Publié par Guy Millière le 18 avril 2020

Dois-je revenir sur les propos d’Emmanuel Macron ?

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J’ai déjà dit longuement ce que j’en pense. Mais j’entends bien trop de discours disant qu’il s’est montré « humble », qu’il a hésité, qu’il n’a pas toujours su comment décider et dans quelle direction trancher.

Un président doit décider et trancher en dernier ressort.  

Emmanuel Macron a tranché lorsqu’en janvier, alors qu’il était prévenu que la pandémie allait déferler sur la France (il a confirmé dans un entretien au Point qu’Agnès Buzyn l’avait effectivement prévenu), il n’a pas commandé de masques supplémentaires et n’a pas doté le pays de tests de dépistage – ce qui fait que les médecins et le personnel soignant ont été démunis quand les malades ont commencé à affluer vers les hôpitaux.

Cette carence a interdit une politique de dépistage systématique, et a conduit à une décision de confinement, obligeant tous ceux qui vivent en France à faire de leur maison ou de leur appartement une prison dont ils ne peuvent sortir qu’une heure par jour, dans des conditions très strictes, munis d’un ausweis, sous peine d’amende, voire d’emprisonnement en cas de récidive.

Emmanuel Macron a tranché à nouveau lorsqu’il a laissé le ministre de la Santé, Olivier Véran, interdire la prescription par des médecins du traitement proposé et utilisé par le professeur Raoult.

Olivier Véran a ensuite décidé de l’autoriser seulement quand la détresse respiratoire s’installe chez les malades et que le traitement ne sert plus à rien, et uniquement dans les hôpitaux militaires !

Emmanuel Macron a tranché encore lorsque le même ministre de la Santé a accepté la mise en place d’un « test scientifique » censé tester le traitement, mais ne le testant pas du tout, puisque les règles édictées par le professeur Raoult pour administrer le traitement sont totalement piétinées dans les règles définies pour le test.

Emmanuel Macron a tranché encore en acceptant qu’un décret autorise l’utilisation du Rivotril injectable, aux fins d’accompagner vers la mort les patients trop âgés qui ont été exclus des soins pour détresse respiratoire.

Emmanuel Macron a tranché, toujours, lorsqu’il a mis en place des conseils scientifiques frelatés incluant des psychologues, des sociologues et des professeurs de médecine très liés à des laboratoires, qui ont une préférence visible pour les médicaments que ces laboratoires s’efforcent de mettre au point, et une aversion tout aussi visible pour des médicaments qui valent dix centimes le comprimé et qui ont fait leurs preuves depuis des décennies.

Emmanuel Macron est responsable de centaines de morts qui auraient sans doute pu être évitées – parmi lesquelles des morts de médecins et de membres du personnel soignant.

Il est responsable aussi de tous les dégâts économiques infligés à la France, et dont elle aura du mal à se relever. 

Il est responsable des dépressions et des actes de désespoir qui vont surgir, de la pauvreté et du chômage qui vont remonter fortement. 

Même si son intention a été, ce qui se dit de plus en plus, de parvenir à une «immunité de masse», et je ne suis pas sûr du tout que cela ait été son intention, cela n’excuse rien, car il aurait été possible de parvenir à ce résultat hypothétique avec moins de morts, moins d’humiliations de la population, moins de destructions. 

D’autres pays d’Europe n’ont pas fait mieux, mais d’autres pays eux, ont fait bien mieux, voire infiniment mieux, l’Allemagne et la Pologne, par exemple. La France est l’un des quatre pays du monde occidental où les résultats sont les plus effroyables (les autres sont l’Espagne, l’Italie et la Belgique). Les Etats-Unis, que les journalistes français se plaisent à dénigrer, ont des résultats bien meilleurs que la France.

Si Emmanuel Macron avait un milligramme de sens de l’honneur en lui, il présenterait sa démission et appellerait à des élections anticipées auxquelles il renoncerait à se présenter.

Mais on sait depuis longtemps qu’il n’a ni sens de l’honneur, ni scrupule.

On n’a cessé de le voir depuis que, par un aveuglement regrettable, le peuple français l’a élu, il y aura bientôt trois ans.

Les Français ont amplement pu découvrir l’ampleur de leur erreur de 2017.

Les propos arrogants et méprisants se sont succédé, puis sont venus les scandales, d’Alexandre Benalla à Benjamin Griveaux, et je passe sur le choix si judicieux de Sibeth N’Diaye pour porter la parole du gouvernement.

Se sont ajoutés à l’ensemble, le soulèvement des gilets jaunes, traité par la violence policière, les éborgnements, les mutilations, et le pourrissement : soulèvement suivi de la plus longue grève des transports que la France ait connu depuis des décennies.

Après les morts et l’emprisonnement, vont venir le « déconfinement » et la chute vertigineuse du niveau de vie.

Dans deux ans suivront les élections.

Les grands médias diront que Macron est merveilleux.

Si les Français réélisent Macron en 2022, je devrais me résigner à dire avec tristesse qu’en leur majorité, ils méritent leur sort. 

La facilité avec laquelle les Français ont accepté ce qu’on leur fait subir ne m’a pas surpris, mais elle m’a consterné. Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’il fut un temps où il y eut en France quarante millions de pétainistes et où les résistants n’étaient qu’une poignée.

© Guy Millière pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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