Publié par Jean-Patrick Grumberg le 27 mai 2020

« Gilead Sciences a un marché potentiel de près de 7 milliards de dollars de vente sur trois ans de son remdesivir » contre le coronavirus de Wuhan, selon une nouvelle analyse de Robyn Karnauskas, analyste chez SunTrust Robinson Humphrey.

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Robyn Karnauskas a déclaré mardi (1) que le laboratoire pharmaceutique californien Gilead pourrait recevoir des revenus commerciaux du remdesivir dès cette année, alors que les 1,5 million de flacons du médicament antiviral que la société a promis d’offrir gratuitement s’épuisent.

La société vendra pour 1,1 milliard de dollars de ce médicament cette année, 3,2 milliards l’année prochaine et 2,5 milliards en 2022, a-t-elle prédit, sur une estimation que le traitement coûtera 10 000 $ par patient après avoir discuté avec la direction de Gilead à propos du remdesivir, qui a été approuvé par la FDA le 1er mai pour le traitement d’urgence des patients atteints de COVID-19.

Cette estimation est une information importante. C’était la pièce manquante pour comprendre les campagnes de dénigrement voire l’interdiction de l’Hydroxychloroquine.

Valeur boursière de Gilead en 2020

Quelles autres raisons peuvent justifier les attaques contre ce médicament ?

D’un côté, vous avez l’Hydroxychloroquine

  • Il coûte 37 dollars la boîte de 100 comprimés de 200 mg (3).
  • C’est un médicament qui existe depuis 60 ans,
  • Il était en vente libre jusqu’en janvier 2020,
  • Plusieurs milliards de comprimés sont vendus et consommés chaque année,
  • Il n’a jamais, sauf erreur de ma part, provoqué la mort de personne (sinon il ne serait pas en vente libre),
  • Il est recommandé et utilisé contre le coronavirus par le médecin classé par Expertscape (2) comme le plus grand expert au monde en maladies contagieuses, le professeur Raoult,
  • Etrangement, les statistiques de guérison et de nombre de morts du coronavirus à Marseille ont été exclues des données INSEE (5).
  • Et très très accessoirement – car il semble que ce soit sans la moindre importance pour ses détracteurs – l’Hydroxychloroquine soigne. A l’IHU de Marseille, il a guéri plus de 4 000 personnes atteintes du coronavirus.

De l’autre, il y a le Remdesivir

93% des personnes soignées au remdesivir meurent

  • Il coûte 10 000 dollars pour traiter une personne (contre 37 dollars la boîte de 100 comprimés de chloroquine).
  • C’est le seul médicament approuvé aux Etats-Unis par la FDA pour traiter les patients hospitalisés – notez-bien le mot « hospitalisés », il est essentiel.
  • Le New England Journal of Medicine, qui a publié (3) le 22 mai un rapport préliminaire détaillé* sur le remdesivir, conclut que :
    • Son bénéfice est le plus net chez les patients sous oxygène au moment où ils ont commencé le traitement,
    • Il est sans bénéfice pour les patients sous respirateur au moment où ils ont commencé le traitement.
    • Par rapport à un placebo, il raccourcit le temps de guérison de 4 jours (11 contre 15).
    • Il réduit le taux de mortalité de 7%. Autrement dit, 93% des personnes soignées au remdesivir meurent.
    • Et enfin, l’étude dit : « Cependant, étant donné la mortalité élevée malgré l’utilisation du remdesivir, il est clair que le traitement avec un médicament antiviral seul ne sera probablement pas suffisant. »

Vous la comprenez comment vous, la conclusion de l’étude sur le remdesivir ?

« Cependant, étant donné la mortalité élevée malgré l’utilisation du remdesivir, il est clair que le traitement avec un médicament antiviral seul ne sera probablement pas suffisant. »

These preliminary findings support the use of remdesivir for patients who are hospitalized with Covid-19 and require supplemental oxygen therapy. However, given high mortality despite the use of remdesivir, it is clear that treatment with an antiviral drug alone is not likely to be sufficient. Future strategies should evaluate antiviral agents in combination with other therapeutic approaches or combinations of antiviral agents to continue to improve patient outcomes in Covid-19.

Ce que je lis, c’est que malgré le remdesivir, le taux de mortalité est élevée : 93%. Et ce que je lis encore, c’est que le remdesivir seul n’est pas suffisant pour soigner les gens – ben oui, 7% de gens guéris, il n’y a pas de quoi claironner. Bref, le remdesivir, ça coûte un bras et c’est pas la joie.

Analyse vulgaire

Je ne suis ni médecin ni chercheur, et mes propos doivent être pris avec d’énormes pincettes, et c’est pourquoi je dis « vulgaire » dans le sens vulgarisation, et non grossièreté.

Il me semble bien avoir compris ceci :

  • Le traitement du professeur Raoult, c’est pour les gens qui viennent d’être détectés avec les premiers symptômes d’infection au coronavirus de Wuhan, des gens qui sont tout au début de la maladie, et pas ceux qui sont hospitalisés et sous oxygène (qui auraient pris du doliprane et seraient restés chez eux par exemple).
  • Et donc, il me semble que si les gens sont pris au début de la maladie, et traités à l’hydro-machin-chose + azithromycin, la plupart guérissent, et ils n’ont pas besoin d’aller se faire soigner à l’hôpital, d’être mis sous oxygène, et donc de prendre du rem-truc-muche qui d’ailleurs soigne en 11 jours contre 15 jours avec un placebo, et seulement 7% des gens atteints.
  • Et donc, à 10 000 dollars le traitement au rem-truc-muche, ça fait cher pour 4 jours de gagnés. Sauf pour Gilead qui se régale.

Conclusion

Lorsque j’ai entendu les experts, les journalistes, les politiques, bref ce qui se fait de mieux dans le domaine de la science, cracher sur le professeur Raoult, par ailleurs considéré comme le plus grand spécialiste au monde, je me suis dit « il est victime du syndrome Poulidor ». Poulidor était un cycliste célèbre dans les années 60. C’était l’éternel second, et il était adoré par les Français. Je ne comprenais déjà pas à l’époque pourquoi un perdant pouvait être autant célébré. Raoult est un champion, et il me semble qu’on n’aime pas forcément les gagnants, dans l’inconscient collectif français.

L’agence de santé publique française vient d’émettre un avertissement contre l’utilisation de l’hydroxychloroquine en dehors des essais cliniques, juste après que l’organisme de réglementation des médicaments ait suspendu les essais cliniques qui utilisent ce médicament.

Le Haut Conseil de la santé publique français recommande maintenant que le médicament ne soit pas prescrit en dehors des essais cliniques, mais l’organisme français de réglementation des médicaments, l’ANSM, a également annoncé mardi que les nouveaux patients ne devraient pas être recrutés dans les essais cliniques impliquant l’hydroxychloroquine.

La décision de sévir contre l’utilisation de l’hydroxychloroquine intervient quelques jours seulement après la publication par The Lancet, l’une des principales revues médicales mondiales, d’un rapport qui met en doute son efficacité dans le traitement du coronavirus.

Sauf que « The Lancet a réalisé des études auprès de bases de données, pas auprès de malades » fait remarquer Didier Raoult.

https://www.mediterranee-infection.com/a-propos-de-lefficacite-clinique-des-derives-de-la-chloroquine-dans-linfection-a-covid-19-analyse-virtuelle-contre-monde-medical/

Moi ce qu’en dis, c’est que je suis un homme simple, et pour citer mon ami et journaliste Jonathan-Simon Sellem : « 99% d’entre-nous ne sommes pas médecins. Ne lisent pas les études scientifiques. Ne les comprendrions même pas. Au mieux, nous répétons ce qu’un journaliste/ rapporteur/ lobbyiste dit. Sur ce médicament [choloroquine], la seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

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  1. https://seekingalpha.com/news/3577574-gilead-picks-up-upgrade-on-remdesivir-upside
  2. http://expertscape.com/ex/communicable+diseases
  3. https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2007764?query=featured_home&mod=article_inline

* « Nous avons mené un essai en double aveugle, randomisé chez des adultes hospitalisés avec Covid-19, avec des signes d’atteinte des voies respiratoires inférieures.

Les patients ont été répartis au hasard pour recevoir soit le remdesivir (dose de charge de 200 mg le premier jour, suivie de 100 mg par jour pendant 9 jours supplémentaires), soit un placebo pendant 10 jours maximum.

Le principal résultat était le temps de récupération.

Au total, 1063 patients ont été testés.

L’analyse a montré un temps de récupération plus court dans le groupe remdesivir.

Les résultats préliminaires des 1059 patients (538 affectés au remdesivir et 521 au placebo) ont indiqué que :

  1. Ceux qui ont reçu le remdesivir ont eu un temps de récupération médian de 11 jours (intervalle de confiance [IC] de 95%, 9 à 12),
  2. Contre 15 jours (IC de 95%, 13 à 19) chez ceux qui ont reçu le placebo (rapport des taux de récupération, 1,32 ; IC de 95%, 1,12 à 1,55 ; P<0,001).
  3. Les estimations de Kaplan-Meier concernant la mortalité à 14 jours étaient de 7,1 % avec le remdesivir et de 11,9 % avec le placebo (rapport de risque de décès, 0,70 ; IC à 95 %, 0,47 à 1,04).
  4. Des effets indésirables graves ont été signalés chez 114 des 541 patients du groupe remdesivir qui ont été randomisés (21,1 %) et chez 141 des 522 patients du groupe placebo qui ont été randomisés (27,0 %). »
  5. https://blog.insee.fr/statistiques-sur-les-deces-le-mode-demploi-des-donnees-de-linsee-en-7-questions-reponses/

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