Publié par Thierry Ferjeux Michaud-Nérard le 20 mai 2020

Script du film de Spielberg : La télévision montre les corps des onze athlètes assassinés. Les athlètes olympiques sont arrivés ce matin à l’aéroport de Lod. D’énormes foules se sont rassemblées Rue Dizengoff et à Jérusalem et sur la place devant la Knesset. Les gens pleurent, déchirent leurs vêtements… Les funérailles auront lieu demain à Jérusalem, des dizaines de milliers de personnes en deuil sont attendues.

La télévision montre les noms des membres de l’équipe israélienne qui participait aux Jeux olympiques de Munich qui ont été pris en otage, brutalisés et finalement assassinés par des terroristes arabes. Pendant que la télévision annonce chaque nom, la photo du visage de l’athlète apparaît à l’écran. Avner répète chaque nom doucement et sans bruit, après chaque annonce. Daphna, l’épouse d’Avner : Que va-t-il arriver ? Ce n’étaient que des athlètes. Ils sont allés aux Jeux olympiques. Regarde ce qu’il s’est passé pour eux. Et maintenant ?

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Le Premier ministre Golda Meir tient fermement à la politique de son gouvernement qui est de refuser de négocier avec les terroristes. Elle dit qu’aucun Israélien partout sur terre ne sera jamais en sécurité si elle cède, bien que le gouvernement sache qu’il y a une pression énorme des familles des otages pour négocier.

Golda Meir : C’est la même chose qu’Eichmann. Nous disons à ces bouchers : « Vous ne voulez pas partager ce monde avec nous, alors nous n’avons pas à partager ce monde avec vous. » Il y a une légitimité à cela.

Embuscade des terroristes et un nouveau massacre alors que le reste du monde en est à jouer à des jeux, avec des torches olympiques et des fanfares quand des juifs sont morts en Allemagne. Et le monde entier ne pouvait pas moins s’en soucier ! Le Comité International Olympique confirme maintenant la décision de ne pas annuler les compétitions pour permettre aux Jeux de continuer…

Golda Meir : Ces gens… Ils ont juré de nous détruire. Oubliez la paix pour l’instant. Nous devons leur montrer que nous sommes forts. Nous avons des lois, nous représentons la civilisation. Certaines personnes disent que nous ne pouvons pas nous permettre d’être civilisés. J’ai toujours résisté à de telles personnes.

Mais je ne sais pas qui sont ces maniaques ni d’où ils viennent. Des Palestiniens ? Qui sont les Palestiniens ? Il n’existe pas de telles personnes. Ils ne sont pas… reconnaissables.

À vous de me dire, quelles lois protègent des gens comme ça ? Aujourd’hui je l’entends avec de nouvelles oreilles. Chaque civilisation juge nécessaire de négocier des compromis avec ses propres valeurs.

Mais j’ai pris une décision. Cette responsabilité est entièrement la mienne.

Général Zamir : Le chef du Mossad, deux généraux et le Premier ministre. Évidemment c’est important !

Général Yariv : C’est quelque chose de nouveau. Ce qui est arrivé à Munich change tout. Les règles, tout…

Général Zamir : Nous voulons vous demander, voulez-vous entreprendre une mission ? Une importante mission. Vous devrez quitter le pays et votre famille. Peut-être pour années…

Général Yariv : Et c’est dangereux !

Général Zamir : Vous ne pouvez en parler à personne, pas même à votre femme.

Général Yariv : Vous pouvez mourir loin de la maison, et personne ne saura où vous êtes enterré.

Général Zamir : Avez-vous des questions ?

Général Nadav : Pas de questions ? Avons-nous signalé comme c’est dangereux ?

Général Zamir : Quelle est votre réponse ?

Mike Harari : Onze garçons juifs non armés, dépecés. Voilà l’histoire juive. C’est un lourd fardeau.

Général Nadav : Si nous ne répondons pas, s’ils pensent que nous sommes faibles, il y aura un autre Munich chaque année. Voilà, vous voyez. Irréfutable. Un nouveau Munich, chaque année. Encore et encore. Nous ne pouvons pas être faibles.

Général Zamir : Demain matin. Si vous ne pouvez pas décider en un jour, vous ne décidez pas.

Ephraïm : C’est bon signe que vous n’avez pas posé de questions. Vous direz oui.

Je suis votre responsable dans cette mission Je m’appelle Ephraïm…

Jean-Patrick Grumberg, Dreuz.info : « Le 16 mai 1916, Mark Sykes et François Picot signaient un accord pour gérer une terre sans nations ni peuple : la Palestine ». Avec la chute du califat ottoman lors de la Première Guerre mondiale, les musulmans et les juifs d’une région sans nations ont été dotés de nouveaux États. Il y a 104 ans, il n’y avait pas de nation appelée Liban, il y avait juste une chaîne de montagnes avec ce nom. Il n’y avait pas de Jordaniens, d’Irakiens ou de Libanais, ces nationalités n’existaient pas. Il y a 104 ans, il n’y avait pas de pays appelé Jordanie, Irak ou Syrie, tels que nous les connaissons aujourd’hui.

Ces pays n’existaient pas encore. Israël non plus. Il n’y avait pas d’endroit sur la planète portant le nom d’Arabie Saoudite parce que la tribu qui porte ce nom n’était pas encore au pouvoir. Il n’y avait pas non plus de Qatar, de Koweït, ni même d’Émirats arabes unis. Toutes ces terres étaient des provinces de l’Empire ottoman depuis 1516. Durant les décennies avant sa chute, l’Empire ottoman avait perdu le contrôle de la plupart de ses territoires. La Grande-Bretagne prit le contrôle du protectorat d’Aden (1939), d’Oman (1861), des chefferies du Golfe arabe (1820) et du Koweït (1899). Le 16 mai 1916, le Royaume-Uni et la France se sont entendus sur l’accord secret Sykes-Picot qui divisa le Moyen-Orient selon des lignes qui servirent principalement de base aux frontières des États d’aujourd’hui. Le narratif des médias donne l’illusion, en mentant par omission, que tous les pays de la région étaient là depuis les temps les plus anciens, et qu’Israël a été greffé comme une pièce rapportée, illégitime, pas à sa bonne place, et qu’il doive être supprimé, et les terres doivent être rendues à son juste propriétaire. Sauf qu’il n’existait aucun propriétaire il y a 104 ans.

Il n’y avait pas d’État à qui appartenaient ces terres, ni aucun peuple qui y vivait. L’État ottoman a été anéanti sans avoir jamais créé d’États en Palestine et au Moyen-Orient, mais des provinces. Les habitants ne vivaient pas comme un peuple constitué peuplant ses terres. N’étant ni un peuple, ni une nation, ils n’avaient aucune revendication. Ils n’avaient jamais demandé d’autonomie, et encore moins la création d’un pays.

Rien. Jusqu’à ce que les Juifs recréèrent le leur. Depuis, ils ont inventé la Nakba qui n’existe pas, le peuple palestinien qui n’était rien, l’État de Palestine et Jérusalem, qui aurait toujours été leur lieu essentiel. »

Ruth Gavison, Fabienne Bergmann, Les Temps Modernes : « Plaidoyer pour le droit à un État juif. Est-il possible de justifier l’existence d’un État juif ? Israël ne perdurera en tant qu’État juif que s’il est défendu tant moralement que physiquement. Seul un État dont ses citoyens sont capables de justifier l’existence peut espérer se maintenir. La capacité de fournir une argumentation rationnelle pour défendre le principe d’un État juif a une importance vitale pour la survie d’Israël à long terme. Ceux qui dénient la légitimité d’Israël comme État juif sont proches des partisans d’une idéologie radicale qui tiennent pour immorale toute revendication nationale ou qui affirment que le judaïsme n’est qu’une religion qui n’a pas droit à une expression nationale. »

ledevoir.com : « Quand des intellectuels réclament la destruction d’Israël !

Il est difficile de convaincre les Israéliens d’accepter un compromis territorial alors qu’ils sont entourés de groupes armés qui réclament leur anéantissement et la destruction de l’État d’Israël.

Gilles Bibeau et Lorraine Guay, appuyés par un certain nombre d’intellectuels, se servent de la condamnation par la communauté internationale de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël par les États-Unis pour s’en prendre à la légitimité de l’État d’Israël. Le sionisme repose sur une idée très simple : créer un État-nation pour le peuple juif sur la terre d’Israël/Palestine.

Le sionisme repose sur une mythologie nationale au même titre que tous les nationalismes. Mais nier que cette terre constitue le berceau de l’identité juive est tout simplement grotesque. Bien sûr, le sionisme a commis son lot de crimes, tout comme les autres nationalismes, mais la caricature qu’en font Gilles Bibeau et Lorraine Guay est navrante. Au tournant du XXème siècle, les Juifs étaient un peuple sans patrie et persécuté. Ils étaient dans un « état de nécessité » (que tous les systèmes juridiques du monde moderne reconnaissent) qui justifie certains actes répréhensibles en temps normal, comme accaparer une partie d’un territoire habité.

S’ils ne l’avaient pas fait, 500 000 Juifs qui ont pu se réfugier en Palestine avant la Seconde Guerre mondiale auraient probablement péri. En réalité, le conflit israélo-palestinien oppose deux légitimités.

Quant aux intentions malveillantes du mouvement sioniste, qui aurait planifié le nettoyage ethnique des Palestiniens dès ses débuts, force est de constater que cette affirmation est aussi excessive que le reste.

L’idée d’un État binational, défendue par l’extrême gauche pro-palestinienne, est à l’origine une idée sioniste. Ben Gourion, le principal père fondateur de l’État d’Israël, l’a défendue avant d’y renoncer dans les années 30, car les nationalistes palestiniens craignaient que les Juifs n’y deviennent majoritaires.

Quant au nettoyage ethnique de plus de 700 000 Palestiniens lors de la première guerre israélo-arabe, aucun argument ne le justifie. Ces expulsions eurent lieu au cours d’une guerre déclenchée par les Palestiniens eux-mêmes afin d’empêcher la mise en place du plan de partage des Nations unies. Cette guerre tua 1 % de la population israélienne et en déplaça 10 %. À l’époque, toute population hostile (ou perçue comme telle) était expulsée ou réprimée. Les attentats du Hamas et alliés (le Hezbollah, le Djihad islamique, etc.) ont décimé le camp de la paix israélien. Il est donc difficile de convaincre les Israéliens d’accepter un compromis territorial alors qu’ils sont entourés de groupes armés qui réclament leur destruction.

Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) de l’État d’Israël ne veut pas créer un État palestinien mais la liquidation de l’État d’Israël avec le droit au retour illimité des réfugiés palestiniens qui aurait pour effet de réduire les Juifs au rang de minorité au sein même de l’État hébreu. Cette revendication est illégale, les résolutions onusiennes qui admettent la légitimité des revendications des réfugiés palestiniens reconnaissent à Israël le droit d’exister en tant qu’État juif. Il faut trouver un juste équilibre entre ces droits qui s’opposent, ce qui implique la nécessité de trouver un compromis sur la question des réfugiés que BDS rejette.

lexpress.fr : La vocation d’Israël : L’adoption de la Loi fondamentale sur « l’État-nation » marque un tournant historique dans la vocation de la nation que Ben Gourion et les pères fondateurs voyaient comme un État de droit, dans lequel devait exister une « complète égalité de droits sociaux et politiques » accordés à « tous les citoyens sans distinction de race, de croyance ou de sexe ».

Dans un État qui ne dispose pas d’une Constitution organique et dont les fondements démocratiques reposent sur une Déclaration d’Indépendance magistrale, la démarche de la Loi fondamentale sur « l’État-nation » souhaitée depuis de longues années par la droite israélienne recouvre une importance particulière.

Le Parlement israélien a défini le pays comme « l’État national du peuple juif où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique » et a spécifié que « le droit d’exercer l’autodétermination au sein de l’État d’Israël est unique au peuple juif« . La nouvelle Loi fait mention de l’hébreu comme seule langue officielle, alors que l’arabe était précédemment admis avec un statut égalitaire (puisque aucun texte n’était nommément limitatif en la matière). La langue des Palestiniens relèvera d’un « statut spécial », ce qui ne l’empêchera pas de rester en usage dans les documents officiels, les règlements, les décisions administratives et les panneaux de signalisation. Il est précisé (article 7), après un amendement au projet initial (lequel évoquait la possibilité de créer des localités exclusivement réservées à « une communauté de même religion et nationalité »), que « l’État d’Israël considère que le développement des implantations juives relève de l’intérêt national », ce qui induit qu’il « prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt ». Enfin, la Loi proclame Jérusalem comme capitale d’Israël (qui inclut la partie est de la ville). Benjamin Netanyahu a déclaré à l’issue du vote : « C’est un moment décisif dans l’histoire de l’État d’Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau ». De fait, la Loi énonce des principes qui reprennent les fondamentaux d’Israël. La notion de « foyer national du peuple juif » est à l’origine même d’Israël, il n’y a rien de choquant dans cette réaffirmation, pas plus que dans le rappel de l’hymne national (le très beau chant de la Hatikvah, qui signifie « Espoir », écrit en Ukraine à la fin du XIXème siècle), du drapeau bleu et blanc frappé de l’étoile de David, de l’emblème national qu’est la menorah (chandelier à sept branches, prescrit au chapitre 25 du livre de L’Exode).

Ces symboles ont accompagné la survie du peuple juif, de la haute Antiquité à la Shoah, dont le jour de commémoration a force de date nationale. Il n’y a guère plus de nouveauté dans la définition de Jérusalem comme « capitale complète et unie » d’Israël, surtout depuis la reconnaissance par les États-Unis.

Et surtout par la décision d’installer l’ambassade américaine dans la cité sainte, ce qu’a voulu Donald Trump, le Président des États-Unis en décembre 2017.

Israël, a le droit d’exister. Une affirmation nouvelle de la judéité d’Israël : En 1948, alors que la nation naissante tenait à sa part d’utopie, la Déclaration d’Indépendance stipulait que l’État d’Israël « développera le pays au bénéfice de tous ses habitants ». En 2018, après au moins quatre guerres israélo-arabes (1947, 1967, 1973, 1982 et 2006 au Liban, toutes remportées par Israël), sans compter plusieurs opérations militaires à Gaza, la perception de cet État par les Israéliens a changé. Il est vainqueur, fort et armé, la cause palestinienne a reculé (se radicalisant à Gaza). L’État d’Israël est devenu une entité marquée par l’affirmation ethnique, et religieuse, et moins par la vision universaliste. Désormais, la réalité politique d’Israël, en ce qui concerne les implantations, détermine la définition légale de l’État. C’est une affirmation de la judéité d’Israël qui marque un tournant historique dans la vocation que ce pays s’est donnée. (source : lexpress.fr)

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion, le président du Conseil national juif, proclamait l’indépendance de l’État d’Israël.

Ce qui suit est tiré des dialogues du film de Spielberg : Munich. La mère d’Avner parle à son fils :

« Cela a pris beaucoup de temps. Certains liens que vous ne pouvez pas rompre. Déjà vous êtes à qui vous appartenez. Tout le monde en Europe est mort. La plupart de ma famille. Alors qu’y avait-il à dire ?

« Je ne suis pas morte parce que je suis venue vivre ici. Quand je suis arrivée, j’ai marché jusqu’au sommet d’une colline à Jérusalem et j’ai prié pour un enfant. Je n’ai jamais prié auparavant, mais j’ai prié. Et je pouvais tous les sentir, ceux de ma famille, qui priaient avec moi. Tu es ce pour quoi nous avons prié.

« Ce que vous avez fait, vous l’avez fait pour nous. Pour votre fille, mais aussi pour nous. Chacun de ceux qui sont morts est mort en voulant cela. Nous avons dû le prendre car on ne nous l’aurait jamais donné. Un endroit pour être juif parmi les juifs. Je remercie Dieu d’avoir entendu ma prière. Qu’y a-t-il à dire? Quel que soit le temps qu’il a pris, quoi qu’il en coûte. Un endroit sur terre. Nous avons une place sur Terre. Enfin » !

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Thierry-Ferjeux Michaud-Nérard pour Dreuz.info.

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