Sur les réseaux sociaux, il semble que les messages haineux se soient calmés, alors que dans la société civile, dans les rues, la communauté asiatique est souvent apostrophée, pointée du doigt, tenue à l’écart, insultée par des surnoms dégradants et des remarques désobligeantes sur leur hygiène qui ne reflètent pas la fraternité inscrite au fronton des mairies.

Dans le Val-d’Oise, un buraliste dit avoir reçu des lettres anonymes – un vieux réflexe français dont les juifs ont fait les frais pendant l’Occupation. Les services de renseignement évoquent ces lettres signées par un « Comité français » qui exigent que le buraliste chinois « retourne dans son pays ».

« Tueurs de chiens, de pangolins, etc. Vous détruisez le monde Oust »,

« La communauté asiatique se mobilise cependant, fait de nombreux efforts pour annuler des festivités, éviter les tensions et relayer les consignes sanitaires », notent les services, dans une remarque qui ne calmera pas les divisions.

Impact économique

Je l’explique plus haut, les conséquences économiques sont déjà palpables. Aux Etats-Unis, des entreprises qui assemblent leurs produits en Chine perdent de l’argent. La bourse chute. A Hong-kong, les enseignes ont licencié en masse, et exigent des baisses de loyer de plus de 50%. En Chine, les ventes de voitures neuves ont chuté de 92 %.

En France, les services de renseignement sont inquiets, mais ils sont assez flous quant à la détermination des conséquences exactes.

  • Il semble que Dijon, seconde ville touristique la plus visitée après Paris, ait perdu ses touristes Chinois. Cependant, avec les Gilets Jaunes, les 40 cars de touristes chinois quotidiens sont passés à près de zéro depuis le début du mouvement des gilets jaunes, rapporte le site Bien Public il y a un an (1).
  • Globalement, la question se pose des 2,2 millions de Chinois qui viennent en France chaque année, précise la note, car ils rapportent une manne considérable au pays.
  • Les services de renseignement précisent que le trafic aérien avec la Chine a été divisé par deux – si vous voulez mon avis, il devrait être totalement interdit, comme l’a fait très tôt le président Trump, expliquant le nombre quasi inexistant de cas aux Etats-Unis.
  • De plus, Air France pourrait perdre entre 150 et 200 millions d’euros (contre 30 milliards pour l’ensemble des compagnies aériennes selon IATA), et les valeurs boursières des compagnies aériennes verront leur cours baisser plus que la moyenne.
  • Transport maritime : le problème, disent les renseignements, est double : on trouve difficilement des équipages, et la demande de Chine, qui représente 25% des importations de « vrac sec » est en chute libre.
  • Agriculture : une entreprise de transport de bovins du Cantal s’est vue interdire de commercer avec l’Italie.
  • Industrie : les entreprises très dépendantes de fournisseurs chinois – tiens, c’est peut-être le moment de repenser sa stratégie mondiale – n’arrivent plus à s’approvisionner ou voient leurs commandes de Chine s’évaporer : l’industrie automobile, la fabrication de câbles, les luminaires ou encore le lait pour bébé.
  • Automobile : à cause des problèmes d’approvisionnement, l’usine Renault de Douai impose deux jours de chômage partiel. La société Punch Powerglide, qui fabrique de boîtes de vitesses à Strasbourg, a pour sa part imposé un chômage partiel de neuf jours en février et mars pour faire face à une baisse de la production de 21 %.
  • Commerce asiatique : les commerces et restaurants asiatiques voient leurs fréquentations et leur chiffre d’affaires s’écrouler, mais dans des proportions encore difficiles à quantifier. Les demandes d’étalonnement des charges sociales sont de plus en plus nombreuses.

Contamination

Un « vent de panique dans les structures hospitalières de l’Oise »

Ce 27 février, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé une vingtaine de nouveaux cas, dont un groupe de douze dans l’Oise.

Et justement, s’inquiètent les services de renseignement, la contamination d’un malade à Compiègne qui n’avait pas été mis en confinement semble provoquer un vent de panique localement.

« Aucune précaution pour la protection des soignants n’avait été mise en œuvre, ce qui laisse redouter un risque de propagation important auprès de personnes à risques mais aussi du corps médical », qui a engendré « un vent de panique dans les structures hospitalières de l’Oise ».

Et le français Kolmi, qui produit chaque année 150 millions de masques de protection, a vu ses « commandes multipliées par 50 ». Notons que leurs masques ne sont pas approuvés par le CDC (2) américain.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.bienpublic.com/edition-dijon-ville/2019/03/24/dijon-a-t-elle-perdu-ses-touristes-chinois
  2. https://www.cdc.gov/niosh/npptl/topics/respirators/disp_part/N95list1sect2-k.html

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