Publié par Christian Larnet le 10 mars 2020

Durant le week-end, le prix du pétrole a plongé de 34%, touché par la guerre des cours entre l’Arabie Saoudite et la Russie.

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Lundi, les prix du brut ont subi leur plus grande débâcle depuis la guerre du Golfe de 1991, alors que les principaux producteurs, l’Arabie Saoudite et la Russie, ont entamé une guerre des prix, et menacent de submerger les marchés mondiaux de pétrole.

Une chute de près de 25 % des prix du pétrole a déclenché une vente de panique et de lourdes pertes sur les principaux indices boursiers de Wall Street, la propagation rapide du coronavirus amplifiant les craintes d’une récession mondiale.

L’Arabie saoudite et la Russie ont toutes deux déclaré qu’elles augmenteraient leur production ce week-end, après qu’un pacte de trois ans conclu entre elles et d’autres grands producteurs de pétrole pour limiter l’offre se soit effondré vendredi.

Bras de fer

1 Moscou a refusé d’aider l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à procéder à une coupe de production pour faire face à la baisse substantielle de la demande causée par l’impact du coronavirus sur les voyages et l’activité économique.

2 En réaction, l’Arabie Saoudite a réduit ses prix à l’exportation le week-end dernier pour encourager les raffineurs à acheter davantage, et a prévu de faire passer sa production de brut de 9,7 millions de barils par jour (bpj) à plus de 10 millions dès le début avril.

3 La Russie, l’un des principaux producteurs mondiaux aux côtés de l’Arabie Saoudite et des États-Unis, passé premier producteur mondial sous l’impulsion du président Trump, a également déclaré qu’elle pourrait augmenter sa production et qu’elle pourrait faire face à la faiblesse des prix du pétrole pendant six à dix ans.

4 Les autres pays de l’OPEP sont contraints d’augmenter l’offre et de réduire les prix pour faire face à la concurrence, ce qui ne fera qu’ajouter à un marché déjà inondé de brut.

  • Le contrat à terme sur le Brent LCOc1 a chuté de 10,91 $, soit 24,1 %, pour s’établir à 34,36 $ le baril.
  • Le contrat a chuté de 31 % plus tôt dans la journée pour atteindre 31,02 $, son plus bas niveau depuis le 12 février 2016.
  • Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) CLc1 a baissé de 10,15 $, soit 24,6 %, pour s’établir à 31,13 $ le baril.
  • Le WTI avait auparavant chuté de 33 % à 27,34 $, également le plus bas depuis le 12 février 2016.
  • Lundi a marqué la plus forte baisse en pourcentage sur une journée pour les deux indices de référence depuis le 17 janvier 1991, lorsque les prix du pétrole ont chuté d’un tiers au début de la guerre du Golfe aux États-Unis.

Les volumes d’échange du premier mois pour les deux contrats ont atteint des records.

Les prix des actions énergétiques ont également fortement chuté, et les producteurs de schiste ont commencé à réduire leurs dépenses en prévision d’une baisse des revenus.

  • Les actions d’Exxon ont perdu plus de 12 %, soit la plus forte perte en pourcentage en une journée depuis le 15 octobre 2008, au plus fort de la crise financière.
  • Les actions de Chevron ont chuté de plus de 15 %, la plus grande perte depuis le crash du marché du « lundi noir » d’octobre 1987.

« Au cours du week-end, toutes les entreprises ont revu leurs chiffres et le schiste passe essentiellement en mode de survie en termes de dépenses d’investissement et d’activité », a déclaré Dan Yergin, vice-président d’IHS Markit.

Pourquoi c’est important

Pour le consommateur, la baisse du prix de l’essence est une excellente nouvelle à court terme. La baisse du prix à la pompe, si les Etats sont honnêtes et n’en profitent pas pour compenser la baisse par une hausse des taxes, est toujours bienvenue.

Pour le marché, c’est une autre histoire : un écroulement des prix peut déclencher une épidémie de faillites en chaîne, et avec elles, des licenciements massifs.

De plus, l’économie mondiale est déjà lourdement touchée par le #coronavirus, notamment dans le secteur du tourisme et du transport, et elle ne tiendra pas longtemps sans plonger en récession, avec son train de conséquences catastrophiques. Pour l’heure, l’économie est en train de se réaligner d’elle-même sans que personne d’autre que le président Trump n’y puisse rien.

Justement, il a proposé ce lundi une nouvelle baisse des impôts, et va déclarer mardi plusieurs mesures importantes pour soutenir l’économie. N’oublions pas que si les Etats-Unis plongent, le monde entier se noie : le monde est dépendant de l’économie américaine, qui pèse un quart de l’économie mondiale, plus d’un tiers de la capitalisation boursière, et représente le premier marché à l’exportation pour un cinquième des pays du monde.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Christian Larnet pour Dreuz.info.

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