Publié par Magali Marc le 4 mars 2020

L’Establishment démocrate n’a pas appris les leçons des primaires du Parti Républicain en 2016 qui ont mené à la victoire de Donald Trump, le candidat diamétralement opposé à l’Establishment du GOP. Pour paraphraser à l’envers la phrase célèbre de Talleyrand, ils n’ont rien appris et tout oublié.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Mollie Ziegler Hemingway*, paru sur le site de The Federalist, le 3 mars.

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Les Démocrates n’ont pas tiré la bonne leçon des primaires républicaines de 2016

L’Establishment démocrate semble plus soucieux de se protéger que de battre le président Trump.

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À la sortie des primaires du Nevada la semaine dernière, l’Establishment du Parti démocrate était un peu paniqué. Le sénateur Bernie Sanders, (Indépendant du Vermont), avait obtenu le plus de voix dans l’Iowa, le New Hampshire et le Nevada.

Le premier choix de l’Establishment pour l’investiture, l’ancien vice-président Joe Biden, s’était battu pendant des mois sur la route de campagne, semblant parfois confus concernant qui il était et où il était.

Le milliardaire Mike Bloomberg, qui était entré dans la mêlée pour sauver le parti de Sanders et Biden, s’est révélé être une minuscule statue aux pieds d’argile avec son humiliante performance lors d’un débat.

Le terrain est resté très encombré, la plupart de la demi-douzaine de candidats qui n’étaient pas Sanders et se partageaient la partie très à gauche mais non-socialiste du gâteau.

Si l’Establishment voulait vraiment bloquer Sanders, il devait trouver quelque chose de frappant et le faire rapidement. Ce n’était pas nécessairement à cause du risque qu’il arriverait à la Convention avec le grand nombre de délégués. Mais parce que s’il y entrait avec une forte pluralité de voix, il serait difficile de lui retirer la nomination.

L’Establishment a fait de son mieux. Biden était celui qui devait remporter les primaires de Caroline du Sud, samedi, mais il les a emporté avec une marge encore plus grande que ce que beaucoup attendaient. Il a remporté 48 % des voix, contre seulement 20 % pour Sanders. Le milliardaire Tom Steyer, qui s’est classé troisième, a abandonné la course ce soir-là.

L’ancien maire Pete Buttigieg – lequel a réussi des scores respectables dans l’Iowa et le New Hampshire, a un nombre important de supporters et a ramassé pas mal de fonds – a abandonné la course dimanche. Et la sénatrice du Minnesota, Amy Klobuchar, qui s’était constituée un soutien et se dirigeait vers une victoire dans son État d’origine, l’a abandonné lundi.

Les experts ont eu tendance à penser que c’était bon signe pour l’Establishment du Parti Démocrate.

Philip Bump du Washington Post, un homme dont les compétences analytiques n’incluent pas la compréhension de d’où viennent les bébés, a écrit l’analyse du journal : « Les Démocrates modérés font ce que les Républicains ont refusé de faire en 2016 : ils se mettent à l’écart ».

Par ailleurs, «modéré» est le terme choisi par les médias pour désigner l’ensemble des candidats dont les opinions sont très à gauche de l’Américain moyen mais ne sont pas pour autant des Socialistes-avoués à-la-Bernie-Sanders.

Les Démocrates ont compris qu’un champ plus restreint les aiderait à obtenir leur candidat préféré. Qui sait quels actes de sorcellerie et quels accords secrets ont été conclus pour que deux candidats parfaitement viables quittent prématurément le terrain.

Mais il est peut-être utile de noter un petit détail : les Républicains ont remporté les élections générales de 2016 en ne faisant pas ce que ces experts suggéraient qu’ils devaient faire cette année-là.

Non seulement ils ont gagné la présidence tandis que les «experts» prédisaient qu’un Républicain ne pourrait pas l’emporter avant de nombreuses années, mais ils n’ont pas fait face aux résultats catastrophiques à la Chambre et au Sénat ce qui, selon les mêmes experts, devaient être la conséquence de la candidature de Donald Trump.

Le fait de n’avoir pas pu éviter que Trump remporte l’investiture républicaine a contribué à l’obtention par les électeurs républicains de deux juges de la Cour suprême, 191 autres juges fédéraux, des réductions d’impôts, une réforme fiscale, l’abandon de l’Accord de Paris sur le climat qui devait renforcer la mainmise des bureaucrates, l’abandon de l’Entente sur le nucléaire avec l’Iran, un recul sans précédent des réglementations fédérales et une politique étrangère plus modérée.

En se montrant incapable d’empêcher une candidature à l’élection présidentielle, le Parti Républicain a réussi à s’attaquer à certains clivages très difficiles entre l’Establishment et les électeurs qui leur ont permis de prendre le contrôle notamment concernant les politiques qui semblaient profiter exclusivement aux entreprises et aux riches telles que l’immigration, les accords commerciaux, les relations des États-Unis avec la Chine, les entrées en guerre constantes, l’incapacité d’y mettre fin, et la question de savoir s’il faut se terrer dans un coin plutôt que de faire face aux attaques médiatiques injustes.

Le résultat est un parti plus unifié qu’il ne l’a été depuis un certain temps. Il n’a pas seulement survécu aux élections de mi-parcours de 2018, il a gagné des sièges au Sénat alors même qu’il subissait les pertes prévues à la Chambre. Pour la première fois depuis 2005, le parti obtient même une majorité d’approbation dans les sondages.

Pourquoi les Démocrates en retiennent-ils qu’ils doivent empêcher que la même chose se produise pour eux?

Il est absolument vrai que Sanders est un outsider que l’Establishment n’apprécie pas, tout comme l’Establishment républicain s’est opposé à Trump. Il est vrai que l’Establishment de Washington des deux partis préférerait détenir le pouvoir dans une situation minoritaire que de gagner des élections.

Sanders est une menace pour cet Establishment. Il a vraiment une politique étrangère différente de celle de Biden concernant les guerres interventionnistes.

Il est contre les accords commerciaux de l’Establishment avec la Chine, et ce depuis de nombreuses années.

Et il a certainement des liens moins étroits avec les gens d’affaires que beaucoup de membres de l’Establishment.

Il représente un contingent important au sein du parti.

Bien sûr, les Démocrates pourraient aider Biden à tenir bon et à continuer la lutte, jusqu’à ce qu’il révèle une fois de plus sa sénilité.

Mais ce faisant, ils risquent de démolir le seul candidat dans leur camp qui se présente avec énergie et enthousiasme et tout ça pour nommer quelqu’un comme Biden.

Nous sommes  mieux placés que quiconque pour savoir que les Démocrates, plutôt que de tirer les leçons de l’«erreur» des Républicains, qui ont remporté les élections et unifié leur parti, donnent l’impression qu’ils suivent un plan de match destiné non seulement à leur faire perdre les élections, mais aussi à conserver leurs belles petites sinécures et leurs perchoirs dans les réseaux médiatiques, les groupes de réflexion, les journaux et les autres positions d’influence de l’Establishment.

*Mollie Ziegler Hemingway est rédactrice en chef du magazine en ligne The Federalist.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Source :

https://thefederalist.com/2020/03/03/democrats-are-learning-the-wrong-lesson-from-2016-gop-primary/

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