Publié par Rosaly le 24 mars 2020

Les ONG frétillent d’impatience et veulent retourner en mer pour sauver des migrants. Pour ces cervelles creuses, faire débarquer des migrants en ce moment dans les ports italiens ne créerait aucune difficulté supplémentaire à l’Italie, pays pourtant épuisé par sa guerre contre le coronavirus et plongé dans la souffrance, la douleur et le deuil.

Les Italiens souffrent et alors ? La guerre continue en Libye et il y a des migrants à secourir, à récupérer dans les eaux froides de la Méditerranée. Pour les responsables de certaines ONG, qui piaffent d’impatience de reprendre la mer, afin de ramener le plus grand nombre de migrants en Italie, la guerre en cours dans le pays contre le Covid-19, les milliers de victimes, le nombre élevé de malades ne sont pas des excuses pour oublier les souffrances des migrants en Libye.

Pour contribuer à Dreuz.info en utilisant votre carte de crédit sans vous inscrire à Paypal, cliquez sur ce lien Paypal.Dreuz, et indiquez le montant de votre contribution.

PROACTIVA OPEN ARMS

Ainsi Riccardo Gatti, président de l’ONG espagnole OPEN ARMS, a tenu ces derniers jours des discours plutôt éloquents, débordant d’empathie pour
les migrants, totalement insensibles aux drames vécus par les Italiens.

« En Libye, il y a encore des hommes, des femmes, des enfants qui risquent leur vie chaque jour. En Libye, le coronavirus n’est pas le seul problème, leur vie est violée, chaque jour. »

« Ces jeunes d’Open Arms se considèrent comme des missionnaires de l’immigration, des courageux paladins des plus faibles, des Robin de Bois modernes » a souligné M. Belpietro sur le quotidien « La Verita ». Ils veulent retourner devant les côtes libyennes car, pour eux, les seules vraies souffrances, dignes de compassion, sont celles des personnes vivant sur la rive africaine de la Méditerranée.

Peu leur importe si l’Italie aujourd’hui n’est plus en mesure d’accueillir, ne serait-ce qu’une personne de plus. Suite à l’ouverture des ports italiens à tous les navires des ONG, les centres d’accueil surpeuplés explosent. Il est non seulement difficile, mais aussi risqué pour le personnel, de faire respecter les mesures communautaires de santé publique, notamment la distance de sécurité entre les personnes et le confinement. D’où l’idée de la ministre de l’Intérieur de disperser les migrants dans des structures d’accueil plus petites à travers le pays, afin d’éviter que des contagions éventuelles ne transforment ces centres en bombes épidémiologiques. Suggestion saugrenue pour certains, qui soulève de nombreux problèmes, quant à son application éventuelle. Comment trouver des structures appropriées pour accueillir des centaines de personnes et appliquer des mesures de distanciation sociale ? Combien de maires accepteront l’arrivée de migrants venus de régions les plus infectées par le coronavirus ? Combien de petites bombes épidémiologiques seront disséminées à travers le pays ? Toutes ces questions n’effleurent pas l’esprit des missionnaires de l’immigration, seulement obsédés par l’envie de ramener des migrants en Italie.

SOS MEDITERRANEE OCEAN VIKING

Riccardo Gatti de l’Open Arms, n’est pas le seul à trépigner d’impatience. Les membre de l’ONG SOS Méditerranée se réjouissent également de reprendre la mer au plus tôt et bouillonnent d’impatience. L’Ocean Viking est actuellement ancré à Marseille et l’équipage affirme respecter la réglementation anti-coronavirus en vigueur en France. Ils ont été les premiers à faire débarquer en Italie des centaines de migrants récupérés en Méditerranée après le déclenchement de l’urgence Coronavirus. Et cet équipage fut aussi le premier à subir la quarantaine à bord du navire amarré à Pozzallo.

Revenus à Marseille, les membres de l’ONG ont déclaré : « Nous sommes en train de travailler pour retourner en mer au plus tôt. »

S’ils restent momentanément ancrés au port, c’est par obligation et non pour éviter d’aggraver la situation de l’Italie, un pays épuisé, éprouvé, confronté à une urgence sanitaire inattendue, encore plus terrible à vivre. Toute l’Italie est sous pression, afin de donner un espoir de vie à toutes ces personnes, incapables de respirer de façon autonome : les citoyens, les médecins, le personnel soignant, les volontaires, qui ne voient pas leurs familles depuis des semaines.

Mais dans les paroles des responsables des ONG, il n’y a aucune compassion pour l’Italie et les Italiens. Quand ce sont les Italiens, qui tombent dans l’abîme de la guerre, ces grands humanistes ne font preuve d’aucune humanité. Dès lors, peu leur chaut, si chaque débarquement dans les ports du pays signifie monopoliser pour les nouveaux migrants les forces de sécurité et de secours destinées à aider les Italiens dans leur guerre contre le virus. Un seul débarquement aujourd’hui de migrants en Italie pourrait asséner un coup très dur à toutes les préfectures déjà submergées de travail pour coordonner au mieux les interventions logistiques liées à la lutte contre le virus.

Les représentants des ONG, qui soulignent la nécessité absolue de retourner en Méditerranée, feignent d’ignorer la catastrophe sanitaire, qui se déroule sur la terre ferme, le décompte macabre journalier des victimes du coronavirus, la détresse de la population italienne. Ils n’ont sans doute prêté aucune attention aux images des longs cortèges des camions militaires, transportant les cercueils. Ils n’ont peut-être aucune idée de l’enfer qui s’est abattu sur toute la péninsule. Ils n’ont vraisemblablement pas encore compris que l’Italie n’est désormais plus un port sûr, qu’il y a aussi la guerre, une guerre contre un virus tueur et qu’il n’est plus possible de garantir une assistance, même ordinaire.

Au cimetière de Bergamo, les corbillards font la file devant les grilles. Ces derniers jours, les employés du cimetière ont enterré un cercueil toutes les 30 minutes. Et ce sont les pompes funèbres qui s’occupent des formalité, les familles sont tenues à l’écart.

« Ils ne peuvent pas être présents, le règlement de la région de Lombardie interdit la présence des parents aux funérailles », raconte Gianluca Parente, employé de pompes funèbres à Bergame. « Nous faisons un seul transport, du lieu de la mort jusqu’au cimetière et basta ! » Les défunts n’ont donc pas droit à une messe de funérailles, si ce n’est des obsèques en catimini et sans prêtre.

« On ne peut rien faire, ils ne nous laissent rien faire ! » se plaint un membre de la famille d’un défunt. Seules les familles qui ne sont pas malades ou mises en quarantaine se déplacent pour apporter quelques fleurs.

« Il y a énormément de décès dans les maisons, car les ambulances ne réussissent plus à emmener tous les malades dans les hôpitaux et donc ils meurent chez eux » , rapporte Claudia Scotti, une employée de pompes funèbres. « Cela devient très compliqué pour nous, car nous devons aller chercher un corps qui est positif au Coronavirus dans un appartement, où les lieux sont donc contaminés et nous devons entrer avec des protections. Si ce sont des morts Covid-19, nous ne les habillons pas, on les prend comme ils sont et on les met dans le cercueil, rien d’autre ! »

Il est dit, qu’en temps de guerre, toute polémique devrait être évitée, mais il est impossible de ne pas penser au silence du gouvernement italien à l’égard des ONG. Ces dernières ne repartent pas en mer, car elles ne peuvent pour l’instant s’organiser sur le plan logistique. Mais dès que les conditions le permettront, les navires repartiront récupérer les migrants pour les ramener en Italie, comme en temps de paix. Personne ne le leur interdira, ni n’utilisera à leur égard ce langage très dur, avec lequel à juste titre, il est demandé aux Italiens de rester cloîtrés chez eux et d’éviter toute activité physique en plein air.

Pendant ce temps, l’UE de son côté contribue à rendre cette situation paradoxale. Depuis Bruxelles, ils disent avoir blindé les frontières extérieures, mais quiconque demande une protection internationale pourra y accéder facilement sans problème.

Ce paradoxe résonne comme une véritable farce : à l’intérieur de l’UE, les citoyens sont sommés de ne plus circuler, de rester confinés chez eux, afin de prévenir une propagation ultérieure du Covid-19. Par contre, l’UE continue à maintenir des brèches bien visibles et des fissures très importantes à ses frontières extérieures. Un Italien qui souhaiterait se rendre en Autriche sera bloqué à la frontière. Par contre, un demandeur d’asile pourra entrer, même clandestinement en Italie. De telles contradictions prouvent bien l’incapacité chronique de la Commission européenne à avoir une vision claire de la réalité.

Une position aberrante, qui, aux yeux de ces ONG sans aucune décence, ni sympathie pour les victimes, doit se traduire en un encouragement, en une invitation à poursuivre leurs activités. Pour ces ONG, la guerre de l’Italie contre le virus est un problème secondaire et les souffrances des citoyens tellement dérisoires, qu’elles ne méritent aucune considération. Les Italiens meurent par milliers, mais pour les ONG, l’important, c’est de repartir en mer … récupérer de nouveaux migrants à entasser dans des centres d’accueil hyper bondés. Peu importe les risques et pour les migrants et pour les citoyens italiens ! Le business doit reprendre au plus vite. Les paladins de l’immigration grillent d’impatience d’accomplir leur devoir sacré. Ne sont-ils pas les champions des humanistes ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Rosaly pour Dreuz.info.

Sources :

  • « Le ONG non vogliono fermarsi : pronte a portare altri migranti. » (Il Giornale.it)
  • « Coronavirus en Italie : reportage exclusif au coeur de Bergame, la ville martyre qui ne compte plus ses morts. » RTBF (Extraits)

Parce que Dreuz est censuré pour le crime de désaccord avec la gauche, suivez notre fil Twitter, et retweetez-nous. C’est un important geste de résistance pour faire circuler vos idées.

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz