Publié par Magali Marc le 23 avril 2020

Selon le colonel britannique, Richard Kemp, la Chine est aujourd’hui la plus grande menace pour les valeurs, la liberté, l’économie, l’industrie, les communications et la technologie occidentales. Son objectif est de devenir la puissance mondiale dominante. Le dictateur, Xi Jinping n’a pas l’intention de causer un conflit militaire. Sa guerre n’est pas menée sur le champ de bataille mais dans les salles de conseil, les marchés, la presse, les universités, et le cyberespace.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit le texte de Richard Kemp, paru sur le site du Gatestone Institute, le 22 avril.

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Le Coronavirus : Un autre 11 septembre 2001 pour l’Occident

La pandémie de coronavirus ressemble à un autre 11 septembre 2001.
Al-Qaïda était en guerre contre l’Occident depuis des années avant la destruction des Tours jumelles. Mais il a fallu ces attentats barbares pour finalement galvaniser les Occidentaux, jusque là passifs, et les pousser à l’action.

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Maintenant, nous avons le virus de Wuhan.

Contrairement aux attentats du 11 septembre 2001, nous n’avons aucune preuve que la Chine ait délibérément lâché ce virus sur le monde.

Il est évident, cependant, que cette crise est le résultat de la politique du parti communiste chinois et que les actions sournoises et irresponsables de Pékin ont permis la propagation du virus dans le monde entier, entraînant des dizaines de milliers de morts qui auraient pu être évitées.

Aujourd’hui, les commentateurs et les politiciens craignent que la situation actuelle ne déclenche une nouvelle guerre froide avec la Chine. Ils ne comprennent pas que, dans un schéma similaire mais d’une portée bien plus grande que le conflit djihadiste, la Chine mène déjà une guerre froide contre l’Occident et cela depuis des décennies, tandis que nous fermons les yeux et refusons d’admettre ce qui se passe.

La vérité, c’est que pour Pékin, la guerre froide entre la Chine et l’Occident, qui a commencé avec la prise de pouvoir des communistes chinois en 1949, n’a jamais pris fin.

Malgré la scission sino-soviétique et le rapprochement ultérieur entre les États-Unis et la Chine au début des années 1970, les États-Unis sont demeurés l’ennemi implacable des dirigeants chinois.

Comme pour les attentats du 11 septembre 2001, le virus de Wuhan doit obliger l’Occident à se réveiller et à riposter.

Aujourd’hui, la Chine est, de loin, la plus grande menace pour les valeurs, la liberté, l’économie, l’industrie, les communications et la technologie occidentales. Elle menace notre mode de vie même. L’objectif de la Chine est de se retourner contre les États-Unis et de devenir la puissance mondiale dominante d’ici 2049, un siècle après la création de la République populaire.

Dictateur à vie, Xi Jinping n’a pas l’intention de le faire par le biais d’un conflit militaire. Sa guerre n’est pas menée sur le champ de bataille mais dans les salles de conseil, les marchés, la presse, les universités, le cyberespace et dans les recoins les plus sombres.

Ceux qui défendent le droit de la Chine de concurrencer l’Occident sur des marchés libres et sur un pied d’égalité ne semblent pas comprendre que Pékin n’a pas de marché libre et n’a pas l’intention de jouer sur un pied d’égalité.

Leader mondial de la peine capitale**, la Chine est une dictature impitoyable qui torture, fait disparaître et emprisonne son peuple et contrôle son immense population grâce à une infrastructure de techno-surveillance qu’elle s’emploie à exporter dans le monde entier dans le but d’étendre jusqu’à nous son contrôle politique et économique.
Depuis des décennies, la Chine œuvre à sa stratégie à trois volets :

  1. construire son économie et sa capacité de combat, y compris le renseignement, la technologie, le cyberespace, l’espace, ainsi que sa puissance militaire;
  2. développer une influence mondiale pour exploiter les ressources et assurer son contrôle ;
  3. combattre l’influence des États-Unis et les éloigner de leurs alliés capitalistes.

La Chine a construit son économie sur l’argent occidental et aux dépens de l’Occident, par le vol de la propriété intellectuelle et de la technologie à l’échelle industrielle, la violation des droits d’auteur, l’extraction illicite de données, la cyberguerre, la tromperie, la duplicité, l’asservissement et le contrôle intransigeant de l’État sur l’industrie et le commerce.

Elle continue d’étendre son influence déjà immense grâce à son initiative «Belt and Road» qui déferle sur le monde entier ; à des investissements massifs en Afrique, en Asie, en Europe, en Australasie et en Amérique du Nord et du Sud ; et à une agression directe dans le Pacifique, notamment dans la mer de Chine méridionale (où le programme d’îles artificielles de Pékin a provoqué l’une des plus grandes catastrophes écologiques de l’histoire).

Tout cela est soutenu par une opération de propagande de plusieurs millions de dollars, selon les termes du président Xi : « afin de bien raconter l’histoire de la Chine » — autrement dit: afin de faire avancer l’idéologie du PCC partout. Cela inclut l’achat du soutien ou du silence des médias mondiaux, les menaces et la coercition.

Un exemple très médiatisé de cette influence s’est produit l’an dernier, lorsque l’Association nationale de basket-ball des États-Unis (la NBA) a été contrainte de présenter des excuses publiques humiliantes après que le directeur général des Houston Rockets eut tweeté son appui aux militants pro-démocratie de Hong Kong.

Bien que le conflit militaire ne soit pas l’instrument stratégique préféré de la Chine, Pékin n’a pas négligé ses capacités de combat, dépensant environ 230 milliards de dollars par an, ce qui le place en deuxième position après les États-Unis.

Xi a reconstruit ses forces à une échelle sans précédent, en mettant l’accent sur une guerre navale contre l’Amérique.

Les options de contingence militaire prévues comprennent également des actions contre Taïwan et d’autres territoires qu’il entend contrôler directement.

La Chine est également devenue le deuxième plus grand vendeur d’armes au monde, y compris à des pays soumis à des sanctions des Nations unies comme la Corée du Nord et l’Iran.

Ce mois-ci, 15 véhicules blindés ont été livrés au Nigeria, dont des chars de combat principal VT-4, déjà en service dans l’armée royale thaïlandaise et, comme la plupart des équipements de défense de la Chine, intégrant des technologies volées à l’Occident. Les exportations d’armes de la Chine ne sont pas motivées principalement par la génération de revenus, mais comme un moyen d’imposer une influence et un contrôle, de se donner des intermédiaires et de défier les États-Unis.

Les investissements chinois pénètrent dans tous les coins du Royaume-Uni, ce qui leur donne une influence sans précédent ici comme dans tant de pays. Le projet visant à permettre aux investissements et aux technologies chinoises de pénétrer notre programme d’énergie nucléaire et notre réseau 5G vont rendre nos infrastructures nationales critiques plus vulnérables que celles de toute autre nation occidentale.

Même la BBC, qui reçoit des fonds de la Chine, a produit et a fait la promotion d’une vidéo de propagande en faveur de Huawei, au grand dam de certains de ses propres journalistes.

Tout cela en dépit des avertissements répétés du MI5 selon lesquels les services de renseignement chinois continuent de travailler contre les intérêts britanniques dans le pays et à l’étranger.

Le gouvernement chinois a dépensé des milliards de dollars pour créer des instituts Confucius dans le monde entier, principalement dans les universités. Il en existe plus de 500 dans le monde, dont 29 au Royaume-Uni et plus de 70 aux États-Unis.

Ces organismes, qui visent soi-disant à promouvoir la culture chinoise, sont utilisés pour infiltrer les universités et les écoles secondaires afin d’endoctriner les étudiants dans l’idéologie communiste, ainsi que pour des activités d’espionnage.

Plus de 100 000 Chinois étudient au Royaume-Uni. L’an dernier, le MI5 et le GCHQ (NdT: le Government Communications Headquarters est le service de renseignements électroniques du gouvernement du Royaume-Uni), ont averti les universités que leurs systèmes informatiques et de recherche étaient surveillés par les services de renseignement chinois qui utilisent les étudiants chinois comme espions.

Le directeur du FBI, Christopher Wray, a récemment déclaré que la Chine profite de la transparence des universités américaines pour voler des technologies, en utilisant des « intermédiaires» et en créant des «instituts» dans les campus américains.

Plus généralement, M. Wray a conclu qu’« aucun pays ne représente une plus grande menace pour les États-Unis que la Chine communiste ».

Un haut responsable du Parti Communiste Chinois (PCC) a admis sans se gêner que les instituts Confucius constituent « une partie importante de la propagande chinoise à l’étranger ».

De plus en plus dépendantes des financements étrangers, les universités occidentales ont subi des pressions de la part des responsables chinois pour censurer les débats sur des questions politiquement explosives comme Hong Kong, Taiwan, le Tibet et les événements de la place Tiananmen (en 1989).

Peu de gens en Occident reconnaissent pleinement la menace qui pèse sur nos propres économies, notre sécurité et notre liberté. Nombreux sont ceux qui refusent de s’exprimer pour quatre raisons :

  1. Premièrement, la crainte de se retrouver dans le collimateur de la Chine, de provoquer des dommages économiques ou d’être accusé de diffamation.
  2. Deuxièmement, la crainte d’être accusés de racisme, une préoccupation facilement exploitée par l’État chinois dont le racisme flagrant n’est que trop évident.
  3. Troisièmement, la conviction que nos valeurs démocratiques peuvent changer l’esprit de ceux qui s’opposent à nous. L’espoir que l’exposition de la Chine au libre-échange, y compris son entrée dans l’OMC en 2001, ait cet effet s’est avéré terriblement illusoire et n’a servi qu’à renforcer le régime totalitaire de Pékin.
  4. Quatrièmement, de nombreux dirigeants politiques, hommes d’affaires, universitaires et journalistes ont été achetés et financés par Pékin, que ce soit par des incitations financières ou par le chantage.

Comment l’Occident peut-il riposter ?

Bien qu’elle soit encore militairement et économiquement inférieure aux États-Unis, la Chine est une puissance économique formidable et croissante, imbriquée dans les économies occidentales à un degré sans précédent.

Nous devons commencer à nous séparer de la Chine et à la sanctionner, à rapatrier et à utiliser des sources alternatives de fabrication et de technologie, à restreindre les investissements en capitaux dans ce pays et à freiner les investissements chinois ici, en particulier dans nos infrastructures.

Nous devons re-dynamiser et développer notre propre technologie, abandonnée depuis longtemps à la puissance inexorable chinoise.

Nous devons faire respecter les normes du commerce international et agir vigoureusement pour prévenir et sanctionner l’orgie de vols industriels de la Chine, que nous n’avons jamais remise en question pendant les dernières décennies.

Nous devons repousser globalement l’impérialisme et la propagande de Pékin partout où ils se produisent.

Nous devons également nous préparer à un conflit militaire, en mettant l’accent sur la dissuasion de l’agression chinoise.

Les États-Unis devront mener la riposte comme ils l’ont fait précédemment pendant la guerre froide, mais pour qu’ils réussissent, l’Europe et nos alliés du monde entier devront les soutenir à long terme.

Ce n’est pas une question de parti politique, cela doit devenir un élément fondamental de la stratégie occidentale à long terme.

C’est une tâche qui peut durer des décennies et qui sera très risquée et coûteuse.

L’alternative est de rester accroché à l’État communiste chinois et de laisser les générations futures souffrir des conséquences incalculables de notre continuelle et aveugle inaction.

* Le Colonel (retraité) Richard Kemp a commandé les forces britanniques en Irlande du Nord, en Afghanistan, en Irak et dans les Balkans. Il est membre distingué du Gatestone Institute.

** Selon Taïwan News, la Chine a procédé à des milliers d’exécutions en 2018, dépassant de loin les chiffres de tous les autres pays réunis – le chiffre exact est classé secret d’État.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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