Publié par Jean-Patrick Grumberg le 24 mai 2020

Amazon a attaqué Joe Biden, après que ce dernier ait accusé Amazon de ne pas payer « sa juste part » d’impôts.

Après une interview sur CNBC, Joe Biden a tweeté : « Je l’ai déjà dit, et je le répète : Aucune entreprise réalisant des milliards de dollars de bénéfices ne devrait payer un taux d’imposition inférieur à celui des pompiers et des enseignants. Il est temps pour Amazon de payer sa juste part. »

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Le tweet de Biden contenait un lien vers un article de CNBC qui mettait en évidence les remarques que Biden avait faites vendredi matin lors de l’interview.

« Je pense qu’aucune entreprise, Seigneur tout-puissant, je me fous de sa taille, ne devrait être dans une position où elle ne paie pas d’impôts et gagne des milliards et des milliards et des milliards de dollars », a déclaré Biden. « Toute cette notion est : Jouez-vous le jeu équitablement ?

Qu’est-ce que le système capitaliste ? Le système capitaliste, c’est que tout le monde traite équitablement et directement avec le peuple américain et ses employés ».

Amazon a répondu aux remarques de Biden dans un tweet, en écrivant :

« Joe Biden, nous payons chaque centime dû. Vous avez passé trois décennies au Sénat et vous savez que le Congrès a rédigé ces lois fiscales pour encourager les entreprises à investir dans l’économie américaine. Nous l’avons fait. 500 000 emplois avec un salaire minimum de 15 dollars par heure dans 40 États. Supposons que votre plainte porte sur le code des impôts, et non sur Amazon ».

Morale de l’histoire : tous menteurs

Cet échange est loin d’être anecdotique. Il plonge profondément dans les racines du mal que subissent les citoyens de nombreuses sociétés occidentales : un appauvrissement des classes moyennes qui n’ont aucune clé de compréhension de ce qui leur arrive, et pointent un doigt accusateur vers de faux coupables, tandis que les vrais responsables continuent leurs méfaits en plein jour. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de vous en parler, tout en sachant que cela passe au-dessus de la tête de nombreux lecteurs.

Car les deux, Biden et Amazon, ont en partie raison, en partie tort, mais ce qu’ils ne disent pas est bien plus grave que ce qu’ils se reprochent mutuellement :

  • La réalité est qu’Amazon, ainsi que la plupart des très grandes entreprises, dépensent des millions de dollars en lobbying pour influencer à leur avantage les lois votées par le Congrès, et il vient ensuite dire qu’il n’est pour rien dans les lois votées.

    Lorsqu’Amazon dit à Joe Biden qu’on ne peut pas lui reprocher d’obéir aux lois, et de profiter des cadeaux et niches fiscales votés entre autres par Biden, il omet avantageusement de dire que certaines de ces lois favorables sont le résultat du lobbying d’Amazon et d’entreprises comme Amazon.
  • Et lorsque Biden reproche à Amazon de profiter des avantages fiscaux, il se garde bien de dire qu’il est le premier à s’enrichir des largesses du lobbying – voir mes récents articles sur l’organisme de cartes bancaires qui le soutient.

Au-delà de leur hypocrisie, on se souviendra de l’épisode AOC (Alexandria Ocasio-Cortez), qui a milité pour qu’Amazon ne puisse pas s’installer dans sa circonscription new-yorkaise parce qu’elle trouvait immoral – et elle avait raison – que le géant du commerce en ligne bénéficie de millions d’exonérations fiscales. Comme rien n’est si simple, Amazon a renoncé à son projet, il n’a pas bénéficié des réductions d’impôt, mais 25 000 emplois qu’il devait créer sont partis en fumée.

Vous remarquerez, et ce sera ma conclusion, que pour attaquer le capitalisme, les activistes se servent toujours de ses pires excès et ne parlent jamais de ses immenses avantages – dont ils profitent sans le savoir, et pour défendre le collectivisme et le socialisme, ils mettent en avant ses rarissimes avantages, et cachent soigneusement ses immenses vices.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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