Publié par Manuel Gomez le 2 avril 2020

Il y aura en ce mois d’avril 2020, 59 ans.

A Pâques 1961, je mettais pour la première fois les pieds en Espagne et sous le prétexte d’un match de football « Espagne-France » qui se disputait à Madrid, je me trouvais dans la capitale, en compagnie notamment de Max Favalelli.

Pour contribuer à Dreuz.info en utilisant votre carte de crédit sans vous inscrire à Paypal, cliquez sur ce lien Paypal.Dreuz, et indiquez le montant de votre contribution.

En réalité je représentais M. Georges Bidault qui, surveillé par les renseignements généraux, ne pouvait participer à la création officielle de l’OAS, dans l’appartement de Pierre Lagaillarde, résidence « Tour d’Espagne », plaza d’Espana, en présence du général Salan, du capitaine Ferrandi, de Susini et de quelques autres personnalités.

Georges Bidault n’était pas sans savoir que le mouvement de décolonisation qui s’imposait à la France nécessitait des mesures novatrices et originales et, notamment, l’intégration. C’est-à-dire la pleine reconnaissance de l’égalité des droits des deux côtés de la Méditerranée, tout en maintenant les deux collèges afin de préserver les droits d’un million d’européens face à dix millions de musulmans.

Il avait eu cette formule, qui mérite d’être éditée et soulignée six décennies plus tard : « Si la France ne fait pas l’intégration du Nord au Sud, de Dunkerque à Tamanrasset, elle lui sera imposée du Sud au Nord. »

Georges Bidault avait été fortement traumatisé par l’abandon de l’Indochine, de tous ce peuple qui avait fait confiance à la France, et notamment les catholiques du Tonkin, et, surtout, l’épisode tragique de Dien-Bien-Phu.

Il estimait que la situation se présentait totalement différente en Algérie car il s’agissait, contrairement à l’Indochine, qu’il s’agissait d’un territoire qui ne devait sa totale identité qu’à la France.

Après avoir échoué dans sa tentative de former lui-même un gouvernement de salut public, du 20 au 22 avril 1958, il fut l’un des premiers à faire appel au général De Gaulle.

Le 10 juin 1959, Georges Bidault prononça à l’Assemblée Nationale un discours étincelant en faveur de l’Algérie Française qui lui valut une ovation de la grande majorité des parlementaires, debout, qui saluaient ses conclusions, partagées par le plus grand nombre, à l’époque.

Après la décision de De Gaulle en faveur de l’auto détermination, le 16 septembre 1959, il devint le principal opposant, avec Jacques Soustelle, et, en décembre de cette même année, il déclara solennellement : « Je suis venu dire « non » à l’interminable et sacrilège processus des abandons. »

(Mon livre « J’accuse De Gaulle*)

Rejeté dès lors dans le camp de ceux que l’on appelait « Les ultras », il permet au Conseil National de la Résistance de renaître. Ce CNR qu’il avait présidé après la disparition de Jean Moulin, et il me demande de créer le « Bulletin du CNR/OAS », avant de s’exiler en Suisse, en 1962, puis en Italie et en Bavière, dont il fut expulsé.

Dès son arrivée au Portugal, le président Salazar obtient à Georges Bidault l’asile politique au Brésil. Il y restera jusqu’en 1967, avant que la Belgique l’accueil à son tour.

Au sujet de l’Algérie, il déclarera : 

« Le combat pour l’Algérie française était une fin en soi. Mais, si je peux dire, en soi il ne comportait pas de fin. Le combat pour l’Algérie française n’est pas terminé de sitôt. Multa renascentur quae jam cecidere. (Beaucoup de choses renaîtront qui ont succombé.) Les temps changent, changent. Et il y a des données permanentes et il y a la donnée actuelle que l’Algérie indépendante est si puissamment vouée à l’anarchie que non seulement les abominables prodigalités du régime seront bues par le sable mais que le communisme lui-même y perdra son temps, son argent, et le prestige de son pauvre secret. « 

Il rentre en France le 6 juin 1968. Arrêté, puisque l’amnistie n’était pas encore légalisée, l’instruction ouverte contre lui fait l’objet d’un « non-lieu ».

Lors de son décès, le 27 janvier 1983, l’Etat et la Nation ne rendent, à ce patriote qui avait descendu les « Champs-Elysées » en ouvrant le passage au général De Gaulle (Sa présence a disparu depuis de la photo officielle), qu’un hommage « clandestin », mais les honneurs militaires lui sont rendus, présidés par Monseigneur Vanel, évêque des Armées.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Manuel Gomez pour Dreuz.info.

Parce que Dreuz est censuré pour le crime de désaccord avec la gauche, suivez notre fil Twitter, et retweetez-nous. C’est un important geste de résistance pour faire circuler vos idées.

*En achetant le livre avec ce lien, vous soutenez Dreuz qui reçoit une commission de 5%. Cette information est fournie pour assurer une parfaite transparence des conséquences de votre action, conformément à la recommandation 16 CFR § 255.5 de la Federal Trade Commission.

Soutenez Dreuz en partageant cet article

Partagez ce message !

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz