Publié par Magali Marc le 26 mai 2020

Les États-Unis et le reste du monde occidental feraient bien de considérer la pandémie du virus de Wuhan comme un avertissement et de libérer leurs secteurs cruciaux et stratégiques de leur dépendance à l’égard de la Chine. Dans le futur ordre mondial post-virus de Wuhan, l’Inde est bien placée pour contester la mainmise de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et régionales.

Pour les lecteurs de Dreuz, j’ai traduit l’article de Vijeta Uniyal*, publié sur le site du Gatestone Institute, le 19 mai.

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L’Inde doit tenir tête à la Chine

Alors que le virus de Wuhan laisse derrière lui une traînée de souffrance humaine et de ravage économique, les pays du monde entier ont commencé à se poser des questions sur cette pandémie.

Les pays s’interrogent sur la manière dont la Chine communiste gère la pandémie, qui semble être apparue pour la première fois à la fin de l’année dernière dans la ville de Wuhan, au centre de la Chine.

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D’abord la dissimulation

Dès le 14 janvier, la Chine s’est servi de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence des Nations unies, afin de diffuser la désinformation concernant la transmissibilité interhumaine du virus de Wuhan, un geste qui a conduit le conseiller américain à la sécurité nationale Robert O’Brien à qualifier plus tard l’OMS d’« outil de propagande chinoise ».

Tandis que le président américain Donald J. Trump a été confronté à des critiques injustifiées et politisées pour avoir, dès le début, dénoncé la culpabilité de la Chine dans la propagation de la pandémie mondiale et pour ses appels à une enquête internationale, des demandes similaires ont été de plus en plus émises par les responsables gouvernementaux partout en Occident.

Le 20 mars, le Washington Post a attaqué le président Trump pour avoir osé mentionner la Chine dans le contexte de la pandémie. « M. Trump n’hésite pas à qualifier le virus de Wuhan de «virus chinois». C’est une attitude dangereuse estiment les experts ».

Fin mars encore, CNN affirmait que le président Trump accusait la Chine pour « des raisons politiques… en utilisant des stéréotypes bien ancrés, et la peur de l’autre afin de mieux se débarrasser de toute responsabilité qui pourrait lui incomber du fait de cette crise ».

Le 1er mai, cependant, le New York Post a rapporté que « plus d’alliés des États-Unis et d’autres pays se joignent à l’appel de l’Administration Trump afin qu’une enquête soit menée sur la Chine, l’Organisation mondiale de la santé et les origines de la pandémie mortelle du virus de Wuhan ».

Dans la région Asie-Pacifique, l’Australie a pris l’initiative de demander une enquête internationale sur la culpabilité de Pékin dans la propagation de la pandémie. « Maintenant, il semblerait tout à fait raisonnable et sensé que le monde veuille avoir une évaluation indépendante de la façon dont tout cela s’est produit, afin que nous puissions en tirer les leçons et empêcher que cela ne se reproduise », a déclaré le Premier ministre australien Scott Morrison le 29 avril. La demande de l’Australie a été appuyée par la Nouvelle-Zélande.

En guise de réponse, l’ambassadeur de Chine en Australie, Cheng Jingye, a menacé de boycotter les produits australiens si le gouvernement du Premier ministre Morrison continuait d’insister pour qu’une enquête indépendante soit menée sur l’épidémie.

En Europe, la Suède a adopté une position similaire, demandant à l’Union européenne de lancer une enquête sur « l’origine et la propagation du virus de Wuhan ».

« Lorsque la situation mondiale du virus de Wuhan sera sous contrôle, il sera à la fois raisonnable et important qu’une enquête internationale et indépendante soit menée afin d’acquérir des connaissances sur l’origine et la propagation du virus », a déclaré la ministre suédoise de la santé, Lena Hallengren, au parlement national dans une déclaration écrite le 20 avril.

Sous la menace de réduire les fournitures médicales de l’Europe, la Chine a forcé l’UE à diluer un rapport exposant la campagne mondiale de désinformation de Pékin.

« L’Union européenne a édulcoré une partie d’un rapport sur la désinformation soutenue par l’État chinois parce qu’elle craignait que Pékin ne riposte en retenant les fournitures médicales », a déclaré le 25 avril le journal South China Morning Post, basé à Hong Kong, citant des sources diplomatiques.

Puis Intimidation et menaces

La Chine, qui a d’abord dissimulé la contagion dans la ville de Wuhan, mène maintenant une campagne mondiale de désinformation et d’intimidation, en essayant de faire porter la responsabilité du virus de Wuhan aux États-Unis ou à l’Italie.

Jusqu’à présent, il semble que trop de pays soient au courant des intentions de la Chine. Comme l’a récemment affirmé Mathias Döpfner, PDG de la plus grande maison d’édition allemande, Axel Springer, dans Die Welt :

« Les relations économiques avec la Chine peuvent sembler inoffensives pour de nombreux Européens aujourd’hui, mais elles pourraient bientôt conduire à une dépendance politique et, en fin de compte, à la fin d’une Europe libre et libérale… Devrions-nous faire un pacte avec un régime autoritaire ou devrions-nous travailler à renforcer une communauté d’économies de marché libres, régies par une constitution, avec des sociétés libérales ?… Si la politique européenne et, surtout, allemande actuelle à l’égard de la Chine se poursuit, cela conduira à une désolidarisation progressive avec l’Amérique et à une infiltration et un asservissement progressif de la Chine. La dépendance économique ne sera qu’une première étape. L’influence politique suivra ».

Pour l’instant, il n’est pas certain que l’offensive de charme de la Chine, si l’on peut dire, fonctionne.

Plus récemment, le 4 mai, Sharri Markson a fait état de la fuite d’un document de recherche de 15 pages, obtenu par le Saturday Telegraph australien, rédigé par les «Five Eyes» — les services de renseignements des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande:

« (Le document) affirme qu’au nom de la « mise en danger d’autres pays », le gouvernement chinois a occulté les nouvelles du virus en réduisant au silence ou en faisant « disparaître » les médecins qui s’exprimaient, en détruisant les preuves dans les laboratoires et en refusant de fournir des échantillons vivants aux scientifiques internationaux qui travaillaient sur un vaccin ».

À la manière d’Orwell, les diplomates chinois de haut niveau continuent d’exiger que les gouvernements étrangers réécrivent l’histoire de l’épidémie du virus de Wuhan. Conformément aux instructions du président Xi Jinping, les diplomates chinois mènent une campagne mondiale d’intimidation pour détourner l’attention du monde de la culpabilité de Pékin dans la propagation du virus.

Baptisée « diplomatie du Loup Guerrier », en référence à une série de films chinois populaires du même nom, cette stratégie vise à faire taire et à intimider les gouvernements occidentaux, les médias critiques et les groupes de réflexion. La bonne nouvelle, c’est que le monde a enfin un bon aperçu du vrai visage de la Chine.

Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, a téléphoné à son homologue indien, S. Jaishankar, le 24 mars, et a suggéré que l’Inde n’utilise pas les termes «virus de la Chine» pour décrire la contagion.

« Il n’est pas acceptable et nuisible à la coopération internationale d’étiqueter le virus et de stigmatiser la Chine », a déclaré l’envoyé de Pékin à New Delhi, Sun Weidong, à la suite de cet appel.

Apparemment peu disposé à prendre le risque de mettre les pieds dans le plat, le gouvernement du Premier ministre indien Narendra Modi s’est jusqu’à présent abstenu d’affronter la Chine pour sa gestion de l’épidémie.

L’Inde a eu le mérite de jouer un rôle constructif dans la lutte contre la pandémie mondiale. Elle est venue en aide à ses alliés en expédiant de grandes quantités d’hydroxychloroquine et d’autres fournitures médicales à 55 pays, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et Israël.

Alors que l’Inde a fait preuve de retenue, la Chine communiste n’en a pas fait autant.

L’armée de l’air chinoise a poursuivi ses incursions dans l’espace aérien taïwanais. La Chine a également renforcé son emprise sur les îles artificielles qu’elle a créées dans la mer de Chine méridionale en y installant des gouvernements locaux fictifs. Ces îles militarisées, qui abritent des installations militaires telles que des ports navals et des aérodromes militaires, bafouent la souveraineté de nombre de ses voisins maritimes, dont les Philippines, le Vietnam, la Malaisie, le Brunei et Taïwan.

Les États-Unis et le reste du monde occidental feraient bien de considérer la pandémie comme un signal d’alarme et de défaire leurs secteurs cruciaux et stratégiques de toute dépendance à l’égard de la Chine.

Comme le général américain Jack Keane l’a déclaré à plusieurs reprises, la Chine n’est pas un ami ; « c’est un prédateur sur le plan économique, géopolitique et militaire ».

Pékin a utilisé son statut de premier fabricant mondial, de voleur de propriété intellectuelle et de prêteur sur gage pour obliger les gouvernements du monde entier à se taire sur sa responsabilité dans cette pandémie mortelle et dévastatrice.

L’Inde doit réagir

Dans le futur ordre mondial post-virus de Wuhan, l’Inde est bien placée pour défier la mainmise de la Chine sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et régionales.

L’initiative «Made in India» du Premier ministre Modi, initialement prévue pour créer des emplois dans le secteur manufacturier, pourrait également positionner le pays comme une destination alternative pour le réacheminement des besoins de la chaîne d’approvisionnement mondiale, en particulier dans des secteurs critiques tels que les produits pharmaceutiques, la fabrication industrielle, les télécommunications et les technologies de l’information.

Afin de tirer profit d’un réalignement post-virus, l’Inde ferait bien de moderniser ses infrastructures et de réduire sérieusement ses formalités administratives.

Modi est arrivé au pouvoir en 2014 en promettant de rationaliser la bureaucratie pour favoriser une économie libre. Depuis son arrivée au pouvoir, l’Inde a allégé la bureaucratie du gouvernement et ouvert le pays aux entreprises et aux investissements étrangers.

Pendant son mandat, le pays a progressé de 79 places dans l’enquête mondiale appelée « Facilité de faire des affaires » qui est publiée chaque année par la Banque mondiale, passant de la 142e à la 63e place.

Toutefois, le pays est toujours à la traîne de la Chine qui, jusqu’à la pandémie, occupait la 31e place.

L’Inde, cependant, prévoit d’investir 1,39 milliard de milliards de dollars dans une série de projets d’infrastructures essentielles, notamment dans les secteurs des routes, des chemins de fer, de la connectivité numérique et de l’électricité.

Le monde attend avec impatience que l’Inde et ses alliés de la région Asie-Pacifique, dans le cadre d’une alliance solide avec l’Occident, prennent position, fassent face à l’intimidation militaire, géopolitique et économique croissante de la Chine et assument leur rôle historique de leader.

*Vijeta Uniyal est un analyste d’origine indienne basée en Allemagne, et membre distingué du Gatestone Institute.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Traduction de Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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Source :

https://www.gatestoneinstitute.org/16006/india-china-coronavirus

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