Publié par Jean-Patrick Grumberg le 11 avril 2020

L’administration Trump est la première de l’histoire des Etats-Unis à classer terroriste un groupe suprémaciste blanc néo-nazi : les médias boycottent l’information parce qu’ils ont dit que le néo-nazi, c’est Trump.

Cette information importante est déjà minimisée par des anti-Trump (et certains pro-Trump).

  • Les anti-Trump disent : « quel rapport avec la crise ? ». Et si Trump ne s’occupaient que de la crise, ils diraient qu’il est tellement bête qu’il n’est pas capable de s’occuper d’autre chose, et qu’il abandonne la marche du pays.
  • Et certains pro-Trump disent : « ce sont les antifa qui méritent d’être classés groupes terroristes ».

Pourtant c’est une information très importante. En pleine pandémie, l’administration Trump est maintenant la première administration américaine à qualifier un groupe de suprématie blanche d’organisation terroriste.

Cette décision, note le New York Times (1) – oui vous lisez bien, le New York Times :

« pourrait couper court aux critiques selon lesquelles l’administration Trump a minimisé la menace de violence nationaliste blanche pour des raisons politiques ».

Et c’est bien là tout le problème. Cette nouvelle coupe la chique aux menteurs, qui depuis 4 ans font croire aux gauchistes aux oreilles passablement atteintes d’anti-américanisme primaire, que Trump est un suprémaciste blanc, et ils se servent de ses déclarations – transformées par les médias – après l’attaque par un néo-nazi, qui a fait un mort lors d’une manifestation à Charlottesville le 12 août 2017. Cerise sur la propagande, il se trouve aussi que le groupe est pro-russe, alors que pendant trois ans, une commission d’enquête et les médias ont accusé Trump d’avoir fait collusion avec la Russie pour se faire élire, et d’être la marionnette de Poutine.

Donc. Le coordinateur de la lutte contre le terrorisme du département d’État, l’ambassadeur Nathan Sales, a déclaré au New York Times qu’en désignant un groupe nationaliste blanc comme « organisation terroriste mondiale spécialement désignée », l’administration Trump a fait quelque chose « d’inédit ».

« Cette désignation est sans précédent », a déclaré M. Sales, comme l’a rapporté le Times Monday.

« C’est la première fois que les États-Unis désignent comme terroristes des adeptes de la suprématie blanche, et cela montre à quel point cette administration prend au sérieux la menace terroriste des suprémacistes blancs. Nous faisons des choses qu’aucune administration précédente n’a faites pour contrer cette menace.

La désignation de l’organisation par le Département d’État, du Mouvement impérial russe (RIM), permet au Bureau de contrôle des actifs étrangers du Département du Trésor de bloquer toute propriété américaine ou tout actif appartenant à ce groupe », explique le NYTimes.

Cela empêche également les Américains d’avoir des relations financières avec l’organisation, et facilite l’interdiction aux membres de se rendre aux États-Unis ».

Des membres du mouvement impérial russe posent dans une base d’entraînement à Saint-Pétersbourg en 2015

Trois des dirigeants du groupe – Stanislav Anatolyevich Vorobyev, Denis Valliullovich Gariev et Nikolay Nikolayevich Trushchalov – ont été individuellement étiquetés comme terroristes, ont déclaré des responsables au Times, une désignation qui comprend des sanctions supplémentaires.

L’administration Trump accuse Poutine

L’administration Trump a déclaré au Times que le groupe n’est pas considéré comme étant parrainé par le gouvernement russe, mais que ses actions sont « tolérées » par le président Vladimir Poutine, et qu’il a « contribué à faire avancer les objectifs extérieurs du gouvernement russe en recrutant des combattants russes pour aider les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine » (2).

Une organisation terroriste mondiale

  • En janvier 2017, un abri pour réfugiés a été bombardé à Göteborg, la deuxième plus grande ville de Suède. Personne n’a été tué, mais un gardien a été gravement blessé. Une semaine après l’attentat, les enquêteurs suédois ont annoncé qu’ils avaient trois suspects. Les hommes étaient membres de la plus grande organisation néo-nazie de Suède.
  • Puis ils ont annoncé des détails qui ont attiré l’attention des experts de la lutte antiterroriste (3).

« Plusieurs des membres du groupe qui a mené cet attentat s’étaient rendus en Russie pour recevoir une forme d’entraînement paramilitaire », a déclaré Jon Lewis, chercheur au sein du programme sur l’extrémisme de l’université George Washington.

https://www.pri.org/stories/2020-04-09/historic-move-us-designates-white-supremacist-group-terrorist-organization

Le groupe RIM est basé en Russie, mais a des connexions dans le monde entier, y compris aux Etats-Unis. Des rapports expliquent que des membres du RIM auraient contacté certains des organisateurs du rassemblement Unite the Right d’août 2017 à Charlottesville, en Virginie, « et leur auraient peut-être offert l’opportunité de se rendre en Russie et de mener un entraînement paramilitaire similaire ».

L’organisation a également soutenu des organisations néo-nazies en Scandinavie, ce qui suit une stratégie plus large du gouvernement russe consistant à « semer le chaos dans les démocraties occidentales », ajoute le document.

Ignorer les faits pour faire avancer la propagande

Alors que les critiques de M. Trump ont souvent dépeint le président comme « raciste » et « donnant du pouvoir » aux tenants de la suprématie blanche dans sa rhétorique, son administration a maintenant pris de multiples mesures décisives et historiques pour contrer la menace de la suprématie blanche, souligne encore le New York Times. La Maison-Blanche avait, sans qu’aucun média ne le rapporte, ajouté les groupes de suprématie blanche à la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme du gouvernement fédéral en 2018.

L’administration citait les mouvements nationalistes et séparatistes, y compris spécifiquement les « néo-nazis », comme des menaces mondiales potentielles.

Voici un extrait d’un passage décrivant la menace mondiale posée par ces groupes :

Il existe également à l’étranger un large éventail de mouvements révolutionnaires, nationalistes et séparatistes dont le recours à la violence et l’intention de déstabiliser les sociétés mettent souvent la vie des Américains en danger.

• Par exemple, le Nordic Resistance Movement est une importante organisation transnationale qui se décrit elle-même comme organisation national-socialiste aux vues anti-occidentales, et qui a mené de violentes attaques contre des musulmans, des groupes de gauche et d’autres. Le groupe a manifesté contre les actions du gouvernement des États-Unis, qu’il considère comme soutenant Israël, et a le potentiel d’étendre ses cibles aux intérêts des États-Unis.

• De même, le Groupe d’Action national néo-nazi, une organisation terroriste qui a été interdite par le Royaume-Uni en 2016 pour sa promotion de la violence contre les politiciens et les minorités, opère principalement au Royaume-Uni, mais s’est engagé avec des groupes aux vues similaires aux États-Unis, en Estonie, en France, en Allemagne, en Lettonie et en Pologne, étendant l’influence potentielle de son idéologie violente.

• De même, Babbar Khalsa International cherche, par des moyens violents, à établir son propre État indépendant en Inde, et est responsable d’importantes attaques terroristes en Inde et ailleurs, qui ont coûté la vie à des civils innocents.

Ces groupes peuvent éviter de prendre pour cible les intérêts des États-Unis pour le moment afin de ne pas nuire à leurs objectifs fondamentaux, mais ils commettent fréquemment des assassinats et des attentats à la bombe contre des cibles économiques, politiques et sociales importantes, ce qui accroît le risque pour le personnel et les intérêts des États-Unis à l’étranger.

Le document décrit également les formes d’extrémisme violent motivées par des terroristes nationaux et non liées à l’islam radical, « telles que l’extrémisme à motivation raciale » :

Enfin, les États-Unis sont depuis longtemps confrontés à une menace persistante pour leur sécurité de la part de terroristes nationaux qui ne sont pas motivés par une idéologie islamiste radicale, mais par d’autres formes d’extrémisme violent, comme l’extrémisme à motivation raciale, l’extrémisme pour les droits des animaux, l’extrémisme environnemental, l’extrémisme des citoyens souverains et l’extrémisme des milices.

Une démarche positive

Alors que ses détracteurs accusent le président américain d’avoir désigné cette organisation par manœuvre politique, dans le but de calmer les accusations selon lesquelles il voit les suprémacistes blanc d’un bon œil et est bien trop tolérant, voire sympathique à leur égards, les critiques tombent largement à plat et n’ont aucune valeur : si le président avait vraiment voulu faire une opération politique, il ne l’aurait pas fait en pleine pandémie de coronavirus, à un moment où il s’agit du seul sujet couvert par les médias, et le seul qui intéresse le public.

D’ailleurs je n’attends pas que beaucoup des lecteurs de Dreuz s’intéressent à cette information – mais je devais la publier.

D’ailleurs encore, vous avez sans doute remarqué qu’en ce moment, les bouffonneries superficielles habituelles des progressistes : théorie du genre, lutte contre les inégalités, réchauffement climatique, accusation de racisme et d’incitation à la haine pour brider la liberté d’opinion et faire taire tout débat, droit des transsexuels, sont en veilleuse : même les gauchistes, toujours champions à se déconnecter de la réalité, pensent aux sujets vitaux.

Christian Picciolini, un néo-nazi réformé, a déclaré (4) que le classement de RIM était une étape positive.

« C’est un tournant important vers l’avenir, car les alliances que ce groupe a avec d’autres organisations, d’autres groupes – dont certains très importants aux États-Unis – leur permettront d’ajouter d’autres groupes à cette liste terroriste.

Pendant longtemps, la lutte contre l’extrémisme violent ou le terrorisme s’est toujours concentrée sur les personnes qui ont la peau brune », a-t-il expliqué.

« Et pendant ce temps, il y a eu du terrorisme et de l’extrémisme provenant d’extrémistes qui ont la peau blanche. Et je pense qu’il est temps que nous commencions à reconnaître que c’est un problème et que nous commencions à y consacrer les ressources nécessaires ».

Pour ma part, je serais pleinement satisfait lorsque des groupes d’extrême gauche, les fascistes d’antifa notamment et des groupuscules marxistes violents. Parce que je sais que les islamistes ne sont pas oubliés pour autant. Evidemment.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Parce que Dreuz est censuré pour le crime de désaccord avec la gauche, suivez notre fil Twitter, et retweetez-nous. C’est un important geste de résistance pour faire circuler vos idées.

  1. https://www.nytimes.com/2020/04/06/us/politics/terrorist-label-white-supremacy-Russian-Imperial-Movement.html
  2. https://www.state.gov/designation-of-the-russian-imperial-movement/
  3. https://www.pri.org/stories/2020-04-09/historic-move-us-designates-white-supremacist-group-terrorist-organization
  4. https://www.christianpicciolini.com

Soutenez Dreuz en partageant cet article

Partagez ce message !

5
0
Merci de nous apporter votre commentairex
()
x
Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz