Publié par Magali Marc le 11 mai 2020

Les dirigeants communistes chinois ont rapidement reconnu que si les États-Unis gouvernés par Donald Trump continuaient d’exiger la réciprocité économique, la Chine pourrait facilement perdre sa capacité à revendiquer le statut de principale superpuissance. Mais la propagation du virus de Wuhan (qu’elle ait été voulue ou non) va aider Pékin à atteindre la domination mondiale. L’Europe est désormais devenue la zone tampon de l’affrontement entre la Chine et les États-Unis. De plus, la Chine cherche depuis plusieurs années à dominer les infrastructures du sud de l’Europe. Elle a commencé à prendre le contrôle de l’économie italienne.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit les articles de Lawrence Kadish* et de Giulio Meotti , parus sur le site du Gatestone Institute.

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Le déséquilibre commercial des USA avec la Chine : La corde avec laquelle ils nous pendent

Lawrence Kadish, 7 mai

Les dirigeants chinois sont des étudiants attentifs de l’histoire et ils appliquent ses leçons tous les jours dans la poursuite de leur programme de domination mondiale.

Par exemple : Ils savent que le déclin et la chute de l’Union soviétique n’étaient pas dus à une puissance militaire ou aux kilomètres carrés sous son contrôle. L’URSS a implosé parce que l’Occident, et plus particulièrement les États-Unis, a utilisé la liberté de pensée, le capitalisme et l’énorme pouvoir du marché libre pour marginaliser, réduire et causer son effondrement.

Ils ne pouvaient tout simplement pas concurrencer l’Occident à quelque niveau que ce soit. De la technologie à la qualité de vie offerte à son peuple, l’Union soviétique est devenue une nation sans avenir. Heureusement, cela s’est terminé par un soupir de fatigue plutôt que par un échange nucléaire.
Pour les dirigeants chinois, le chaos qui en a résulté en Russie a été une autre leçon. Les dirigeants ont vu comment un régime communiste bien établi peut être remplacé pacifiquement. Cette expérience les a amenés à imposer des restrictions sans précédent à leurs citoyens tout en introduisant leur version du capitalisme d’État. Cette infusion contre nature a créé l’une des dictatures les plus puissantes de l’histoire – combinant le contrôle de la pensée avec des milliards de dollars de commerce international qui, à leur tour, ont financé une armée puissante et en pleine expansion, armée d’armes nucléaires.

Pour les dirigeants chinois, cependant, ce n’est pas encore suffisant. Les États-Unis continuent de dominer le XXIe siècle et, alors que les Administrations présidentielles précédentes se sont montré conciliantes plutôt que de s’attaquer aux énormes déséquilibres commerciaux entre les deux nations, cette politique a pris fin sous l’Administration Trump.

Cette décision a suscité la consternation, l’inquiétude et une certaine colère à Pékin, qui ne s’attendait pas à ce que l’Amérique reconnaisse un jour que des centaines de milliards d’investissements, de fabrication, d’emplois et des usines entières avaient quitté les États-Unis pour la Chine.
Les dirigeants communistes chinois ont rapidement reconnu que si les États-Unis continuaient à exiger la réciprocité économique, la Chine pourrait facilement perdre sa capacité de revendiquer le statut de superpuissance en solo pour les décennies restantes du XXIe siècle.

C’est alors que quelque chose s’est produit dans une ville appelée Wuhan. Que ce soit à cause d’un laboratoire mal géré ou à cause d’une chauve-souris. Que ce soit par accident ou à cause d’un acte délibéré. Qu’il ait été dissimulé ou accéléré, le virus de Wuhan a changé la donne stratégique des Communistes chinois.

Capable de contrôler sa population, de soumettre ou de «faire disparaître» les «dénonciateurs» médicaux, et d’absorber le coût humain quel qu’il soit, la Chine a trouvé une arme biologique et économique «accidentelle» qui a le potentiel d’atteindre son unique objectif stratégique : éliminer un concurrent international fort et puissant, les États-Unis.

Au grand plaisir des Communistes chinois, l’Amérique est maintenant obligée d’acheter, à des prix exorbitants, les fournitures médicales, auparavant accumulés par la Chine et désormais nécessaires pour combattre ce fléau depuis le pays même où il a éclos.

C’est comme si les États-Unis devaient acheter au Japon impérial, à prix d’or, la soie dont ils avaient besoin pour envelopper leurs morts après l’attaque de Pearl Harbor.

Les profiteurs de la pandémie vendent actuellement des masques, des blouses médicales et d’autres fournitures fabriquées en Chine à des prix très élevés alors que l’économie américaine est paralysée et n’a pas les moyens de réagir rapidement. C’est une leçon dont devront se souvenir les générations à venir.

Les États-Unis doivent comprendre la véritable menace que représente le virus de Wuhan. Si toute perte de vie est à déplorer, la menace bien plus dangereuse pour notre avenir vient d’un régime communiste qui croit, comme l’aurait dit de façon moqueuse Vladimir Lénine, le père de l’État soviétique, que « les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons ».

Les dirigeants chinois ont longtemps cru que le déséquilibre commercial insoutenable de l’Amérique avec la Chine était cette corde.

Ajoutez à cela le fait que cette crise pandémique mondiale introduite par la Chine, permet à Pékin de crier victoire sans qu’un seul obus n’ait été tiré.

Mais l’histoire nous rappelle aussi que l’Amérique a l’habitude de se relever après avoir reçu un coup en traître.

Avec les politiques de confinement en place, toute une industrie de recherche médicale travaillant 24 heures sur 24 pour trouver des solutions, et une nation maintenant très consciente de l’endroit où cette pandémie a commencé et peut-être même de ses raisons, le virus de Wuhan pourrait, en fait, changer la donne.

Ce n’est pas ce que la Chine voulait.

L’Amérique apprend de ses erreurs et, quand ce sera fini, les États-Unis seront beaucoup plus avisés et comprendront mieux de quelle façon la Chine joue le jeu à long terme du leadership mondial par un moyen autre que l’affrontement militaire traditionnel.

Toutes aussi importantes sont les 183 autres nations qui ont été attaquées par le virus de Wuhan et qui ont vu de leurs propres yeux un régime communiste chinois capable d’actions qui menacent leurs sociétés respectives, laissant à Pékin le soin de dicter l’avenir.

Comme des œillères tombant des yeux de ceux qui ont longtemps évité la vérité, cette nouvelle clarté créera une communauté internationale unie, engagée et résolue, prête à affronter le programme de domination mondiale de Pékin.

*Lawrence Kadish est un promoteur immobilier, un entrepreneur, et le fondateur et président du Musée de l’armure américaine.

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L’Italie : Le cheval de Troie de la Chine pour dominer l’Europe

Giulio Meotti, 10 mai

Quelques jours après que la Chine eut annoncé qu’elle envoyait des fournitures médicales en Italie, les médias d’État chinois ont diffusé des images d’Italiens sur les balcons et dans les rues applaudissant l’hymne national chinois.

À Rome, alors que l’hymne chinois était joué, certains Italiens ont scandé «Grazie, Cina !» sur leurs balcons, et leurs voisins ont applaudi en même temps », a écrit Zhao Lijian, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, le même qui a honteusement et faussement laissé entendre que c’était l’armée américaine qui avait apporté le virus de Wuhan à Wuhan!
La Chine s’est présentée dans le rôle du sauveur, prête à se précipiter au chevet de l’Italie, malade.

Or, une enquête du Financial Times a révélé que ces vidéos ont été manipulées dans le cadre de la propagande de Pékin concernant le virus de Wuhan. Les hastags #ThanksChina et #GoChina&Italy ont été générés par des robots. Un rapport du Carnegie Endowment a qualifié l’Italie de « destination cible de la propagande chinoise ».

Un article intitulé « Pourquoi l’épidémie du virus de Wuhan est si politisée » et publié sur le site web de l’ambassade de Chine à Paris, a dit que « certains Occidentaux commencent à perdre confiance dans la démocratie libérale » et que « certains [pays occidentaux] sont devenus psychologiquement faibles ».
Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique, a déclaré à Politico :

« La Chine considère l’Europe comme le ventre mou de l’Occident. Dans leur logique, il y a l’Occident, y compris les États-Unis qui s’opposeront à la Chine pour des raisons structurelles et idéologiques, et leurs alliés européens qui eux doivent demeurer neutres en cas de conflit entre la Chine et les États-Unis ».

Selon le lieutenant général (à la retraite) H.R. McMaster, ancien conseiller du président Donald Trump pour la sécurité nationale, dans son nouveau livre intitulé «Battlegrounds: The Fight to Defend the Free World », les dirigeants chinois « estiment qu’ils disposent d’une étroite fenêtre d’opportunité stratégique afin de renforcer leur pouvoir et de changer l’ordre international en leur faveur ».

Le risque est grand que l’Italie devienne le « Cheval de Troie de la Chine vers l’Europe ».

Un haut fonctionnaire français, Pierre-Henri d’Argenson, a écrit dans Le Figaro que « l’Europe est maintenant devenue la zone tampon pour la confrontation entre la Chine et les États-Unis ».

Pékin a choisi l’Italie pour servir de ventre mou en Europe et poursuit son scénario.

En avril 2019, le gouvernement italien du Premier ministre Giuseppe Conte a été le premier pays du G7 à signer un protocole d’accord sur l’« Initiative ceinture et route » de la Chine lors d’une visite d’État du président Xi Jinping. Selon une analyse de The Economist, ce projet chinois (appelé «Belt and Road» en anglais) pourrait dépasser le plan Marshall, par lequel les États-Unis ont relancé les économies européennes ravagées par la guerre.

L’Italie dispose d’une coalition gouvernementale dirigée par le Mouvement Cinq Étoiles, un parti extrêmement pro-chinois, dont le fondateur, Beppe Grillo, a été fréquemment repéré à l’ambassade de Chine à Rome. Comme l’a rapporté le Conseil européen des relations extérieures, « en Italie, les lobbies commerciaux et politiques en faveur de la Chine se sont multipliés ». L’ancien Premier ministre Matteo Renzi s’est rendu à Pékin pour des conférences.

Il y a cinq ans, la China National Chemical Corp a acheté Pirelli, une entreprise italienne de 143 ans, et le cinquième fabricant de pneus au monde.

Une étude publiée par KPMG avant l’opération Pirelli a révélé que les acquisitions chinoises en Italie ont totalisé 10 milliards d’euros en cinq ans (sur un total de 13 milliards d’euros d’investissements). Un tiers des achats étrangers en Italie sont chinois. L’objectif est de faire de l’Italie « la première destination européenne pour les investissements très convoités de la Chine ».

Aujourd’hui, la Chine cherche à contrôler les infrastructures du sud de l’Europe. Elle a déjà obtenu une licence pour gérer le plus grand port maritime de Grèce, le port du Pirée à Athènes, dont Pékin veut faire le plus grand port commercial d’Europe.

Puis elle a commencé son expansion dans les ports italiens, où quatre grands ports sont également en ligne pour les investissements chinois. Zeno D’Agostino, le président du port du nord de Trieste, a déclaré que « la Chine s’ouvre parce qu’elle se sent forte ».

La politique de conciliation de l’Italie à l’égard de la Chine s’est manifesté au cours des premiers jours de la crise du virus de Wuhan.

Le 21 janvier, le ministre italien de la Culture et du Tourisme a accueilli une délégation chinoise pour un concert à l’Académie nationale de Santa Cecilia afin d’inaugurer l’année de la culture et du tourisme Italie-Chine.

Michele Geraci, l’ancien sous-secrétaire au développement de l’Italie, n’était pas sûr que ce soit une bonne idée. « Sommes-nous sûrs de vouloir faire cela ? », a-t-il demandé en regardant ses collègues. « Devrions-nous être ici aujourd’hui ? ».

Quelques jours plus tard, dans de nombreuses villes italiennes, telles que Florence et Prato, où se trouve les bastions de l’industrie manufacturière chinoise, les maires et les communautés locales ont promu l’initiative «embrasser un Chinois» afin de lutter contre la xénophobie et le racisme.

À Rome, le président italien, Sergio Mattarella, a visité une école qui compte un pourcentage élevé d’élèves chinois pour lutter contre la «discrimination» et Nicola Zingaretti, le chef du parti démocratique, a rencontré l’ambassadeur chinois à Rome.

Pendant ce temps, les télévisions italiennes ont organisé des dégustations en direct de produits chinois. C’était l’erreur initiale fatale de l’Italie : combattre le racisme au lieu du virus qui, quelques jours plus tard seulement, allait dévaster le pays.

La Chine a réussi à laver le cerveau de l’opinion publique italienne.

Dans un sondage publié le 17 avril, 50 % des Italiens considèrent la Chine comme un «ami» (seulement 17 % des Italiens en disent autant des États-Unis). Pour ce qui est de la course à la puissance mondiale dans laquelle l’Italie devrait s’allier aux USA, la Chine devance les États-Unis de 36 à 30 %.
Le ministre italien des affaires étrangères, Luigi Di Maio, a accueilli un avion chargé de fournitures médicales chinoises le 12 mars. « Nous nous souviendrons de ceux qui nous ont été proches dans cette période difficile », a déclaré M. Di Maio. Ce n’est pas nécessaire, la Chine ne manquera pas de le leur rappeler.

Walter Ricciardi, conseiller auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du gouvernement italien, a tweeté : « Merci la Chine ! ».

Nous savons maintenant que le régime chinois a trompé le monde sur la contagiosité du virus de Wuhan, qu’il a stocké des fournitures médicales. Comme l’a écrit le rédacteur en chef du BILD allemand dans une lettre adressée au président chinois Xi :

« Je suppose que vous considérez comme une preuve de grande «amitié» le fait d’envoyer généreusement des masques dans le monde entier. Ce n’est pas de l’amitié, j’appellerais cela de l’impérialisme caché derrière un sourire – un cheval de Troie ».

Pas un seul ministre ou fonctionnaire italien n’a reproché à la Chine de dissimuler l’épidémie ou de faire «disparaître» des témoins.

« Pour la première fois depuis de nombreuses années, les pays occidentaux se sont unis pour demander à la Chine des éclaircissements sur la façon dont le virus de Wuhan est né puis s’est propagé », a écrit Paolo Mieli en première page d’un éditorial du plus grand journal italien, Il Corriere della Sera. Mieli a mentionné les États-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne.

« Le grand absent? L’Italie, le seul pays du monde occidental à avoir accueilli avec un feu vraiment excessif un demi-million de masques qui nous ont été envoyés (contre rémunération) de Chine ».

L’industrie textile italienne, de renommée mondiale, a été l’une des principales victimes de l’expansion de la mondialisation menée par le dumping économique malhonnête de la Chine.

La Chine a réduit l’Italie à servir de marche qui l’aide à diffuser et à mettre en œuvre sa propagande et sa volonté de puissance. Comme l’a écrit l’analyste italien Francesco Galietti, l’Italie va devenir « la cible d’une « offensive de charme » chinoise, une combinaison de hard cash et de « soft power », d’argent et d’influence ». Il cite en exemple la Banque populaire de Chine :

« Elle a régulièrement accumulé des participations supérieures à 2 % (le seuil de divulgation en Italie) dans une série de grandes sociétés italiennes détenues par des actionnaires, dont FCA (le groupe Fiat Chrysler), Telecom Italia et Generali Group, le plus grand assureur italien ».

La Chine a également investi dans des entités énergétiques italiennes stratégiques telles que Eni et Enel et le groupe italien de services pétroliers Saipem.

Cette pénétration économique aura également d’immenses conséquences en matière de sécurité. Au cours des premiers jours de l’épidémie du virus de Wuhan, l’Italie, attirée par la promesse d’un investissement de 3 milliards de dollars de Huawei dans son système de télécommunications, a annoncé qu’elle n’avait pas l’intention d’empêcher les entreprises de télécommunications chinoises de jouer un rôle dans le futur réseau 5G du pays. Il s’agit d’un projet que le procureur général des États-Unis, William P. Barr, a défini comme un « danger monumental ».

« Les effets géopolitiques de la pandémie pourraient être importants », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. « Certains alliés (sont) plus vulnérables dans des situations où les infrastructures critiques peuvent être vendues » à cause d’une «frénésie d’achats» chinoise ».

Le secrétaire américain à la défense, Mark Esper, a également averti que la Chine exploitera le virus « pour servir ses propres intérêts et tenter de semer la division au sein de l’Alliance et en Europe ».

L’Italie est la plus vulnérable à cette offensive chinoise. Elle est l’un des pays les plus endettés au monde et a une croissance économique proche de zéro.

C’est aussi l’un des gouvernements les plus instables et les plus fragiles d’Europe et l’un de ceux qui ont enregistré le plus grand nombre de décès dus au virus de Wuhan, une expérience qu’une infirmière italienne a comparée à une «guerre mondiale».

L’Italie est aujourd’hui le malade de l’Europe.

En raison de la crise chinoise du virus de Wuhan, le pays va connaître un effondrement de son PIB (-9,5 %) et l’explosion de sa dette publique qui est fixée à 160 % du produit intérieur brut — la plus élevée depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pékin le sait et affirme que « l’Italie a de nombreux problèmes économiques, l’Europe est en crise et l’Initiative ceinture et route est le seul grand plan d’investissement mondial ».

« La possibilité que l’Europe devienne un musée ou un parc d’attractions culturelles pour les nouveaux riches de la mondialisation n’est pas totalement exclue », a déclaré le regretté historien Walter Laqueur. La chute spectaculaire de Rome pourrait signifier la montée tout aussi spectaculaire de Pékin.

C’est un avertissement important pour l’Occident.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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