Publié par Jean-Patrick Grumberg le 14 mars 2020

Pauvre Joe Biden. La nuit après le « super mardi » aurait pu être douce pour lui, avec sa victoire sur Bernie Sanders.

Hélas, cela fait 40 ans qu’il est en politique, qu’il rêve de devenir président, et il n’est même plus là pour en profiter ! Le soir de l’élection, il a confondu sa femme et sa sœur en direct sur les chaînes de télévision nationale.

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Ses propos sont de plus en plus incohérents.

Hier, nous l’avons vu apparaître dans une vidéo live étrange, où il oublie en quelle année nous sommes et quand, s’il ne perd pas, il sera au pouvoir. À un autre moment de la vidéo, il semble oublier qu’il est en direct, et sort du cadre.

Biden est homme sympathique, il l’a toujours été. Catholique pratiquant, grand ami d’Israël, Démocrate modéré, je suis certain que j’aurai plaisir à dîner avec lui.

Ce bien sûr, si l’on n’avait pas appris toutes les affaires de corruption qui l’entourent, du milliard de dollars versés par la Chine à la minuscule entreprise de bourse de Hunter Biden, son fils, 15 jours après le retour de Biden… de Chine ; au salaire de 80 000 dollars par mois versé au même Hunter pendant 4 ans par l’entreprise gazière hyper-corrompue Burisma, alors que Hunter Biden ne parle pas ukrainien, ne connaît pas les métiers de l’énergie, et n’a jamais mis les pieds en Ukraine ; en passant par les « intéressants » dossiers d’enrichissement de ses deux frères et de sa sœur.

Fantasmant sur les bons résultats de Biden, et parce que leurs médias ne diffusent pas les informations qui comptent, les anti-Trump s’imaginent que Donald Trump en a fait des cauchemars.

Des cauchemars, le président Trump en a fait, sans aucun doute. Jugez vous-même :

Il se présente à une primaire incontestée. Il est le candidat désigné d’avance par le GOP. Ses électeurs n’ont pas besoin de se déplacer pour aller voter, ils savent que Trump affrontera le candidat Démocrate.

Et qu’ont fait les électeurs ?

  • Au Texas : Trump a reçu près de 1,9 million de votes.
    • C’est trois fois plus que Bush en 2004 (636 000).
    • C’est plus d’un million de plus que tous les présidents en exercice au cours des 40 dernières années.
    • Et surtout, c’est plus de votes que Bernie Sanders, Joe Biden et Elizabeth Warren conjugués !

Il y a de quoi faire des cauchemars.

  • Trump a également reçu plus de votes dans le Vermont, le Minnesota et le Massachusetts que tout autre président sortant au cours des quatre dernières décennies.
  • Au Colorado, la participation des électeurs Républicains a été plus importante que les trois dernières primaires Républicaines réunies.

Quel cauchemar !

Certains parlent de « résurrection providentielle » du candidat Biden, qui était donné comme perdant il y a encore peu. Mais le pauvre Biden, il n’a rien fait pour gagner. Sa victoire porte un nom : Fidel Castro.

Berne Sanders a détruit ses chances lorsqu’il a pris la défense de Fidel Castro dans l’émission 60 minutes sur CBS, expliquant :

 » Quand Fidel Castro est entré en fonction, vous savez ce qu’il a fait ? Il avait un programme d’alphabétisation massif ».

Ces mots aimables pour le programme d’alphabétisation de Cuba ont fait de lui un communiste aux yeux des Américains, qui n’ignorent pas que le gouvernement Castro a aligné les dissidents politiques et les a fusillés et torturés.

C’était trop, pour les Américains, même les plus progressistes. Les électeurs, même les plus à gauche, n’ont pas digéré Castro. Les Démocrates, qui avaient déjà dit clairement lors des primaires précédentes qu’ils ne veulent pas du socialisme, ont dit non au social-communiste Sanders.

De plus, notons qu’Elizabeth Warren a abandonné la course juste après le super mardi – alors que sa candidature était déjà dans l’impasse.

Comme elle est sur le même créneau d’extrême gauche que Sanders, elle a pris à Sanders les voix qui lui ont manqué pour battre Biden. Si elle avait quitté la course avant le super mardi, Sanders aurait amassé un plus grand nombre de délégués. Et l’on peut, sans tomber dans les théories du complot, se demander ce que lui a offert pour rester dans la course jusqu’au lendemain du super mardi, et assurer la victoire de Biden, le clan des quatre Démocrates qui dirigent le parti et la campagne (John Podesta, ancien chef d’état-major de la Maison Blanche auprès de Bill Clinton, Rahm Emanuel, ancien chef de cabinet de Barack Obama, Terry McAuliffe, ancien gouverneur de Virginie, ami proche de Bill et Hillary Clinton et le président Obama lui-même).

Mais cadres du parti ou pas, ils ont certes déjà décidé que Sanders ne serait pas le candidat Démocrate, et que ce sera Biden bien qu’il n’ait plus toute sa tête – ou peut-être parce qu’il n’a plus toute sa tête. Il sera très facile à manipuler. Si Biden est élu, c’est l’équipe d’Obama qui dirigera le pays. Biden sera un figurant. Un polichinelle. C’est ce qui rend son élection si dangereuse.

Le principal critère de choix entre les deux candidats, pour les Démocrates, n’est pas leur programme, mais lequel est le mieux placé pour battre Trump. Car les Démocrates sont racistes et ils ont l’habitude de se faire élire avec le vote noir, qu’ils maintiennent dans la misère entre deux élections, entre deux promesses électorales. Ils ne digèrent pas que Trump ait fait baisser le taux de chômage des Noirs au niveau le plus bas de l’histoire des Etats-Unis, ou qu’il ait voté la loi de seconde chance, une réhabilitation des gens – essentiellement des noirs – condamnés à de très lourdes peines.

Les débats ont ainsi montré que les divergences idéologiques ne sont jamais abordées : les candidats ne s’opposent virtuellement pas, c’est pourquoi les débats font des scores d’audience catastrophiques : les gens s’endorment.

Là où les choses se compliquent, c’est que décider lequel battra Trump ne suffit pas à régler le problème.

Les Démocrates ne veulent pas d’un socialiste, et ils voient que Biden n’a plus sa tête à lui. Lors de ses réunions politiques, Biden ne sait pas dans quel Etat il se trouve, il ne sait pas à quelle élection il se présente (« je me présente au Sénat américain »), il invente des statistiques fantaisistes (« 150 millions d’Américains ont été tués par arme à feu depuis 2005 »), il tient des propos incompréhensibles.

Et il y a pire…

Cette semaine, lors d’une visite dans une usine de construction automobile de Detroit, lorsqu’un ouvrier lui a respectueusement posé une question sur le second amendement (le droit de posséder une arme), Biden a traité l’ouvrier de « fils de pute ».

Et là, je peux me tromper, mais il est possible que toute sa campagne a basculé.

Ses insultes à la moitié de l’Amérique ont coûté l’élection à Hillary Clinton. Elle avait dit, souvenez-vous, que les Américains qui votaient pour Trump étaient des « êtres répugnants ».

Biden, avec cette insulte, a perdu le vote de millions de blue collars, d’ouvriers. Et il va sans dire que lors des débats présidentiels, Trump n’oubliera pas de le lui rappeler.

Je vois ainsi le premier débat présidentiel :

Donald Trump, s’adressant à Joe Biden : « bonjour, je m’appelle Donald Trump, je ne suis pas votre sœur ».

Et cela m’amène à un autre point essentiel : Biden ne peut pas s’exprimer. Il a montré sa médiocrité lors des débats Démocrates (lors du dernier débat, il a parlé quelques secondes au plus). Il n’était ni mis en cause, ni mis en porte-à-faux, ni chahuté, ni surtout questionné durement sur l’affaire de corruption de l’Ukraine. Il n’y a pas besoin d’être omniscient pour comprendre qu’il va se faire exploser en plein vol dès que Donald Trump ouvrira la bouche, ce dernier ayant montré son immense talent lors des débats de 2016 (où il a laissé sur place 14 candidats Républicains de premier plan qui se demandent encore ce qui leur est arrivé).

Les médias ont relayé l’idée développée par Donald Trump, qu’il préférait se présenter contre Bernie Sanders, et ont laissé entendre qu’il considère Biden comme capable de le battre. « Sinon pourquoi aurait-il incité son homologue ukrainien à enquêter sur l’ancien vice-président ? » disent les Démocrates.

J’ai un peu de peine là : il faut suivre ! Pourquoi Donald Trump n’a pas été destitué ? Pourquoi a-t-il été innocenté – définitivement, de toutes les accusations de pression contre le président ukrainien lors du « fameux » appel téléphonique ? C’est parce que Trump n’a pas incité son homologue ukrainien à enquêter sur Biden – il suffit de lire le transcript de l’échange téléphonique, et pas ce que dit CNN.

De plus, il ne fait aucun doute que Trump, et ce n’est pas la première fois qu’il le fait, a tendu un piège aux médias Démocrates. En disant qu’il préfère se trouver face à Sanders, Trump a évidemment anticipé que les Démocrates pousseraient Biden en avant. En fait, c’est Biden que Trump veut affronter ! Pour les raisons évoquées plus haut. Les journalistes sont si prévisibles, ils réagissent comme des moutons de Panurge, j’aurai fait comme Trump et je n’ai pas la moitié de son talent.

Ne nous voilons pas la face : dans le camp Démocrate, il y a un candidat socialiste et les Démocrates ne veulent pas du socialisme, et un candidat qui ne peut pas s’exprimer.

Les Démocrates fantasment encore sur les résultats des élections de mi-mandat de 2018 où ils ont retrouvé la majorité à la Chambre. Mais ce n’était pas une élection pour Trump. Ce n’était pas une élection où Trump se présentait ! Et ce n’est pas comme si le parti Républicain a été décimé : lors de ces midterms, il a remporté une belle majorité au Sénat.

Si les Républicains ont perdu la Chambre, c’est qu’ils ont été pénalisés d’avoir failli à repousser Obamacare, qu’ils ont promis d’annuler pendant 6 ans, et au pied du mur, ils ont été incapables de le faire.

Et les membres de la Chambre qui ont perdu étaient plus modérés que ceux qui ont gagné (1).

Le vrai challenge pour Trump en novembre, car il y en a un sérieux, c’est que les Etats fluctuants et les Etats Démocrates qui ont été gagnés avec peu de voix par Trump pourraient bien voter pour un Biden modéré, parce qu’il est maintenant établi que les électeurs très peu informés connaissent Biden de nom, et que le parti va tout faire, avec l’aide des médias, pour que ces électeurs peu informés restent le moins informés possible sur l’état mental de Biden.

En 2016 Hillary Clinton avait certes remporté 6 millions de votes de plus que Trump.

Mais Trump avait gagné sur des promesses.

Promesse de redresser l’économie, de créer des millions d’emplois, de baisser les impôts, de fermer les frontières, de renégocier les contrats d’échange commercial.

Mais ces promesses, elles sont devenues réalités.

Ces 6 millions de moins seront peut-être 10 millions de plus, en novembre, à voter pour Trump, car il a effectivement redressé l’économie, créé des millions d’emplois, baissé les impôts, presque totalement fermé les frontières, renégocié les contrats avec le Mexique et le Canada, fait reculer le chômage à son niveau d’il y a 50 ans, et cerise sur le gâteau, tenu promesse de déplacer l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem – ce qu’Obama avait également promis et jamais respecté.

Sans oublier qu’une partie non négligeable des électeurs de Bernie Sanders resteront chez eux : ils ne voteront pas pour Biden, qui doit être présenté comme modéré pour gagner le bulletin des Indépendants et de la majorité des électeurs Démocrates du milieu de l’Amérique.

Regagner les Démocrates qui ont voté Trump ne devrait pas, en théorie, être une tâche insurmontable pour Joe Biden.

Surtout maintenant qu’il les a traités de « fils de pute » – c’est sûr que ça va lui faciliter la tâche…

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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(1) & nbsp ;https://www.pewresearch.org/fact-tank/2018/12/07/house-republicans-who-lost-re-election-bids-were-more-moderate-than-those-who-won/

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