Publié par Eduardo Mackenzie le 15 avril 2020

La gauche ne parvient pas à s’élever au-dessus de sa misère spirituelle même en cette période d’urgence sanitaire qui frappe violemment la Colombie et tant d’autres pays.

Après les invitations à « fermer l’économie pendant trois mois » de la part d’une activiste verte, maire de Bogotá, et après les émeutes provoquées par les Farc et l’Eln dans diverses prisons du pays le 21 mars, qui ont fait 23 morts, surviennent les invitations démoniaques de la presse communiste pour que les personnels des hôpitaux désertent  le camp de la lutte contre la pandémie du Covid-19.

Le 13 avril dernier, en effet, le site web du Parti communiste de Colombie a publié cet ordre: « Travailleurs de la santé: dites NON à l’exercice non sécurisé de votre profession » (1). Signé par un certain Dairo Gutiérrez Cuello, qui se définit comme « gynécologue-avocat, titulaire d’un Master en droit médical », ce texte propose une théorie qui ferait se retourner Hippocrate dans sa tombe. Gutiérrez affirme que « le médecin n’exercera pas les procédures de sa profession lorsque les conditions de sécurité pour lui et son patient ne sont pas adéquates ».

Faux. Le beau texte hippocratique que traditionnellement  les médecins occidentaux jurent de respecter avant de commencer leur carrière, compte 364 mots et a probablement été écrit au 4ème siècle avant JC. Il y a deux phrases qui définissent particulièrement l’éthique et la détermination humanitaire du médecin: «C’est avec pureté et piété que je passerai ma vie et exercerai mon art» et «Dans toutes les maisons où je devrai entrer, j’entrerai au profit des malades ». Ce serment ne dit pas que le médecin peut invoquer des excuses pour ne pas aider son patient, comme s’abstenir s’il ne dispose pas de «conditions de sécurité adéquates». Ce que le Dr Gutiérrez lance est une misérable imposture, une insulte à tous les médecins colombiens et du monde, en particulier à ceux qui mènent, en ce moment, dans tant de pays, un combat dangereux et sans conditions contre le virus de Wuhan. 

Cet horrible cri de la presse communiste exploite vilement la mort malheureuse de Joaquín Satizabal, chauffeur d’ambulance de Genève, dans le département du Valle, survenue dimanche dernier. Cette mort que déplore tout le pays est instrumentalisée pour soutenir l’exécrable théorie selon laquelle le personnel hospitalier devrait abandonner ses patients parce que le gouvernement du président Ivan Duque est, selon les communistes, « négligent ».

Les articles cités, repris rapidement par la presse de la dictature vénézuélienne, insistent  sur le fait que les travailleurs de la santé colombiens – médecins, infirmières, ambulanciers et autres personnels techniques – doivent cesser leur activité professionnelle dans la lutte contre le virus car « le gouvernement national, dirigé par le président Ivan Duque Márquez, continue de refuser la distribution d’équipements de biosécurité au personnel qui travaille dans les cliniques et les hôpitaux du pays ». (2).

Un tel mensonge – qui aggravera sans aucun doute la situation de milliers de personnes infectées par le Covid-19 – est le résultat des déclarations absurdes d’un autre personnage, Sergio Isaza Villa, l’inamovible président de l’Association médicale colombienne (AMC), qui a été le premier à lancer le slogan selon lequel la politique d’Ivan Duque contre la crise sanitaire « n’est pas conforme à la réalité ».

Sans la moindre pudeur, Sergio Isaza a monopolisé les micros pour gesticuler, après la mort du médecin urgentiste Carlos Nieto Rojas et de l’anesthésiste William Gutiérrez Lombana, qui avaient été infectés par le Covid-19. Isaza a déclaré qu’il était « très en colère et souffrait », car la mort du Dr Nieto « était évitable ». Sans être spécialiste en virologie, Isaza n’a pas été en mesure d’expliquer comment cette mort aurait pu être évitée et s’est contenté d’insulter le gouvernement qui, selon lui, « a évoqué la mort [de Carlos Nieto] avec dédain et hypocrisie ».

Avec tout autant de virulence, le chef de l’AMC a également bousculé  le ministre de la Santé, Fernando Ruiz Gómez,  à qui il a tenté d’attribuer un crime: celui de n’avoir pas fourni « les éléments nécessaires aux professionnels de la santé pour qu’ils puissent travailler sous protection contre cette pandémie ».

Le pédiatre Isaza suggère donc que le ministre Ruiz est, en quelque sorte,  un genre de docteur Mengele qui a des équipements  entreposés quelque part et qui se refuse à en distribuer aux professionnels de la santé pour leur nuire. Puis, sont tombés deux autres mensonges, sous la forme de déclarations anonymes: que le gouvernement  colombien « menace les médecins » et qu’il « cache des informations » afin qu’ils ne puissent pas combattre le Covid-19 (3). De telles balivernes furent lancées à Caracas par Colarebo, un portail web de propagande parrainé par Russia Today (RT) et Telesur, la télévision de Nicolas Maduro qui a l’obligation de diffamer Ivan Duque et de salir la Colombie tous les jours.

C’était, évidemment, le signal que certains attendaient pour lancer toutes sortes de sornettes soutenues uniquement par des activistes et des bureaucrates de l’AMC avant d’arriver à l’appel criminel  à abandonner les patients souffrant du Covid-19 sous le prétexte  qu’ils n’auraient pas «de conditions de sécurité adéquate» dans les hôpitaux. 

En réalité, la croisade de Sergio Isaza exprime les buts  d’une organisation qui n’a rien à voir avec la science ou la médecine, la Central Unitaria de Trabajadores de Colombia (CUT), syndicat communiste,  qui a vu que la crise générée par le virus chinois leur avait ouvert une fenêtre pour semer la discorde, diviser l’opinion. Elle compte bien s’y engouffrer.

Il n’y avait donc pas, dans les cris hystériques de Sergio Isaza et de la presse communiste, une démarche tentant d’aider à corriger de bonne foi les erreurs du dispositif d’urgence, mais une série de pas délibérées vers la destruction et le chaos, au milieu de l’urgence sanitaire nationale.

Cette campagne vise, en réalité,  à discréditer la loi 100 de 1993. Les communistes font pression pour que l’ensemble du système de santé colombien soit nationalisé (pour adopter le modèle catastrophique de Cuba et du Venezuela). Les instigateurs de la violente vague d’émeutes contre le gouvernement d’il y a quelques mois crient à présent que le système de santé doit être « renversé ». Ce sont les paroles utilisées par les responsables  de la CUT dans la lettre que ce syndicat a envoyée, le 11 avril 2020, aux ministres du Travail et de la Santé.

Cette opération avait commencé bien avant. Le 6 février 2018, lors de la campagne présidentielle, la page web du parti communiste avait interviewé le Dr Isaza pour qu’il lance l’idée de « transformer l’actuel système mercantile de santé »(4). Le 28 juillet suivant, Telesur avait publié un article d’Isaza, qui a été repris par la presse du PCC, sous le titre de « Plus pour la santé privatisée et moins pour les gens » (5). Sergio Isaza est le seul médecin qui, depuis des années, bénéficie des faveurs du journal communiste Voz et du portail web susmentionné.

Cette semaine, la CUT a aggravé son cas en disant que l’urgence sanitaire actuelle pour le Covid-19 « est due au modèle de santé adopté en Colombie avec la loi 100 de 1993, par laquelle le système de santé a été privatisé et viré vers un modèle commercial. » Quelle stupidité!

Ces activistes savent bien que tous les pays touchés par le virus chinois, y compris ceux qui sont mille fois plus riches que la Colombie, comme les États-Unis, l’Italie, l’Espagne, la France, l’Allemagne, ont tous, en ce moment, des difficultés à éliminer le Covid-19. Ils savent que tous les pays ont été pris au dépourvu par cette pandémie. Ils savent que l’OMS s’est soumise aux exigences de Pékin et a minimisé la gravité de la contagion, et que c’est pour cela que l’Europe et les États-Unis ont dépassé la Chine, en quelques jours, en nombre d’infections et de décès. Ils savent que tous les pays, sans exception, souffrent ou ont souffert d’une pénurie de fournitures médicales adéquates, que même au moment de la rédaction de cet article, il y a partout un manque de kits pour détecter rapidement le virus. Ils savent que de nombreux pays développés manquent de respirateurs artificiels, que partout il y a eu pénurie de gel hydro-alcoolique et de masques pour le personnel hospitalier, pour les médecins du secteur privé, pour les fonctionnaires et pour la population en général.

Cependant, Isaza et ses comparses montrent les difficultés de l’opération colombienne contre le Covid-19 comme si c’était quelque chose de particulier et d’unique, comme si c’était le résultat de la méchanceté du gouvernement. Pire, ils font comme si ces difficultés n’auraient pas existé si le système de santé avait été nationalisé en 1993. Isaza ne veut pas reconnaître que la Colombie est l’un des pays de l’Amérique latine qui a le mieux géré la pandémie (122 morts et 92 hospitalisés en unités de soins intensifs, pour une population de 47 millions d’habitants). Il ne veut pas admettre une évidence: qu’Ivan Duque et ses ministres n’ont pas été négligents et que, au contraire, malgré les inévitables erreurs, il a plutôt pris des décisions rapides et intelligentes contre la pandémie et en faveur des secteurs sociaux les moins favorisés. La plupart des Colombiens, d’après les sondages, reconnaissent la nature positive de l’action gouvernementale.

En Espagne, en France, en Italie et aux Etats-Unis, de nombreux opérateurs hospitaliers et médecins se battent admirablement contre le Covid19. Dans ces pays où règne la liberté d’expression, les gouvernements sont quotidiennement critiqués pour les insuffisances techniques et les erreurs qu’ils ont pu commettre dans la lutte improvisée contre la pandémie. Mais dans aucun pays, personne, je le répète, personne, n’appelle à saboter la lutte contre le virus chinois. En France, même l’opposition la plus extrême n’a pas demandé au personnel hospitalier de fuir les risques. Bien que beaucoup d’entre eux aient été infectés et aient même perdu la vie pour avoir combattu héroïquement le mystérieux virus, le personnel français de santé considérerait un tel appel comme une forme d’ignominie, comme un outrage à leurs valeurs et une trahison du serment d’Hippocrate.

L’infamie qui motive le PCC et ses acolytes gauchistes n’a pas de nom. Leur truc, c’est de voir comment ils peuvent briser la fraternité que les Colombiens ont forgée en ces jours d’angoisse et de confinement rigoureux.

Dans aucun pays nul n’a profité de la tragédie du coronavirus pour comploter sournoisement contre le système de santé ni pour organiser une grève des médecins, comme malheureusement le PCC, la CUT et leurs agents ont l’intention de le faire en Colombie.

Les récriminations de la CUT, de l’AMC, du PCC, et de la presse maduriste et de certains médias de Bogota, comme Noticias Uno, sont des appels pervers à créer le chaos, à mettre en danger des dizaines de milliers de vies et à briser des siècles d’humanisme courageux.

© Eduardo Mackenzie (@eduardomackenz1) pour Dreuz.info. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.

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