Publié par H16 le 10 avril 2020

Au petit pays des grosses feignasses et des gommettes colorées, le boss, c’est Jean-Michel Toutvabien. Les grosses feignasses, elles ne l’aimaient pas trop parce que s’il avait promis de ne pas faire de « Loi Toutvabien », il avait comme les autres avant lui tout réformé quand même, parce que lui, ce n’était pas pareil, lui il savait ce qui était bien.

Il avait dit que le baccalauréat, c’était trop compliqué, qu’il fallait le simplifier et pour bien le simplifier, il a créé une véritable usine à gaz à laquelle personne ne comprend rien.

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Avant, ce n’était pas parfait, mais au moins on comprenait. Il y avait les épreuves anticipées en première et puis une semaine d’épreuves à la fin de l’année de terminale.

Maintenant, il y a les E3C1, E3C2, E3C3, le contrôle continu, les épreuves terminales de première pour les « renonçants » qui abandonnent une des trois « spécialités », les épreuves anticipées de français qui sont maintenues, les épreuves de spécialités en terminales, les épreuves terminales – philosophie et grand oral.

Simplicité.

Les grosses feignasses, elles ont bien tenté de dire que c’était n’importe quoi, que le calendrier était trop précipité pour organiser tout cela convenablement, que cela affaiblissait encore le niveau, que ça allait mettre les élèves sous pression constante. Mais Jean-Michel Toutvabien a répondu « Tout va bien », que ces feignasses n’étaient qu’une minorité zadiste radicalisée à la limite du nazisme et des HLPSDNH.

Et tout s’est déroulé comme prévu, c’est-à-dire mal.

Comme prévu, les E3C1 se sont déroulés dans des conditions chaotiques, variables d’un établissement à l’autre, variables à l’intérieur d’un même établissement. Comme prévu, les élèves de première ont subi un stress permanent car ils sont constamment évalués pour le baccalauréat et, comme tout se fait dans la précipitation, les professeurs ne peuvent répondre à leurs interrogations légitimes que par un grand « on ne sait pas ». Comme prévu, on ne sait toujours pas en quoi consistera le grand oral. On sait seulement qu’il doit être préparé sur l’année de première et de terminale et que l’année de première est terminée.

La castagne entre les grosses feignasses et leur boss était bien entamée lorsqu’un Chinois a mangé un pangolin, déclenchant la crise Covid19.

Et là, contre toute attente, Jean-Michel Toutvabien, pourtant en improvisation totale, s’est brutalement radicalisé.

Contre toute attente, les grosses feignasses ont appris – incrédules et par voie de presse – le 26 février 2020 que tout était prêt pour l’enseignement à distance.

Contre toute attente, le 11 mars, on assure que fermer l’ensemble des écoles est une option « jamais envisagée ».

Contre toute attente, tout va bien puisque tout est prévu : le 12/03, l’annonce est officielle et tous les établissements scolaires seront fermés.

Et tout est prévu : le 16/03, tout le monde pourra télétravailler… Malheureusement et contre toute attente, pas de chance pour Jean-Michel Toutvabien : les logiciels de l’État n’ont pas supporté la charge et tout a planté. Pourquoi diable ? Non parce que ces plateformes ont été codées avec des pieds recouverts de moufles, mais à cause des Russes (qu’on croyait pourtant occupés avec le zizi de Benjamin G.). Si si.

Continuant l’improvisation, Jean-Michel Toutvabien lance la « nation apprenante », puis les « vacances apprenantes » avant de carrément muter en Yves Duteil et ses enfants au bord du chemin.

Pendant ce temps-là, les grosses feignasses et les élèves s’organisent. Si l’Edulcoration Nationale n’était pas prête, la société civile, elle, trouve des solutions : Discord, Zoom, What’s app et Youtube sont mis à contribution avec succès et sans rien attendre d’un ministère complètement dépassé. Apparemment, les grosses feignasses ne sont ni réfractaires au changement, ni incapables de souplesse et d’adaptation.

Heureusement l’État intervient alors pour dire aux feignasses d’arrêter, de passer par les plateformes officielles, parce que RGPD et gneugneugneu. Sans l’État, qui diable saboterait des solutions qui fonctionnent bien ? En attendant, il y a donc des cours de philosophie, de mathématiques, d’histoire-géographie, ou encore de littérature sur Discord, avec du matériel payé par les feignasses elles-mêmes, et cela même si Sibeth a dit qu’elles ne travaillaient pas.

Enfin, pour parfaire le tableau, Jean-Michel Toutvabien annonce que les épreuves du baccalauréat général, technique, professionnel et pire encore du brevet vont être supprimées.

Tout diplôme sera donc délivré au contrôle continu.

Horreur : Jean-Enzo réalise soudain qu’il aurait dû bosser régulièrement plutôt que tout miser sur son talent le jour de l’examen. Abomination : tout un peuple s’angoisse alors de savoir « Que vont valoir les diplômes et est-ce que quelqu’un ici pense aux enfants ? »

Interrogation d’autant plus hypocrite que cela fait un moment que les enfants ne sont plus la préoccupation du Ministère de la Désinstruction Nationale, tout, absolument tout, étant systématiquement mis en place pour les priver de toute faculté de réflexion.

Certes, ce diplôme cuvée 2020 ne vaudra pas grand-chose mais comme la cuvée 2019 et la précédente, en réalité.

L’année passée déjà, on s’en souvient, certains des professeurs avaient, devant les injonctions scandaleuses de l’administrations pour les barèmes (les IPR [acronyme !] enjoignaient les plus feignasses à remonter les notes) et pour protester contre la réforme, refusé de rendre les notes du baccalauréat. Les irrégularités dans les jurys avaient été nombreuses.

Quant à l’année prochaine, le baccalauréat n’aura pas plus la même valeur suivant l’établissement et au pays de la Carte Scolaire Obligatoire, tout cela risque d’être bien sale.

Surnagera la seule question de savoir comment truquer les résultats pour obtenir le fameux « 90% d’une tranche d’âge au bac’ » et, compte-tenu du taux élevé de Jean-Enzo, cela promet quelques tornades de facepalm. On devra aussi se demander quand Jean-Michel Toutvabien informera ses professeurs avant BFM et quand les pangolins de l’administration dégageront pour enfin laisser les professeurs faire ce qui est bon pour leurs élèves et d’une manière plus générale, laisser la société civile s’organiser.

Ne vous inquiétez pas. Contre toute attente, tout va bien se passer. Et comme tout va bien se passer, nécessairement, ce pays est foutu.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © H16. Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur (son site)

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