Publié par Magali Marc le 29 février 2020

Il semble que les jeunes soient influencés par les chantres du «socialisme», ceux qui prétendent défendre la «justice sociale» et parlent de faire payer les riches car bien entendu, les riches s’enrichissent forcément au détriment des pauvres. Bien sûr les moins de 30 ans n’ont pas vécu la chute du Mur de Berlin ou la découverte des goulags avec Soljénitsyne. Mais est-ce une excuse pour ne rien savoir des millions de morts causées par les régimes socialo-communistes?

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de David Harsanyi **, paru sur le site de Townhall, le 28 février.

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Comment est-il possible que Bernie Sanders ait pu réussir une carrière politique aux États-Unis?

Des experts ont récemment fait valoir que les jeunes électeurs, en particulier ceux de moins de 30 ans, sont moins enclins à être perturbés lorsqu’ils entendent le mot «socialisme», parce qu’ils n’ont pas de souvenir direct de la guerre froide.

Dans une certaine mesure, cela doit être vrai. Ceux qui n’ont pas vécu les catastrophes les plus cruelles du socialisme – ou même ses nombreux échecs – seront moins rebutés par cette idée. Pourtant, si un candidat à la présidence louait l’excellent système de transport public du Troisième Reich ou s’il faisait l’apologie de l’esclavage américain, il serait à juste titre chassé de la place publique pour toujours, même si la grande majorité des électeurs n’ont aucune connaissance de première main de l’Holocauste ou de l’esclavage. L’antisémitisme et le racisme n’ont pas disparu, et Marx non plus, malheureusement.

le capitalisme est évalué à partir de ses quelques échecs, tandis que le socialisme l’est sur ses rares succès

Il est vrai que les fans de Bernie Sanders ne connaissent pas le socialisme (et, accessoirement, cela n’est vrai que si l’on ne connaît pas l’existence de Cuba, du Venezuela, de la Corée du Nord, de la Chine, etc.), mais le fait est que la plupart des supporters de Sanders ne semblent pas avoir une connaissance même rudimentaire de l’économie et encore moins du «socialisme» dont ils croient voir des exemples dans les pays scandinaves.

Ce qu’ils ont, c’est beaucoup d’émotions. Et, comme des millions d’autres personnes crédules depuis plus d’un siècle, ils sont attirés par l’«éthique» collectiviste – son attrait révolutionnaire, sa religiosité et ses promesses irréalistes.

« Le fascisme est considéré comme un crime », souligne à juste titre John Hayward. « Le communisme est traité comme une erreur. »

J’ajouterais que le capitalisme est évalué à partir de ses quelques échecs, tandis que le socialisme l’est sur ses rares succès.

Sanders ne fera jamais l’éloge des «programmes d’alphabétisation» d’un quelconque régime non-tyrannique. Mais si j’ai appris quelque chose de Twitter – ou peut-être, plus précisément, Twitter a renforcé mes soupçons actuels – c’est que le monde universitaire regorge d’apologistes de la gauche.

Il y a beaucoup d’excellents historiens, bien sûr, mais nombreux sont les universitaires vocaux, ceux sur lesquels les médias s’appuient souvent, qui sont soit des apologistes du socialisme, soit des socialistes eux-mêmes.

  • Oubliez les collèges ou les universités.

    Il y a peu d’arguments plus puissants en faveur du choix du collège que de voir un collégien ramener chez lui la grotesque «Histoire marxiste des États-Unis*» d’Howard Zinn. Je suppose qu’un jeune lecteur aventureux pourrait lire «L’Archipel du goulag*», « Le Zéro et l’Infini*» ou «La ferme des animaux*». Mais combien le font ?
  • Oubliez les écoles secondaires.

    Quand Sanders dit qu’il veut instituer une pré-maternelle universelle «gratuite», j’imagine des petits garçons et des petites filles avec des foulards rouges chantant des chansons de Pete Seeger parce que je suis presque sûr que c’est exactement ce qu’il imagine.

L’éducation, ou l’absence d’éducation, n’est pas le seul problème.

Comme le note David Bernstein,

«l’élite culturelle de ce pays – Hollywood, les universités, etc. — traite la guerre froide comme si le grand crime historique mondial du milieu du XXe siècle n’était pas le stalinisme et ses conséquences, mais le maccarthysme et ses conséquences».

En effet, une personne intéressée par les produits culturels des 20 dernières années de l’existence de l’Union soviétique, comme moi, serait amenée à croire que le maccarthysme a été le pire crime perpétré au XXe siècle – et le capitalisme son idée la plus destructrice. Bien que le collectivisme ait fait pleuvoir plus de famine et de mort sur l’humanité que toute autre idéologie, je me souviens seulement de quelques films qui se sont placés en opposition à ce sujet.

Et la plupart de ces films étaient infantiles (ne vous méprenez pas, j’adore «Red Dawn», même si c’est idiot.) Même James Bond a rarement traité les cocos comme des ennemis. La plupart du temps, il essayait d’empêcher les agents rebelles de monter les deux superpuissances l’une contre l’autre.

La plupart des Américains instruits n’ont pas seulement vu des films dépeignant l’Holocauste, mais ils ont aussi vu les horribles images de la vie réelle de ce génocide. Combien d’Américains ont regardé des images de la famine ukrainienne ? Ou du Grand Bond en avant ? Combien d’Américains ont même entendu parler de ces événements ?

  • Le Maoïsme a été responsable de 50 millions de morts ou plus, et le Stalinisme de 20 ou 30 millions, mais je ne peux pas penser à un seul roman ou film américain important décrivant ces holocaustes.
  • Je me souviens d’un film américain qui a sérieusement dépeint l’inhumanité du collectivisme : «The Killing Fields» (NdT: en français «La Déchirure»), bien que j’espère en avoir oublié d’autres. Ce film a maintenant 36 ans.

Aujourd’hui, cependant, on peut regarder plusieurs films qui rendent sympathique un voyou meurtrier comme Che Guevara (deux d’entre eux ont été produits dans les années 2000), mais pas un seul film sur la bravoure des Refuzniks (un groupe au sujet duquel Sanders, un homme qui se dit profondément ému par son judaïsme, n’a pas dit un seul mot pendant sa lune de miel en Union soviétique) ou des courageux combattants anticommunistes d’Amérique latine, de Tchécoslovaquie, de Hongrie ou d’ailleurs. C’est une honte.

Non, Sanders n’est pas Staline.

Il prétend être un socialiste démocratique. J’ai compris. Mais il y a une série de bonnes raisons pour lesquelles personne ne dit : « On devrait essayer le fascisme démocratique ». Il y a tout autant de bonnes raisons de ne pas normaliser le socialisme. Les deux idéologies sont autoritaires.

La seule différence, c’est que les universitaires et nos experts culturels ont disculpé l’une d’entre elles.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Source:
https://townhall.com/columnists/davidharsanyi/2020/02/28/how-can-bernie-sanders-happen-in-america-n2562022

** David Harsanyi est rédacteur en chef du magazine en ligne The Federalist.

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