Publié par Christian Larnet le 8 mars 2020
Turkish police stand by migrants camping in Edirne near the Turkish-Greek border on Thursday, March 5, 2020. Turkey has vowed to seek justice for a migrant it says was killed on the border with Greece after Greek authorities fired tear gas and stun grenades to push back dozens of people attempting to cross over. Greece had denied that anyone was killed in the clashes. (AP Photo/Emrah Gurel)

Les passeurs de clandestins et trafiquants d’êtres humains opèrent désormais ouvertement à la frontière gréco-turque.

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L’afflux de migrants a encouragé les trafiquants à baisser les prix à seulement 13 euros par tête. Malgré cette baisse des prix, le nombre de migrants qui tentent de franchir la frontière est si élevé que les affaires sont en plein boum.

« Nous avons eu ces migrants qui sont arrivés pour traverser la Grèce », a déclaré à Euronews (1) un trafiquant d’êtres humains nommé Semih. « C’est devenu quelque chose d’autorisé de notre côté turc. Dans le passé, nous les faisions traverser pour 200 ou 300 dollars (180 à 270 euros) par personne, et maintenant nous le faisons pour 15 dollars (13 euros) ».

Il a ajouté :

« Bien sûr, je considère que c’est mon devoir. C’est l’argent qui me motive. Je veux qu’ils partent d’ici [les migrants] pour que l’économie turque s’améliore. C’est tout ce qui compte pour moi ».

Les autorités grecques ont déclaré mardi qu’elles avaient déjoué un millier de tentatives de passage de la frontière pendant la nuit et arrêté quelque 45 personnes au cours de cette seule journée, pour la plupart originaires d’Afghanistan, du Pakistan, du Maroc et du Bangladesh.

« Notre président Recep Tayyip Erdogan a donné des instructions à ce sujet »

Sur la rive turque du fleuve, près de la ville d’Erdine, les trafiquants de clandestins opèrent ouvertement et considèrent les commentaires de Erdoğan comme un feu vert.

« Notre président Recep Tayyip Erdogan a donné des instructions à ce sujet ; il a donné son accord pour qu’ils [les migrants] partent. Mais du côté grec, nous connaissons plutôt des difficultés. Il y a peu de temps, juste là, des soldats grecs ont pointé leurs armes sur nous », a déclaré un autre passeur, qui a donné comme nom Cevat.

Concernant le nombre de migrants qui arrivent, Cevat a déclaré :

« Actuellement, les migrants continuent à affluer ici. Des milliers de personnes, il est même difficile de dire combien exactement. Des milliers de personnes passent par ici du soir au matin ».

Les forces militaires grecques ont eu recours à la diffusion de messages le long de la frontière, avertissant les migrants de ne pas tenter de traverser, mais cela n’a pas empêché des milliers de personnes d’essayer.

Avec environ 3,6 millions de réfugiés syriens ainsi que de nombreux Afghans et d’autres nationalités en Turquie, on craint qu’Erdoğan ait une puissante monnaie d’échange pour menacer l’Europe. Les dirigeants européens ont promis une nouvelle aide de 700 millions d’euros pour sécuriser la frontière.

Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a annoncé vendredi dernier qu’il n’empêcherait plus les migrants d’entrer dans l’UE dans ce que de nombreux experts considèrent comme une tentative de gagner le soutien de l’Europe pour ses actions militaires en Syrie.

Une vidéo d’un trafiquant turc est également devenue virale cette semaine sur les médias sociaux après qu’il ait affirmé qu’il était responsable de la moitié des migrants qui ont abouti en Europe.

Et summum de l’ironie, une autre vidéo est devenue virale : elle montre un engin turc financé à 75% par l’Europe, en train d’arracher la frontière européenne.

Une situation surréaliste. Un véhicule turc « HIZIR / ATES », que la Turquie a reçu de mai à août 2019, avec un projet financé à 75% par l’Europe (nous l’avons payé) tente d’arracher la frontière à Evros.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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  1. https://www.euronews.com/amp/2020/03/04/turkish-people-smugglers-operate-in-plain-sight-on-greek-border

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