Publié par Magali Marc le 14 mai 2020

Le soldat, sergent de première classe Amit Ben-Yigal, était membre du bataillon de reconnaissance Golani, qui menait une série d’arrestations dans le village de Yabed en Cisjordanie, à l’ouest de Jénine, mardi matin le 12 mai. Alors que les troupes s’apprêtaient à quitter le village à pied après les arrestations sans heurts de plusieurs terroristes, un groupe d’une dizaine de jeunes palestiniens ont commencé à leur jeter des pierres. Le sergent-chef Amit Ben-Yigal a levé un moment la tête pour voir d’où venaient les pierres qui étaient lancées sur la patrouille de Tsahal. C’est alors qu’il a été touché en plein visage par un lourd bloc de pierre jeté du troisième étage.

Pour les Lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article d’Emmanuel Miller, paru sur le site de Honest Reporting, le 12 mai.

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Selon le New York Times, Un soldat israélien a été tué par un rocher

Quelques jours à peine après que le New York Times ait publié un article sur les efforts déployés par les experts de l’armée israélienne pour sauver des vies dans la lutte contre le virus de Wuhan, qui commençait par « la branche Recherche et Développement du Ministère de la Défense israélien est surtout connue pour ses méthodes de pointe pour tuer des gens et faire exploser des choses », le Times a bâclé un autre article publié à l’origine dans les médias sociaux.

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Bien qu’il ait fait l’objet d’un examen approfondi, le journaliste en question, David Halbfinger, a décrit le meurtre d’un soldat israélien (…) comme suit :

« Un soldat israélien de 21 ans a été tué tôt mardi lorsqu’il a été frappé à la tête par une pierre lourde alors que son unité achevait une mission d’arrestation de nuit dans un village palestinien près de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, a déclaré l’armée ».

La phrase a été copiée intégralement par le personnel des médias sociaux du Times, qui l’a utilisée comme texte accompagnant les messages des médias sociaux sur Twitter et Facebook, amplifiant encore l’effet.

Les journalistes ont la responsabilité de rendre compte des événements de manière précise et équitable. Les reporters ont le devoir de partager tous les faits. Les rochers ne frappent pas les gens d’eux-mêmes, tout comme les voitures ne foncent pas d’elles-mêmes sur les gens.

Le fait de ne pas qualifier directement et clairement cet acte de mortellement violent est inexcusable, quel que soit le niveau du journaliste, et certainement pour les journalistes travaillant pour un journal de l’importance du New York Times.

Le rocher n’a pas simplement frappé le soldat par lui-même.
Il a été lancé d’une certaine hauteur et a frappé le soldat avec une grande force.

Les journalistes n’ont pas écrit « Les tours jumelles implosent après la collision d’avions sur le World Trade Center ». Les journalistes ne disent pas « Un homme mort avec un couteau dans le cœur ».

C’était un acte délibéré, et il doit être qualifié comme tel.

Bien sûr, les reporters peuvent se justifier, avec raison, en disant qu’ils ne peuvent mentionner que ce qui est connu. Dans ce cas, on sait qu’un soldat est mort après avoir été frappé par un rocher. L’identité de l’assaillant n’est pas encore connue.

Mais ce serait passer à côté de la situation dans son ensemble : (…) la pratique journalistique selon les normes professionnelles consiste à inclure l’affirmation de l’Armée Israélienne décrivant le fait que ce rocher particulier a été lancé par un membre d’une bande de jeunes Palestiniens. Pourquoi Halbfinger a-t-il estimé que cela ne méritait pas d’être mentionné ?

Avec deux défaillances de ce genre survenues en l’espace de quelques jours, il est clair que les journalistes doivent plus que jamais prendre soin d’écrire leurs premiers paragraphes.

Tout d’abord parce que ce sont les toutes premières phrases d’un article, qui sont lues par un nombre plus important de personnes que les derniers paragraphes, que seul un faible pourcentage lira.

Deuxièmement parce que ces phrases sont souvent susceptibles d’être copiées dans les médias sociaux, où elles prennent alors un statut similaire à celui des titres : Elles sont vues par beaucoup, beaucoup plus de personnes et ont donc une plus grande conséquence et un plus grand impact que le reste de l’article.

Un titre, un paragraphe de tête, un message de média social ont un impact limité, mais une suite d’un certain nombre d’entre eux va contribuer à former la compréhension du public de la situation dans son ensemble.

Dans ce cas, le message que beaucoup de lecteurs recevront est qu’Israël est un acteur violent, et que lorsque des soldats israéliens meurent, c’est à cause de pierres mystérieuses, tombées par magie et lancées par… personne.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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