Publié par Maurice Saliba le 29 février 2020

L’écrivain irakien, Wissam Sabbah, fait partie des penseurs libéraux engagés à faire toute la lumière quant à la vérité de l’islam dont ils sont issus. Dans une étude publiée en arabe le 3 février 2020 sur son blog dans ahewar.org, il tente d’identifier le véritable géniteur de Mahomet et de lever le voile sur les affabulations et les manipulations qui dominent l’islam depuis plus de quatorze siècles.

Si de nombreux connaisseurs de l’islam, musulmans et non-musulmans, en sont informés mais occultent une myriade de données choquantes ou suspectes, nombreux sont les francophones qui ignorent beaucoup de choses sur l’origine et les coulisses ténébreuses de cette croyance. Sabbah nous offre un témoignage accablant en se référant exclusivement aux biographies de Mahomet et aux chroniques historiques du patrimoine islamique qui sont enseignés dans les institutions musulmanes, y compris en France et en Occident. Voici un condensé de son exposé [1].

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Les biographies et les chroniques confirment que Mahomet est né à la Mecque et qu’il portait au début le prénom de « Quthum Ibn ‘Amina » [Ndt : ‘Amina est le prénom de sa mère. Les Arabes ajoutent toujours le prénom du père et rarement celui de la mère. Pourquoi la règle n’a pas été respectée dans ce cas ?]. Mahomet appartient « officiellement » à la tribu de Quraysh et serait le fils de Abdullah, fils d’Abd al-Muttalib du clan de Banou Hashim qui était le pilier de la Kaaba à la Mecque…

Toujours selon ces références, Abd al-Muttalib, « le présumé grand-père de Mahomet », se marie avec Hala fille de Wahb, le même jour et au cours de la même cérémonie que son fils cadet Abdullah qui se marie également avec ‘Âmina, la sœur de Hala. Trois mois plus tard, Abdullah décède et sa femme ‘Âmina devient veuve. Quant à Hala, elle ne tarde pas de tomber enceinte et de donner naissance à Hamza qui devient l’oncle de Mahomet [2].

‘Âmina devait normalement se trouver enceinte avant le décès de son mari, puisqu’elle a donné naissance à Mahomet. Donc, il est tout à fait logique que son nouveau-né soit plus âgé ou du même âge que Hamza, au cas où elle serait tombée enceinte en même temps que sa sœur Hala.

Nos chroniqueurs et nos biographes confirment que Hamza avait quatre ans plus que Mahomet, ce qui signifie clairement que Mahomet fils de ‘Âmina est né quatre ans après Hamza fils de Hala. Donc il est plus jeune. Or, comment se fait-il que Mahomet soit né quatre ans après le décès de son père ?

Pour obnubiler ce scandale, les chroniqueurs prétendent que « le fœtus s’est endormi pour une longue période dans la matrice de sa mère ». Puis, ils ajoutent : « ‘Âmina a porté Mahomet pendant quatre ans dans son ventre jusqu’à sa naissance. » Quel aplomb ! Certes, il est impossible d’admettre ce récit et de croire que Abdullah, l’époux de ‘Âmina, soit biologiquement le père naturel de Mahomet. Donc, qui était son véritable géniteur ?

Les chroniqueurs s’enlisent davantage dans leurs affabulations et racontent qu’après son accouchement « ‘Âmina a cherché dans le désert une nourrice pour son bébé afin de s’en libérer et d’éviter le commérage relatif à son étrange grossesse. » Est-il normal de voir une mère abandonner ainsi son nourrisson à une autre femme ?

Or, les mêmes sources justifient de façon astucieuse l’envoi de ce nouveau-né dans le désert sous prétexte « de l’habituer à la dureté de la vie et de lui faire apprendre l’arabe raffiné, l’éloquence littéraire et l’esprit chevaleresque ». Ces allégations sont absurdes, puisque son cousin, Ali Ibn Abi Tâlib, a excellé par son éloquence et son savoir, en se formant à la Mecque et sans être envoyé dans le désert. Cette conduite étrange de la mère permet à tout esprit libre et serein de penser que cet enfant était effectivement illégitime et de naissance adultérine.

À quatre ans, et selon les mêmes sources, Mahomet retourne à la Mecque chez sa mère qui décède peu d’années plus tard. Il est alors confié à Umm Ayman [une esclave éthiopienne dont le vrai nom est Barakah fille de Tha’laba.]. Celle-ci l’élève jusqu’à son mariage avec Khadija. La même question se pose ici de nouveau : Pourquoi l’a-t-on confié encore une fois à une femme étrangère et pas à une proche de la famille ? Cette démarche suscite également des soupçons quant à la lignée de cet enfant et à la raison de son éloignement de ce clan.

Derrière ce comportement se cache bien entendu la grossesse illégitime de sa mère. Elle l’a mis au monde quatre ans après la mort de son mari Abdullah à qui les chroniqueurs islamiques attribuent toujours et sans vergogne la paternité. Ils ont forgé cette affabulation, parce que Mahomet s’est imposé plus tard comme prophète et comme chef militaire féroce qui tuait ses ennemis sans pitié. Sinon, ils auraient continué à contester sa lignée généalogique.

Pour réunir tous les maillons de la chaine, il faut d’abord rappeler que Mahomet, adolescent, a travaillé, suite à une recommandation de son oncle Abou Tâlib, comme caravanier dans le négoce de Khadija, une riche femme à la Mecque issue du clan de Banou Hashim, une branche de la tribu de Quraysh. « Elle le comblait de biens et le rémunérait deux fois plus que tout autre salarié de sa tribu » [3]. Quel est donc le secret de son amour passionné pour lui ? Pourquoi a-t-elle demandé plus tard d’épouser ce pauvre jeune homme sans profession, qui ne savait qu’escorter les chameaux et les moutons aux pâturages ? Derrière ce mariage il y a certainement un secret à explorer.

En effet, Khadija, âgée de quarante ans et deux fois veuve, voyait dans Mahomet, un homme de vingt cinq ans, capable d’assouvir ses pulsions brûlantes et ses passions voluptueuses. Elle trouvait en lui les raisons de son désir de l’épouser en dépit du refus de son père. En plus, elle avait également besoin d’un homme honnête, loyal et intelligent pour gérer sa fortune et son commerce entre la Syrie et la Mecque.

Pour mieux clarifier ce contexte il faut mettre en lumière le rôle de Waraqa Ibn Nawfal. Celui-ci était un cousin de Khadija, mais aussi prêtre et chef de la communauté nazaréenne à la Mecque, ainsi que le mentor et le père spirituel de Mahomet. C’est lui qui a encouragé et célébré le mariage de Khadija et Mahomet [4]. Les biographes notent que Waraqa avait déjà annoncé à plusieurs reprises à sa cousine Khadija : « Mahomet sera le prophète de cette nation ! [5] » D’ailleurs, on signale que Khadija avait déjà entendu la même annonce de la part d’un moine dit Beheiry (ou Bahira) qui vivait à Busra al-Sham au sud de la Syrie.

En effet, Beheiry et Waraqa seraient, selon les sources en question, deux religieux nazaréens qui avaient prédit que Mahomet sera un prophète pour la nation arabe. Ils l’ont surtout instruit et encadré avec la coopération de sa femme Khadija. Celle-ci ne l’a-t-elle pas convaincu que c’est l’ange Gabriel (Jibril) et pas un diable qui lui rendait visite et lui révélait des versets ? Chaque fois que Mahomet croyait être affecté ou obsédé par un esprit malveillant, Khadija se dépêchait à son secours et lui répétait : « Ô cousin ! Tiens ferme ! Réjouis-toi ! C’est un ange et non un diable. [6] »

Encouragé par Beheiry, Waraqa et Khadija, Mahomet eut la certitude qu’il était le prophète de la nation arabe. Il continue à suivre les instructions et l’exemple de son maître Waraqa. Il écrira comme lui des versets adressés aux Arabes et n’hésitera pas à s’autoproclamer prophète. Il exigera qu’il soit obéi comme on obéit à Allah.

Un des compilateurs de la tradition affirme « qu’il est arrivé que la révélation s’est tarie après le décès de Waraqa » [7]. En effet, la disparition de son mentor l’attriste et l’enfonce dans la dépression. Il tente moult fois de se suicider. C’est une preuve que son « Jibril humain » était la véritable source de son inspiration. Désormais, il doit s’appuyer sur son savoir-faire et son intelligence pour achever le Coran et diffuser sa prédication, en dépit du déni que lui manifestaient son clan et le peuple de La Mecque. Ils l’ont tous accusé d’être un magicien, un poète ou un fou…

Les biographes notent également « que juste à sa naissance, une lumière s’est dégagée de sa mère ‘Âmina et illuminait les palais de Busra » [8]. Mais quel est le rapport de cette lumière avec les demeures de cette localité située au sud de la Syrie ?

La recoupe de tous ces récits permet de réunir les maillons de la chaine. La lumière en question aurait été adressée comme message ou indice au crapuleux moine Beheiry, qui résidait à Busra. En effet, ce dernier avait l’habitude d’aller souvent à La Mecque et à Yathrib [Médine plus tard] pour rendre visite à son confrère, Waraqa Ibn Nawfal. C’est là qu’il a fait connaissance avec ‘Âmina et eu avec elle une relation très intime. Les narrateurs y font allusion et soulignent qu’elle lui avait envoyé le jour de son accouchement le message suivant : « Absher [Sois heureux de cette nouvelle] Beheiry ! J’ai donné naissance à ton fils aujourd’hui » [9].

Les biographes signalent également que Mahomet, lors d’un premier voyage dans une caravane commerciale à Busra al-Sham, a bénéficié de l’hospitalité du moine Beheiry. Lors de cette rencontre, ce dernier aperçoit sur le dos du garçon un grain de beauté. Aussitôt, il prédit qu’il serait un prophète et aurait un grand prestige. Les biographes en profitent pour donner à ce grain de beauté le nom du « sceau de la prophétie » [10]. De quel droit Beheiry a-t-il agi ainsi ? Savait-il d’avance qu’il y avait sur son dos un grain de beauté ou plutôt un « sceau de prophétie » ? Quelle corrélation y a-t-il entre les deux ?

Les mêmes biographes font également allusion à une deuxième visite de Mahomet âgé de vingt ans à Busra al-Sham où il passe quelques temps chez Beheiry. Celui-ci, le voyant assis sous un arbre, dit aussitôt : « Au nom d’Allah ! Celui-ci est un prophète. Personne ne s’est assis à l’ombre de cet arbre depuis Jésus fils de Marie que Mahomet ! »

Puis, à vingt-cinq ans Mahomet rencontre pour la troisième fois Beheiry à Busra. Le voyant de nouveau aller s’asseoir sous le même arbre, il récidive et clame aussitôt : « Personne n’est venu s’asseoir à l’ombre de cet arbre sans qu’il soit prophète. »

À la lumière de ces narratifs, il s’avère clair que Beheiry aurait persuadé Khadija fille de Khuwaylid de se marier avec Mahomet. Ibn Kathir note dans sa biographie du prophète que Khadija aurait dit plus tard à Mahomet : « Beheiry m’a ordonné de t’épouser ! [11] »

En conclusion, Wissam Sabbah voit un lien très fort entre Beheiry et Mahomet, celui d’un géniteur face à sa progéniture que ‘Âmina lui a donné naissance quatre ans après la mort de son mari Abdullah. C’est là où réside le secret de l’intérêt que Beheiry portait à Mahomet et son désir de le voir prophète et chef des tribus arabes [12].

[Ndt. : Pour occulter cette vérité et étouffer le scandale, on enseigne toujours dans les institutions musulmanes, même à l’éminente université islamique Al-Azhar, que « la femme ne peut maintenir sa grossesse que quatre ans seulement [13]. » Voilà jusqu’où peut aller la bêtise humaine dans la diversion, la perversion et l’obstruction !]

Enfin, notre auteur demande à ses coreligionnaires musulmans et à leurs gourous de mettre un terme à cette machination burlesque, à ces mensonges invraisemblables et à la falsification de l’histoire. Il faut qu’ils cessent d’enfumer et d’intoxiquer notre peuple et l’humanité toute entière.

Si l’islam est forgé sur des mensonges, peut-il être maintenu, entretenu et défendu autrement ?


Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction et annotation de Maurice Saliba pour Dreuz.info.

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Notes

  • [1] Le même sujet est traité en langue arabe à la télévision Alkarma.tv. Voir le lien suivant www.youtube.com/watch?v=4cvuQcczm7I&feature=emb_rel_end. Les arabophones y trouveront des informations beaucoup plus détaillées quant à cette question.
  • [2] Al-Tabari, Târîkh (Histoire), vol. II, p. 253 : Ibn Kathir, Al-Târîkh al-kâmil (Le complet dans l’histoire), vol. II, p. 13.
  • [3] Burhânal-Din al-Halabi, Al-Sira al-nabawiya (Biographie du prophète), vol. I, p. 147.
  • [4] Ibn Hisham, Al-Sira al-nabawiya (Biographie du prophète), vol. I, p. 123.
  • [5] Ibn Hisham, op. cit., vol. I, p. 223.
  • [6] Pour plus d’informations sur le rôle capital de Waraqa Ibn Nawfal dans la vie de Mahomet, on peut se référer à l’ouvrage richement documenté de Joseph Azzi, Le Prêtre et le Prophète. Aux origines de l’islam. Paris, Maisonneuve et Larose, 2001.
  • [7] Bukhari, Sahîh, vol. I, p. 38.
  • [8] https://islamqa.info/ar/answers.
  • [9] https://islamicbag.com/quran-hadith/mohammed/item/4835-beheiry-the-crippled-monk-is-the-true-father-of-muhammad-ibn-amnah.
  • [10] Ibn Kathir, Al-Bidâya wal-nihâya (Le début et la fin), Le Caire, p. 4-6.
  • [11] Ibn Kathir, al-Sira al-nabawiyya (Biographie du prophète), https://www.kutub-pdf.net/book/.
  • [12] Ibn Hajar Al-Asqalani, Al-Sâba fi tamyîiz al-sahaba (L’exactitude dans l’identification des compagnons), vol. 4, p. 467.
  • [13] Voir l’un des traités enseignés à l’Université Al-Azhar, celui de Mansour Al-Bahouri, Al-Raoudh al-morabba’ fi charh zâd al-mostanqa’ (Le pré carré dans l’explication de la nourriture du marécage), dernière édition, Le Caire 2008 : « la femme ne peut maintenir sa grossesse que quatre ans seulement », p. 389.

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