Publié par Magali Marc le 18 mars 2020

Les économies de l’Iran et de l’Italie se détériorent, et leurs populations sont les plus touchées par l’épidémie du virus de Wuhan – tout cela à cause des décisions stupides et à courte vue de leurs dirigeants.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Helen Raleigh, paru dans The Federalist, le 17 mars.

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L’Iran et l’Italie paient le prix fort pour leurs liens étroits avec la Chine communiste

Le Coronavirus originaire de Wuhan, en Chine, s’est propagé dans 126 pays, a infecté près de 170 000 personnes dans le monde entier et est responsable de plus de 6 400 décès selon les données du 15 mars.

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La Chine est le premier pays au monde pour le nombre de cas confirmés et de décès. Ce que beaucoup trouvent choquant, c’est que l’Italie et l’Iran sont les deuxième et troisième pays les plus touchés par cette épidémie.

Selon toute mesure de bon sens, ces deux pays devraient avoir un nombre beaucoup plus faible de cas confirmés et de décès, car ils sont géographiquement éloignés de l’épicentre de l’épidémie. La raison pour laquelle ces deux pays souffrent le plus en dehors de la Chine est principalement due à leurs liens étroits avec Pékin, principalement par le biais de l’initiative «Une ceinture et une route » (OBOR).

L’OBOR est le jeu de politique étrangère de Pékin déguisé en investissement d’infrastructure. Voici comment cela fonctionne : La Chine et le pays X conviennent de réaliser un projet d’infrastructure dans le pays X. Le pays X doit emprunter auprès d’une banque chinoise pour financer le projet. Le contrat est toujours attribué à des entreprises chinoises, qui apportent ensuite des fournitures et des employés chinois dans le pays X pour construire le projet. Il est clair que c’est la Chine le pays qui bénéficie le plus de cette initiative.

L’OBOR offre de nouveaux marchés et une demande constante pour les biens et services chinois, crée des opportunités d’emploi pour les travailleurs chinois et donne à la Chine l’accès à des sites et à des ressources naturelles d’importance stratégique. Le véritable objectif de Pékin est de tirer parti de sa puissance financière nouvellement acquise pour étendre considérablement son influence géopolitique ainsi que son assise économique et militaire de l’Asie à l’Europe et à l’Afrique.

Si cette initiative a bien fonctionné pour les intérêts stratégiques de la Chine, elle n’a pas eu le même effet sur les pays participants. Au moins huit pays qui ont signé l’initiative OBOR sont tellement endettés envers les Chinois qu’ils ont dû leur céder leurs actifs stratégiques pour compenser leur dette. Malgré ces précédents inquiétants, les dirigeants italiens et iraniens ont signé avec enthousiasme l’OBOR en 2019, espérant que les capitaux de la Chine communiste sauverait leurs nations de leurs difficultés économiques. Aujourd’hui, ils en paient le prix fort.

Le cas italien

L’économie italienne est en difficulté depuis deux décennies.

Elle a connu trois récessions en dix ans. Son taux de chômage s’élevait à 10,3 % et le taux de chômage des jeunes était de 33 % en 2018. Selon Marco Annunziata de Forbes (le magazine économique américain bien connu), le niveau de vie en Italie aujourd’hui est à peu près le même qu’il y a 20 ans, car la croissance a été très faible.

Les malheurs économiques de l’Italie sont causés par des industries vieillissantes, des réglementations ruineuses (en particulier ses lois du travail trop rigides), un système bancaire inefficace, des niveaux élevés de corruption et des troubles politiques constants.

De 1946 à 2016, l’Italie a eu 65 gouvernements. Peu importe qui était au pouvoir, il manquait de détermination pour mettre en œuvre de sérieuses réformes structurelles et la déréglementation qui s’imposait afin de relancer l’économie.

Au lieu de cela, chacun des 65 gouvernements espérait pouvoir dépenser plus pour se sortir de ce gâchis.

Le fardeau de la dette italienne en pourcentage de l’activité économique annuelle mesurée par le PIB était de 132 % en 2018, le deuxième plus élevé de l’UE, à peine mieux que celui de la Grèce.

Le dernier bouleversement politique en Italie a eu lieu en mai 2018. Des semaines après les élections, les groupes anti-establishment et les législateurs pro-UE n’ont pas réussi à former un nouveau gouvernement de coalition. Le compromis final a fait qu’un professeur de droit pratiquement inconnu, Giuseppe Conte, est devenu le nouveau Premier ministre.

Comme ses prédécesseurs, Conte n’a pas voulu mettre en œuvre une quelconque réforme structurelle. Il a plutôt cherché une solution «facile». Il y a maintenant presque exactement un an, contre les avertissements de l’UE et des États-Unis, l’Italie est devenue le premier et le seul pays du G7 à adhérer à l’OBOR.

Dans le cadre de l’accord OBOR, l’Italie a ouvert toute une série de secteurs aux investissements chinois, des infrastructures aux transports, en laissant notamment des entreprises publiques chinoises détenir une participation dans quatre grands ports italiens. L’accord a permis à la Chine communiste de prendre pied au cœur de l’Europe, mais M. Conte a minimisé l’impact de cette opération en la qualifiant de « pas du tout importante ».

La Lombardie et la Toscane sont les deux régions qui ont vu le plus d’investissements chinois. Près d’un an plus tard, le premier cas italien de Coronavirus de Wuhan a été signalé dans la région de Lombardie (le 21 février).

Aujourd’hui, l’Italie connaît la pire épidémie de Coronavirus en dehors de la Chine, et la Lombardie est la région la plus touchée du pays. Au 14 mars, l’Italie avait signalé 24 747 cas et 1 809 décès. Le pays tout entier est désormais en confinement jusqu’au 3 avril au moins. Son économie devrait se contracter de 7,5 % au cours du premier trimestre, contrairement à ce que Conte avait espéré.

Le cas iranien

L’Iran est confronté à un des pires défis économiques et politiques qu’il ait connus depuis des décennies.

L’Administration Trump a réimposé des sanctions économiques en 2018, ce qui a aggravé une économie déjà en ruine.

En 2019, le taux d’inflation en Iran était de 40 %. Le régime a dû introduire un rationnement afin de limiter la consommation de viande l’année dernière. Sa monnaie, le rial, a perdu 70 % de sa valeur par rapport au dollar américain. Le taux de chômage était de 15 %, mais entre 40 et 50 % chez les jeunes.

Lassés par les difficultés économiques, les Iraniens ont manifesté dans les rues fin 2017 à 2018, puis de nouveau entre 2019 et début 2020. Au départ, ils ont protesté pour exprimer leurs griefs économiques concernant la corruption du gouvernement, mais les protestations se sont rapidement transformées en demandes de réformes politiques fondamentales. Ils ont rejeté la politique de leur gouvernement qui consiste à soutenir les terroristes dans des pays comme la Syrie tout en ignorant les difficultés économiques du pays, et ont demandé à la fois le départ du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et la « mort des Gardiens de la Révolution », une puissante force militaire qui lui est fidèle.

Le gouvernement iranien a réagi à ces protestations avec une main de fer.

Rien qu’en 2019, le gouvernement iranien aurait tué plus de 1 000 manifestants, en aurait arrêté des milliers d’autres et aurait fermé Internet dans tout le pays pendant six jours pour empêcher que les nouvelles de la répression soient diffusées au niveau national et international.

Faisant face à des défis économiques et politiques et à l’isolement international, l’Iran a cherché à faire de la Chine une alliée contre les États-Unis, en s’appuyant sur les liens économiques et la coopération militaire avec Pékin afin d’échapper aux sanctions imposées par les États-Unis.
La Chine a maintenu le régime des mollahs à flot en achetant du pétrole iranien, en vendant des armes au régime et en lui transférant des technologies nucléaires.

2019 a été l’année où l’Iran a officiellement signé l’OBOR. La Chine considère l’Iran comme un acteur crucial de cette initiative car l’Iran n’est pas seulement riche en pétrole mais se trouve également sur le chemin direct d’un ambitieux chemin de fer de 3 000 km que la Chine veut construire, qui partira de l’ouest de la Chine et passera par Téhéran et la Turquie pour atteindre l’Europe.

Aujourd’hui, les autorités sanitaires iraniennes font remonter l’épidémie de Coronavirus du pays à Qom, une ville d’un million d’habitants. Selon le Wall Street Journal, « le China Railway Engineering Corp. est en train de construire une ligne de chemin de fer à grande vitesse de 2,7 milliards de dollars à travers Qom. Des techniciens chinois ont aidé à la rénovation d’une centrale nucléaire à proximité ».

Les professionnels de la santé iraniens soupçonnent soit des travailleurs chinois à Qom, soit un homme d’affaires iranien qui s’est rendu en Chine depuis Qom, d’avoir causé la propagation du Coronavirus à Qom.

Mais les chefs religieux et le gouvernement iranien ont tardé à agir. Les chefs religieux de Qom ont refusé d’annuler les prières du vendredi jusqu’à la fin du mois de février, ce qui a permis aux pèlerins infectés de propager rapidement le virus dans d’autres régions du pays.

Bien que le 1er février, le gouvernement iranien ait interdit à ses compagnies aériennes de voler vers la Chine, il a fait une exception pour Mahan Air, une compagnie aérienne non officielle du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Le Wall Street Journal a rapporté que Mahan Air « avait effectué huit vols entre Téhéran et la Chine entre le 1er et le 9 février pour transférer des passagers chinois et iraniens vers leurs pays d’origine respectifs ».

Cela explique pourquoi tant de hauts fonctionnaires iraniens sont infectés par le Coronavirus, dont le vice-président Eshaq Jahangiri et plus de 20 législateurs. Mohammad Mirmohammadi, conseiller de Khamenei, est le plus haut responsable iranien à être mort du Coronavirus à ce jour.

L’Iran est aujourd’hui le troisième pays le plus touché par la pandémie de Coronavirus, avec près de 14 000 cas et 724 décès.

Étant donné la nature secrète du régime, beaucoup soupçonnent que le nombre réel de cas et de décès est beaucoup plus élevé.

Ilan Berman, le vice-président du Conseil américain de politique étrangère, a déclaré : « Le Coronavirus a fait payer un tribut politique encore plus lourd au régime, car il a révélé l’incompétence de l’élite cléricale dirigeante du pays et à quel point elle est déconnectée de la réalité ». Il prédit que le Coronavirus pourrait accomplir ce que des années de tentatives de l’Occident n’ont pas réussi à accomplir : l’effondrement du régime clérical autoritaire de l’Iran.

L’Italie et l’Iran ont des systèmes sociaux, économiques et politiques très différents. Pourtant, les deux nations ont quelque chose en commun : leurs dirigeants ont refusé de mettre en œuvre des réformes économiques et politiques dans leur pays. Au lieu de cela, ils ont cherché à nouer des liens étroits avec la Chine communiste ces dernières années, en bradant leurs pays et les intérêts de leurs peuples, espérant que les capitaux de Pékin sauverait leurs économies défaillantes. Aujourd’hui, leurs économies se détériorent et leurs populations sont celles qui souffrent le plus de cette épidémie, tout cela à cause des décisions stupides et à courte vue de ces dirigeants.

* Helen Raleigh est l’une des principales contributrices du magazine The Federalist. Elle est une immigrante de Chine.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Source :

https://thefederalist.com/2020/03/17/iran-and-italy-are-paying-a-hefty-price-for-close-ties-with-communist-china/

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