Publié par Sidney Touati le 6 mars 2020

La crise sanitaire du coronavirus confirme l’hypothèse[1] selon laquelle nous sommes passés du gouvernement des hommes à la gestion des vivants.

Cette transformation radicale qui affecte l’exercice du pourvoir repose sur un postulat de base : la vie est la valeur suprême et son corollaire énoncé par l’ONU : la mort est un crime contre l’humanité.

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Les pays européens ont tous abandonné la mort, laissé tomber la mort pour reprendre l’expression utilisée par Michel Foucault.

Le pouvoir « classique » qui avait pour objet le gouvernement des hommes, c’est-à-dire qui administrait la vie et la mort des humains, a progressivement cédé la place à un pouvoir qui ne prend en charge que la vie, qui se fixe comme objectif d’entretenir la vie, de surveiller la manière dont nous nous comportons vis-à-vis de ce « capital » qui en définive ne nous appartient pas mais dont l’Etat, c’est-à-dire les machines bureaucratiques, nous ont confié la gestion. On nous prescrit de vivre selon un mode d’emploi, une posologie de plus en plus précise, de plus en plus contraignante.  

Progressivement s’est opérée une mutation dans tout le champ de la représentation et dans celui des pratiques sociales. Au terme de ce processus, nous sommes passés du statut d’homme libre, responsable et autonome, propre à l’humanisme classique (celui de la Renaissance et des Lumières),  à celui d’humain, puis d’être vivant. Notre qualité d’être vivant dont la vie serait sacrée,  conduit le pouvoir a nous appréhender dans la logique du biologique, (le bio envahit tout), à nous gérer sur le modèle de l’élevage propre au monde agricole industrialisé.

Nous devenons ainsi des êtres vivants parmis une multitude d’autres êtres vivants. L’indistinction devient la règle. Le rattachement à l’espèce, puis aux grands cycles de la nature, devient le seul grand critère d’identification. Le vieux culte païen de la « mère nature » refait surface. Il faut obéir non à la Loi morale, mais à la Loi de la nature !

Qu’importe notre nationalité, notre origine, notre religion, nos traditions, notre culture…tout ceci passe au second plan. Tout ceci devient des critères à rejeter. Tout ceci relèverait de discriminations inadmissibles.

La loi s’est faite le reflet de la mise en place de ces  biopouvoirs qui concurent à l’instauration d’une « biocratie » planétaire : la gestion du vaste troupeau des humains est à l’ordre du jour. C’est ce que d’aucuns appellent « gouvernance mondiale » (qui dans la Bible est appelée Babel).

La première loi adoptée par la nouvelle biocratie, celle qui se pose comme instaurant une coupure avec l’antériorité, avec la culture passée, est l’abolition de la peine de mort.

On proclame haut et fort que l’Abolition inaugurerait une nouvelle ère de l’humanité. Il y aurait selon les adeptes de la nouvelle religion de la vie, une période barbare, celle où l’Etat commettait (et commet toujours) le plus terrible des crimes, l’exécution des criminels de sang, et une période où enfin l’humain triompherait. Ainsi, le Japon qui connaît le taux de criminalité et de délinquance le plus faible du monde, ferait partie des pays barbares puisque la peine de mort n’est pas abolie au pays du Soleil Levant. A l’inverse, le Venezuela qui compte parmi les pays les plus violents de la planète, serait dans le camp du bien, dans celui de la bien-pensance puisqu’il a été l’un des tous premiers pays à avoir aboli la peine de mort. (C’est ainsi que Chavez et ses acolytes peuvent en toute impunité, réduire leur peuple à la misère, à l’exil et à la mort).

La conséquence de la sacralisation de la vie est, comme le dit clairement Robert Badinter, la vie est sacrée et en la personne de l’innnocent et en celle du criminel, y compris le criminel le plus atroce, l’assassin d’enfants, le tortionnaire nazi. Selon cette théorie, la vie d’Eichmann serait aussi précieuse, aussi sacrée que celle des centaines de milliers de victimes innoncentes qu’il a contribué activement à envoyer dans les fours crématoires.

Deuxième principe fondamental de la biocratie : la lutte contre les discriminations

L’Union européenne se doit de traiter tous les habitants qui peuplent les états membres, de manière égale. Le principe d’égalité commande de ne pas faire de discrimination. C’est ainsi que les juristes européens sont parvenus à faire de la la lutte contre les discriminations, la clé de voûte du nouvel édifice :

« La jouissance des droits reconnus dans la présente Charte doit être assurée sans distinction aucune fondée notamment sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’ascendance nationale ou l’origine sociale, la santé, l’appartenance à une minorité nationale, la naissance ou toute autre situation. »[2]

Louable intention. Que se passe-t-il au final ?

L’application systématique du  nouveau commandement « Tu ne feras pas de  discriminations », aboutit  à restreindre considérablement les libertés. Tout choix libre est frappé  de soupçon.

Dans un premier temps, la lutte contre les discriminations porte sur l’interdiction de distinguer entre les « races » puis les ethnies, et d’une manière générale, sur les origines, les cultures ; puis l’interdit devient réellement universel: il est interdit de discriminer en fonction du « sexe », de l’âge, de la santé…

Qu’est-ce qu’un homme sans origine, sans race, sans ethnie, sans culture, sans sexe défini, sans langue, sans santé bonne ou mauvaise… ?

Un atome. Une particule.

C’est bien cet atome, cette particule qui est prise en charge par le pouvoir dans la crise actuelle du coronavirus.

C’est ainsi que le corps politique, malade, réagit comme un malade qui fait une allergie massive face à tout ce qu’il perçoit comme dangeureux.

On connaît le phénomène de l’allergie : un homme réagissant normalement à une agression limitée, réagit d’une manière limitée. Par exemple, il tousse ou se mouche s’il est dans une atmosphère  polluée.

L’allergique lui va réagir d’une manière totalement disproportionnée par rapport au danger. Il va ainsi mobiliser toutes les forces de l’organisme et dans les cas limites, va tuer l’être humain qu’il voulait protéger. L’asthmatique refusant d’avaler un air pollué, bloque le processus respiratoire, s’étouffe et sans le secours de la médecine, meurt.

Les politiques confrontés au problème du coronavirus réagissent comme des allergiques. Le danger, la gestion des risques, y compris le risque de mort, n’est pas dans l’ADN des biocrates. Ils ont évacué la mort. La Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par les Nations Unies après la deuxième guerre mondiale « déclare que le « droit à la vie » est la valeur la plus fondamentale de l’humanité. Puisque la mort viole clairement ce droit, la mort est un crime contre l’humanité. »[3]

(l’ONU baigne dans la confusion la plus totale. Rappelons que la vie n’est pas une valeur. La vie est un fait, la vie nous est donnée.  La liberté est une valeur, la valeur suprême sans laquelle la vie perd son sens)

Confontrés à un problème de santé publique, les biocrates mobilisent tout le corps social, et vont jusqu’à bloquer les mécanismes vitaux de la société. Pour lutter contre cette forme de grippe qui ne met réellement en péril qu’une catégorie très ciblée de la population (les vieux et certains malades),   les biocrates qui, rappelons-le, n’administrent pas des êtres libres et responsables mais gèrent une masse,  se fixent  comme objectif la protection totale du « troupeau humain », y compris ceux pour qui cette maladie serait bénigne. Mais, dramatique revers de la médaille : en voulant protéger à tout prix les vivants, les biocrates mettent en péril ce qui les fait vivre : l’économie, la production, les échanges. Les biocrates répandent la peur qui induit des réactions irrationnelles et de véritables crises de paniques.  

Si la crise perdure, ces adeptes de la nouvelle idole, la vie, (sans la mort)  mettront l’économie mondiale par terre et provoqueront des souffrances et des maux incalculables.

Il faut arrêter cette destruction aussi absurde que dangereuse,  tant qu’il est encore temps. Il faut revenir au gouvernement des hommes et abandonner la gestion des vivants qui conduit directement l’humanité à la catastrophe.

Juste une petite remarque 

Les Français sont appelés à voter dimanche. Mais on ordonne aux « vieux » et aux malades, de rester confinés dans leurs établissements, ou chez eux. Les vieux et les malades  exclus du scrutin ? Par ailleurs, l’isoloir, n’est-il pas un lieu privilégié de contamination ? Toutes les écoles communales contaminées ?  Qui va oser braver le danger de la contamination en allant voter ? 

Voltaire, réveille-toi, ils sont devenus fous !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

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  • [1] Hypothèse examinée dans mon livre « De Voltaire à Badinter » qui doit être publié prochainement.
  • [2] Charte sociale européenne du 3 mai 1996, partie V, article E
  • [3] Yuval Noah Harari,  Homo Deus, Une brève histoire de l’avenir*, Albin Michel, 2017, p.32

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