Publié par Hélène Keller-Lind le 6 avril 2020

Un décret du 28 mars 2020, signé par le Premier ministre français autorise jusqu’au 15 avril suivant l’injection du RIVOTRIL, traitement d’urgence de mal épileptique, dans le cadre de l’infection par le SARS-CoV-2. Une maladie qui affecte les voies respiratoires.

Or, ce produit autorisé pour une utilisation qui n’est pas la sienne est contre-indiqué en cas de problèmes respiratoires graves. On peut donc supposer qu’il tue ces patients. Alors qu’il y a d’autres solutions mais que médicaments, respirateurs ou lits se font rares. Par imprévoyance grave. Une euthanasie déguisée. Mais respecte-t-elle la loi Lionetti en vigueur ?

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Une information discrète

On voyait passer une information très discrètement il y a quelques jours. Qui, à première vue laissait incrédule, même si un médecin interrogé sur Radio Shalom confirmait et s’en indignait.

https://video.twimg.com/ext_tw_video/1245685420123459590/pu/vid/480×270/txuZLH5KCSioY1d6.mp4?tag=10

La fin de cette interview est glaçante car ce médecin estime ce décret « inouï et terrible », soulignant, en effet, que le décret prévoit clairement l’utilisation du RIVOTRI, – médicament contre-indiqué sans les cas de détresse respiratoire, marque du Codiv 19 –  dans les Ephad,  Ces  établissements pour personnes âgées dépendantes s’adressant à des personnes âgées de plus de 60 ans qui ont besoin d’aide et de soins au quotidien, où les soins sont pris en charge par l’Assurance maladie et ne sont pas facturés aux résidents. explique le gouvernement français https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/choisir-un-hebergement/vivre-dans-un-etablissement-medicalise/les-ehpad -.

 Il y aurait eu dans des Ephad « 530.608 places d’hébergement (temporaire et permanent) fin 2017 ». https://www.ehpapresse.fr/actualite/y-a-t-il-trop-dehpad-en-france/ Donc bien plus aujourd’hui. Personnes qui sont directement concernées par ce décret. D’ailleurs lors de l’insoutenable décompte macabre quotidien de morts par le directeur de la Santé en France, Jérôme Salomon, infectiologue mais haut fonctionnaire depuis 2001, expert santé auprès de la progressiste Terra Nova, seuls les décès dans les hôpitaux étaient donnés au départ. Un chiffre terrible, pourtant non actualisé, ne sera donné que le 2 avril : 884 morts au moins. Le 4 avril il sera d’au moins 2028 sur les 7600 morts en France. Une progression fulgurante.

On songe alors à ce que dit, atterré, ce médecin sur Radio Shalom le 2 avril 2020…

Le décret du 28 mars 2020 signé par le Premier ministre, valable jusqu’au 15 avril 2020.

Incrédulité au départ, mais il faut savoir et tenter de comprendre. Cela commence avec un médecin qui confirme qu’une telle injection sera létale pour des patients âgés souffrant des difficultés respiratoires provoquées par le Covid 19. Il faut donc consulter ce décret et savoir ce qu’est ce médicament autorisé, de fait encouragé dans les Ehpad où vivent des personnes âgées et où un manque de médicaments ou respirateurs est connu. Sans qu’il y ait la possibilité de les évacuer dans des hôpitaux débordés. Entre autres difficultés déjà détaillées dans cette étude https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2018-05/fr_medicament_vdef_crea.pdf

Il s’agit d’un décret du 28 mars 2020 signé par le Premier ministre français autorisant pour un temps donné l’injection du RIVOTRIL dans le cas de la maladie provoquée par le COVID 19. Prescription hors AMM – autorisation de mise sur le marché- ce produit étant destiné au traitement d’urgence de l’épilepsie et non pas à un quelconque traitement de la maladie concernée. Théoriquement non remboursé, donc, mais dont, pourtant le remboursement est bien prévu dans ce décret. Le 30 mars le VIDAL, « site de référence des professionnels de santé » donnant «  l’actualité officielle, les fiches médicaments, parapharmacie et substances », annonce cette utilisation dérogatoire https://www.vidal.fr/actualites/24580/rivotril_clonazepam_et_paracetamol_injectables_utilisation_derogatoire_dans_le_cadre_de_la_covid_19/

Or, tous les outils que l’on peut consulter indiquent que l’utilisation de cette substance est contre-indiquée justement en cas d’insuffisance respiratoire. Pour le trouver sur le VIDAL, il faut y avoir un compte. On trouve pourtant ceci sur un site lié au VIDAL :

« Substance active : Clonazépam

Aucun excipient commun.

Contre-indications du médicament RIVOTRIL

Ce médicament ne doit pas être utilisé dans les cas suivants :

Ou sur un site canadien :

« Respiration : le clonazépam pourrait provoquer un arrêt respiratoire. Cet effet sur la respiration pourrait être plus marqué pour les personnes atteintes de problèmes respiratoires ou de lésions cérébrales, ou pour celles qui utilisent d’autres médicaments qui ont un effet suppresseur sur le centre respiratoire (par ex. la codéine, la morphine). En cas de problèmes respiratoires graves, discutez les risques et les bienfaits de la prise de ce médicament avec votre médecin. » https://ressourcessante.salutbonjour.ca/drug/getdrug/rivotril

Il semble donc clair que le RIVATROL prescrit ainsi va tuer ces patients âgés. Un pharmacien et un médecin le confirment au micro d’André Bercoff sur Sud Radio. Faute de lits, de respirateurs, de médicaments en nombre suffisant, ces patients sont euthanasiés, et meurent seuls, sans que leur famille ne puisse les accompagner. Une situation envisagée depuis une dizaine d’années si le système de santé ne remédiait pas aux carences constatées. La question du traitement préconisé par le Professeur Raoult, fortement recommandé par plus de 37 % d’entre 6.000 médecins dans 30 pays https://m.washingtontimes.com/news/2020/apr/2/hydroxychloroquine-rated-most-effective-therapy-do/ , mais freiné en France, un autre scandale expliquant pour partie le nombre de ces malades et, partant le manque cruel de médicaments, tests et équipements pour soigner, est aussi évoqué.

Et vidéo :

Soins palliatifs ?

Le RIVOTRIL serait administré en soin palliatif, nous dit-on. Or, pour un juriste, cette « dérogation accordée par un décret pourrait être entachée de nullité en ce qu’il semblerait être contraire à une Loi dont la force légale est supérieure à celle d’un décret… » La loi en question étant la loi Leonetti, résumée ici dans Le Figaro traitant justement de la question de l’euthanasie et de ce qui l’encadre sur le plan légal https://sante.lefigaro.fr/social/sante-publique/euthanasie/que-dit-precisement-loi-leonetti

Or, ce médicament n’est pas dans la liste des soins palliatifs et il est ici autorisé sur simple ordonnance. Et, compte tenu des circonstances et du fait que les familles ne peuvent se rendre dans ces établissements, force est de se demander  s’il est injecté à ces patients dans le respect de la loi car les soins palliatifs ne doivent être administrés que « à condition d’en informer le patient, éventuellement la personne de confiance ou un proche (article 2). »

Un reportage sans Soirée2 Info, montre un patient de 79 ans, très lucide, alors que la décision vient d’être prise de ne pas l’orienter en réanimation, faute de lit disponible semble-t-il. Dans ce cas, en milieu hospitalier, la décision a-t-elle été prise d’utiliser ce moyen de l’euthanasier ? Certes pour qu’il ne souffre pas. Mais dans le mépris de la loi car « La volonté du patient de limiter ou de cesser un traitement doit être respectée ». Cela lui sera-t-il demandé ultérieurement ? et alors qu’il subit des souffrances insupportables ? Ou d’autres méthodes seront-elles utilisées. Dans la plupart des Ehpad il semble que ce médicament qui euthanasie soit le seul recours…

À partir de 01.49

https://www.france.tv/france-2/envoye-special/1378441-coronavirus-l-etat-d-urgence.html

Patients et familles

Des témoignages entendus sur une ligne ouverte d’Europe1 sont déchirants. Une femme rapporte qu’on lui a demandé préventivement ce que l’Ehpad doit décider pour sa mère et qui, prise de court, accepte ce qu’on lui suggère : « faire confiance au corps médical », mais est envahie par la culpabilité. Une autre qui va avoir 65 ans et a une histoire médicale lourde, qui fait des masques pour être utile, s’inquiète… sa fille devra-t-elle prendre cette terrible décision si elle est malade ? Un jeune homme, lui, s’insurge ailleurs d’avoir été prévenu un matin à 10 h que sa grand-mère était décédée en Ehpad la veille, alors qu’elle allait bien  lorsqu’il avait appelé ce soir-là soir. Personne ne l’a consulté. Elle est morte seule.

Ce sont donc à ce jour une part importante des plus de 2.000 personnes âgées mortes à ce jour, qui ont été euthanasiées dans la solitude, laissant des familles terrassés…

Dans une France qui s’enorgueillissait de son service de santé, avec un gouvernement, entouré pourtant d’experts médicaux, resté sourd aux demandes et même suppliques du personnel hospitalier depuis plus d’un an, un service essentiel clairement laissé depuis des années aux mains d’incompétents, c’est ainsi qu’en 2020 meurent des centaines de citoyens français qui ont fait la France, avant l’arrivée d’un « nouveau monde » et de ses prémisses ces dernières années. Il faudra que la justice enquête et que justice soit faite.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hélène Keller-Lind pour Dreuz.info.

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