Publié par Gaia - Dreuz le 16 avril 2020

Source : Francesoir

Comment nous avons perdu deux mois sur le fait de savoir si le traitement contre le Covid-19 proposé par le professeur Didier Raoult et son équipe fonctionne ou non ? Pourquoi, il pourrait bien y avoir une commission d’enquête parlementaire sur cette affaire comme l’affirme Didier Raoult ?

Cet article est le fruit de nombreuses recherches documentaires mais également d’entretiens. Nous avons aujourd’hui acquis l’intime conviction, qu’il y a dans l’essai clinique Discovery et les autres, une véritable polémique pour ne pas dire un scandale des institutions sanitaires ! Seul un suivi précis de ce drame en 10 actes permet de le comprendre.

Acte 1 – Première volonté présidentielle.

Le 5 mars, Didier Raoult – qui n’a encore rien publié – rencontre le Président de la République à l’Elysée et lui parle de ses travaux. Le contact semble bien passer (note 1). Il semble que ce soit avant le 17 mars, que le Président de la République qui s’intéresse à la chose, demande à son ministre de la Santé Olivier Véran, de lancer les autorisations pour des essais cliniques, afin d’étudier la chloroquine sur laquelle travaille Didier Raoult (note 2).

Le professeur Didier Raoult prépublie une étude le 17 mars, qui sera complétée par une deuxième le 27 mars (note 3). Les résultats prépubliés le 17 mars encouragent l’utilisation de l’hydroxychloroquine combinée à l’azithromycine contre le Covid-19. On constate une disparition du virus après 6 jours de traitement dans plus de 50 % des cas avec l’hydroxychloroquine seule et une disparition dans la très grande majorité – mais sur un échantillon très restreint – si celle-ci est associée à l’azithromycine (note 4). Toutefois, de nombreuses critiques sont faites sur l’approche méthodologique de l’étude de Didier Raoult, et de nombreuses voix s’élèvent pour dire que cette étude ne veut rien dire. Des querelles d’ordre méthodologiques apparaissent. C’est dans ce contexte, qu’il devient évident que le protocole du professeur Raoult doit être étudié avec une méthodologie à l’abris de toute critique et doit donc être inclus dans l’essai clinique Discovery.

Acte 2 – Inclusion de l’hydroxychloroquine dans Discovery.

Les chercheurs travaillant sur de l’essai clinique Discovery acceptent – semble-t-il à contrecœur – d’inclure un quatrième bras dans leur essai, sur l’hydroxychloroquine. Ainsi l’hydroxychloroquine seule est ajoutée le 22 mars 2020 comme potentiel antiviral à l’essai clinique Discovery ; cet essai est présenté dans une conférence de presse des professeurs Bruno Lina et Florence Ader le 23 mars. Lors de cette conférence de presse, le professeur Bruno Lina explique que : « Le 4e bras est le bras hydroxychloroquine, c’est un bras qui a été rajouté un petit peu à la fois à la demande de l’OMS et de l’Etat français, pour qu’on puisse avoir des résultats fiables sur cette molécule aussi, de façon à ce que l’on sache si cela a un intérêt ou si ça n’en a pas. » La professeure Florence Ader complète en répondant à la question « N’y-t-il pas un emballement autour de cette molécule ? Doit-on être prudent ou au contraire espérer que cette molécule soit la solution miracle ? » par « Elle sera évaluée comme les autres et comparée comme les autres. C’est-à-dire que pour nous, on est sur essai pragmatique qui a pour vocation à répondre à des questions avec des arguments scientifiques solides. Par conséquent, comme toutes les autres molécules qui sont à l’essai dans cette étude, les résultats et les analyses seront extrêmement intéressants. On verra ce qu’il en est. » Elle ne fait aucune mention dans cette conférence de presse à l’azithromycine (note 5).

La chronologie des évènements semble avoir toute son importance. En effet, c’est probablement avant le 17 mars que le Président Emmanuel Macron demande que l’on étudie la Chloroquine. Et c’est seulement le 17 mars que l’on comprend que la chloroquine seule a un effet limité, et que seule son association avec l’azithromycine donne des résultats significatifs. Discovery se sent donc légitimée de n’étudier que la chloroquine seule, puisque c’est la demande du Président faite avant le 17 mars. Mais Discovery ne tient pas compte de la publication le lendemain de Didier Raoult qui précise qu’il faut absolument y adjoindre l’azithromycine, car les résultats sont bien meilleurs.

Acte 3 – Discovery laisse entendre qu’il répondra rapidement à la polémique Raoult.

Les chercheurs travaillant sur Discovery laissent croire que les résultats permettront de savoir si le protocole de Raoult fonctionne ou non. Sans le dire directement, l’essai clinique Discovery insinue notamment cela, lors de la conférence de presse du lancement de l’essai que l’on peut voir en vidéo (note 5).

Par la suite, cette insinuation devient une affirmation y compris de ceux qui participent à cet essai. En conséquence, cette affirmation est reprise par un très grand nombre de médias : journaux et télévisions. C’est pourquoi, nous avons pu entendre en boucle que l’essai clinique Discovery allait nous apporter un résultat certain et cela rapidement, sur la validité ou non du protocole du professeur Raoult. Alors que des voix de nombreuses personnalités et médecins s’élèvent pour demander que l’hydroxychloroquine soit utilisée pour lutter contre le coronavirus, le ministre de la Santé Olivier Véran rappelle que les espoirs suscités par des traitements avaient parfois été déçus (note 6). Il déclare le 22 mars 2020 sur LCI : « Ce traitement s’il devait être efficace, nous le proposerions aux Français sans aucun délai », et ajoute « que plusieurs patients traités dans des hôpitaux français étaient en train de l’expérimenter (note 6). » Enfin, il ajoute « D’ici à 15 jours, nous devrions avoir des données consolidées » (note 6), qui si l’on fait le calcul nous amène au 5 avril.

Acte 4 – Incapacité de Discovery de répondre à la question.

Mais en fait, l’essai clinique Discovery ne reprend pas du tout le protocole de Raoult. Il ne peut donc pas répondre à la question de l’efficacité ou non de son traitement qui recommande deux choses (note 7, 8) :  la combinaison de l’hydroxychloroquine et l’azithromycine (note 7, 8), et cela dès l’apparition des premiers symptômes (note 7, 8).

Didier Raoult et son équipe affirment que (note 3) :

L’hydroxychloroquine seule a une efficacité relative. Seule la combinaison des deux médicaments est vraiment efficace (note 3), a valeur de ce traitement tient au fait qu’il soit prescrit le plus tôt possible, avant que n’apparaisse une pneumopathie ; son efficacité lors d’un état grave étant limitée (note 3).

Didier Raoult précise dans l’un des « bulletins d’informations » vidéo qu’il diffuse régulièrement, depuis le début de la crise sanitaire, que : « son protocole thérapeutique s’adresse essentiellement aux patients qui présentent des formes modérées, moyennes, ou qui commencent à s’aggraver… Sur le plan thérapeutique, ce que l’on est en train de voir, c’est que les malades, au moment où ils ont une insuffisance respiratoire et qu’ils rentrent en réanimation, n’ont presque plus de virus. C’est alors trop tard pour traiter les gens avec des antiviraux » (note 9).

Or l’essai clinique Discovery ne suit pas ce protocole sur ces deux choses. L’essai clinique (note 7, 8) : utilise uniquement l’hydroxychloroquine et non la combinaison des deux médicaments avec l’azithromycine (note 10), et ce sur des cas dans des situations de pathologies uniquement lorsqu’une pneumopathie est apparue et non dès l’apparition des premiers symptômes (note 10).

C’est donc une erreur d’affirmer que l’essai clinique Discovery permettra de dire si le traitement du Docteur Raoult fonctionne ou non (note 7). Pire, la façon dont cet essai clinique est conçu ne peut que fatalement aboutir à la démonstration que l’hydroxychloroquine ne fonctionne pas. Ce que dénonce d’ailleurs à la télévision très rapidement l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy. Le 26 mars, le professeur Didier Raoult affirme dans une interview accordée au journal en ligne Marcelle, à propos de l’essai clinique Discovery concernant son protocole « Si on avait envie de prouver que ça ne marche pas, on ne s’y prendrait pas autrement. Il y aura une enquête parlementaire après tout ça, et elle sera sanglante, autant que l’affaire du sang contaminé. Et ce sera pire si le gouvernement décide de refuser l’accès au médicament. » (note 11)

Il est légitime alors de se demander si les choix faits par Discovery sont intentionnels et s’ils avaient la volonté délibérée de démontrer que le traitement du professeur Raoult ne fonctionnait pas. Ou bien, si c’est l’inertie et la rapidité de l’enchainement des évènements qui n’a pas permis de reproduire le protocole du professeur Raoult. En effet, il n’y a que 6 jours entre la prépublication de la première étude de l’équipe de Didier Raoult qui a lieu le 17 mars et l’inclusion de l’hydroxychloroquine dans Discovery qui se fait le 22 mars.

Le 26 mars, dans une interview du journal Le Monde le docteur Gilles Pialoux, infectiologue et chef du service de maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon, répond à la question qui lui est posée « Dans l’essai Discovery, pourquoi l’hydroxychloroquine n’est-elle pas associée à l’azithromycine, alors que c’est cette combinaison qui a l’air de produire les meilleurs résultats, selon le Dr Raoult ? » en affirmant que « L’hydroxychloroquine sera comparée comme les autres molécules. Ni plus ni moins » (note 12). Une telle réponse ne permet-elle déjà pas de se faire sa petite idée sur l’intentionnalité ou non de faire un essai qui aboutirait à l’invalidation de l’étude du professeur Raoult ?

Acte 5 – Lancement de l’essai clinique Hycovid toujours sans azithromycine.

Le 31 mars, est lancé l’essai en double aveugle « Hycovid » du CHU d’Angers afin de mesurer l’efficacité de l’hydroxychloroquine seule sur 1 300 malades atteints de formes moins sévères que ceux enrôlés dans Discovery. L’absence d’azithromycine est justifiée par le fait que l’association de ces deux molécules présentent un risque élevé de toxicité cardiaque. Par ailleurs, Hycovid précise « Ils auront 75 ans et plus, population où le risque de dégradation est suffisamment élevé pour mesurer l’efficacité de l’étude. » (note 13, 14). Y-a-il une nouvelle volonté délibérée de vouloir prouver que le protocole de Didier Raoult ne fonctionne pas ? Nous ne le savons pas. A ce moment-là, le Président de la République ne semble pas être au courant, ou ne pas avoir compris le fait que les essais Discovery et Hycovid ne pourront pas répondre à la question de la validité du protocole Raoult. Il y a un doute sur le fait de savoir si le Ministre de la Santé, Olivier Véran et Jérôme Salomon le directeur général de la Santé, étaient au courant ou non de la situation ?

Acte 6 – Prise de conscience du Président.

Le Président de la République est alerté de la problématique, que ce soit par son entourage, les députés ou la presse. Il faut dire que la sortie de Didier Raoult du 26 mars n’est pas passée totalement inaperçue. Par ailleurs, début avril le Président de la République, le Premier Ministre et l’ensemble des 577 députés de l’Assemblée nationale et près d’une cinquantaine de journalistes et médias reçoivent chacun une lettre par courriel détaillant et dénonçant cette problématique sur l’essai clinique Discovery, telle que décrite précédemment (note 15).

Quoi qu’il en soit, dans la foulée, probablement début avril, Emmanuel Macron exige que l’on teste immédiatement le protocole du professeur Raoult. Le 8 avril, Le Canard enchaîné écrit que « si la polémique n’a cessé d’enfler, c’est avant tout par la faute des autorités de santé, qui ont d’abord refusé d’expérimenter sur des patients en début de maladie… l’association d’un antiviral, la chloroquine, avec un antibiotique, l’azithromycine. Ainsi l’étude européenne baptisée Discovery… prend en compte la fameuse chloroquine mais ne la teste que sur des malades sévèrement atteints et sans y adjoindre l’antibio susnommé ». Le journal, précise que la problématique est la même pour les autres études, notamment celles menées par « les CHU d’Amiens, Tourcoing et Valenciennes qui étudient les effets de la chloroquine seule et uniquement sur les patients à risque élevé d’évolution défavorable… » « Pour tenter de circonscrire l’incendie », Emmanuel Macron est intervenu personnellement sur le sujet. Il a ainsi ordonné de « tester de toute urgence le protocole Raoult, tel que celui-ci l’applique à Marseille » (note 16).

En conséquence, et à la demande du ministre de la Santé Olivier Véran, les CHU de Montpellier et d’Angers qui ne font pas partie de l’étude Discovery doivent expérimenter le protocole recommandé par Didier Raoult. (note 16)

Acte 7 – Le protocole Raoult enfin testé ? Pas vraiment.

Mais ce n’est pas si simple de changer l’essai Discovery en cours de route, ni celui d’Hycovid lancé le 31 mars. Toutefois, le CHU d’Angers dans le cadre de l’étude Hycovid décide qu’il pourra aussi comme dans l’étude de Raoult tester quelques patients sous azithromycine et chloroquine, ainsi que quelques patients sous azithromycine seule, cas qui n’était pas étudié dans la première étude de Raoult. On peut donc affirmer que le test du protocole Raoult reste donc tout à fait à la marge de l’étude Hycovid (note 13).

Suite à la demande présidentielle, il est par ailleurs décidé de lancer en toute urgence un nouvel essai clinique dans d’autres CHU. Ainsi, le 10 avril 2020, le CHU de Montpellier annonce le lancement d’un essai randomisé, Covidoc, indépendamment des essais Discovery et Hycovid, pour tester l’efficacité de la bithérapie « hydroxychloroquine + azithromycine », comparativement à l’hydroxychloroquine seule, sur 150 patients qui présentent une pneumonie justifiant une hospitalisation (note 17, 18). Nous pouvons toutefois remarquer qu’il ne s’agit donc pas à nouveau tout à fait du même protocole que celui de Didier Raoult, puisqu’il ne prend en charge que les personnes justifiant une hospitalisation, alors que Raoult traite aussi les cas asymptomatiques ou ne nécessitant pas d’hospitalisation.

Acte 8 – La presse s’empare progressivement du sujet.

Le 2 avril puis le 4 avril, le professeur Christian Perronne dénonce la problématique dans Marianne (note 7) puis dans France-Soir (note 8) en disant que l’essai clinique Discovery manque d’éthique pour ne pas suivre le protocole en laissant croire qu’il sera capable de donner des résultats sur la validité ou non de ce protocole. Il affirme notamment : « Quant au test « Discovery », il ne prend pas en compte le protocole du professeur Raoult (hydroxychloroquine et azithromycine dès l’apparition des premiers symptômes), mais uniquement l’hydroxychloroquine, et ce sur des cas dans des situations de pathologies aggravées. Pour cela, ce test fait preuve d’absence d’éthique. On leur dit qu’ils vont être tirés au sort, et éventuellement ne pas être traités, tout en connaissant très bien les chiffres de mortalité élevés de cette maladie. »

Le 9 avril, Jérôme Salomon directeur général de la Santé se voit poser une question lors de son point de situation télévisé sur le Covid-19 : « Parmi l’ensemble des études menées en France et en Europe, y-a-t-il une étude qui reprenne exactement le protocole mis en place par le docteur Raoult de IHU de Marseille ? » Il répond : « Cette proposition est reprise dans de nombreux bras de protocoles internationaux et de protocoles français. Nous aurons à l’issue de ces essais thérapeutiques bien menés des résultats positifs ou négatifs. » (note 19) Or il n’en est encore rien le 9 avril, puisque Covidoc est lancé le lendemain. A moins qu’il ne considère que les études Discovery et Hycovid soient capables de répondre à la question. Ce qui n’est pas le cas, nous l’avons vu.

Le 10 avril, le journal Libération rédige un article spécifiquement sur ce sujet, intitulé : « Est-il vrai que l’essai clinique Discovery ne permet pas de tester le protocole du professeur Raoult ? » Le journal confirme que l’essai Discovery ne porte pas sur ces cas, asymptomatiques à modérés, chez des personnes sans facteurs de risque et qu’il teste l’hydroxychloroquine seule, et non pas en combinaison avec l’azithromycine (note 20).

Les auteurs de l’essai clinique Discovery sont questionnés de toute part et tentent tant bien que mal eux aussi d’éteindre l’incendie. Ils se défendent comme ils peuvent (note 20), mais leurs explications sont difficilement acceptables par l’opinion publique qui prend conscience du problème. Selon le professeur Perronne, « interrogés sur l’absence d’association de l’hydroxychloroquine avec l’azithromycine, les investigateurs de l’étude, en bons élèves des canons de la méthodologie, répondent qu’il ne faut évaluer qu’un seul médicament à la fois et que si, à la fin de l’étude, l’hydroxychloroquine marche, on fera une nouvelle étude pour démontrer le bienfait de l’association. Ça signifie des résultats dans deux à trois mois. » (note 8)

Acte 9 – Eteindre l’incendie !

Le Président doit agir vite, s’il veut « éteindre l’incendie », pour reprendre les termes du Canard enchaîné. Et ce d’autant plus qu’un sondage souligne la popularité de Didier Raoult (note 21) et que de nombreuses personnalités prennent parti pour un assouplissement des règles de prescriptions de l’hydroxychloroquine liée à l’azithromycine, notamment Philippe Douste-Blazy dans sa pétition en ligne sur Change.org (note 22). Par ailleurs, le scandale du manque de masques fait rage, suite à la sortie le 2 avril de l’article de Mediapart « Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat » (note 23). Il ne faudrait pas ajouter un nouveau scandale.

Le Président de la République doit agir vite, nous l’avons vu ; et décide à la surprise de tous de rendre visite – le 9 avril dans la même journée – aux représentants de l’essai clinique Discovery le matin et à Didier Raoult l’après-midi, c’est-à-dire aux deux protagonistes principaux de la polémique naissante sur les essais cliniques. C’est l’occasion pour Didier Raoult de lui présenter en exclusivité sa nouvelle étude portant sur plus de 1000 patients (note 24). Tous les médias se font l’échos de cette visite à Marseille auprès de Didier Raoult. Toutefois, probablement afin de ménager tout un chacun, ou encore de ne pas se dédire, l’Elysée a insisté sur le fait que cette rencontre ne représentait pas « une reconnaissance » de la méthode du professeur Raoult (note 25). Les médias mettent en avant qu’il consulte tous les spécialistes du Covid-19 comme le président l’a confirmé dans son allocution du 13 avril 2020.

« J’ai tenu moi-même à comprendre chacune des options possibles, à m’assurer que tout était essayé dans les meilleurs délais et avec rigueur » Emmanuel Macron 13 avril 2020.

C’est bien joué de la part du Président de la République car la popularité de Didier Raoult reste au beau fixe.

Acte 10 – Deux mois de perdus… pour des querelles d’égo ?

Alors le traitement proposé par le professeur Raoult est-il efficace ? Il faudra attendre probablement encore plusieurs mois avant d’en avoir la réponse, comme le souligne le professeur Christian Perronne dans France-Soir (note 8). Nous devions avoir les résultats début avril, si l’essai Discovery avait immédiatement repris le protocole du professeur Raoult. Or aujourd’hui, les résultats définitifs de l’essai qui se rapproche le plus du protocole du professeur Raoult, à savoir l’essai clinique Covidoc, ne sont attendus que fin mai (note 18).

Toute cette triste histoire nous a fait donc perdre deux mois. Or en cas de crise pandémique, comme nous la vivons aujourd’hui, deux mois, c’est considérable. Car à supposer qu’effectivement la solution proposée par Didier Raoult et son équipe fonctionne, alors en deux mois, nous aurions pu faire tant de choses. Nous aurions pu préparer très rapidement toute la production et la logistique pour une distribution massive du traitement. Nous aurions pu sauver de nombreuses vies. Nous aurions pu permettre d’entrevoir et d’avoir une fin de confinement rapide. Nous aurions pu soulager psychologiquement toute la population en lui disant qu’il existait un traitement efficace. Nous aurions pu apporter cette solution à d’autres pays, notamment ceux les moins armés comme en Afrique et en Amérique Latine. Nous aurions pu tant de choses, mais encore aurait-il fallu que nous sachions avec une totale certitude, si ce traitement fonctionne ou non. Et si la réponse était que ce traitement ne fonctionnait pas, alors nous aurions pu clore rapidement cette polémique une fois pour toute.

Alors « polémique » ou « scandale » ?

Sans doute, l’avenir nous le dira. Mais une chose est certaine : si jamais le traitement proposé par Didier Raoult se révélait être efficace, alors les institutions sanitaires auront le devoir d’expliquer pourquoi tant de temps a été perdu. Et si jamais, il est démontré que les raisons de ces retards sont le fruit « des querelles d’égo » pour reprendre les termes du professeur Perronne (note 7), alors oui, nous pourrons parler d’un « scandale des autorités sanitaires ». Ce serait pire s’il était démontré que de possibles connivences avec des laboratoires pharmaceutiques aient pu influer certains choix protocolaires, comme l’affirment déjà certains (note 26). L’ouverture d’une enquête parlementaire deviendrait alors inévitable. Comme le laissait entendre Didier Raoult lui-même, à propos de l’essai clinique Discovery : « Il y aura une enquête parlementaire après tout ça, et elle sera sanglante. » (note 11) Voici alors les questions auxquelles cette commission d’enquête devrait répondre :

1. Pourquoi les essais clinique Discovery et Hycovid n’ont-t-il pas pris en compte immédiatement le protocole du Docteur Raoult ?

2. Quelles personnes ont pris ces décisions et comment les justifient-t-elles ?

Nous pourrions ajouter deux questions au gouvernement français, compte-tenu de ces deux mois de retard : Ne devrions-nous pas commander tout de suite des millions de médicaments, afin d’être « logistiquement » déjà prêts à les distribuer le jour où nous aurons une réponse certaine ? Quitte à ne pas les utiliser compte tenu de leurs coûts négligeables, si la réponse s’avérait négative. Ne devrions-nous pas tout de suite laisser tous les médecins hospitaliers libres de prescrire cette combinaison dès qu’une personne est positive, compte tenu du calcul risque / bénéfice et comme cela a été proposé par de nombreux médecins y compris l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy (note 22) ? Voire pourquoi pas à tous les médecins généralistes ?

Pour reprendre Plenel, face à « l’impéritie » des autorités sanitaires, 

« nous ne faisons pas silence et nous défendons le droit de savoir. » (note 27)

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