Publié par Magali Marc le 12 mai 2020

Dernièrement, je suis tombée par hasard sur un canal qui diffusait le film The Thomas Crown Affair dans sa version de 1968, celle de Norman Jewison, un réalisateur canadien auquel on doit des films tels que Le Kid de Cincinnati, Fiddler on the Roof ou même Jesus Christ Superstar, des films incontournables des années soixante. Je n’ai pu m’empêcher d’y voir le début des leçons de morale anti-capitalistes qui, à mon avis, ont commencé durant cette décennie très particulière du Flower Power et de l’Interdit d’Interdire.

Dans la première version de l’Affaire Thomas Crown, Steve McQueen, l’acteur le plus populaire de cette période du cinéma, joue le rôle d’un millionnaire que la vie d’homme riche ennuie et qui décide de faire braquer des banques par des individus qui ne se connaissent pas.

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À l’époque, Steve McQueen s’était surtout fait connaître par le rôle qu’il jouait dans la série télévisée Au Nom de la Loi (Wanted Dead or Alive) où il était un anti-héros chasseur de primes. Il avait connu un franc succès avec Le Kid de Cincinnati (1965), dans lequel il tenait aussi le rôle-titre, et il connaissait déjà le réalisateur Norman Jewison.

McQueen a du convaincre Jewison qu’il pouvait jouer le rôle de Thomas Crown, et il était ravi de jouer un rôle, inhabituel pour lui, de dandy millionnaire fréquentant les milieux huppés.

McQueen remplaçait Sean Connery, pressenti par Jewison, mais qui avait refusé et s’en est mordu les doigts par la suite.

Sean Connery, devenu célèbre en jouant le rôle de James Bond, l’agent 007 dans une série de films à succès, semblait probablement avoir plus de classe que Steve McQueen.

Le film de Jewison, dont certaines scènes sont trop longues, insiste surtout sur l’histoire d’amour entre Thomas Crown et le personnage joué par Faye Dunaway.

La critique du capitalisme est sous-entendue.

Elle deviendra plus évidente avec le film Wall Street, tourné 20 ans plus tard (1987), dans lequel Michael Douglas joue le rôle de Gordon Gekko, un méchant capitaliste prédateur qui s’enrichit en effectuant du «corporate raiding» qui consiste à acheter des parts dans une entreprise dans le but de modifier le cours de ses actions puis de la vendre et ainsi réaliser un profit, sans égard pour les travailleurs.

La deuxième version de L’Affaire Thomas Crown fut tournée en 1999 par John McTiernan.

Thomas Crown est cette fois joué par Pierce Brosnan (un acteur ayant repris le rôle de James Bond après Roger Moore).

Connu pour ses films d’action (Predator, Piège de cristal, À la poursuite d’Octobre Rouge, Last Action Hero, les films de la série Die Hard), McTiernan a en fait été recruté par Pierce Brosnan, le producteur de cette deuxième version .

McTiernan a décidé que le personnage de Thomas Crown devait être mieux apprécié des spectateurs: il ne va donc voler qu’une œuvre d’art, le très beau tableau Saint-Georges-Majeur au crépuscule de Claude Monet (1908) plutôt que de braquer deux banques comme le personnage incarné par Steve McQueen dans le film original.

Cette version de L’Affaire Thomas Crown revue et corrigée par McTiernan est plus dynamique, plus intéressante. En particulier, la scène de la chasse aux hommes en chapeau melon, soulignée par la chanson Sinnerman chantée par Nina Simone est une scène d’anthologie.

Toutefois, le thème récurrent de l’homme d’affaire richissime qui commet des actes illégaux pour tromper son ennui est repris par McTiernan.

C’est encore cette vision gauchiste du capitalisme dans laquelle les hommes d’affaires s’enrichissent sans faire beaucoup d’effort, agissent comme des enfants gâtés et ne pensent qu’à avoir du bon temps et à séduire les femmes.

Conclusion

Je crois que des films comme l‘Affaire Thomas Crown ont contribué à paver la voie des gauchistes d’Hollywood qui ne demandent pas mieux que de produire des films dans lesquels les politiciens, les agents de renseignements et les hommes d’affaires sont pourris, corrompus. Et je ne parle pas du nombre de films dans lesquels le FBI ou la CIA commettent des actes illégaux, voire des meurtres (All the President’s Men, Three Days of the Condor, etc.)

Il y aussi des films dans lesquels les cambrioleurs sont sympathiques et guère plus malhonnêtes que les gens richissimes et puissants qu’ils volent, exemple: la trilogie des Ocean’s Eleven, Twelve, Thirteen).

Sans compter les séries policières à la télévision dans lesquelles les responsables des hauts échelons de la CIA, le FBI et la NSA sont souvent aussi pourris que leurs maîtres politiques.

Tout cela entretient un certain cynisme dans la population, ce qui explique pourquoi les Américains, n’ont aucun mal à croire que les Comey, McCabe, Strzok, Mueller ont menti effrontément au Congrès, aux juges de la FISA et au public.

Ils ont été bien préparés par Hollywood à trouver normal qu’ils s’en tirent.

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