Publié par Abbé Alain Arbez le 15 mars 2020

Depuis la nuit des temps, les religions païennes manifestent le besoin archaïque de l’humanité de rejoindre le divin par ses propres forces, dans le but de se le concilier ou de se l’approprier.

La beauté originale de la foi judéo-chrétienne est de nous offrir une démarche inverse : c’est Dieu qui prend l’initiative de se révéler à l’homme et qui l’invite à se laisser aimer et libérer, dans une relation d’alliance fondée sur la gratuité.

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Cet éclairage rédempteur de la condition humaine dévoile en même temps les terribles limites de l’autosuffisance des hommes. Notre vie n’est pas à elle-même sa propre origine, il y a en nous du don, de la gratuité reçue, et c’est pourquoi notre aspiration profonde transcende l’horizon purement terrestre de notre existence.

C’est donc en prenant conscience du fait que nous sommes mystérieusement donnés à nous-mêmes que nous nous reconnaîtrons disposés à donner à notre tour. Le fait de nous découvrir aimés de Dieu  devrait encourager en nous la motivation à aimer les autres.

L’histoire du salut en est l’illustration fondamentale. Dieu s’est choisi un peuple, et c’est à partir de cette relation fidèle avec son premier-né qu’il veut attirer toutes les nations du monde à sa lumière bienfaisante. L’élection d’Israël et de l’Eglise qui en est née n’est pas autre chose que l’enracinement de l’amour de Dieu en terre humaine afin de métamorphoser par étapes tout l’univers.

Aménager le monde intelligemment est indispensable à tous, et l’éthique est là pour nous rappeler certaines valeurs absolument vitales. Ainsi la gratuité ouvre une dimension essentielle : il n’y pas que ce qui est utile qui compte !

A quoi cela sert-il d’aimer telle personne ? Qu’est-ce que cela rapporte de rendre service ? Quelle est l’utilité de contempler un coucher de soleil ou d’écouter un choral de Bach ?

De la même manière, il n’y aurait rien de pire que d’adorer Dieu par intérêt, ou de se préoccuper des autres qu’en fonction du bénéfice retiré. La tradition juive dit que le plus bel acte est celui qui est effectué sans rien attendre en retour, thème oblatif repris par Jésus lorsqu’il encourage à ce que la main gauche ignore ce qu’a donné la main droite.

Le Dieu d’Abraham, de Moïse, des prophètes d’Israël et de Jésus est vraiment le Dieu du gratuit, ou le Dieu de la grâce (même étymologie). Il nous aime malgré nos fautes et au-delà de nos mérites. Ce qu’il nous invite à réaliser en nous donnant pour repères les dix commandements, puis les béatitudes, c’est un monde où règne l’amour, donc la gratuité et le respect de l’autre. Sans cette base vitale, pas de dignité humaine, ce serait la loi de la jungle ou l’instrumentalisation du prochain.

Le Christ de l’évangile a donné pour consigne à ses disciples envoyés en mission : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ! » (Mt 10.8). C’est dans le même esprit que l’apôtre Paul pose à chacun cette question : « Disposes-tu d’un quelconque bien que tu n’aies pas reçu ? »1 Co 4.7).  

Et la « récompense finale » ? La question de la rétribution dans l’au-delà est surtout, dans l’Ecriture, une manière de nous rappeler que nous récolterons finalement ce que nous avons semé, et que Dieu, s’il est amour, ne peut pas rester indifférent aux injustices et au sort contrasté des uns et des autres.

Si donc nous mettons le plus possible de l’amour désintéressé dans ce que nous vivons, celui-ci ne pourra que s’éterniser en heureuse et sereine communion avec Dieu.

Le fait que nous soyons importants pour Dieu, ce n’est pas seulement par ce que nous faisons, mais c’est avant tout par ce que nous sommes : notre personnalité s’exprime à travers nos paroles et nos actes !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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