Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 avril 2020

Un ami qui m’est cher, nous l’appellerons Marc S. mais ce n’est pas son vrai nom, m’a dit récemment : « Trump, je ne suis pas trop pour, c’est sûr ».

Cet article lui est dédié. Il est aussi pour vous, qui êtes nombreux, par mail ou dans vos commentaires, à me dire que vos amis, votre famille, répètent les Fake News qu’ils entendent à la télé en refusant de croire que ce sont des mensonges.

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Voici un extrait d’une intervention du plus célèbre commentateur politique américain, Bill O’Reilly, que j’ai traduite (1). Elle est intéressante pour plusieurs raisons.

  1. Jusqu’à son départ de Fox news il y a deux ans, O’Reilly était le journaliste le plus suivi d’Amérique, ce qui lui apporte une sérieuse crédibilité. Historien, il est également l’auteur qui a vendu le plus de livres de non-fiction au monde, sa série Killing a été vendue à plus de 17 millions d’exemplaires.
  2. O’Reilly n’est pas partisan. C’est le journalisme à l’ancienne : les faits, tous les faits, rien que les faits. Honnêtement. Je pense que son immense succès vient de là. Il est à la fois le plus aimé et le plus détesté des journalistes : très aimé parce qu’il ne fait pas de propagande et rapporte la vérité. Très détesté pour les mêmes raisons : certains n’aiment pas que les vérités qu’ils rapportent soient dites.
  3. O’Reilly n’est pas Républicain, ni Démocrate. C’est un Indépendant : il explique souvent qu’il a voté Démocrate ou Républicain, sans a priori politique, selon qui il croyait capable de défendre le mieux les valeurs de l’Amérique et apporter du bonheur à ses compatriotes.

Comme vous le constatez, car vous me connaissez bien, O’Reilly et moi avons beaucoup en commun. Je n’ai pas d’opinion politique, seulement mon bon sens. Je n’ai pas de raison de défendre Trump, ce n’est pas mon métier, qui est de défendre la vérité.

Il y a une différence cependant entre O’Reilly et moi : je déteste la politique, et elle représente toute sa vie. Et je méprise les hommes politiques, Démocrates comme Républicains, je les trouve moralement corrompus.

Trump a du sang sur les mains ?

– Par Bill O’Reilly.

Ainsi, la contagion [du coronavirus] et la politique se sont maintenant croisées, c’est parti.

Le Boston Globe est l’un des journaux les plus à gauche du pays. Il a soutenu Elizabeth Warren à la présidence. Vous ne pouvez pas soutenir la sénatrice Warren à moins que vous ne soyez une organisation socialiste, parce que c’est ce qu’elle est, et c’est ce qu’elle veut.

Depuis trois ans, le comité de rédaction du Boston Globe n’a pas dit une seule chose positive, nous n’en avons pas trouvé une seule – et nous avons fait des recherches – sur le président Trump.

L’économie, entre autres choses, n’a pas une seule fois valu des compliments au président de la part du Boston Globe. Sur quoi que ce soit, jamais aucun compliment. Bon.

Donc aujourd’hui, le comité de rédaction, en fait, c’était le 30 mars, a écrit :

« Les mois que l’administration a perdus en tergiversations sur la menace et les faux pas qui en ont découlé, se traduiront par un nombre exponentiel de cas de Covid-19, plus que nécessaire. En d’autres termes, le président a du sang sur les mains ».

Bon. C’est ignoble, haineux et ce n’est pas vrai. [NDLR Mon ami Marc, lorsqu’il a entendu cela dans la bouche des experts invités sur les plateaux de la télé française, « c’est sûr, il n’a pas trop été pour Trump »]

Une analyse simple

O’Reilly poursuit :

– « Comité de rédaction du Boston Globe, nommez-moi un leader mondial qui avait mis en garde contre le coronavirus. Un seul. Il n’en existe pas. La Grande-Bretagne, l’Italie, l’Australie, vous pouvez descendre dans la liste. Personne ne savait que ce virus allait devenir une pandémie. Personne ne le savait…

  • … Aujourd’hui, Bloomberg a publié un rapport selon lequel la Chine, le gouvernement chinois, a activement menti et a falsifié les informations que d’autres gouvernements, comme celui des États-Unis, cherchaient à obtenir sur le virus.
  • Les communistes ont menti à ce sujet. Ce n’est un choc pour personne, mais l’éditorial du Boston Globe ne le souligne pas.
  • Il ne souligne pas qu’à la fin du mois de janvier, le président Trump a été le premier dirigeant mondial de cette envergure à arrêter les vols de la Chine vers les États-Unis.
  • D’autres pays ont autorisé la poursuite de ces vols. Joe Biden [candidat Démocrate à l’élection présidentielle de novembre face à Trump] l’a traité de xénophobe pour avoir arrêté les vols. Le Boston Globe ne mentionne rien de tout cela.
  • Donc, si aucun dirigeant au monde n’a levé le drapeau rouge de la pandémie en janvier ou même en février, comment Donald Trump a-t-il du sang sur les mains ? Comment ?

Il s’agit donc d’une attaque politique. C’est une campagne parce que le New York Times est dans le coup, j’y reviendrai dans un instant, tout comme CNN et NBC, pour convaincre l’électeur américain que Donald Trump a manqué à son devoir, qu’il était au courant de la pandémie, mais qu’il ne l’a dit à personne, de sorte que des gens sont morts. Du sang sur les mains.

C’est ce qui ressort des cabinets de lobby Démocrates. Je suis passé par là, le Bonner Group, à Boston. Dewey Square, ils formulent la politique pour le parti. Elle est diffusée dans les journaux et sur les chaînes de télévision de gauche et boum, la voilà.

Donc, Trump a tué des gens parce qu’il ne voulait pas dire la vérité sur le virus, qu’il connaissait, blablabla. C’est ce que vous allez entendre encore et encore et encore et encore. Il a minimisé la pandémie exprès. Il connaissait la véritable histoire.

C’est un tas de conneries. C’est un mensonge. Bon. Voilà donc ce qui se passe avec le Boston Globe.

Le New York Times

Voici un article du journal The Hill, pas particulièrement très lu, mais je veux juste vous montrer à quelle vitesse ce genre de choses se répand.

Donc, The Hill titre que « l’Administration Trump a ignoré un avertissement de pandémie des économistes de la Maison-Blanche, qui ont publié une étude estimant les effets possibles de la pandémie en septembre, selon un rapport du New York Times ».

OK. Le New York Times a écrit cet article en sachant que des dizaines de milliers de rapports seront écrits à la suite.

Au huitième paragraphe de l’article du New York Times, après le gros titre criard, il est indiqué que l’étude, qui ne prévoyait pas spécifiquement le Coronavirus, a modélisé une pandémie impliquant un virus similaire à l’épidémie de grippe de 1918 ou à la grippe porcine de 2009 frappant le pays. La grippe qui a servi de modèle à cette étude, cependant, était moins contagieuse et moins mortelle que le coronavirus pourrait l’être, selon les responsables de la santé publique.

Vous voyez de quelle conn….ie il s’agit ? L’étude ne dit même pas qu’un virus était en train de se répandre. Mais il faut lire le huitième paragraphe pour l’apprendre.

2e partie : « La pandémie est devenue une joute anti-Trump »

Le 5 avril, le Washington Times publiait un article d’opinion (2) : « Comment les médias de gauche militarisent le COVID-19 contre Trump ». L’article est signé de Brent Bozell, qui dirige un organisme de fact check, de contrôle et d’analyse des médias, Media Research Center (3).

Que dit-il :

Au lieu d’être un point de ralliement, notre lutte contre la pandémie est devenue une joute politique contre Trump.

Le critique des médias du New York Times, Ben Smith, a même suggéré que l’Amérique aurait pu éviter la crise du coronavirus pendant « deux semaines cruciales fin février et début mars », lorsque les « animateurs et invités de la chaîne Fox News ont minimisé à plusieurs reprises la menace de ce qui deviendrait bientôt une pandémie mortelle et parlé d’une affabulation ».

Mettons les choses au clair :

• En faisant un tri sélectif dans les émissions de Fox News, M. Smith a ignoré le point le plus important que les animateurs et les invités de la chaîne ont soulevé : « l’affabulation » dont ils se sont plaints était l’attaque médiatique partisane contre la gestion de la crise par le président, pas la crise elle-même.

• Loin de minimiser la pandémie, l’un des animateurs les plus populaires de la chaîne, Tucker Carlson [NDLR Egalement l’un des plus populaires d’Amérique, avec des taux d’audience dix fois supérieurs à ceux de CNN], a été l’une des premières figures médiatiques à attirer l’attention sur la crise, comme le reconnaît lui-même M. Smith.

• M. Smith a omis de mentionner le journaliste Sean Hannity, qui a été parmi les premiers sur les réseaux câblés à mettre son programme au service de la pandémie en invitant le célèbre Dr Anthony Fauci [que toutes les chaînes aujourd’hui s’arrachent], le directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses.

Extrême politisation anti-Trump

Le Washington Times poursuit :

Ne vous y trompez pas : Les remarques concernant la politisation de cette crise par les médias sont exactes et bien méritées.

Si l’on considère l’ampleur de la crise actuelle, ces critiques sont même plutôt sous-estimées :

  • Les lecteurs du Washington Post, par exemple, ont pu lire que ce virus mortel est le « Trump’s Chernobyl »,
  • Les téléspectateurs de CNN ont entendu le rédacteur en chef, Chris Cillizza, dire qu’il s’agit du « Donald Trump’s Katrina » [NDLR En référence à l’ouragan Katrina qui a dévasté la Louisiane et le Mississipi en 2015]
  • Le site Slate a diagnostiqué le président comme « pathologique », et déclaré « c’est pire que le Katrina de Trump », « sa stupidité provoque un 11 septembre au ralenti. »
  • Entre-temps, Gail Collins du New York Times a proposé un nouveau sobriquet. Le coronavirus, a-t-elle suggéré, devrait être rebaptisé « Trumpvirus ».

Et ils sont les premiers à dire que Trump divise la Nation : comme toujours, ce que la gauche dénonce et accuse les autres de faire, elle est la première à s’en rendre coupable.

Conclusion

Ce qu’O’Reilly relate à propos du Boston Globe, on le retrouve à l’identique sur CNN (qui est repris par BFMTV), sur MSNBC, dans le New-York Times (qui est repris par Le Monde), et le Washington Post pour citer les pires.

Voilà pourquoi mon ami Marc S. me dit : « Trump, je ne suis pas trop pour, c’est sûr ».

Il a entendu parler du racisme de Trump, de la xénophobie de Trump, de l’autoritarisme de Trump, du protectionnisme de Trump, du mépris de Trump pour les pauvres, de la désorganisation et du chaos de la Maison-Blanche, et de la stupidité crasse de Trump. Il a vu les journalistes se moquer, le ridiculiser, le traîner dans la boue et le prendre de haut.

Comment voulez-vous que mon ami Marc – ou quiconque d’ailleurs – puisse imaginer que tout, je dis bien tout, est faux ! C’est absolument impossible ! Tout son édifice d’évaluation intellectuel des médias d’information demanderait à être réexaminé. Il lui faudrait accepter, admettre, puis gommer quatre ans de propagande anti-Trump, et cela dépasse la capacité d’une personne normale, qui n’aime pas qu’on lui mente, et ne peut pas admettre avoir été trompée pendant quatre ans : c’est personnellement humiliant de s’avouer qu’on a été trompé. Moi ça me vexe. J’imagine que vous aussi.

Mon ami, vos amis, n’ont aucun moyen de savoir à quel point tout ce qu’ils ont jamais entendu sur le président Trump dans la bouche des journalistes et des commentateurs politiques français, est teinté d’un parti-pris hostile, traduit depuis les médias américains qui haïssent le président américain et veulent faire élire un Démocrate.

Mais j’aime toujours autant Marc S. et mes amis Démocrates américains. L’amitié passe selon moi très loin au dessus de la politique, des opinions politiques, et des divergences. Et puis je me contrefiche que Marc n’aime pas Trump pour des raisons politiques – mais pas à cause de la désinformation.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://www.billoreilly.com/b/Blood-on-Trumps-Hands-Americans-turn-to-Prayer-and-Alcohol;-Holding-China-Accountable/475873000905910599.html
  2. https://www.washingtontimes.com/news/2020/apr/5/how-the-liberal-media-weaponizes-covid-19-against-/
  3. https://www.mrc.org

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