Publié par Abbé Alain Arbez le 8 mai 2020

Fin premier siècle, début deuxième (l’évangile de Jean est édité en 109) les communautés chrétiennes approfondissent la foi et s’organisent, car la brutalité des persécutions amène les croyants à se poser des questions fondamentales en visant l’essentiel de la vie humaine.

A la fin du 1er siècle, la Didachè (= enseignement) est un texte écrit à Antioche, en Syrie, qui s’adresse à des hommes et des femmes confrontés à l’épreuve. La communauté est composée de personnes de culture juive et de nouveaux venus de culture païenne, tous attachés à vivre l’évangile du Christ.

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Les premiers disciples se dénommaient les « pratiquants de la Voie », s’inspirant du Deutéronome et de Hillel. On le retrouve ici dans ce texte de la Didachè qui invite à faire le bon choix :

« Il y a deux voies, l’une de la vie, l’autre de la mort. Mais la différence entre les deux est capitale. Car la voie de la vie est la suivante : tu aimeras d’abord Dieu qui t’a créé, ensuite, ton prochain comme toi-même, et tout ce que tu ne voudrais pas qu’il t’advienne, toi non plus, tu ne le feras pas à autrui…

Tandis que la voie de la mort est celle-ci, mauvaise et pleine de malédictions : meurtres, adultères, convoitises, débauches, vols, idolâtrie, pratiques magiques, empoisonnements, rapines, faux témoignages, hypocrisie, duplicité, fourberie, orgueil, méchanceté, arrogance, cupidité, obscénité, jalousie, insolence, faste, fanfaronnade, absence de crainte.

Les persécuteurs des hommes de bien sont ennemis de la vérité, amis du mensonge, toujours en éveil non pas pour le bien mais pour le mal ! »

Début 2ème siècle, un écrit attribué à Barnabé, compagnon de Paul, apporte des réflexions existentielles sous forme également de mises en garde rappelant la Didachè.

« N’accorde aucun crédit à ces hommes qui sont semblables à des porcs. Quand ils sont dans les délices, ils oublient le Seigneur. Quand ils sont dans le dénuement, ils se souviennent de lui ! Exactement comme le porc : lorsqu’il se repaît, il ne connaît plus son maître ; mais il se met à grogner dès qu’il a faim. Puis lorsqu’il a reçu sa pitance, il redevient silencieux.

Tu ne te nourriras pas de l’aigle, de l’épervier, du milan ou du corbeau ! N’accorde aucun attachement – au risque de leur devenir semblable – à ces hommes qui ne savent pas gagner leur pain au prix de leur effort et de leur sueur, mais qui s’emparent injustement du bien d’autrui. Ils sont aux aguets, tout en allant et venant d’un air candide, et ils épient la proie que leur convoitise va dépouiller. Comme ces rapaces, seuls de leur espèce, qui au lieu de se procurer eux-mêmes de quoi se nourrir, restent perchés paresseusement en attendant de dévorer les autres, ils sont par leur attitude aussi néfastes que la peste. »

A la fin du règne de Trajan, début 2ème siècle, Ignace, évêque d’Antioche est arrêté lors d’une persécution. Il envoie un message en forme de credo aux membres des communautés, afin de répondre à leurs questionnements.

« Je rends grâce à Jésus Christ Dieu qui vous a remplis de sagesse. J’ai constaté combien votre foi est accomplie et inébranlable, comme si vous étiez cloués de chair et d’esprit à la croix de jésus Christ, et solidement enracinés dans son amour par le sang versé par le Christ, avec la ferme conviction que Jésus Christ est vraiment de la race de David selon la chair et Fils de Dieu selon la volonté et la puissance de Dieu, véritablement né d’une Vierge, baptisé par Jean pour que par lui fût accomplie toute justice.

Il a été véritablement cloué pour nous dans sa chair sous Ponce Pilate et Hérode le Tétrarque – c’est grâce au fruit de sa croix et à sa passion divinement bienheureuse que nous existons – pour lever son étendard dans les siècles par sa résurrection, et pour rassembler ses saints et ses fidèles, venus des Juifs et des païens, dans un corps unique qui est son Eglise. »

« Froment de Dieu, je serai moulu par la dent des bêtes pour être trouvé pur pain du Christ ».  « Là où est le Christ, là est l’Eglise catholique »

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.

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