Publié par Abbé Alain Arbez le 4 avril 2020

La Semaine sainte commence par la fête des rameaux. Peu de fidèles, pourtant très attachés à ce bouquet végétal béni par le prêtre, ont conscience de ce à quoi ils se retrouvent spirituellement reliés, par-delà les siècles…

C’est un véritable concentré d’histoire sainte ! Dans les temps anciens et à l’époque de Jésus, commence une grande fête à Jérusalem, le 10 du mois de tishri. Pour nos prédécesseurs dans la foi, c’est une grande célébration pénitentielle qui fait monter vers Dieu les prières afin de sortir de l’emprise du péché (Yom Kippourîm). Dans cette ferveur, la communauté vit pleinement le don de la miséricorde de Dieu, par le jeûne, la prière et l’aveu des fautes. Lors de cette repentance, Dieu ne pardonnera que les péchés commis contre lui, car ceux qui concernent le prochain exigent une réconciliation personnelle.

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Jésus reprend cette même attitude dans le Notre Père : « pardonne-nous nos offenses, et pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Il ajoute même : « Si en présentant ton offrande tu te souviens que ton frère a quelque chose à te reprocher, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et viens ensuite présenter ton offrande à Dieu ».

Entre le 15 et le 22 tishri, c’est la fête de Soukkôt, fête des cabanes. Tout se déroule alors sous le signe de la joie, car c’est la mémoire pascale de l’itinérance d’Israel au désert après la libération des servitudes d’Egypte. Passage de la mort à la vie qui se poursuit sous la guidance des 10 paroles du Sinaï. Soukkôt, c’est le rappel, chaque année, que nous sommes de passage sur terre et que nous nous dirigeons vers le Royaume des cieux, le monde à venir appelé Olam haba.

Pour le célébrer, les membres de l’assemblée prennent en mains un bouquet de feuillages constitué d’une branche de palme(loulav), d’un rameau de myrte(hadas), d’un rameau de saule(arava) et d’un cédrat(etrog) : 4 sortes de feuillage qui symbolisent la réalité multiple du peuple de Dieu. Les rameaux parfumés évoquent les fidèles qui apportent l’odeur agréable de leurs bonnes actions. Les rameaux inodores signifient que d’autres, peu instruits de la Parole de Dieu, ne manifestent rien de particulièrement méritoire. Or Dieu prend en compte l’ensemble du peuple dans son jugement bienveillant, car le parfum agréable des uns se communique à tous les autres.

Ainsi, le peuple se trouve rassemblé dans la dynamique de la communion des saints.

Dans la suite de la liturgie de Soukkôt, on chante le « hoshanna » (viens à notre aide !), et l’assemblée tourne 7 fois autour de l’autel du temple, en agitant les rameaux tenus à la main. Cela représente visuellement la présence enveloppante de Dieu pour ceux qu’il aime, il entoure son peuple et l’étreint dans sa miséricorde.

Depuis la période apostolique, le jour des rameaux et de la passion de Jésus, les fidèles perpétuent les gestes significatifs de la liturgie juive, ainsi ils tournent autour du tombeau du Christ, les palmes à la main, pour exprimer dans la louange la relation de confiance avec le Sauveur et leur attachement au Dieu des pères qui poursuit son œuvre de rédemption dans le monde des vivants.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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