Publié par Guy Millière le 2 mars 2020

L’épidémie née à Wuhan, en Chine, est devenue une pandémie au sens où elle touche désormais tous les continents. Des dizaines de milliers de personnes sont contaminées. Les morts s’accumulent.

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Des théories de la conspiration ont fait leur apparition et, comme toujours en ce cas, les propos les plus insensés se tiennent. Certains parlent d’une arme bactériologique qui aurait échappé à ses concepteurs, d’autres d’une expérimentation sur l’être humain qui aurait mal tourné. D’autres encore évoquent un “complot sino-americain”. Des discours opportunistes se greffent sur la situation et laissent entendre que tout cela est de la faute de la globalisation économique et disent qu’il faudrait fermer durablement les frontières aux personnes et aux biens, produire localement, pratiquer le protectionnisme. 

Ce qui est exact est que l’épidémie devenue pandémie est un cataclysme.

Même s’il y a peu de morts hors de Chine, les coûts se chiffrent d’ores et déjà en centaines de milliards de dollars. L’économie chinoise est à l’arrêt et sera en récession cette année. Elle pourrait même être menacée d’effondrement. Les données disponibles montrent qu’un tiers des entreprises chinoises seront très bientôt en défaut de paiement. Des ruptures d’approvisionnement dans de multiples domaines vont se faire sentir dans tous les pays développés de manière assez rapide. La croissance va fléchir partout, et les pays où la croissance est nulle ou quasiment nulle, tels l’Allemagne et la France vont particulièrement souffrir. Des frontières vont effectivement se fermer pendant quelque temps. Des coûts médicaux et sanitaires importants vont accroître les déficits budgétaires. Tous les secteurs d’activité vont être touchés. L’épidémie devenue pandémie est d’ores et déjà plus grave que la crise du SRAS en 2003. 

Ce qui doit être ajouté est que rien ne permet pour l’heure de valider la moindre théorie de la conspiration : la Chine voulait assurer son emprise sur le monde et ne voulait pas le faire par des moyens bactériologiques, mais par une pratique mercantiliste placée au service du communisme. Les plus grands spécialistes américains de la Chine, tels Gordon Chang, l’ont fort bien analysé. J’en ai traité dans plusieurs articles et dans mes livres sur la doctrine Trump. Ce qui se passe est infiniment éloigné de ce que le régime chinois aurait pu souhaiter. Et quiconque connaît les conditions sanitaires qui sont celles de la Chine n’a pas été surpris par le SRAS en 2003 et n’est pas surpris parce qui se passe aujourd’hui. 

Ce qui doit être souligné est que la globalisation économique en soi n’est pas coupable. 

Des pandémies graves ont eu lieu bien avant la globalisation économique contemporaine (exemple : la grippe “espagnole” de 1918). L’intégration de pays plus pauvres dans le développement économique est en soi une bonne chose, et leur permet de sortir de la pauvreté. Ce qui pose problème est ailleurs : l’intégration de pays au développement économique ne peut se faire aveuglément, sans règles et sans contrôles. Elle ne peut se faire sans prise en compte de normes sanitaires et, surtout, sans ouverture du pays plus pauvre à la possibilité de contrôle. Non seulement la Chine est un pays où les conditions sanitaires laissent fortement à désirer dès qu’on sort des quartiers d’affaires des grandes villes, mais c’est un pays fermé, car régi par une dictature de type totalitaire. Confier une si large part de la production mondiale de biens à un pays fermé, régi par une dictature de type totalitaire était et reste une aberration délétère. 

Le Japon, puis la Corée du Sud sont passés au développement économique en quelques décennies. L’Inde s’intègre au développement, le Brésil aussi, le Mexique au sud des Etats-Unis dispose de zones de développement, et le monde ne s’en porte que mieux. Mais aucun de ces pays n’est régi par une dictature de type totalitaire.   

Le pari aveugle a été fait, lorsque la Chine a été admise en 2001 au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce, que la Chine s’ouvrirait. La Chine ne s’est ouverte que très superficiellement. Elle est restée une dictature de type totalitaire, et a utilisé son intégration au développement économique mondial pour développer des pratiques prédatrices vis-à-vis d’autres économies Elle est restée fermée dans de multiples domaines. 

Cette fermeture fait qu’entre le moment où l’épidémie née à Wuhan est née et a commencé à s’épandre et le moment où les Chinois et le reste du monde en ont été informés, il s’est écoulé, selon toutes les données disponibles, six semaines. Ce délai a fait que l’épidémie s’est disséminée en Chine et dans d’autres pays du monde parce que des gens touchés par le coronavirus, mais l’ignorant, et qui ont séjourné à Wuhan, ont voyagé et propagé la maladie. Ce délai est la cause du cataclysme, des morts, des coûts. Ce délai a été criminel.

Il serait indispensable que de multiples entreprises et gouvernements du monde en tirent des conclusions et posent à la Chine des exigences d’ouverture et de transparence qui, si elles ne sont pas satisfaites, devraient conduire à relocaliser des unités de production dans des pays acceptant ces exigences et s’y pliant. 

L’intégration de pays plus pauvres dans le développement économique ne peut se faire sans prise en considération des régimes politiques qui régissent les pays concernés. 

La très grave erreur de nombre d’économistes expliquant les bienfaits (très réels) de la globalisation économique est de ne pas prendre en compte les données politiques et géopolitiques. J’ai expliqué dans un livre publié il y a plusieurs années, La septième dimension : le nouveau visage du monde après la crise *, que les économistes du futur ne seraient compétents que s’ils prenaient en compte la politique et la géopolitique. 

J’ai dû constater quand j’ai publié le livre que ce que j’expliquais passait nettement au-dessus de la tête de ceux à qui je m’adressais. Je suis consterné d’avoir à constater que mes analyses étaient pertinentes et n’ont servi à rien. Et je suis plus consterné encore de voir que la non-prise en compte des données politiques et géopolitiques ne semble pas conduire les économistes à réfléchir davantage aujourd’hui, ce qui a pour conséquence la dissémination opportuniste de discours économiques ineptes.  

La globalisation économique n’implique pas l’ouverture des frontières sans aucun contrôle. 

Laisser passer des marchandises (sous contrôle) ne signifie pas qu’il faut laisser les êtres humains eux-mêmes s’installer où ils veulent. Le peuple d’un pays est constitué de gens qui peuvent être définis comme les copropriétaires du pays dont ils sont membres et qui ont le droit de définir leurs règles de vie, d’accueillir parmi eux qui ils décident d’accueillir et d’expulser qui ils décident d’expulser. Le peuple d’un pays peut décider d’opter pour le protectionnisme : le rôle d’économistes compétents est d’expliquer en quoi faire produire ailleurs ce qui peut être produit ailleurs pour un meilleur prix crée un cercle vertueux de développement et incite un pays développé à passer à un stade ultérieur de créativité économique, ce qui se fait sans problème lorsque la pensée économique dans le pays concerné n’est pas stérilisée et quand l’économie du pays n’est pas sclérosée par le socialisme. Le rôle d’économistes compétents impliquerait plus que jamais de prendre en compte la politique et la géopolitique.  

Une entreprise peut décider de produire là où elle l’entend, et doit en assumer les conséquences. Les entreprises qui continueront de produire en Chine sans rien exiger devront assumer les conséquences. Le peuple d’un pays démocratique peut, s’il n’opte pas pour le protectionnisme, décider de la politique suivie par son gouvernement en matière d’exigences d’ouverture et de transparence, et de contrôles aux frontières.  

Deux pays sur terre ont des dirigeants politiques démocratiquement élus qui comprennent ce que je viens d’écrire et c’est pour cela qu’ils ont toute mon estime : Binyamin Netanyahou et Donald Trump. 

Dois-je l’ajouter?  Quand bien même je parle de cataclysme, l’épidémie née à Wuhan est et sera bien moins destructrice en vies humaines et en richesse que si elle s’était produite il y a quelques décennies, voire il y a un siècle. La grippe “espagnole” que j’évoque plus haut a fait entre cinquante et cent millions de morts sur la planète. L’épidémie née à Wuhan fera quelques milliers de morts, essentiellement en Chine (le SRAS en 2003 avait fait un peu plus de huit cents morts). La différence essentielle entre l’épidémie d’il y a un siècle et celle d’aujourd’hui tient aux immenses progrès des sciences, des technologies, et de la médecine, progrès qui ne se seraient pas produits si les adeptes de la croissance zéro ou de la décroissance avaient existé il y a un siècle et avaient eu gain de cause.  

Un vaccin sera bientôt disponible pour contrer le coronavirus de Wuhan. Il sera né en Israël, le pays qu’il est de bon ton de détester en France. Des traitements sont en cours d’élaboration aux Etats-Unis, autre pays qu’il est de bon ton de détester en France depuis que Donald Trump y a rétabli croissance, prospérité et plein emploi. Israël et les Etats-Unis sont deux pays démocratiques et capitalistes. Seul le capitalisme démocratique permet croissance, prospérité, plein emploi, progrès des sciences, des technologies, et de la médecine. 

Je ne doute pas que les anti-Israéliens refuseront de se faire vacciner en utilisant un vaccin israélien et que les anti-américains refuseront tout traitement né aux Etats-Unis. Il faut se comporter en conformité avec ses idées ! 

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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