Publié par Sidney Touati le 19 avril 2020

Inutile de chercher dans vos livres d’histoire. En dépit des millions de morts, les grandes épidémies qui ont sévi au XXè siècle sont des non-évènements. Même si le Covid-19 représente un risque réel pour la santé, la réaction massive, disproportionnée, que cette maladie a provoquée présente les caractères d’un phénomène de psychose collective.

Qui est dans le vrai ? Ceux qui, jusqu’à ce mois de janvier 2020, des chefs d’Etat au plus modeste employé, ont continué à mener une vie normale en dépit des malades et des morts, ou nous qui avons décrété le renfermement général des populations, mis en berne l’économie et la culture, prenant ainsi  un risque aux conséquences incalculables? A-t-on réalisé ce qui risque de se produire si l’économie mondiale ne se redresse pas rapidement ?

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Les rues de Paris sont vides. On pourrait croire, si ce ne sont les arbres en fleurs en ce début de printemps, que la ville a été victime d’une bombe bactériologique qui aurait détruit toute vie.

Cette présence du vide, que l’on constate partout en France et ailleurs, cette horreur de la présence, est sans doute l’image de ce que la vie politique est devenue. Terne, morne, sans relief. Qu’avaient à nous dire les hommes politiques avant la crise du coronavirus Covid-19 ? Quasiment rien. Le discours politique pris dans les filets des experts et autres technocrates, tournait  à vide, ne proférant que des banalités, des choses convenues, estampillées du sceau du « politiquement correct ». Lorsqu’ils tentaient de parler de la vie, de notre vie, celle de la plupart des gens, ils ne savaient que dire, ils ne trouvaient pas les mots pour nous parler. Personne ne les écoutait vraiment. La rupture entre la France du « haut » et celle du « bas » était totale. La parole ne circulait pas. Plus rien n’avait de sens. Le progressisme agressif des présidences de Hollande et de Macron, le triomphe de l’idéologie bio,  acheva la déchristianisation du pays et  lamina la « mystique républicaine ». C’est sur ce socle idéologique qu’arrive l’épidémie de grippe du Covid-19.

Face au danger de l’épidémie, un discours unique, obsédant, entêtant, fait une apparition fulgurante

On nous explique que cette réaction extrême repose sur la sacralisation de l’existence, de toute vie humaine. Or, que constatons-nous ? Que racontent les journalistes à longueur d’antenne ? Ils nous parlent des corps, mais uniquement des corps malades, souffrants ou morts. On chercherait en vain la vie dans ce discours. La beauté, la force, la pleine santé n’intéressent plus les médias. Toutes les manifestations sportives sont interdites. On ne doit pas montrer le corps vivant, le corps en mouvement, beau, puissant, transgressant les limites, affrontant, triomphant des obstacles. Il est évident que les sportifs « testés » pourraient continuer, sans public physique, à se rencontrer. Les matchs pourraient avoir lieu à huis-clos et chacun pourrait suivre à la télévision les exploits de ses champions. Mais cette image du corps sain, beau,   en puissance n’est pas acceptable par ceux qui n’accordent d’attention qu’au corps souffrant, qu’au corps malade, qu’au corps mourant, qu’à la plainte douloureuse des victimes.

Le corps  sera traité de semblable manière, qu’il soit jeune ou vieux, en bonne ou en mauvaise santé. Signe qu’ils sont porteurs d’une maladie honteuse, les corps doivent être cachés dans le secret des intérieurs. Tout contact entre les corps est prohibé. Le corps de l’autre est  la source du mal. Il ne faut plus l’approcher. Il est dangereux. Les corps doivent être tenus à une distance de deux ou trois mètres. Il faut exorciser le mal  incarné  potentiellement dans tous les corps et impérativement le tenir à distance. Vade retro satanas.

Investir un lieu de souffrance et de mort

L’image d’une humanité souffrante doit être concentrée en un seul lieu : l’hôpital. C’est le motif pour lequel le pouvoir politique a interdit à la médecine de ville de prendre en charge les malades atteints de la grippe dite du coronavirus Covid-19. Les cabinets médicaux sont trop disséminés, trop propres. Ils n’inspirent aucune peur, ils sont sécurisants. Patients et médecins, s’y rencontrent librement.  Pour que la terreur s’installe, il faut que l’hôpital retrouve l’aspect qui fut jadis celui de « l’hospice ». Ce lieu où en masse, anonymement, les corps viennent s’échouer, vient souffrir, mourir. Le personnel doit être lui-même perçu non dans une démarche de médecine moderne, mais dans une gestuelle d’épuisement ; dans une situation de pauvreté, de privation, de manque. Tous doivent être exténués. Ici, on n’exerce pas un métier. On est au mieux dans l’abnégation, voire dans le sacrifice de soi.

L’image de l’hérétique : le médecin qui soigne normalement ses patients

Le professeur Raoult, (et d’autres) ne cadre pas dans ce décor d’apocalypse d’un autre temps. Il fait son métier ! Sa démarche est anathémisée comme étant  de l’ordre de l’hérésie.  Il ose dire qu’il soigne les malades avec des médicaments classiques,  quand le pouvoir se réfère à des rituels incantatoires d’officines secrètes ! Le pouvoir politique répète : on ne sait rien ! On cherche ! On implore ! Pour conforter son approche apocalyptique, il opte pour une médecine lourde. A ses yeux, seule une machinerie technologique extrême est susceptible de  combattre cette maladie supposée inguérissable. Or, des médecins de plus en plus en nombreux osent braver l’interdit et dire : moi, je soigne et j’obtiens de bons résultats. Le pouvoir persiste à ignorer ces hérétiques.    

On  inonde les écrans de télévision d’images d’apocalypse où des milliers de gens sont jetés à même le sol, sur des paillasses, sur fond d’énumération sinistre des morts…2000, 3000, 4000…10 000…on sent comme une sorte de jubilation morbide à faire ce décompte. Charlette Burési me faisait remarquer que cette apologie de l’être souffrant, cette fascination pour la mort et concomitamment  l’occultation de l’homme en bonne santé, son nécessaire renfermement, fait penser au culte du Juif mort  (la Shoah)  et à la  condamnation sans appel  du Juif vivant-Israël que l’on voudrait enfermer dans le passé,  « confiner » avec les morts.

 La séparation d’avec l’autre

Au nom de la protection de la vie,  la société se met en scène, se concentre exclusivement sur l’image de la maladie et la mort, mille fois répétée, mille fois suggérée.  Il n’y a plus que cela qui retienne l’attention générale. Les gens sont littéralement obsédés par  le corps souffrant, le corps en danger, le corps fragile. La santé est décrite comme un état précaire, perpétuellement menacée par toutes les parties essentielles du corps : le souffle de l’autre est décrit comme un poison ; la main qui accueille, protège, défend, la main qui touche, palpe, caresse, façonne, travaille, cette main est décrite comme dangereuse et mortelle ; elle doit être gantée, lavée, et relavée sans cesse. Elle ne doit plus rien toucher. La main qui est le propre de l’homme devient la voix royale qu’emprunteraient la mort et la maladie pour frapper.

L’autre organe frappé d’anathème est la bouche. Elle doit être  fermée et couverte. Tout ce qui vient d’elle doit être filtré, tenue à l’écart. Elle est le lieu par excellence qui donne la maladie et la mort.

Toute une mystique propre à un obscur Moyen-âge ( je ne parle pas ici du vrai moyen-âge, mais de la représentation que l’on s’en fait habituellement) et à l’Antiquité refait son apparition. La contamination prend la forme de la « souillure ». La traque à la « saleté » impose des gestes rigoureux. Cette saleté est attachée à la « chair », au plaisir. Alors on ferme les restaurants et autres lieux de désordre, où l’on ne contrôle pas ce qui sort et entre dans les corps, les miasmes qui s’en dégagent. La condamnation des contacts renvoie aux vieux interdits liés au culte de la chasteté. On rétablit le rituel des ablutions purificatrices. Toute une sociologie de l’assainissement se met en place : le port des gants, des masques, le lavage obsessionnel des mains, la distance, les gestes barrières, l’exclusion de l’autre…Toute la société est placée en « réanimation ».

Le malade, le contaminé, prend une véritable dimension cosmique. Même s’il représente une infime minorité de la population, la seule idée de sa présence suffit à « souiller » tout le groupe. On est dans la logique qu’évoque Sophocle dans Œdipe roi : toute la Cité souffre d’un mal affreux parce qu’un seul de ses membres est porteur d’un crime. Ici, la maladie est assimilable au crime. Tout malade qui ne respecte pas rigoureusement les procédures de purification, est considéré comme un criminel. On vous le répète à longueur de journée : vous sortez sans protection, vous mettez la vie des autres en danger ! Vous êtes un criminel !

Les maudits

En France, cette phobie moyenâgeuse atteint des sommets. Le malade inspire une telle terreur qu’on refuse de  tester ceux qui sont « souillés ». Par définition, il ne faut ni les approcher, ni les toucher.  Le mal doit être extirpé  par un processus qui s’apparente à une forme d’exorcisme collectif. On attend l’expulsion du « démon ». Et comme cette « sortie » du démon tarde trop, on va désigner une catégorie d’êtres humains comme étant les porteurs du mal (sans les tester naturellement !). Pour rester dans la logique de la mystique archaïque, on  crée une « caste d’intouchables », composées de personnes qui es-qualité sont dangereuses. On se fiche pas mal de savoir s’ils elles sont malades ou non. Ce qu’il faut pour sécuriser les autres, c’est l’existence d’un ensemble d’individus  à ostraciser, à fuir absolument. Celles aujourd’hui qui  semblent désignées pour remplir cette « part maudite », sont les « personnes âgées ». Une cohorte de gens les désigne pour  remplacer les lépreux, les Juifs, les prostituées, que l’on tenait  jadis soigneusement à l’écart. Certes nous dit-on, si on les cache, c’est pour mieux les protéger ! Fallacieux prétexte ! La protection-isolement des vieux dans les Ehpad se solde par une hécatombe !

Comme nous pouvons le constater,  le remède que la société a trouvé pour lutter contre la maladie, n’est pas dans les traitements appropriés (il en existe de très bons et de très efficaces),   mais dans un immense processus de refoulement des corps. Dans un premier temps de « tous les corps » indistinctement. Puis après le processus de « purification », de pénitence, de punition, de contrition, l’incarnation du mal sera désignée, il s’agit des vieux.

Lorsque les Français en 1940,  fous d’angoisse et d’inquiétude fuient, dans un indescriptible chaos,  l’avancée des troupes allemandes, la première décision que prend le Maréchal Pétain à peine installé au pouvoir, est d’ostraciser les Juifs. Renouant avec la pensée magique, avec la mystique sacrificielle païenne, Pétain se présente comme le sauveur de la nation puisqu’il a désigné le groupe maudit d’où vient le malheur. Le « sacrifice » des Juifs, apporte aux Français un soulagement immédiat, le sentiment d’être protégés, d’être sauvés. C’est un leurre naturellement. Ils en prendront conscience un peu plus tard.

Mutatis mutandis, avec l’épidémie du Covid-19,  les adeptes de cette mythologie archaïque, et ils sont légions, souhaitent que le pouvoir désigne le groupe maudit et l’enferme. Les « vieux » représentent à leurs yeux, ce groupe. 

Ceux qui réclament l’hyper-ghettoïsation des vieux, ne se rendent pas compte dans quel abîme de déchéance morale, ils sombrent.  Pour « sauver leur peau », ils acceptent de renoncer à leur humanité, car ces vieux, sont leur père, leur mère, leur grand-mère ou leur grand-père etc. Comment une telle déchéance est-elle seulement envisageable ? Concevable ?

En réalité, le progressisme décadent est passé par là : l’homme dont il se réclame est celui de l’Union européenne, de l’OMS, du FMI et de l’ONU : c’est un être vide de toute détermination, qui n’est ni père, ni mère, ni oncle, ni fils, ni fille… il est l’un des multiples maillons de la chaîne du vivant. En tant que coquille vide, la façon qu’il a d’appréhender l’épidémie, le conduit à tout néantiser, à tout détruire.

La France, déchristianisée, ayant rompu avec la « mystique républicaine », soumise à la dictature du bio,  voudrait fonctionner dans la logique asiatique. Faire comme les Chinois, les Coréens du Sud…est répété en boucle. On oublie un petit détail : dans la culture chinoise,  le collectif prime ; la liberté individuelle ne compte pas. Pour notre civilisation judéo-chrétienne, pour l’Humanisme de la Renaissance,  c’est l’inverse : l’individu libre et responsable est la base de l’édifice sociétal.

Le président Trump appelle à la révolte contre le confinement. L’un des seuls chefs d’Etat à ne pas sombrer dans la psychose collective, sera-t-il entendu ? Parviendra-t-il à sauver les Etats-Unis et le monde de l’effroyable marasme dans lequel tous s’apprêtent à sombrer ?

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Sidney Touati pour Dreuz.info.

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