Publié par Thierry Ferjeux Michaud-Nérard le 19 mai 2020

Opex360, les crises : « La Chine exhorte la France à annuler un contrat pour moderniser les frégates de Taïwan. En avril, le ministère taïwanais de la Défense a confirmé une information révélée par la presse selon laquelle il envisageait de moderniser les systèmes lance-leurres AMGL-1C Dagaie Mk2 installés à bord de ses six frégates légères furtives [FLF] de la classe La Fayette, acquises au début des années 1990, dans des conditions qui défrayèrent la chronique avec l’affaire dite des frégates de Taïwan.

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« Le système de lance-leurres des frégates de classe Kang Ding [classe La Fayette, ndlr] de la marine peut efficacement améliorer la survie des navires face à la menace des missiles ennemis« , a justifié le ministère, sans donner plus de détails, si ce n’est le coût de cette modernisation estimé à 800 millions de dollars taïwanais [24 millions d’euros].

Ce marché, qui porte au minimum sur 12 systèmes de lance-leurres, aurait été attribué au groupe français DCI-DESCO en sa qualité de maître d’œuvre. La modernisation des Dagaie Mk2, avance Naval News, serait confiée à l’entreprise Étienne Lacroix, très en pointe dans ce domaine avec ses réflecteurs angulaires Sealem [contre les systèmes de guidage radar] et ses leurres Sealir [pour l’infrarouge].

Seulement, dès qu’il est question de vendre ne serait-ce qu’une cartouche de 5,56 mm à Taïwan, la Chine voit rouge, étant donné qu’elle considère l’île comme une province rebelle et qu’elle n’a pas renoncé à la force pour la faire rentrer dans le rang. Et la modernisation des frégates Kang Ding, aussi modeste soit-elle, n’a pas échappé à Pékin qui a exhorté Paris à renoncer à ce marché, comme ce fut le cas lors de la vente des six navires ou encore lors de la livraison de 60 Mirage 2000 aux forces aériennes taïwanaises.

« La Chine a exprimé sa vive inquiétude à la France« , a fait savoir le ministère communiste chinois des Affaires étrangères, via un communiqué transmis à l’AFP. « Nous sommes opposés à toute vente d’armes ou échange militaire ou sécuritaire avec Taïwan« . Et de conclure, sur le ton de la menace : « Nous exhortons la France à annuler son projet de vente d’armes à Taïwan, afin d’éviter de nuire aux relations sino-françaises. »

L’an passé, à la même époque, le passage de la frégate de surveillance française Vendémaire dans le détroit de Taïwan, à l’occasion d’une mission FONOP [Freedom of navigation], avait donné lieu à un incident entre Paris et Pékin. Un « navire français a pénétré dans les eaux territoriales chinoises sans autorisation. L’armée populaire de libération communiste a envoyé des bateaux de guerre conformément à la loi afin d’identifier le navire français et lui intimer l’ordre de partir« , avait dit Ren Guoqiang, le porte-parole du ministère chinois de la Défense. À Paris, on fit valoir que la France n’avait fait que « réaffirmer son attachement à la liberté de navigation, conformément au droit de la mer » et de rappeler que la Marine française « transite en moyenne une fois par an dans le détroit de Taïwan, sans incident ni réaction. » Source : Opex360

HuffPost : La France a rejeté les critiques de la Chine sur un contrat d’armement avec Taïwan ! La Chine a exhorté la France à annuler ce contrat d’armement, soulignant qu’une telle transaction vers cette île revendiquée par Pékin et dirigée par un gouvernement rival pourrait « nuire aux relations sino-françaises« . Le contrat porte sur des équipements pour des frégates françaises vendues à la marine de Taipei en 1991.

L’affaire avait provoqué une grave crise diplomatique entre Paris et Pékin. « La déclaration franco-chinoise de 1994 : la France met en œuvre la politique d’une seule Chine et continue d’appeler au dialogue entre les deux rives du détroit« , souligne-t-on au Quai d’Orsay. Taïwan est un sujet ultra-sensible pour Pékin qui considère l’île, peuplée de 23 millions d’habitants, comme l’une de ses provinces. Pékin fustige toute relation officielle entre des pays étrangers et Taipei, des échanges qu’il assimile à un soutien au séparatisme taïwanais. Pendant des années, Taipei a été considéré comme le représentant officiel de la Chine, jusqu’à ce que les Nations unies basculent vers Pékin en 1971. L’île n’est reconnue que par 15 États dans le monde, pour la plupart des nations pauvres d’Amérique latine et du Pacifique. Le Vatican reste le dernier en Europe.

« La France respecte strictement les engagements contractuels qu’elle a formés avec Taiwan et n’a en rien changé sa position depuis 1994« , a souligné le ministère français des Affaires étrangères. En 1991, la France avait signé la vente de six frégates à Taïwan pour un montant de 2,8 milliards de dollars, provoquant une glaciation des relations diplomatiques franco-chinoises. La marine taïwanaise a indiqué le 7 avril 2020 dans un court communiqué qu’elle comptait moderniser ces frégates de fabrication française Lafayette.

Une source proche du dossier a confirmé à l’AFP qu’un contrat a été passé par le ministère taïwanais de la Défense pour la modernisation du système de lanceur de leurres Dagaie qui équipe les six frégates.

Un lanceur de leurres est un système utilisé pour éviter d’être frappé par un missile ennemi. D’après des médias taïwanais, qui citent un site internet gouvernemental taïwanais, le coût de la transaction serait de plus de 800 millions de dollars taïwanais (24,6 millions d’euros). Source : HuffPost

Si on en croit Jean-François Revel, adapté de Comment les démocraties finissent, la menace de la dictature chinoise contre la France pour annuler un contrat sur les frégates de Taïwan est un classique du répertoire communiste ! Il consiste à démontrer que le surarmement de la Chine est une fausse impression, une marque d’amour pour la paix, alors que les velléités de la France de moderniser les frégates de Taïwan sont des provocations bellicistes. Le diktat de la dictature chinoise est : « Nous sommes les plus forts et nous entendons le rester« . Ce qui compte, a écrit Lénine, c’est d’être le plus fort. Et de vaincre au moment décisif dans le lieu décisif. Ce qui compte, pour la dictature chinoise, c’est qu’elle est en mesure d’imposer chaque jour davantage sa volonté politique. La Chine est présente sur tous les continents. Elle a fortement établi sa domination et son influence, comme sur l’OMS et sur l’ONU, sur des pays de plus en plus nombreux !

C’est pourquoi la Chine parvient, dans la plupart des affrontements politico-économiques, à faire plier les démocraties occidentales. Quant aux actes qui élargissent la sphère de la Chine communiste, l’Occident n’est pas capable de les prévenir grâce à une supériorité politico-militaire dissuasive, aujourd’hui perdue, ni de les sanctionner par des mesures de rétorsion économiques, dont la seule évocation divise les démocraties.

Déjà, lorsque le secrétaire général du Parti communiste français se rendit en visite politique partisane très politicienne à la Réunion, département français de l’océan Indien, il proposa tout naturellement de faire de l’océan Indien une zone de paix, ce qui chez lui ne pouvait avoir qu’un seul sens : promouvoir l’Anti-France !

Il voulait l’évacuation de l’océan Indien par toutes les forces aéronavales françaises et américaines, invitées à faire place nette en faveur de la seule flotte soviétique, unique garante de la paix du Goulag ! Il est clair que l’URSS était aux yeux des lâches la seule puissance dont le comportement ait été pacifique depuis des années (???) et que le désarmement ne saurait s’entendre que dans le sens du désarmement occidental.

Aussi bien, la question examinée ici est de savoir, non pas s’il faut maintenir la paix, mais comment les communistes chinois manipulent les slogans de paix pour continuer la guerre. Le conseil que la dictature communiste chinoise donne à Taïwan consiste à lui commander de ne pas résister aux agressions chinoises !

La Chine veut marquer les esprits des gouvernements capitalistes bourgeois, de la presse, et des opinions publiques, par cette fiction de la dictature communiste chinoise qui ne serait menaçante ou ne le deviendrait que si elle se sentait moralement attaquée, notamment par les frégates de Taïwan. Ben voyons !

Cette propagande finit par imposer cette évidence que la responsabilité des tensions susceptibles de nuire aux relations sino-françaises incomberait à l’Occident. Tout ami de la paix doit exercer des pressions sur la France pour qu’elle impose les réductions d’armements des frégates à Taïwan qui seraient susceptibles d’induire la dictature communiste chinoise à l’escalade politico-militaire. Dans les pays démocratiques, le Parti communiste chinois peut manipuler et menacer les gouvernements occidentaux, au besoin avec le soutien de commissaires politiques placés auprès d’eux. Ils peuvent en outre agir indirectement sur ces gouvernements par le canal des opinions publiques et de la presse. Aucun mouvement de masse d’origine occidentale ne saurait être lancé en Chine communiste pour pousser le Parti au désarmement unilatéral. Aucun parlement chinois n’est là pour refuser ou rogner les crédits militaires demandés par le ministère de la Défense à Pékin.

C’est à Lénine, et à la fondation de la Chine communiste, que remonte le principe que la guerre révolutionnaire exprime une loi de l’histoire. Le pacifisme social-démocrate ne représente qu’une imitation du pacifisme bourgeois, écrit Lénine. Tous les artifices oratoires bourgeois-pacifistes et social-pacifistes contre le militarisme et la guerre ne sont que des illusions et des mensonges. Et en octobre 1914 : « Le mot d’ordre de paix serait erroné en ce moment. La guerre civile, tel est le mot d’ordre prolétarien » (Lettre à Chliapnikov). Et dans un article de 1916, écrit de Suisse : « Les socialistes ne peuvent pas être contre toute guerre sans cesser d’être socialistes. Ils ne peuvent jamais être les adversaires de la guerre révolutionnaire. » Jamais les communistes ne se sont écartés de ce dogme dans la pratique révolutionnaire. Mais dans la propagande communiste pour déséquilibrer les démocraties, il en va autrement. Le désir de paix des démocraties devient un levier dont la dictature chinoise se sert pour amener les démocraties à croire que »renoncer à se défendre est le meilleur moyen d’éviter la guerre« . Les démocraties pacifistes vont se percevoir comme les agresseurs en puissance et elles en concluent qu’en se dépouillant de leurs propres moyens de défense elles écarteront tout danger de guerre dans un monde dominé par la dictature chinoise. Les Chinois se sont avisés très tôt des ressources que leur offrait une telle disposition d’esprit pacifiste pour menacer la France et faire annuler le contrat pour moderniser les systèmes lance-leurres AMGL-1C Dagaie Mk2 sur les frégates de Taïwan !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Dreuz.info.

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