Publié par Magali Marc le 28 février 2020

D’après Jon Miltimore, la chute du mur de Berlin a marqué un tournant dans l’effondrement de l’empire soviétique en novembre 1989. Mais le véritable coup de grâce a été donné deux mois auparavant par la visite inopinée de Boris Eltsine dans une petite épicerie de Clear Lake, au Texas.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Jon Miltimore*, paru dans The Federalist, le 13 novembre 2019. J’en recommande la lecture à Bernie Sanders et à ceux qui dénigre la «société de consommation».

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Comment la tournée des épiceries d’un Russe en 1989 a révélé les mensonges du socialisme

On se souvient de la date de la fin de l’Union soviétique comme étant le 9 novembre 1989, le jour où le mur de Berlin s’est symboliquement effondré.
Alors que la barrière physique a duré encore deux ans, ce jour-là, les responsables du Parti communiste est-allemand ont annoncé qu’ils n’empêcheraient plus les citoyens de la République Démocratique Allemande de traverser la frontière.

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La chute de la barrière qui a marqué l’Allemagne a en effet été un tournant dans l’effondrement de l’Empire soviétique, mais on pourrait dire que le glas a vraiment sonné deux mois plus tôt dans une petite épicerie de Clear Lake, au Texas.

Une visite inattendue

Le 16 septembre 1989, Boris Eltsine, un membre nouvellement élu du Parlement soviétique était en visite aux États-Unis. Après la visite prévue au Centre spatial Johnson, Eltsine et un petit groupe de personnes décidèrent de jeter un œil sur une épicerie Randalls à Clear Lake, en banlieue de Houston.

Boris Eltsine fût surpris par les allées d’aliments et les étagères bien garnies, un contraste saisissant avec les lignes d’attente pour avoir du pain et les allées vides auxquelles il était habitué en Russie.

Eltsine, qui avait la réputation d’être un réformateur et un populiste, « parcourait les allées de Randall en hochant la tête avec étonnement », a écrit Stefanie Asin, journaliste au Houston Chronicle.

Il s’émerveillait devant les échantillons gratuits de fromage, le poisson et les produits frais, et les congélateurs remplis de pop-sicles. En cours de route, Eltsine discutait avec les clients et les employés du magasin : « Combien ça coûte ? Avez-vous besoin d’une éducation spéciale pour gérer un supermarché ? Tous les magasins américains sont-ils comme ça ? ».

Eltsine avait été membre du Politburo et de la haute politique russe, mais il n’avait jamais rien vu de tel que les offres de cette petite épicerie américaine. « Même le Politburo n’a pas ce choix. Pas même M. Gorbatchev », avait déclaré Eltsine.

Une révélation révoltante

Il est difficile pour les Américains de saisir l’étonnement d’Eltsine.
Notre économie de marché a évolué, passant des épiceries à des entreprises telles que Walmart et Amazon qui se font concurrence pour livrer de la nourriture directement à nos portes.
(…)

L’expérience d’Eltsine ce jour-là était contraire à tout ce qu’il avait appris. Membre de longue date du parti communiste, Eltsine avait vécu toute sa vie dans un système de parti unique qui punissait sévèrement la dissidence. On lui avait appris à maintes reprises que le socialisme n’était pas seulement plus équitable, mais aussi plus efficace.

Ses yeux se sont ouverts ce jour-là, et cette révélation a donné mal au ventre au futur président russe.

« Quand j’ai vu ces étagères remplies de centaines, de milliers de boîtes de conserve, de cartons et de marchandises de toutes sortes, pour la première fois, je me suis senti franchement malade de désespoir pour le peuple soviétique », écrira Eltsine dans son autobiographie, « Against the Grain».
« Qu’un pays aussi potentiellement super-riche que le nôtre ait été amené à un tel état de pauvreté ! Il est terrible d’y penser ».

Eltsine n’est pas le seul à avoir été dupé, bien sûr. Il existe une abondante documentation sur les intellectuels occidentaux séduits par le système soviétique. Ces individus, qui contrairement à Eltsine ne vivaient pas dans un environnement médiatique contrôlé par l’État, considéraient le système soviétique comme économiquement et moralement supérieur au capitalisme américain, malgré les méthodes brutales employées dans le paradis des travailleurs.

« J’ai voyagé dans le futur, et ça fonctionne », avait déclaré le célèbre journaliste de l’ère progressiste Lincoln Steffens**.

Paul Samuelson, le premier Américain à avoir reçu le prix Nobel d’économie et l’un des économistes les plus influents du XXe siècle, était un adepte de longue date de la planification économique centralisée de style soviétique et prédisait qu’elle conduirait à un niveau de vie plus élevé. « Qui pouvait savoir que [les données] étaient toutes fausses ? » aurait demandé Samuelson à un collègue économiste après l’effondrement de l’empire soviétique.

La vérité sur le socialisme dévoilée

Malgré des décennies de propagande et d’obscurantisme, la grande fiction du socialisme a finalement été pleinement exposée avec la chute de l’Union soviétique et la publication de ses archives dans les années 1990. Les universitaires ne pouvaient plus nier la vérité selon laquelle le peuple de l’Union soviétique subissait un niveau de vie douloureusement bas malgré l’immense richesse de son empire.

« Leur niveau de vie était faible, non seulement par rapport à celui des États-Unis, mais aussi par rapport au niveau de vie de pays disposant de beaucoup moins de ressources naturelles, comme le Japon et la Suisse », a observé l’économiste Thomas Sowell dans son livre «Basic Economics».

Eltsine a le mérite d’avoir mis à nu le mensonge du socialisme que tant d’autres avaient refusé de voir. « Il y aurait une révolution », a-t-il déclaré à son entourage ce jour fatidique de septembre 1989, si les habitants de l’Union soviétique voyaient un jour la prospérité dans les épiceries américaines. Eltsine était plus proche de la vérité qu’il ne le pensait.

*Jon Miltimore est le directeur de la rédaction de FEE.org. Il est un ancien reporter du Panama City News Herald, et a été stagiaire au département de rédaction de discours de George W. Bush.

** Selon l’historien, Richard Pipes, L. Steffens a écrit cette phrase dans un train en Suède, avant même d’arriver en URSS. Son enthousiasme s’est affaibli quand il écrit ses mémoires, publiés en 1931.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Source :

https://thefederalist.com/2019/11/13/how-a-russians-grocery-store-trip-in-1989-exposed-the-lie-of-socialism/

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