Publié par Magali Marc le 23 mai 2020

L’autorité nationale israélienne pour la protection des données a interdit à la Chine de construire des infrastructures de communication de quelque nature que ce soit dans le pays, et les entreprises de communication israéliennes n’utilisent pas de composants chinois dans leurs équipements de communication.

Mais selon des sources qui connaissent bien la question « Les Chinois utilisent leurs ressources pour tenter de s’intégrer dans de nombreux projets d’infrastructure israéliens, en particulier ceux qui ont des aspects de communication et de sécurité et cela cause de gros soucis ». Les organisations de sécurité israéliennes sont très préoccupées par l’implication chinoise, en particulier sur des sites stratégiques tels que le contrôle du train léger qui est en train d’être construit et qui passe près de Kirya, le site où se trouvent le Ministère de la défense, le quartier général de l’armée israélienne et le haut commandement de l’armée de l’air.*

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Lahav Harkov, paru dans le Jerusalem Post, le 20 mai **.

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Les États-Unis demandent à Israël de mettre fin aux investissements chinois dans les domaines sensibles

Un changement poli de conversation de part des Israéliens ne suffit pas quand il est question des liens qu’entretient Israël avec la Chine. Selon un fonctionnaire américain, la recherche technologique universitaire figure parmi les domaines dans lesquels les États-Unis voudraient qu’Israël réduise sa coopération avec les Chinois.

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Les États-Unis demandent à leurs alliés, dont Israël, de mettre fin à leurs liens avec la Chine dans les domaines présentant des risques pour la sécurité, a déclaré mardi (le 19 mai) un responsable américain ayant connaissance des discussions tenues sur ce sujet.

Cette demande marque une escalade, puisque dans de précédentes déclarations publiques, l’Ambassadeur américain, David Friedman, et des fonctionnaires du département d’État s’étaient concentrés sur la mise en place d’un processus d’examen plus solide des investissements étrangers qui pourraient présenter des risques, et sur une réduction de la dépendance à l’égard de la Chine pour les équipements d’urgence à la lumière de la pandémie du virus de Wuhan.

À la question de savoir si la mise sur pied d’une version israélienne du Comité des investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) satisferait les Américains, le fonctionnaire a répondu : « J’irais plus loin. Je viserais une réduction des enchevêtrements en général. L’élimination totale dans les zones critiques ». « Un mécanisme de type CFIUS est un bon début », a-t-il ajouté.
Comme l’a fait le secrétaire à la défense Mike Pompeo dans le passé, le fonctionnaire a souligné que « cela n’est pas exclusif à Israël. Nous avons des conversations similaires avec tous nos alliés et partenaires ».

Le fonctionnaire de l’Administration Trump a déclaré qu’Israël doit être prêt à prendre des mesures concrètes pour réduire ses liens avec la Chine.
« Je ne pense pas qu’il suffira d’esquiver poliment », a-t-il déclaré. « C’est une priorité importante pour les États-Unis.»

Lors de réunions passées sur ce sujet, « les Israéliens ont poliment reconnu nos préoccupations sans s’engager à agir », a raconté le fonctionnaire basé aux États-Unis.

De nombreuses sources du gouvernement américain ont nié avoir eu connaissance d’une demande d’indemnisation de la part des Israéliens en échange d’une réduction des liens commerciaux. La radio de l’armée israélienne a rapporté mardi que les responsables américains ont décliné la demande, mais qu’ils s’attendent toujours à ce qu’Israël soit de leur côté en ce qui concerne leur situation face à la Chine.

Les frictions continues entre les États-Unis et la Chine se sont intensifiées ces derniers mois, à la suite de l’épidémie du virus de Wuhan, et les États-Unis ont fait pression sur nombre de leurs alliés en conséquence.

Les États-Unis ont demandé publiquement et à plusieurs reprises à Israël de rendre plus complet son système de réglementation des investissements étrangers.

Le Cabinet du Premier ministre a créé un Comité consultatif sur la question le mois dernier, mais ses recommandations ne sont pas contraignantes et les régulateurs ne sont pas tenus de tenir le Comité au courant des investissements. En outre, les investissements dans la technologie ne relèvent pas de son mandat étroit.

La Chine est le troisième partenaire commercial d’Israël, et les échanges entre les deux pays ont augmenté de 402 % au cours de la dernière décennie, pour atteindre environ 14 milliards de dollars en 2018.
La technologie est un secteur que les États-Unis ont qualifié de particulièrement sensible, à tel point qu’ils s’inquiètent de voir une recherche universitaire sino-israélienne dans ce domaine.

Les États-Unis sont particulièrement préoccupés par les milliards de dollars que les entreprises chinoises ont investis dans les technologies israéliennes qu’Israël a classées comme commerciales, mais qui pourraient être utilisées par les services secrets chinois, comme l’intelligence artificielle, les communications par satellite et la cybersécurité. Certaines des entreprises technologiques qui investissent en Israël, comme Huawei et ZTE, sont connues pour vendre des produits présentant des failles de sécurité.

Un autre des «domaines critiques», comme l’a appelé le fonctionnaire, que les États-Unis ont signalé à Israël est la participation des entreprises chinoises à de grands projets d’infrastructure en Israël ces dernières années, en raison de la capacité des agents chinois à recueillir des renseignements pendant qu’ils y travaillent et des pertes économiques, sociales et environnementales massives, voire des pertes humaines, qui pourraient être infligées si ces infrastructures étaient endommagées.

Le projet le plus connu de ce type est un nouveau terminal, partiellement construit et qui sera exploité par une société chinoise l’année prochaine, dans le port de Haïfa, où la sixième flotte de la marine américaine accoste au moins une fois par an. Une attention accrue a également été accordée à Sorek 2, qui devrait être la plus grande usine de dessalement au monde.

Hutchison Water International, une filiale d’une société basée à Hong Kong, est l’un des deux finalistes de l’appel d’offres pour l’exploitation de l’usine, et suite aux pressions exercées par les États-Unis, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a ordonné au Comité israélien sur les investissements étrangers de réévaluer l’appel d’offres.

L’Ambassadeur Friedman a averti au début du mois que la Chine utilise ses investissements et ses projets d’infrastructure pour «infiltrer» des pays.
« Ils s’introduisent partout dans le monde d’une manière inoffensive mais dangereuse. Ils ne l’ont pas fait avec des fusées et des tanks, mais avec des projets de main-d’œuvre bon marché », a-t-il déclaré, ajoutant que « ces entreprises [chinoises] ont la possibilité d’actionner divers interrupteurs et d’accéder aux communications les plus sensibles ».

Le domaine biomédical est également susceptible d’être sensible à cause de la crise du virus de Wuhan. Un rapport du groupe de réflexion RAND a trouvé plus d’un milliard de dollars d’investissements chinois dans les secteurs israéliens de la santé et du biomédical en 2013-2018.

Le CFIUS surveille ce genre d’investissements aux États-Unis, et l’UE a demandé à ses membres en avril de se montrer plus prudents à l’égard des investissements étrangers dans les entreprises de santé publique.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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