Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 mars 2020

Elles sont encore rares, mais elles existent. Quelques femmes osent dénoncer la dérive du mouvement féministe vers la bouillie tiers-mondiste identitaire et victimaire d’aujourd’hui.

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En défendant le voile islamique pour faire obstacle à ce qu’elles prennent à tort pour de l’islamophobie, les féministes ont fait le grand écart qui a décomposé le mouvement. Les valeurs féministes ne peuvent se retrouver dans les valeurs mahométanes qu’en pratiquant l’inversion du sens des mots et la négation du réel.

Quatre femmes qui pensent par elles-mêmes dénoncent les dérives de ce féminisme à la noix :

  • Peggy Sastre, auteur, docteur en philosophie des sciences, coauteur de la Tribune des Cent, qui critiquait la victimisation générale véhiculée par le mouvement #MeToo.
  • Eugénie Bastié, auteur, journaliste au Figaro, rappelle que les gauchistes n’ont pas le monopole du féminisme, il peut être conservateur et proche des valeurs chrétiennes.
  • Isabelle Marlier, auteur et anthropologue belge, a longtemps partagé les thèses des « néoféministes » (un terme idiot pour un mouvement contemporain né dans les années 70), avant de les réfuter.
  • Nouhad Fathi, journaliste marocaine, dénonce les féministes qui soutiennent l’islamisme, notamment sur la question du voile.

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L’obsession du « vieux mâle blanc hétérosexuel »

Défendre le voile me dégoûte, ça pue le privilège et l’ignorance

  • Nouhad Fathi explique que la défense du féminisme, ce n’est pas la place excessive donnée à la cause féminine dans l’espace médiatique, la dénonciation que tous les hommes sont condescendants envers les femmes, ou encore que les couleurs roses et bleues des jouets pour enfants entretiennent une domination de l’homme sur la femme.

« Ces féministes sont à court de combats.

Je ne les entends pas dénoncer les femmes mutilées ou lapidées après avoir osé enlever leur voile en public dans les pays arabes. En revanche, elles font une glorification du voile qui est présenté comme un choix.

Cette connivence avec l’islamisme me répugne. Je peux comprendre qu’une femme dont cette oppression est l’unique réalité puisse céder à la pression, mais qu’une féministe occidentale biberonnée à l’égalité y voie une liberté individuelle à défendre me dégoûte, ça pue le privilège et l’ignorance.

Privilège parce que celles qui le défendent n’ont jamais vécu dans un endroit où il est interdit de l’enlever. Ignorance parce qu’elles ne savent pas que la propagation du voile est un phénomène relativement récent qui a accompagné l’expansion de l’islam politique. »

  • Pour Peggy Sastre, parler de « culture du viol » dans les pays occidentaux où le viol est sévèrement puni par la loi est incohérent et en contradiction avec la réalité sociale.

    D’autant que les mêmes « se taisent ou même s’opposent à l’abolition de l’excision, du viol ou des mariages forcés » dans les pays musulmans, soit par peur d’être jugées colonialiste ou islamophobes, soit pour ne pas « apporter de l’eau au moulin de l’extrême droite ».

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L’absence de rigueur intellectuelle

J’avais développé une mentalité d’assiégée

  • Isabelle Marlier :

« Il y a dix ans, j’adhérais à fond à ces thèses de patriarcat systémique, de continuum de violence, de culture du viol, etc. Je traversais des difficultés d’ordre affectif, et je lisais toutes mes interactions avec les hommes à travers le biais néoféministe. Au lieu d’aller mieux, je suis devenue parano. J’avais développé une mentalité d’assiégée. La désillusion est venue lorsque j’ai rendu une étude sur le plafond de verre [NDLR traduction littérale de l’expression “glass ceiling”, qui est une métaphore pour représenter une barrière invisible qui empêcherait les femmes de dépasser un certain niveau dans la hiérarchie et les salaires, concept régulièrement débunké comme contraire à la réalité].

On m’a convoquée pour que j’explique ma méthodologie. En effet, je n’avais tenu compte que des témoignages qui validaient mon postulat de base, soit qu’il existait un dispositif antifemmes.

L’humiliation de m’être prise en défaut de rigueur intellectuelle m’a permis de remettre en question mes convictions féministes au fur et à mesure. Et ces dernières se révélaient tout aussi biaisées que mon étude. »

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La négation de la biologie, signe visible du rejet du réel

  • Peggy Sastre dénonce « le créationnisme mental des néoféministes ».

« La biologie, notamment ce que l’on sait sur l’organisation sociale des primates », est écartée pour donner une « importance démesurée » à la construction sociale des genres.

  • Eugénie Bastié :

« L’indifférenciation des sexes fondée sur l’expérience de la minorité transsexuelle » est inquiétante.

Nier le corps des femmes revient à « s’empêcher d’apporter des réponses appropriées aux problèmes spécifiques des femmes. C’est pour cette raison aussi que je suis pour un congé paternité différé, que le père pourrait prendre plus tard, par exemple à l’adolescence, où sa présence peut se révéler plus utile que pendant les premiers mois où le nourrisson a davantage besoin de sa mère. Prétendre que les rôles du père et de la mère sont parfaitement interchangeables est idiot. »

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L’injonction de sororité, ou la condescendance féministe

Derrière l’expression ésotérique, se cache l’idée interdite de contester qu’une femme a forcément plus à voir avec n’importe quelle autre femme qu’avec un homme, fût-il son compagnon.

Pourtant, « la rivalité et l’animosité existent aussi entre les femmes », souligne Isabelle Marlier.

Nouhad Fathi, qui a travaillé dans plusieurs rédactions au Maroc (dont Tel quel), en sait quelque chose.

Je connais des « femmes dont le discours très féministe s’est arrêté dès qu’elles ont obtenu le poste de dirigeante convoité. Préférant régner sans partage comme des Queen Bee (“reine des abeilles”), elles ne commandaient que des hommes plutôt que de favoriser l’engagement d’autres femmes. »

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Victimisation et esprit de revanche

  • Isabelle Marlier :

« Faire croire aux femmes qu’elles vivent dans une oppression permanente revient à les associer à des chiffes-molles, incapables de se défendre. C’est infantilisant. Ce révisionnisme pleurnichard et revanchard n’a cure de l’égalité. Vouloir faire payer des siècles d’oppression fantasmée aux hommes d’aujourd’hui est injuste et dangereux. »

  • Peggy Sastre se souvient que, lors d’un débat, une féministe l’avait accusée de « jeter sa résilience personnelle au visage » des autres femmes : « Je n’ai toujours pas compris en quoi c’est mal », ironise-t-elle.

Discrimination contre les hommes

Men and women equality concept. Scales are comparing men and women.

Aux Etats-Unis, une étude récente portant sur 215 universités a montré que les bourses réservées aux femmes dépassaient celles réservées aux hommes dans un rapport de plus de 11 pour 1.

Cette étude résultait d’une enquête du ministère de l’Education sur la discrimination, que les médias, essentiellement gauchistes, insistent à exagérer ou fabriquer de toutes pièces pour la poursuite de leur politique identitaire inspirée par le communiste Gramsci.

L’étude a montré que les bourses d’études réservées aux femmes sont infiniment plus nombreuses que celles proposées aux hommes.

Le ministère américain de l’Education du président Trump a mené plus de 24 enquêtes sur les meilleures universités américaines qui annoncent des possibilités d’études universitaires axées sur les femmes, telles que des prix, des bourses et du développement professionnel.

  • Une étude réalisée en août sur 215 universités a révélé que les bourses réservées aux femmes étaient plus nombreuses que celles réservées aux hommes, dans un rapport de plus de 11 pour 1.
  • Alors que les écoles interrogées offraient 152 bourses spécifiques aux hommes, elles se targuaient de 1 728 bourses réservées aux femmes, selon le sondage réalisé par Stop Abusive and Violent Environments (1).

Alors que les universités sont aux premières loges pour exiger des toilettes pour les transsexuels, elles pratiquent une discrimination active contre les hommes.

Un salon a été réservé aux femmes à l’université d’État du Michigan, qui revendique la nécessité de toilettes « de genre neutre » pour lutter contre la discrimination sexuelle. Quelle belle hypocrisie !

« Le salon illégal réservé aux femmes de l’État du Michigan était une représentation physique symbolique et emblématique des nombreux autres programmes, bourses d’études, bourses de recherche, camps, prix et financements illégaux réservés aux femmes et aux hommes, qui sont courants dans les collèges et les universités du pays », a déclaré Mark Perry, professeur à l’université du Michigan.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. http://www.saveservices.org
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